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Dans cette rubrique, vous trouverez des articles visant à vous donner des stratégies pour aider votre enfant, de manière directe (jeux, activités) ou indirecte (conduite à tenir, PAI, …). Il pourra s’agir d’activités proposant un soutien de l’oralité alimentaire ou verbale.

10 idées pour accompagner un enfant qui refuse les morceaux.

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10 idées pour accompagner un enfant qui refuse les morceaux.

Si pour certains petits passer à la cuiller est un jeu d’enfant, pour d’autres, ce n’est que le début d’un long parcours de découvertes. Le cap du passage aux morceaux est particulièrement sinueux et les parents comprennent alors que les petites difficultés déjà probablement rencontrées prennent peu à peu de l’ampleur, et que quelque chose ne va pas comme cela devrait.
Consultant leur médecin, ils s’entendent souvent rappeler la sacro-sainte phrase : « les enfants ne se laissent pas mourir de faim », appelant par là même sérénité et confiance en l’avenir. Mais les semaines passent et… rien ne va plus.

Que proposer alors pour aider un enfant à passer le cap ?

1.Préparer un listing d’aliments essayés et appréciés par l’enfant, mais aussi de ceux appréciés par la famille : ce sont ceux qui vraisemblablement aiderons l’enfant à faire « les premiers pas ».

Pourquoi ?
Parce que le plaisir est le moteur de votre enfant… et que son plaisir passe par ses sens, certes, mais aussi par les émotions de ceux qui lui sont chers : ses parents, sa famille.

2. Bannir les préparations pour enfants qui proposent des morceaux dans les purées.

Pourquoi ?
L’enfant croit voir de la purée « comme avant », et se retrouve malheureusement surpris par ce que découvre sa bouche : le manque de cohérence entre les deux, nuit à la compréhension que l’enfant construit autour de ses expériences alimentaires. Il perd ses repères et se met à appréhender chaque repas.

3. Préférer des morceaux de bonnes tailles que l’enfant pourra saisir avec sa main et présentez en parallèle son assiette de purée.

Pourquoi ?
Saisir des morceaux à la main permettra à l’enfant de commencer à appréhender avec tous ses sens ce que sa bouche s’apprête à absorber : plus ou moins mou, plus ou moins chaud, plus ou moins collant, plus ou moins lourd, plus ou moins coloré, plus ou moins odorant, …

4. Aider l’enfant à comprendre de mieux en mieux son environnement avec des mots certes, mais aussi et avant tout avec des sensations, et elles sont nombreuses : la vue, l’audition, la température, l’équilibre, « le poids » / « la résistance » des objets, l’odeur, la vibration, et bien sûr le goût. Expliquer la douleur aussi si elle survient. L’accompagner dans de nouvelles expériences en verbalisant ce qu’il ressent, et ce que ressent l’adulte.

Pourquoi ?
Plus l’enfant vit des expériences avec tous ses sens, mieux il comprend son environnement, et moins il lui devient difficile de manger. L’adulte qui l’accompagne et le soutient demeure un éventuel « modèle de plaisir » qu’il tentera d’imiter peu à peu.

5. Penser à apprivoiser l’appétit de l’enfant qui réunit plusieurs informations pour s’activer au mieux : l’alternance d’un estomac qui se remplit puis se vide, les informations sensorielles de son environnement : ce qu’il voit, ce qu’il sent, entend, … Mais aussi l’attirance innée pour ces aliments qui combleront plus vite ses besoins (donc plus gras, plus sucré), ainsi que le désir plus marqué pour retrouver une nourriture déjà connue.

Pourquoi ?
L’appétit est précieux pour entretenir l’élan naturel de l’enfant vers l’alimentation. Grignoter sans cesse pourrait par exemple apporter les calories attendues, mais nuire à l’appétit.

6. Rendre les repas à la fois toujours un peu semblables et toujours un peu différents.

Pourquoi ?
Parce que la variété d’essais proposés à l’enfant est tout aussi importante que le nombre de fois où ces aliments doivent être présentés pour être acceptés. Mais aussi, parce qu’en retrouvant un schéma toujours stable, l’enfant se sentira plus en sécurité pour explorer plus sereinement les nouveautés proposées.

 

7.Proposer à l’enfant des repas « partagés » dès que cela est possible

Pourquoi ?
Parce qu’il est important pour un enfant de voir ses parents manger les choses qui lui sont proposées pour se sentir en confiance. Mais aussi parce que le plaisir des parents est celui qui porte le mieux les futures envies de l’enfant.

8.Faire les premiers pas à la place de l’enfant, toujours, et avec plaisir. J’entends par là, montrer le chemin des expériences sensorielles plaisantes, des dégustations agréables.

Pourquoi ?
Pour générer sans effort dans le cerveau de l’enfant l’amorce de son plaisir à venir : en regardant l’autre avoir du plaisir, il y viendra plus aisément qu’en étant incité à jouer / manger seul.

9. Etre patient, et proposer des réponses stables face aux comportements éventuellement opposants de l’enfant

Pourquoi ?
Pour ne pas surajouter aux surprises sensorielles que représente déjà le repas. En faisant régulièrement varier les réponses proposées, l’enfant peut être amené à reproduire des comportements dits « problèmes ». Enfin, l’enfant perd ainsi peu à peu le sens du repas.

10. Penser à oublier de pointer les moments déplaisants, et valoriser au contraire chaque moment agréable, chaque mini progression de l’enfant.

Pourquoi ?
Pour amener l’enfant à reproduire les comportements plaisants et abandonner ceux qui laissent son entourage indifférent.

Quand les difficultés persistent ou que les parents s’inquiètent, il convient de consulter un orthophoniste formé aux troubles de l’oralité. En recevant l’enfant et ses parents lors d’un bilan, il pourra comprendre les difficultés rencontrées et ainsi proposer des aides spécifiquement ajustées à l’enfant, tout en accompagnant les parents.
ATTENTION : je n’autorise pas les sites commerciaux à utiliser tout ou partie de mes articles, ou documents associés, pour contribuer à leur communication commerciale.

« Il a toujours été compliqué à nourrir, que proposer ? »

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Il y a des enfants qui apparaissent « difficiles à nourrir ». Les mois passent, les stratégies développées par les parents demeurent inefficaces et chacun s’épuise : l’enfant montre un comportement de plus en plus opposant, et les parents ne savent plus quoi faire.

« Il a toujours été compliqué à nourrir, que proposer ? »

1. Montrez la route des repas en invitant votre enfant à table avec vous : vous voir vous régaler est capital.
2. Pensez : « plaisir » et acceptez que son plaisir ne soit pas d’emblée en adéquation avec le vôtre
3. Lâchez prise quelques temps sur l’équilibre alimentaire tel qu’il est transmis dans notre société (5 fruits et légumes par jour, pas trop gras, pas trop sucré, …)
4. Proposez encore et encore, en petites quantités dans une coupelle à côté de l’assiette au besoin.
5. Patience et bienveillance : plus facile à dire qu’à faire… mais le secret est là aussi. Les émotions générées à table comptent tout autant que les sensations que votre enfant perçoit à travers son repas avec son nez, ses yeux, sa bouche, …
6. Aidez votre enfant à « comprendre » ce qu’il a dans son assiette.

« Pourquoi et comment aider un enfant à mieux comprendre son assiette ? »

Comprendre son assiette, c’est avoir appris à la connaître. Et quand on connaît les choses, on les craint moins. Connaître mieux, c’est se préparer à aimer. C’est donc bien ici une étape pour aider votre enfant.

  1. Il va être important de proposer à votre enfant, en fonction de son âge, d’une part des aliments « simples à comprendre » pour qu’il puisse apprendre à reconnaître leur goût (en s’accompagnant de ses autres sens), et d’autre part, les « plats familiaux » que vous appréciez partager dans le quotidien de la maison. Quoi qu’il en soit, il sera important de ne pas oublier la place du plaisir « partagé » (les plus grands auront possiblement besoin de temps pour se mettre à goûter, les plus petits pourront y être incités plus aisément sur demande parentale).
  2.  Ainsi, pour aider votre enfant à découvrir des aliments, il sera plus pertinent de choisir ceux que vous appréciez vous-mêmes. Si vous présentez vous-même une sélectivité alimentaire, faites-vous aider par l’enthousiasme d’un tiers au moment des repas : l’autre parent, les grands-parents chez qui l’enfant va souvent, mais aussi la nourrice, la crèche voire l’école quand ces dernières structures comprennent la problématique de ces enfants. Il est juste important que le tiers aidant partage régulièrement des repas avec l’enfant. Nous ne pouvons néanmoins nier que les plus à même de jouer ce rôle de « présentateur alimentaire enthousiaste » sont les parents, pour de simples raisons affectives : nous n’oublierons jamais la puissance des émotions dans les aventures repas.
  3. La stratégie qui consiste à inviter votre enfant lors de la préparation du repas est idéale. Ouvrir un boîte de conserve de Haricots Verts, ou glisser deux poignées de coquillettes « comptent aussi » 😉
  4.  Vous pouvez également vous fabriquer des cartes photos des aliments (en découpant dans les publicités ou en imprimant grâce à Google image) et présenter la photo à chaque fois que vous proposez l’aliment (voire qu’il constitue votre plat). A l’inverse, bannissez absolument la feinte : en voulant le tromper sur ce qu’il mange. Avec cette stratégie, vous reculeriez sur le chemin que vous souhaitez pourtant emprunter.
Exemple de set de table avec bande velcro et photos du repas

« Pourquoi amener un enfant à manger c’est parfois si compliqué ? »

  1. Le cerveau de l’enfant contrôle ses « envies », son « appétit », « son plaisir » aussi d’ailleurs. Les processus qui régissent la prise alimentaire sont plus complexes que le « simple refus d’opposition » souvent interprété par l’entourage. Ce refus alimentaire n’est pas non plus un aveu de désamour : juste le croisement d’informations sensorielles ou digestives qui sont comprises sur le mode « désagréable », ou aux impossibilités, notamment motrices, qui elles-mêmes génèrent d’ailleurs souvent du déplaisir, voire à la diminution du plaisir qui apparaît à mesure qu’un aliment de même type est ingéré.
    Retenons que les enfants reprennent les activités d’eux-mêmes quand celles-ci sont plaisantes, et abandonnent spontanément celles qui ne le sont pas.
    Mais le cerveau communique pleinement avec le système digestif. Par exemple, il traite la vue des aliments différemment selon la faim par ailleurs ressentie.
  2. C’est donc aussi le système digestif qui dicte les lois. Quelles lois ? me direz-vous… Celles de la physiologie digestive (saviez-vous qu’il existe des neurones digestifs ?). En connaître quelques-unes vous permettra de mieux comprendre cet enfant difficile à nourrir :
  • Lorsqu’un enfant a faim, il va avant tout être attiré par les aliments que son organisme a appris à reconnaître comme étant « à forte densité calorique » (= qui apportent plus vite les calories attendues) : plutôt les pâtes que les haricots verts.
  • Les tout-petits ont par ailleurs de naturelles attirances pour les aliments gras et sucrés dont leur cerveau a besoin dans cette période de développement.
  • Et puis, saviez-vous que les enfants expriment un vrai désir physiologique quand ils disent ne plus avoir faim mais demandent un dessert ? Pourtant c’est vrai. Si on s’écoute nous-mêmes, adultes, on entendra les mêmes possibles envies.
  • Pour qu’il ait faim, il est nécessaire que son estomac ait pu partiellement vider son contenu précédent. Un intervalle de 2h entre les repas serait à observer. Par contre, rappelez-vous que les 4 repas par jours que nous proposons en France ne sont que pure histoire culturelle. Vous pourriez en proposer moins, ou plus…
  • Tous les organismes ne fonctionnent pas selon le même métabolisme. Certains ont besoin de peu manger pour vivre, d’autres plus… Les médias offrent des messages de bonne conduite à la société sans prendre compte de ceux qui ne fonctionnent pas comme la « moyenne de la population ».


3. De nombreux aspects sensoriels entrent en jeu

  • Il existe dans le développement des enfants une période où il est « classiquement » aisé pour lui de goûter à tout (5/12 mois), puis, cette fenêtre développementale peu à peu se referme. A 24 mois, l’enfant aura déjà son ancré ses préférences alimentaires, et si rien n’est figé au cours de la vie, il est intéressant de retenir cet âge repère comme celui qui annonce les préférences de l’individu adulte. Comprenez que l’enfant construit au gré de ses repas des schémas sensoriels en fonction de ses expériences. Plus il aura expérimenté l’alimentation avec tous ses sens au sein d’un climat positif, plus il sera à même d’anticiper son assiette en la comprenant finement. Les goûts et aliments non présentés manqueront à la grille de lecture initiale. Ils pourront être ajoutés dans la bibliothèque « sensorielle alimentaire » de l’enfant, mais cela sera plus ardu quand les traitements cognitifs (= représentations / pensées personnelles construites) de l’enfant s’ajouteront aux freins sensoriels déjà vécus par l’enfant.
  • Enfin, la préférence innée pour le goût sucré observé à la naissance n’est pas à vie inscrite. Le goût est un sens, qui, comme tous les autres, s’éduque. Le bébé entend, voit, … dès la naissance, mais ce n’est que via ses expériences répétées encore et encore qu’il va se servir de plus en plus finement de ses sens.

    Par exemple, le bébé reconnaît la voix de sa mère dès la naissance, puis le bruit de la porte de sa chambre, du grelot de son doudou, du chien qui aboie pourtant au loin… et bien plus tard les notes de musique s’il est instruit en ce sens. Le goût et l’odorat fonctionnent de même. Il va donc être indispensable de présenter des goûts et odeurs encore et encore pour que l’enfant accèdent aux autres goûts que le fameux « sucré » inné. Le risque face aux difficultés sensorielles de certains petits, seraient de les isoler de ces entrées sensorielles que l’on devine déplaisantes : l’enfant ne pourrait alors pas intégrer de nouvelles expériences via ce sens, et chaque future stimulation paraîtrait de plus en plus compliquée, telle de véritables agressions sensorielles. La difficulté tient donc du besoin d’ajustement, le dosage dans les propositions que l’on fait à l’enfant.
    Classiquement, ce développement est celui qui explique que si l’odeur de pain au chocolat qui vous parvient dans la rue vous « donne faim », c’est que l’information olfactive aura réveillé vos autres sens, transmettant l’information à votre système digestif, qui lui-même se conduira comme si vous alliez manger ce pain au chocolat dont la seule odeur pourtant vous parvenait, induisant une réelle illusion perceptive !

Quels chemins mènent aux conflits enfant // assiette ?


Les enfants touchés par ces difficultés alimentaires sont nombreux. Il arrive d’ailleurs qu’on pense certains en phase de « néophobie » (phase normale du développement) alors que leurs difficultés sont vraisemblablement autrement enracinées dans leur développement.
Les autoroutes conduisant aux problématiques alimentaires sont de plusieurs ordres :
A1 : l’Autoroute Neurologique : les enfants IMC pour ne citer que les mieux identifiés.  Mais en réalité, tous les enfants présentant des troubles du développement, des syndromes génétiques et malformatifs présentent une organisation neurologique spécifique. Ainsi, prématurés, TSA, TDAH, TSLO, dyspraxiques, enfants présentant un haut potentiel, etc… pourraient se voir attribuer une étiologie « neurologique ».
A2 : l’Autoroute Digestive : les pathologies digestives allant du RGO aux syndromes les plus complexes.
A3 : l’Autoroute Epigénétique : les terrains familiaux où nous retrouvons fréquemment des parents ayant eux-mêmes présenté des vulnérabilités de développement voire des troubles avérés.
Les « Itinéraires Bis » : Autoroutes Respiratoires et Cardiaques qui souvent mènent vers les départementales sensorielles et motrices.
Suivent quelques routes départementales reliées autour des autoroutes précédentes :
D4 : la départementale sensorielle
D5 : la départementale motrice
Enfin, le périphérique desservant chacun de ces chemins pourrait être nommé « le périphérique émotionnel ». Souvent, on pourrait penser que certains enfants circulent sur un circuit fermé constitué par la fréquentation de plusieurs de ces routes.
Pour conclure, on peut dire que manger est une activité recrutant des compétences motrices mesurées comme étant plus coûteuses chez certains enfants fragiles.
Mais c’est aussi une activité entraînant les danses simultanées de nombreuses informations sensorielles.
Entendre l’assiette se préparer… et comprendre ces / ses bruits ?
La voir arriver … et comprendre ce qu’il y a dedans ?
La humer… et reconnaître les odeurs perçues ? ou éveiller une nouveauté sensorielle ?
En toucher le contenu du bout de la fourchette… et anticiper dans le même temps la sensation prochaine en bouche : mou ou dur, coulant ?…
En deviner la chaleur habituellement expérimentée… et préparer sa bouche à la recevoir.
Et enfin, goûter, sentir en bouche… et vérifier les premières informations comprises au préalable, ou découvrir les sensations associées aux informations initialement pressenties/ devinées ? A moins que, du bout des doigts, la certitude ait été préalablement validée pour se lancer plus sereinement avant de mettre en bouche un aliment peut être tiède, peut-être dur, peut-être collant ou pétillant ?

Finalement, quand on explique aux enfants qu’il est nécessaire de « goûter », nous réalisons que nous n’avons que trop peu en tête l’importance de l’immensité de l’aventure sensorielle incitée. Comprenons que nous si nous pensons que « goûter » n’est qu’une affaire de papilles (sucré / salé / amer / acide / umami), nous nous trompons grandement.
Goûter, c’est découvrir les aliments avec chacun de nos sens, un par un, émettre des hypothèses de compréhension de notre assiette, accepter de se laisser tirer pas à pas vers la vérification des informations auxquelles nous nous attendons.
Accepter d’avancer dans la lecture de son assiette… tel est le challenge de ces enfants «difficiles». Et le plus souvent, ils peinent à se lancer dans l’aventure puisque les premières vécues demeurent peu positives dans leur mémoire.
Goûter, manger, c’est aussi mettre en bouche, croquer, malaxer, mastiquer, regrouper, avaler : ca implique toute cette gymnastique motrice préalable et indispensable à l’action de manger.
Les émotions qui règnent autour du repas, et plus largement au gré des expériences vécues par les enfants autour de ces notions alimentaires, sont fondamentales. Elles sont le ciment qui associent chaque brique sensorielle perçue, et participe à la compréhension que l’enfant a bâtie autour des situations vécues. Nous comprenons alors aisément l’importance de l’environnement qui propose et accueille les stimulations auxquelles l’enfant est soumis.
Finalement les rouages psychologiques de ces troubles alimentaires se situent au croisement des vécus de l’enfant : vécu sensoriel,  moteur, perceptif, et émotionnel. En d’autres mots, comment l’enfant traite physiologiquement les informations sensorielles, quel sens il leur donne et quel plaisir ou déplaisir est au final généré.

Pour aller plus loin…
http://inra.dam.front.pad.brainsonic.com/ressources/afile/223306-99228-resource-expertise-comportements-alimentaires-chapitre-2.html
http://alimentation-sante.org/wp-content/uploads/2015/10/Let-Scien-IFN-n°-138.pdf
https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00354365/document

La prise en charge orthophonique des troubles de l’oralité

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Les troubles de l’oralité ( = difficultés alimentaires que rencontrent certains enfants), encore mal connus, sont néanmoins de plus en plus évoqués en France. On commence à pouvoir entendre que les difficultés alimentaires des enfants peuvent avoir des aspects spécifiques, sensoriels, développementaux. Cela ne touche effectivement pas que les enfants nés prématurément comme on l’entend pourtant encore trop souvent. Au besoin, vous trouverez dans cet article, ici, des pistes étiologiques des troubles de l’oralité.

De plus en plus, les orthophonistes se forment et s’impliquent dans ces prises en charge spécifiques, et en même temps très liées aux connaissances qu’ils ont déjà sur le développement de l’enfant et les fonctions oro-myo-faciales.

Mais que propose l’orthophoniste aux familles, à l’enfant quand il met en place une prise en charge en oralité ? Voilà 10 points qui peuvent être abordés selon l’âge et le profil de l’enfant.

1. Il accompagne autour de l’installation à proposer pendant le repas : quel type de chaise, de fauteuil, de portage correspond le mieux aux besoins de l’enfant. Quels couverts proposer ? Quel verre ? Quel type de biberon essayer ? …

2. Il informe la famille autour des aspects favorisants ou au contraire délétères pour faciliter l’amélioration des prises alimentaires de l’enfant. Il guide la famille pas à pas en fonction des possibilités de chacune, et de leur individualité. L’orthophoniste n’est pas « guide social de bonne conduite alimentaire », mais « guide développemental ». Il va ainsi conseiller autour de la préparation des repas ou du partage des repas, du temps de repas, du temps « entre » les repas, du forcing, … L’orthophoniste va respecter la culture de chaque famille tout en libérant les pensées « préconçues » susceptibles de nuire aux progrès possibles de l’enfant (ex : on ne mange pas le dessert avant le plat).
Picorer
3. Il explique aux parents les hypothèses étiologiques des troubles rencontrés par l’enfant pour les aider à cheminer. Il donne des informations, par exemple, sur les liens existants entre les RGO, les allergies alimentaires, la gastrostomie, les troubles développementaux, les spécificités sensorielles, etc… et les troubles alimentaires observés, afin que pères et mères soient en mesure de s’ajuster aux particularités de l’enfant.

4. Il aide la famille autour de la notion de texture / de goût / de température. Il guide l’évolution à proposer à l’enfant, sur les essais à favoriser, sur les présentations alimentaires aidant l’enfant à cheminer plus facilement (ex : ne pas mélanger des petits morceaux dans une purée lisse, proposer des aliments plus forts en goût ou plus craquants pour certains profils d’enfants, …)

5. Il offre des astuces, des conduites à tenir, spécifiques, que les familles, les structures (crèche, école) vont « devoir » adopter dans le quotidien pour accompagner l’enfant et l’aider à progresser. Effectivement l’orthophoniste ne peut à lui seul résorber les troubles de l’enfant. La prise en charge oralité est au cœur d’un partenariat avec la famille et l’environnement tout entier quelquefois.

6. Il informe au besoin les familles sur les besoins nutritionnels des enfants, et oriente en fonction de ses limites vers un diététicien quand la prise alimentaire ne permet pas des apports suffisants et nécessite des aménagements spécifiques.

7. Il propose à l’enfant, dans un climat ludique, de plaisir, des activités sensorielles visant à stimuler tous les sens mis en jeux lors de l’alimentation. Toucher, sentir, regarder, écouter, goûter, bercer, appuyer sont au cœur des rencontres avec les enfants.
Activité sensorielle
8. Il propose des touchers thérapeutiques précis visant à améliorer les capacités d’ajustement comportemental de l’enfant face aux stimulations proposées sur le plan tactile et proprioceptif.

9. Avec les enfants plus grands, en mesure de réfléchir et de raisonner, il échange avec l’enfant. Ensemble, ils réfléchissent, verbalisent, commentent les sensations que le corps de l’enfant traduit face aux stimulations de l’environnement. Ils fixent ensemble des objectifs d’un rendez-vous à l’autre. Cet aspect cognitif de la prise en charge est fréquente chez les enfants à partir de 4-5 ans, voire avant en fonction de l’enfant.

10. Il collabore avec les professionnels qui suivent l’enfant par ailleurs : pédiatre, généraliste, gastro-pédiatre, ORL, pneumopédiatre, neuropédiatre, psychomotricien, kinésithérapeuthe, diététicien, etc… Il lui est indispensable de connaître les aspects médicaux et paramédicaux du suivi plus large de l’enfant pour proposer une prise en charge la plus ajustée possible.

Ces 10 points se déclinent à l’infini. Vous l’aurez compris, prendre en charge des troubles de l’oralité, ce n’est pas appliquer un protocole unique à tous les enfants, mais « inventer » un suivi pour chaque enfant rencontré selon son profil et son environnement. L’orthophoniste travaille étroitement avec la famille tout autant qu’avec l’enfant, et tourne son regard sur de multiples aspects développementaux de l’enfant pour mener sa prise en charge, d’où la nécessité de collaborer avec les autres professionnels intervenant auprès de l’enfant, voire celle d’orienter l’enfant vers d’autres professionnels complémentaires pour affiner la compréhension du trouble et/ou améliorer la progression de l’enfant via un suivi pluridisciplinaire. Nous en reparlerons…

Prise en charge du bavage

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Comment prendre en charge un enfant qui bave ?

Je vous propose ce soir un petit article pour partager ma pratique auprès des petits sur ce plan (avec ou sans handicap moteur), ou comment « boire avec le doigt ».

La formation de Mme Senez m’a fait réfléchir à l’opposition réflexes / mouvements volontaires. J’ai également découvert la cryothérapie qui a révolutionné ma pratique.
Plusieurs écrits sont partagés sur le site de R4P ici à ce propos. Je vous les recommande, ils sont très intéressants et offrent de bons supports pour la guidance familiale.

C’est en pratiquant la cryothérapie pour stimuler les praxies bucco-faciales que j’en suis venue à ce petit jeu que j’ai appelé « boire avec le doigt ».
Quand on travaille avec les petits, il est de toute manière indispensable de s’appuyer sur des réflexes. Et il est de toute manière inutile de s’appuyer sur des mouvements volontaires pour prendre en charge le bavage. Heureusement, il n’est pas utile de penser à « avaler » pour ne pas baver (c’est capital de le rappeler aux familles !)

Un jour, confrontée à une pénurie de bâtons de glace dans le freezer, j’ai tenté autre chose ; j’ai rempli un verre d’eau très froide au robinet. J’ai annoncé au petit qui était avec moi qu’on allait « boire avec le doigt », et j’ai trempé mon doigt dans l’eau pour le mettre dans sa bouche : mouvement d’appui sur la langue du fond vers l’avant de la bouche en ressortant mon doigt (comme pour que l’enfant le lèche). Puis après avoir trempé à nouveau mon doigt dans l’eau, appui contre le palais d’arrière vers l’avant. Proposition ensuite de « faire des guilis dans les joues » pour déclencher des résistances antagonistes et stimuler le muscle orbiculaire des lèvres.
Je reproduis 2/3 fois (pas plus : quand toute la bouche est froide, cela n’est plus pertinent puisque le réflexe qui vise à ce que toute la bouche reste à la même température ne réagit plus : ce réflexe déclenche par là même des mouvements de langue en lien avec ceux attendus lors de la déglutition entre autre).

Je préconise ensuite ces petits gestes répétés 4/5 fois au quotidien. De mon côté, les résultats sont presque « magiques ». En 7 jours, les enfants cessent quasi de baver. En 15 jours le bavage cède complètement. Je tiens à rappeler que mes patients sont petits, et que cela a sans doute un effet non négligeable sur les effets observés, mais il me tarde d’avoir les retours de ceux qui essayeront auprès d’enfants plus âgés.

La bonne nouvelle de cette méthode :
– plus besoin de congélateur ou de freezer. Idem pour les familles.
– rapide
– tonifie langue et lèvres

La limite :
– l’investissement de la famille
=> sans reprise quotidienne, cela n’a AUCUN effet !

Comment stimuler l’oralité d’un enfant ?

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Votre enfant montre des fragilités voire des difficultés pour s’alimenter ?
Vous voulez l’aider, l’accompagner au quotidien ?
Que faire ?

Aider au moment des repas ET en dehors des repas. C’est déjà une première chose à comprendre. Un enfant qui peine à accéder à une alimentation sereine ( refus des aliments, recrache, sélectionne, …) va avoir besoin d’un soutien spécifique pendant les repas, mais pas seulement.

Pendant les repas, un article vous a déjà été proposé ici ou encore .
Globalement on peut retenir : la bienveillance, le plaisir, l’oubli de l’équilibre alimentaire et des règles culturelles.
– N’hésitez pas à proposer des petits récipients à côté de l’assiette proposant le repas prévu, d’autres aliments en très gros morceaux à prendre à pleine main, ou en petits morceaux à attraper du bout des doigts, des petites choses nouvelles qu’elles soient sucrées ou salées.
– Laissez l’enfant découvrir de nouvelles choses, notamment sans peur des mains sales, même s’il « patouille » plus qu’il ne goûte, ce sera déjà une petite réussite.
– Proposez un cadre calme, apaisé et apaisant.
– Favorisez les repas en famille où l’enfant voit ses parents manger, et laissez l’enfant aller picorer dans les assiettes qui le tentent.
Acceptez le dessert avant le plat, le fromage après le dessert, … Oubliez vos règles d’adulte, et mettez à disposition le repas de l’enfant sur la table ; le laisser choisir l’ordre des aliments absorbés n’est pas délétère. Evitez néanmoins les desserts très riches type « danette » qui pourraient couper l’appétit si mangés en début de repas. Quoi que… il y aura des enfants pour lesquels la Danette favorisera l’éveil au reste du repas.
– Ne vous figez pas dans un programme type, gardez une certaine souplesse, même si je vous conseille pour plusieurs raisons d’imposer le repas « à table », bien installé sur une chaise à bonne hauteur.

– Entendez néanmoins, et sachez le voir si c’est le cas de votre enfant, que certains enfants ont besoin de repères fixes, notamment visuels, au moment des repas. Si vous comprenez cela chez votre enfant, favorisez un cadre stable, fixe : même set de table, même assiette, mêmes couverts. Proposez des ramequins ou des assiettes compartimentées. Ne changez pas trop les habitudes tant que les repas sont difficiles. Et si vous voulez commencer à varier le cadre du repas, essayez de ne faire varier qu’un élément à la fois.

Evitez absolument la surprise ou la feinte. Ne pas annoncer la purée de céleri en pensant que votre enfant la mangera croyant que c’est de la purée de pommes de terre, est une très GROSSE erreur qui va entretenir la difficulté de votre enfant.
=> Votre enfant doit pouvoir se mettre à table sans appréhension de ce que ses sens vont y découvrir. Mettez des mots sur ce que vous avez préparé… et encore mieux, invitez le à préparer avec vous, ou au moins vous regarder faire.

Et en dehors des repas ?
Pensez à tous ces jeux qui vont venir stimuler les sens de votre enfant, sans oublier le sens vestibulaire (qui correspond à celui de l’équilibre). Ainsi, les idées suivantes :
– bercements sur les genoux type bateau sur l’eau
– monter sur les genoux pour jouer au cheval
– danses dans les bras des adultes
– faire l’avion
– être roulé sur le lit
– balançoire
– toboggan
– monter sur les épaules pour aller se promener
– être dans la poussette avec maman qui court en la poussant, puis ralentit

– faire de la pâte à modeler à 4 mains avec un adulte, ou à deux mains si c’est possible.
– toucher les vieux tissus doux (c’est le moment de recycler les vieux vêtements et d’en découper des paires de carrés de tissus à tripoter, à trier, à glisser entre les doigts ou sur les joues
– déchirer des pages de magazines, en faire des grosses boules avec les mains,
– mouiller des pages de magazines, et en faire des boules avec les mains, puis les peindre quand c’est sec, et / ou les rouler dans la semoule, …
– jouer au sable
– jouer à la dînette avec farine et cacao, mais aussi avec les poudres à entremets odorantes, ou avec des épices (curry, thym,…)
– faire des pâtes à cookies, ou des pâtes sablées puis des biscuits avec des emportes pièce.

– sentir les flacons de parfum, les bouteilles de shampoing, les produits de beauté de maman, les paquets de biscuits, de chips aromatisées, les boissons, les paquets de cacao, ….le repas évidemment, surtout à défaut de goûter
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– jouer à se maquiller… puis se maquiller avec des denrées alimentaires, et se photographier ou se regarder dans la glace
– masser le visage de votre enfant avec les mains chaudes, froides, avec ou sans lait de toilette, de l’huile d’amande douce, mains sèches ou mouillées, et inverser les rôles.
– jouez à deviner « sur quoi on marche » et préparer un parcours découverte avec des sacs de congélation recouverts de tissus après les avoir emplis de riz, semoule, farine, caillou, sable, etc…

Faites de votre enfant votre premier partenaire de « cuisine ». Invitez le à voir ce qu’il se passe quand vous épluchez les légumes, etc…

Allez vous promener et sentez la pluie, les feuilles, …
Ecoutez les bruits, racontez les…

Cela mériterait un livre entier, non ? 😉

La petite règle à tout cela : fréquence, cohérence… PLAISIR de faire ensemble ! Et si vous sentez que votre enfant est peu enclin à certains types d’activités, il y a fort à parier que c’est justement celles de ce type là qu’il va justement falloir favoriser et non abandonner pour l’accompagner indirectement vers une oralité plus investie.
On en reparle ?

… et n’oubliez pas que vous pouvez vous faire aider : quels professionnels peuvent vous aider ?

Des livrets de Guidance Parentale ont été conçus afin de vous accompagner plus spécifiquement autour de ces difficultés ici

Massages de désensibilisation

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Ces massages me viennent de Mme Senez. Peu à peu, je les ai faits « miens ». Je vous propose ma pratique suite à cet enseignement que j’ai reçu de Mme Senez. La vidéo qui accompagne vous permettra de visualiser ma réalisation de ces massages.
Le massage du palais était un peu différent dans l’enseignement de Mme Senez dans le sens où elle suggère trois angles de frottements. A force de voir des petits (avec des « petits palais »), ma pratique s’est modifiée, et j’avoue que j’ai oublié à force la technique « propre ». Néanmoins, ayant des résultats cliniques tout à fait satisfaisants, je la partage avec vous. Il conviendra d’adapter le geste pour des patients plus âgés en gardant à l’esprit l’explication de ces massages.

Pourquoi propose t-on ces massages ?
En frottant tous les espaces sollicités par les aliments lors de l’alimentation, on permet aux capteurs sensoriels de la bouche d’augmenter peu à peu leur seuil de réactivité , et donc de ne plus sur-réagir face à toute les stimulations proposées par les textures alimentaires (les capteurs sensoriels s’habituent, comme notre nez, habitué à notre parfum, ne réagit plus).

Quand les utiliser ?
Je vous parlerai là de mon expérience :
Je les utilise très fréquemment pour :
– les enfants présentant des hypersensibilités intrabuccales avec répercussions sur l’alimentation
– les enfants AYANT présenté une hypersensibilité intrabuccale nette (mais non repérée ensuite) et qui présentent toujours des troubles de l’oralité
– les enfants qui présentent une quasi absence de production verbale dès 12 mois, ce même sans particularité alimentaire => ils se mettent TOUS à diversifier leur babillage en 15 jours (SAUF les enfants autistes => observation clinique qui n’engage que quelques cas)
– les enfants à risques (Bronchodysplasie chez grands prémas) dès 6 mois d’âge réel.

Je ne les utilise pas si :
– aucune possibilité d’apprentissage « propre » du geste chez les parents
– enfant pour lequel le visage voire les lèvres ne sont pas accessibles. Il y a d’autres choses à proposer avant.
– enfant qui présente une dysoralité sensorielle non tactile (rare)

Pendant combien de temps :
Je ne donnerai que mon expérience clinique, qui, en parallèle de l’enseignement de Mme Senez prend ce sens :
il me semble que les massages sont à proposer tant que le relai alimentaire n’est pas clairement établi. Mme Senez parle de 7 mois pour tous. Or certains petits ont eu des parents qui ont abandonné avant dans ma clinique : les uns n’ont eu aucun retour en arrière (ils mangeaient normalement au moment de l’arrêt), les autres ont régressé +++ MAIS n’avaient pas du tout accès à une alimentation diversifiée clairement sur le plan des textures (malgré leurs possibles nombreux progrès).

Observations dans l’évolution des enfants :
– la première semaine déroute les parents. L’enfant trouve cela peu agréable, tente d’éviter l’étape « massages », et avouons que 7 évitements par jour, c’est lourd pour les parents. C’est pourquoi la petite visite orthophonique une semaine plus tard est indispensable : pour vérifier le geste parental, et regonfler le moral des troupes 😉
– la deuxième semaine : les enfants qui ont des parents « réguliers » commencent à rentrer dans le jeu et un bon nombre réclament eux mêmes les massages en pointant leur bouche.
– la 3ème semaine : les premières observations d’évolution sont palpables : tant sur le plan alimentaire que verbal.

Le plus dur ? Tenir sur la durée ?
– quand les parents arrêtent sous prétexte que malade ou autre : retour en arrière assuré ! Tant que la bouche n’est clairement pas désensibilisée, tout arrêt fait perdre le travail accompli.
– certains enfants mordent. On prend alors le manche de la brosse à dents bien rond, ou le dos de la brosse (envers des poils) ou tout autre astuce (les parents en trouvent plein !). En séance, j’opte pour le doigtier en silicone épais si besoin.
– et les orthos gants ou pas gants ? Pour ma part > pas de gants ! Mes petits sont très très souvent passés par les services hospitaliers et leurs sens se souviennent des gants : certains pleurent en les voyant, d’autres en les sentant,… J’ai renoncé. Je lave consciencieusement mes mains au liquide hydro-alcoolique puis au savon. ATTENTION, rappelons l’importance du produit avec lequel on doit se laver les mains avant les massages ! Essayez de choisir un savon neutre sans odeur (au moins au départ).
– et ceux qui ferment les dents ? Je propose au moins de masser les gencives…. et chaque famille trouve son astuce ! Une des miennes… Passer par une période parallèle où on se suce chaque doigt dès qu’on peut… OU masser l’enfant dans un contexte de lavage de mains de l’enfant, quand il est dos à nous, en approchant ma main mouillée à l’eau (souvent, par réflexe, ils cherchent à lécher mes doigts).

Et la chanson ?
Chacun la sienne. Je suggère d’en choisir une qui rythme nos mouvements de doigts… mais le tout c’est surtout de mettre du plaisir et de la joie autour de ce rituel. Certaines familles ne chantent pas, et les enfants avancent quand même 😉

Renforçateurs ?
Au départ je propose à certaines familles de faire des tableaux pour que l’enfant ait un « plaisir » qui motive la réalisation des massages.

Mon conseil ?
S’entraîner dans toutes les bouches qui vont bien autour de nous avant de se lancer dans celle de celui qui va mal.

Autre chose à proposer en parallèle ?
Même si Mme Senez pense que « non, les massages suffisent », je ne partage pas ce point de vue. Certains enfants auront juste besoin de massages, mais le plus souvent ils auront besoin d’une prise en charge plus globale de leurs troubles sensoriels, qui, rappelons le, ne touchent bien souvent PAS QUE le tactile bouche, mais aussi le « tactile mains » et/ou le « tactile pieds » voire le « tactile corps », mais aussi… les autres sens ! et contrairement à ce qu’on vous a toujours fait croire, non nous n’avons pas 5 sens, mais bien plus ! (l’audition, la vue, le goût, l’odorat, le toucher… mais aussi la thermoception, la nociception, la proprioception ET le sens vestibulaire… et ce dernier est loin d’être le plus innocent dans les troubles sensoriels observés !)

Des questions ? 😉

10 règles à oublier avec un enfant sélectif

10 règles à oublier avec un enfant sélectif published on 4 commentaires sur 10 règles à oublier avec un enfant sélectif

Souvent, face à un enfant qui présente des difficultés (quelles que soient ces difficultés d’ailleurs), les parents sont souvent perdus, et perdent leurs repères éducatifs.
Face aux enfants sélectifs, cela devient presque une affaire « sociétale » puisque chacun y va de son bon conseil, de son bon « savoir faire » pour expliquer aux parents qu’ils cèdent trop ou qu’au contraire ils s’inquiètent trop.

A force de voir des familles perdues face à ce qu’il convient de faire, j’ai pensé à un petit article, que vous pourrez imprimer pour l’afficher sur le réfrigérateur afin de vous conforter dans l’idée que vous faîtes bien :-). J’ai voulu cet article sur un ton léger. Je vous souhaite détendus… J’espère que vous saisirez que si nous préférons avoir des enfants « qui se tiennent bien à table, mangent proprement, et finissent leur assiette de légumes », il sera toujours temps de revenir aux « bonnes conduites » quand les tensions se seront apaisées. Une des règles premières à retenir étant « plaisir et découverte », oublier tout ce qui génère dans votre esprit une quelconque tension.

C’est ainsi que cet article au titre un peu provocateur est né :
 » 10 règles de conduite à oublier pour que votre petit sélectif soit heureux à table ».
que vous pouvez télécharger ici : Document : « 10 règles de bonnes conduites à oublier »

Comment apprendre aux enfants à se moucher ?

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Quand les enfants grandissent et n’ont pas acquis cette compétence, que proposer pour accompagner cet apprentissage ?
Pour apprendre à se moucher il faut :
– ressentir son nez et ce qui s’y passe
– voir comment ça se passe
– être en mesure de souffler
et avoir un souffle de « qualité » grâce à un voile suffisamment tonique
– être en mesure de distinguer bouche et nez

1/ apprenez lui à ressentir :
– proposer des lavages de nez comme on les propose aux plus petits (voir l’article ici)
– proposer des jeux / des moments de vie où l’enfant est amené à sentir. Montrez-lui comment vous faîtes pour sentir en exagérant vos mouvements d’inspiration. Sentez les bouteilles de parfum, les fleurs, les pots de confiture, de Nutella. Jouez à reconnaître les yeux bandés. Choisissez des odeurs « piquantes », « fortes », celles qui restent dans vos narines après les avoir senties.
2/ Permettez lui de voir.
Ah oui certes, cela peut écœurer certains, et pourtant, quelle motivation que de regarder ce merveilleux spectacle qui trône dans le mouchoir. Face à un enfant qui a besoin d’apprendre à se moucher : aux grands maux, les grands moyens ! 😉
Et puis, montrez aussi comment vous faîtes quand vous vous mouchez vous-même.
3/ Apprenez à souffler
– proposez des jeux de souffle qui amènent à souffler de plus en plus fort par la bouche. De la tasse de lait trop chaude, au sifflet, à la paille pour faire des bulles dans l’eau. Soufflez ensemble de plus en plus fort. Passez de la paille aux fils de scoubidous, aux pailles entortillées (varier les pailles pour varier la puissance demandée). Passez de l’eau à la soupe, au potage, au yaourt nature secoué… Un petit extra avant de manger en aspirant : souffler doucement ou fort pour faire des grosses ou des petites bulles.
– soufflez sur des kleenex en boîte (très léger), des balles de ping pong, des cotons, des cotillons, des boules de Noël, des boules de papier, …Choisissez des choses de plus en plus lourdes pour que la force du souffle gagne en puissance. Soufflez court, soufflez long, soufflez ! Mais rendez cela amusant.
– attention : aidez votre enfant à voir comment tout cela se produit en faisant tout ces jeux devant lui (toujours en exagérant). Installez le de manière à ce que le jeu soit réalisable (les enfants ont tendance à souffler au-dessus des choses qu’ils veulent déplacer, mettez les bien devant, quitte à les faire s’agenouiller devant une table basse. Soyez leur modèle, guidez les afin que leurs premiers souffles, hasardeux, mal contrôlés soient vite récompensés de l’effet qu’ils produisent.
4 / Soufflez par le nez.
Quand la bouche est efficace pour souffler, placer les pailles dans les narines, jouez les dragons féroces, souffler sur des confettis avec le nez en plaçant les confettis sur une surface adaptée qui leur permettra de voler aisément (comme le feu qui sort des narines du Dragon !)
Apprenez aussi dans la voiture à jouez les monstres qui soufflent bruyamment avec son nez. Si vous entendez votre bout de chou, c’est gagné !
Et pourquoi pas, jouez de la flûte avec le nez… vous la laverez après 🙂

Une fois que votre enfant saura faire tout cela, il sera vraisemblablement près à se moucher avec votre aide, puis sans.
Quelquefois le mouchoir sur le nez les freinera, sans doute en lien avec leurs échecs précédents quand on plaçait le mouchoir et que rien ne sortait quand ils soufflaient avec leur bouche. Ils gardent quelquefois le souvenir désagréable du mouchoir longuement appliqué qui au lieu de les amener à fermer leur bouche, les amenaient au contraire à l’ouvrir pour mieux respirer. Changez vos mouchoirs (boîte de Kleenex), mouchez le « sans rien » peut être au départ si c’est nécessaire pour le rassurer.

Mais j’oubliais…
Notions fondamentales :
– alternez les activités conseillées pour favoriser les différentes expériences sensorielles possibles : lavage de nez / parfums / voir le résultat du mouchage dans le mouchoir /souffle par la bouche / souffle par le nez
ET…. vous regarder faire vous même. Montrez, montrez, montrez….
ET … riez ensemble, prenez du plaisir !

– Ce n’est que dans un second temps que vous pourrez apprendre la règle de « une narine à la fois », « placer le mouchoir bien comme il faut », « essuyer le nez de la bonne manière après avoir souffler pour ne pas en avoir sur la joue ».
Ces derniers apprentissages demanderont à votre enfant une coordination motrice plus aiguisée puisque mêlée à une organisation de ses différents gestes… Et comme on ne peut pas penser à tout en même temps dans les situations d’apprentissage, dédramatisez l’aspect « hygiène du mouchage » dans un premier temps, et tant pis si vos souffles de Dragons ont arrosé le pull au passage de sa colère féroce.

Qu’allons nous éviter absolument pour ne pas freiner l’apprentissage :
– penser qu’un lavage de nez est une agression. Vous pouvez avec les plus grands prendre du Stérimar qui pulvérise le sérum dans les narines.
– penser que le lavage de nez suffit, qu’il n’est pas nécessaire d’appuyer sur les narines de votre enfant après puisque cela ne l’a pas amené à souffler quand vous avez essayé ; au contraire persistez en ce sens et montrez comment vous faîtes pour souffler avec votre nez à ce moment là. Donner des appuis alternatifs sur ses narines, c’est aussi l’aider à sentir ce qu’il se passe dedans, et donc lui offrir une entrée sensorielle qui va l’amener à contrôler mieux cette zone ensuite. C’est en répétant cette action régulièrement que cela l’aidera, incontestablement.
– utiliser un mouche-bébé, qui certes libère les narines de votre enfant, mais de manière complètement passive, voire agressive. Cela va à contresens du reste des conseils donnés.
– réduire les mouchages et laissez le nez bouché tant cela vous épuise (même si votre lassitude est compréhensible) => son nez devient une très grande zone qu’il lui sera par la suite encore plus difficile de contrôler. Moins il sera mouché, moins cela le gênera d’avoir le nez plein.
– penser que quand on essuie les narines et ce qui coule, cela suffit.
– penser que guider verbalement un enfant suffit. Quand il peine à automatiser ce geste quotidien, c’est que le problème est ailleurs que dans la mémorisation des différentes phases du mouchage. Les « ferme la bouche » sont effectivement rarement efficaces et renforcent bien souvent les enfants dans l’idée que se moucher est compliqué.

Vous l’aurez compris, même avec la meilleure volonté du monde, ce ne sont ni les orthophonistes, ni les enseignants qui apprendront aux enfants à se moucher. Par contre, ils pourront proposer toutes ces activités qui vont porter l’enfant vers le souffle, les sensations… et surtout, ils pourront informer les parents des activités à reprendre à la maison pour que le mouchage devienne un acte accessible à l’enfant, automatisé, non soumis à la réflexion des différentes étapes à enchaîner.

Evolution d’une famille avec la « Guidance en Oralité ».

Evolution d’une famille avec la « Guidance en Oralité ». published on Aucun commentaire sur Evolution d’une famille avec la « Guidance en Oralité ».

Une poignée de familles participent au projet « guidance en oralité » évoqué ici « guidance parentale »
Avec l’accord d’une des familles, j’ai décidé de partager avec vous l’évolution d’un enfant sur les 8 premières semaines d’activités (nous sommes à mi chemin, il est prévu 15 séances).

Le 23 juillet,
Mail initial avant de commencer le projet :
« Je suis la maman de E. né à 34 sa avec un RCIU.
Il a 13 mois et mange très peu depuis le début.
Après de gros reflex nauséeux (qui se sont quasi arrêtés), E. mange difficilement à la cuillère parfois il mange mieux quand je lui donne directement à la main (pas facile avec certains aliments) en moyenne il prend 30g par mois au mieux 270g.
Sa courbe reste stable avec une cassure au début de la diversification faite à ses 8 mois âge réel.
Vous l’aurez compris il mange très peu de nourriture solide et ne supporte pas les purées, je l’allaite encore principal source d’alimentation pour lui.
Il ne supporte pas qu’on lui touche la tête (pour le visage il y a du mieux je trouve), et surtout il ne porte rien à la bouche ni ses doigts, ni ses jouets pas même la mie du pain (seul aliment pour lequel il présente un intérêt certain).
Voilà pour notre profil « famille ».

Le 31 juillet
Après la 1ère fiche en ligne ici

Voilà pour la première semaine.
Mon fils E. 13 mois AR(11 AC) a apprécié ces petits jeux avec maman, son grand frère M. (8ans) s’y est mis aussi et a participé activement aux petits jeux de mains.
-Pour E. la bébête ça était génial, il adore, se jette en arrière de plaisir mais n’aime toujours pas quand la bébête touche son crâne, du coup j’y allais moins.
Bateau sur l’eau au top, les premiers jours il s’abandonnait totalement de tout son poids sur mes mains.
-Les indiens sur les derniers jours il essaye de lui-même avec ses mains sur ma bouche (jamais sur la sienne pour rappel il n’amène jamais rien à sa bouche)
Sucer mes doigts bof bof, au début il pensait manger quelque chose je pense (vu que je le nourris souvent avec les mains il n’aime pas trop la cuillère)
Dans l’ensemble c’était très sympa.

11 Août
Après la deuxième fiche en ligne ici

Même en Espagne on a continué nos petits jeux , un peu de partout, dans le camion aménagé où nous voyageons, sur la plages, au resto….
Cheval saute il a bien aimé et attendait la fin du jeu avec le « youuuuuuuuuuu »
La main qui te croque bien aimé aussi, sur la tête comme vous me l’avait conseillé j’y vais plus franchement mais c’est pas ca encore arrivé sur la tête il » rentre sa tête dans son cou (suis claire là ) par appréhension.
Bidu bidu,c’est un petit jeu auquel nous avion déjà joué, il aime bien aussi, il faut vraiment que je fasse celle qui s’éclate pour l’intéresser, sur ça bouche ca reste compliqué j’ai pas insisté
maquillage et vache qui rit: il a pas compris je pense, il n’en n’a pas compris le jeu que je m’en barbouille la bouche ou la sienne?????? du coup j’ai pas continuerai aurai-je dû ?
Dans un mail précédent je vous expliqué qu’il avait mis un doigt dans sa bouche, mais cette semaine loin de la maison nos habitudes alimentaires ont changés par deux fois il a accepter de manger un petit pot industriel ( en principe il mange que des morceaux faits maison) l’équilibre alimentaire n’a absolument pas était respecté, jambon/ pain étant son alimentation principale durant ces vacances, du coup petit pot 4/6 mois où il en a mangé un quart et une moitié une fois, la encore c un petit pas pour E. car il n’a pas eu de reflex nauséeux , j’ai triché aussi comme une récompense (comme expliqué dans un article que vous avez écrit) une cuillère= un morceaux de chips (je sais pas terrible les chips mais bon quand ca marche!!!)
Voilà pour mon retour.

23 Août Retour de la fiche 4. Quelques contretemps en lien avec les vacances…
Je suis (encore) en retard vacances oblige
dès lundi je serais plus assidue, je reprends le boulot,( je suis assistante maternelle agrée à domicile)
oh la saucisse: bon E. ne supporte pas que je lui touche le tête du coup les fin de bain avec l’essuyage de cheveux reste difficile du coup cet exercice arrive au mauvais moment, je l’ai fait et taché d’avoir des geste tendres mais ferme
les marionnettes: il adore, il connait au début j’ai remarqué qu’il était étonné de mes gestes puis ils les attendaient il m’imitait pas mais touché mon visage quand même.
cours cheval: i a aimé aussi le hic (qui n’en ai pas vraiment un) c’est qu’il se met debout en appuis depuis peu du coup à cheval sur mes genoux il veut rester droit il a regardé souvent dans le vide attendant la suite du jeu prêt à rire
la tétine coquine: déjà il met rien à la bouche (sauf un doigt de temps à autre) ni pouce ni tétine, j’ai essayé tétine il comprend ce que je lui veut (c marrant même) du coup mon doigt à fait « le fou » et tout ce que goute maman, E. est prêt à gouter. Du fait des vacances ce jeu n’a pas était facile à réalisé plage, camping, sandwich sur le pouce….
Dans l’ensemble tout c bien passé E. comprend quand on va « jouer », souvent on fait des jeux similaire des autres semaines à la suite, tous ces petits jeux on été fait parfois dans une file d’attente, en attendant papa et grand frère….

31 Août, retour de la 5ème fiche
les fous sur le lit : j’ai fais participé mon grand (M. 8 ans) il a bien fait le « fou » E. d’abord un peu intrigué puis s’est pris au jeu
souffler sur la peau: la première fois il a pas trop aimé surtout le soufflé chaud, puis il s’y est fait et attendait même les prochains souffles .
le lion : là encore c’est M. qui à « fait le boulot » d’abord effrayé par le très méchant lion on a continué le jeu avec toutes sortes d’animaux, robots, aliens… à la fin il s’amusait et attendait les prochains personnages.
la dinette: j’avoue ne pas avoir pris le temps, mais j’ai ressorti la petite cuisine et sa dinette et on joue avec je fais semblant de gouter il est intrigué, cette semaine j’accueille une petite fille de 2 ans et la dinette « sale » sera très sympa ensemble.

Conclusion de cette famille sur les 5 premières semaines d’activité :
Dans l’ensemble quand même j’ai noté quelques améliorations:
sa voix: ça y est on l’entend quand il se réveille , il miaule plus il donne de la voix (je crois que je regrette avant )
gouter: il goute facilement , surtout en dehors des repas, juste pour gouter.
sa bouche: il ouvre plus grand la bouche, je peu enfin lui mettre la cuillère dans la bouche et pas seulement faire glisser la nourriture dans la toute petite ouverture de ses lèvres, du coup je tache de plus souvent lui donner à manger avec des couverts mais il garde une préférence que je lui donne avec les doigts ou la fourchette aussi!
Continue reading Evolution d’une famille avec la « Guidance en Oralité ».

Comment et pourquoi moucher les enfants ?

Comment et pourquoi moucher les enfants ? published on 12 commentaires sur Comment et pourquoi moucher les enfants ?

Lorsque l’été s’achève, les nez qui coulent refont surface, entraînant derrière eux la toux et les otites. Mais pas seulement. Un nez qui coule, mal mouché, va également entraîner tout un système de réactions en chaîne :
pyramide nez bouché

C’est pour ces différentes raisons, qu’en tant qu’orthophoniste, j’estime que le mouchage des enfants doit s’inscrire parmi les missions premières en éducation précoce.

Dernièrement, j’ai interrogé autour de moi sur les différentes techniques adoptées pour moucher les tout petits. Je ne vous cacherai pas ma suprise en apprenant certaines de ces méthodes : efficaces sans doute pour vider les petits nez pleins, quelque unes me paraissent aller à contresens de ce que nous allons vouloir apprendre à nos enfants pour qu’ils deviennent autonomes face à cette notion.

Je vous propose donc aujourd’hui la méthode que les services de pédiatrie utilisent pour moucher les enfants hospitalisés. C’est aussi celle que j’ai adopté pour mes enfants : chacun d’entre eux a su souffler dans un mouchoir avant 1 an, sans d’ailleurs que cela ne m’amène à arrêter les lavages de nez.

A la naissance, les pharmacies et supermarchés orienteront vos achats vers les petites doses de sérum physiologique de 5 ml de ce type :

A ce moment là, avant 3 mois en moyenne, cette dose va suffire. Vous allez mettre votre bébé allongé, visage sur le côté, le nez dirigé vers la table à langer, vous presser le petit flacon proche de l’entrée de la narine qui se situe vers vous, et le liquide ressort de l’autre côté si vous bébé est bien positionné. Si c’est un gros rhume, et que ce lavage de nez n’est pas proposé à titre préventif, vous allez tourner votre bébé sur l’autre côté, et réaliser la même action dans l’autre narine.

A partir de 3/4 mois
Passés les tout premiers mois, cette dose de 5ml n’est pas suffisante, et la position proposée peut tout à fait évoluer.
Vous allez demander en pharmacie un flacon de serum physologique (500ml ou 1L) et une seringue + aiguille. A savoir, vous pouvez aussi tout à fait fabriquer vous-même votre serum physiologique comme décrit ici :« comment réaliser soi-même un sérum physiologique ? »
Vous plantez l’aiguille dans le flacon que vous placez à l’envers et remplissez votre seringue de 10CC. Vous veillez à ne pas laisser de bulle d’air dans votre seringue pleine de serum physiologique.
Ensuite, mettez votre enfant assis sur la table à langer, et placer son dos contre vous, un lange autour de lui, comme un grand bavoir. Basculer sa tête légèrement en avant – invitez le à regarder son ventre- et apposez le bout de la seringue proche d’une des narines puis injectez relativement vite la moitié du serum physiologique de la seringue. Puis même chose dans l’autre narine.
Avec le lange recouvrant votre enfant, recouvrez son nez comme si c’était un mouchoir, puis comprimez doucement plusieurs fois de suite les narines de votre enfant.
Quand il grandit, est en mesure de vous regarder (à 6 mois ?), mimez le souffle par le nez, bouche fermée, et verbalisez « tu souffles ? ».

A quelle fréquence ?
Si votre enfant est enrhumé, un lavage s’impose avant chaque repas (après, vous risquez de déclencher des vomissements, et surtout, le réaliser « avant le repas », va aider votre enfant à manger de manière plus satisfaisante).
Si votre enfant n’est pas enrhumé, un lavage par jour, avant le coucher est souhaitable.

Précautions à prendre ?
Veillez à ce que le sérum physiologique ne soit pas trop froid, afin de limiter les éventuels désagréments ressentis par les enfants.
N’injectez pas trop lentement le sérum physiologique. Il faut que l’impulsion permette d’envoyer le sérum avec suffisamment de puissance pour qu’il puisse retomber par l’aure narine.
Le menton de votre enfant doit être collé contre sa poitrine presque, afin que le sérum ne coule pas dans sa gorge. Si tel était le cas, pas de drame, mais c’est évidemment peu agréable pour l’enfant.

Réactions des enfants.
Pas de doute, au départ, aucun enfant ne ressent cet acte comme étant « plaisant », et pourtant, en grandissant, ils le demandent volontiers et se plient au soin sans problème tant celui-ci les soulage efficacement. Si la position assise est trop compliquée, remettez le allongé sur le côté en tenant son visage. Mais d’expérience, j’ai envie de dire qu’un enfant qui refuse le soin sera plus facile à contenir « assis », dos à vous, qu’allongé.

Apprendre à se moucher ?
D’une part, quand vous positionnez votre enfant pour ce lavage de nez, il va automatiquement fermer sa bouche, puisque sa tête bascule en avant et bloque l’ouverture de la bouche. Puis, comme à la suite, vous lui essuyez le nez en pressant ses narines, il va mieux sentir ses narines pour contrôler cette zone là, et souffler. Comme vous serez heureux qu’il souffle, voire vous lui montrerez comme il a bien soufflé dans le lange, il recommencera la fois prochaine. Peu à peu, même sans le sérum, il saura souffler avec son nez dans le mouchoir.

Jusqu’à quel âge ?
Jusqu’à 6 ans ? pourquoi pas… Jusqu’à l’âge où les rhumes n’envahiront plus son quotidien. Sachez que même en sachant se moucher, le lavage de nez sera tout de même très efficace pour l’aider à soigner ses rhinites.

Avec un nez bien soigné, vos enfants éviteront quelques otites, auront un cadre ORL adapté pour prendre leur repas
= auront un message auditif moins « brouillé »/ plus stable,
= sentiront bien -odeurs-,
= ressentiront bien les sensations en bouche, ce qu’ils déglutiront,
= contrôleront mieux à terme ce carrefour gorge / nez qu’il faut maîtriser tant pour se moucher, que pour souffler sur le bougies du gâteau, … et pour parler, mâcher, avaler…

Retenez aussi qu’un nez dont on prend soin participe à l’équipe ORL.

Pour ceux et celles qui voudraient un peu mieux comprendre des histoires de nez qui coulent, place à la vidéo !
« comment soigner un nez bouché »

A présent que vous avez pris connaissance de l’importance du mouchage chez les enfants, racontez dans les commentaires vos anecdotes, vos façons de faire, vos astuces personnelles susceptibles de nous aider à lutter contre « les nez crottés » 😉