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7 axes de réflexions pour construire un suivi orthophonique en oralité

7 axes de réflexions pour construire un suivi orthophonique en oralité published on Un commentaire sur 7 axes de réflexions pour construire un suivi orthophonique en oralité

7 axes de réflexions pour construire un suivi orthophonique en oralité

Voici un thème assez flou voire controversé : quelle progression proposer dans les prises en charge en oralité ? Quand un enfant est identifié lors d’un bilan comme présentant des troubles de l’oralité, il semble parfois difficile d’imaginer une progression cohérente pour la prise en charge à venir. Je propose dans cet article de vous présenter brièvement des axes de réflexions susceptibles d’appuyer votre cheminement.

1. Restaurer le plaisir des repas

a. Adapter les repas aux possibilités gustatives, digestives (quantités) et motrices de l’enfant
b. Diminuer les exigences familiales et au besoin modifier radicalement les propositions : expliquer le développement et fixer un délai pour ces aménagements (7-10 jours) > accompagner au quotidien si nécessaire.
c. Réfléchir les notions : forcer, inciter, inviter, proposer.

2. Aborder la sensorialité

a. Comprendre et identifier les éventuels facteurs impactant de manière négative sur la sensorialité alimentaire de l’enfant : fréquence-cohérence des modèles, digestion, fatigabilité, nécessité de compréhension.
b. Proposer des expériences sensorielles porteuses de sens en séance : modèle
c. Amener les parents à proposer des routines sensorielles ludiques et plaisantes (Livrets de Guidance Oralité 1)

3. Accompagner les parents dans la compréhension progressive des étayages nécessaires

a. Principe d’éducation au goût : importance du partage familial, de la compréhension de l’enfant, de la fréquence et variété des présentations (Livret de Guidance Oralité 2 et 3)
b. Prise de conscience des rouages alimentaires culturels et sociaux, et de la flexibilité possible
c. Propositions de nouveaux schémas

4. Renforcer, après information, les bonnes conduites d’hygiène bucco-dentaire, ORL et digestive. Stratégies éducatives

a. Laver les dents quotidiennement
b. Moucher l’enfant via des lavages de nez avec seringue et sérum physiologique
c. Aspirer et souffler
d. Prendre en charge le bavage
e. Appétit et digestion

5. Transformer peu à peu l’organisation familiale autour de l’alimentation

a. Partage des repas et de leur préparation : ritualisation des informations annonçant le repas
b. Mise en conscience des aliments phares souhaités par les parents pour leur enfant (respect de ceux-ci via le thérapeute et information si nécessaire)
c. Intégrer des automatismes visant à renforcer le comportement de l’enfant via une modification progressive des conduites : accompagnement explicite et implicite (principe d’éducation à la santé) et valorisation des conduites parentales.

6. Les perceptions alimentaires

a. Mise en conscience des représentations construites par les parents
b. Mise en conscience des représentations construites par l’enfant
c. Modification progressive des représentations via un suivi type TCC

7. Guidance explicite et implicite vers des sollicitations alimentaires fonctionnelles

a. Accompagner les parents pour les amener, à partir de leurs modèles alimentaires familiaux et de leurs routines quotidiennes, à proposer des schémas ajustés aux besoins sensoriels et moteurs (livrets de guidance oralité 3)
b. Mesurer les progressions possibles dans les propositions au fur et à mesure du développement. Progression sensorielle et motrice.

Ces axes sont tissés, entremêlés en fonction de l’âge de l’enfant, du profil identifié lors de son bilan et de sa progression.

Et vous ? Quelle progression proposez-vous ? Quels sont vos axes de réflexions ?
Où placeriez-vous les massages de C.Senez dans ce schéma présenté ?
Les commentaires vous attendent…
Et pour faire circuler l’information et le questionnement, partagez abondamment !

ATTENTION : je n’autorise pas les sites commerciaux à utiliser tout ou partie de mes articles, ou documents associés, pour contribuer à leur communication commerciale.

« Il a toujours été compliqué à nourrir, que proposer ? »

« Il a toujours été compliqué à nourrir, que proposer ? » published on 5 commentaires sur « Il a toujours été compliqué à nourrir, que proposer ? »

Il y a des enfants qui apparaissent « difficiles à nourrir ». Les mois passent, les stratégies développées par les parents demeurent inefficaces et chacun s’épuise : l’enfant montre un comportement de plus en plus opposant, et les parents ne savent plus quoi faire.

« Il a toujours été compliqué à nourrir, que proposer ? »

1. Montrez la route des repas en invitant votre enfant à table avec vous : vous voir vous régaler est capital.
2. Pensez : « plaisir » et acceptez que son plaisir ne soit pas d’emblée en adéquation avec le vôtre
3. Lâchez prise quelques temps sur l’équilibre alimentaire tel qu’il est transmis dans notre société (5 fruits et légumes par jour, pas trop gras, pas trop sucré, …)
4. Proposez encore et encore, en petites quantités dans une coupelle à côté de l’assiette au besoin.
5. Patience et bienveillance : plus facile à dire qu’à faire… mais le secret est là aussi. Les émotions générées à table comptent tout autant que les sensations que votre enfant perçoit à travers son repas avec son nez, ses yeux, sa bouche, …
6. Aidez votre enfant à « comprendre » ce qu’il a dans son assiette.

« Pourquoi et comment aider un enfant à mieux comprendre son assiette ? »

Comprendre son assiette, c’est avoir appris à la connaître. Et quand on connaît les choses, on les craint moins. Connaître mieux, c’est se préparer à aimer. C’est donc bien ici une étape pour aider votre enfant.

  1. Il va être important de proposer à votre enfant, en fonction de son âge, d’une part des aliments « simples à comprendre » pour qu’il puisse apprendre à reconnaître leur goût (en s’accompagnant de ses autres sens), et d’autre part, les « plats familiaux » que vous appréciez partager dans le quotidien de la maison. Quoi qu’il en soit, il sera important de ne pas oublier la place du plaisir « partagé » (les plus grands auront possiblement besoin de temps pour se mettre à goûter, les plus petits pourront y être incités plus aisément sur demande parentale).
  2.  Ainsi, pour aider votre enfant à découvrir des aliments, il sera plus pertinent de choisir ceux que vous appréciez vous-mêmes. Si vous présentez vous-même une sélectivité alimentaire, faites-vous aider par l’enthousiasme d’un tiers au moment des repas : l’autre parent, les grands-parents chez qui l’enfant va souvent, mais aussi la nourrice, la crèche voire l’école quand ces dernières structures comprennent la problématique de ces enfants. Il est juste important que le tiers aidant partage régulièrement des repas avec l’enfant. Nous ne pouvons néanmoins nier que les plus à même de jouer ce rôle de « présentateur alimentaire enthousiaste » sont les parents, pour de simples raisons affectives : nous n’oublierons jamais la puissance des émotions dans les aventures repas.
  3. La stratégie qui consiste à inviter votre enfant lors de la préparation du repas est idéale. Ouvrir un boîte de conserve de Haricots Verts, ou glisser deux poignées de coquillettes « comptent aussi » 😉
  4.  Vous pouvez également vous fabriquer des cartes photos des aliments (en découpant dans les publicités ou en imprimant grâce à Google image) et présenter la photo à chaque fois que vous proposez l’aliment (voire qu’il constitue votre plat). A l’inverse, bannissez absolument la feinte : en voulant le tromper sur ce qu’il mange. Avec cette stratégie, vous reculeriez sur le chemin que vous souhaitez pourtant emprunter.
Exemple de set de table avec bande velcro et photos du repas

« Pourquoi amener un enfant à manger c’est parfois si compliqué ? »

  1. Le cerveau de l’enfant contrôle ses « envies », son « appétit », « son plaisir » aussi d’ailleurs. Les processus qui régissent la prise alimentaire sont plus complexes que le « simple refus d’opposition » souvent interprété par l’entourage. Ce refus alimentaire n’est pas non plus un aveu de désamour : juste le croisement d’informations sensorielles ou digestives qui sont comprises sur le mode « désagréable », ou aux impossibilités, notamment motrices, qui elles-mêmes génèrent d’ailleurs souvent du déplaisir, voire à la diminution du plaisir qui apparaît à mesure qu’un aliment de même type est ingéré.
    Retenons que les enfants reprennent les activités d’eux-mêmes quand celles-ci sont plaisantes, et abandonnent spontanément celles qui ne le sont pas.
    Mais le cerveau communique pleinement avec le système digestif. Par exemple, il traite la vue des aliments différemment selon la faim par ailleurs ressentie.
  2. C’est donc aussi le système digestif qui dicte les lois. Quelles lois ? me direz-vous… Celles de la physiologie digestive (saviez-vous qu’il existe des neurones digestifs ?). En connaître quelques-unes vous permettra de mieux comprendre cet enfant difficile à nourrir :
  • Lorsqu’un enfant a faim, il va avant tout être attiré par les aliments que son organisme a appris à reconnaître comme étant « à forte densité calorique » (= qui apportent plus vite les calories attendues) : plutôt les pâtes que les haricots verts.
  • Les tout-petits ont par ailleurs de naturelles attirances pour les aliments gras et sucrés dont leur cerveau a besoin dans cette période de développement.
  • Et puis, saviez-vous que les enfants expriment un vrai désir physiologique quand ils disent ne plus avoir faim mais demandent un dessert ? Pourtant c’est vrai. Si on s’écoute nous-mêmes, adultes, on entendra les mêmes possibles envies.
  • Pour qu’il ait faim, il est nécessaire que son estomac ait pu partiellement vider son contenu précédent. Un intervalle de 2h entre les repas serait à observer. Par contre, rappelez-vous que les 4 repas par jours que nous proposons en France ne sont que pure histoire culturelle. Vous pourriez en proposer moins, ou plus…
  • Tous les organismes ne fonctionnent pas selon le même métabolisme. Certains ont besoin de peu manger pour vivre, d’autres plus… Les médias offrent des messages de bonne conduite à la société sans prendre compte de ceux qui ne fonctionnent pas comme la « moyenne de la population ».


3. De nombreux aspects sensoriels entrent en jeu

  • Il existe dans le développement des enfants une période où il est « classiquement » aisé pour lui de goûter à tout (5/12 mois), puis, cette fenêtre développementale peu à peu se referme. A 24 mois, l’enfant aura déjà son ancré ses préférences alimentaires, et si rien n’est figé au cours de la vie, il est intéressant de retenir cet âge repère comme celui qui annonce les préférences de l’individu adulte. Comprenez que l’enfant construit au gré de ses repas des schémas sensoriels en fonction de ses expériences. Plus il aura expérimenté l’alimentation avec tous ses sens au sein d’un climat positif, plus il sera à même d’anticiper son assiette en la comprenant finement. Les goûts et aliments non présentés manqueront à la grille de lecture initiale. Ils pourront être ajoutés dans la bibliothèque « sensorielle alimentaire » de l’enfant, mais cela sera plus ardu quand les traitements cognitifs (= représentations / pensées personnelles construites) de l’enfant s’ajouteront aux freins sensoriels déjà vécus par l’enfant.
  • Enfin, la préférence innée pour le goût sucré observé à la naissance n’est pas à vie inscrite. Le goût est un sens, qui, comme tous les autres, s’éduque. Le bébé entend, voit, … dès la naissance, mais ce n’est que via ses expériences répétées encore et encore qu’il va se servir de plus en plus finement de ses sens.

    Par exemple, le bébé reconnaît la voix de sa mère dès la naissance, puis le bruit de la porte de sa chambre, du grelot de son doudou, du chien qui aboie pourtant au loin… et bien plus tard les notes de musique s’il est instruit en ce sens. Le goût et l’odorat fonctionnent de même. Il va donc être indispensable de présenter des goûts et odeurs encore et encore pour que l’enfant accèdent aux autres goûts que le fameux « sucré » inné. Le risque face aux difficultés sensorielles de certains petits, seraient de les isoler de ces entrées sensorielles que l’on devine déplaisantes : l’enfant ne pourrait alors pas intégrer de nouvelles expériences via ce sens, et chaque future stimulation paraîtrait de plus en plus compliquée, telle de véritables agressions sensorielles. La difficulté tient donc du besoin d’ajustement, le dosage dans les propositions que l’on fait à l’enfant.
    Classiquement, ce développement est celui qui explique que si l’odeur de pain au chocolat qui vous parvient dans la rue vous « donne faim », c’est que l’information olfactive aura réveillé vos autres sens, transmettant l’information à votre système digestif, qui lui-même se conduira comme si vous alliez manger ce pain au chocolat dont la seule odeur pourtant vous parvenait, induisant une réelle illusion perceptive !

Quels chemins mènent aux conflits enfant // assiette ?


Les enfants touchés par ces difficultés alimentaires sont nombreux. Il arrive d’ailleurs qu’on pense certains en phase de « néophobie » (phase normale du développement) alors que leurs difficultés sont vraisemblablement autrement enracinées dans leur développement.
Les autoroutes conduisant aux problématiques alimentaires sont de plusieurs ordres :
A1 : l’Autoroute Neurologique : les enfants IMC pour ne citer que les mieux identifiés.  Mais en réalité, tous les enfants présentant des troubles du développement, des syndromes génétiques et malformatifs présentent une organisation neurologique spécifique. Ainsi, prématurés, TSA, TDAH, TSLO, dyspraxiques, enfants présentant un haut potentiel, etc… pourraient se voir attribuer une étiologie « neurologique ».
A2 : l’Autoroute Digestive : les pathologies digestives allant du RGO aux syndromes les plus complexes.
A3 : l’Autoroute Epigénétique : les terrains familiaux où nous retrouvons fréquemment des parents ayant eux-mêmes présenté des vulnérabilités de développement voire des troubles avérés.
Les « Itinéraires Bis » : Autoroutes Respiratoires et Cardiaques qui souvent mènent vers les départementales sensorielles et motrices.
Suivent quelques routes départementales reliées autour des autoroutes précédentes :
D4 : la départementale sensorielle
D5 : la départementale motrice
Enfin, le périphérique desservant chacun de ces chemins pourrait être nommé « le périphérique émotionnel ». Souvent, on pourrait penser que certains enfants circulent sur un circuit fermé constitué par la fréquentation de plusieurs de ces routes.
Pour conclure, on peut dire que manger est une activité recrutant des compétences motrices mesurées comme étant plus coûteuses chez certains enfants fragiles.
Mais c’est aussi une activité entraînant les danses simultanées de nombreuses informations sensorielles.
Entendre l’assiette se préparer… et comprendre ces / ses bruits ?
La voir arriver … et comprendre ce qu’il y a dedans ?
La humer… et reconnaître les odeurs perçues ? ou éveiller une nouveauté sensorielle ?
En toucher le contenu du bout de la fourchette… et anticiper dans le même temps la sensation prochaine en bouche : mou ou dur, coulant ?…
En deviner la chaleur habituellement expérimentée… et préparer sa bouche à la recevoir.
Et enfin, goûter, sentir en bouche… et vérifier les premières informations comprises au préalable, ou découvrir les sensations associées aux informations initialement pressenties/ devinées ? A moins que, du bout des doigts, la certitude ait été préalablement validée pour se lancer plus sereinement avant de mettre en bouche un aliment peut être tiède, peut-être dur, peut-être collant ou pétillant ?

Finalement, quand on explique aux enfants qu’il est nécessaire de « goûter », nous réalisons que nous n’avons que trop peu en tête l’importance de l’immensité de l’aventure sensorielle incitée. Comprenons que nous si nous pensons que « goûter » n’est qu’une affaire de papilles (sucré / salé / amer / acide / umami), nous nous trompons grandement.
Goûter, c’est découvrir les aliments avec chacun de nos sens, un par un, émettre des hypothèses de compréhension de notre assiette, accepter de se laisser tirer pas à pas vers la vérification des informations auxquelles nous nous attendons.
Accepter d’avancer dans la lecture de son assiette… tel est le challenge de ces enfants «difficiles». Et le plus souvent, ils peinent à se lancer dans l’aventure puisque les premières vécues demeurent peu positives dans leur mémoire.
Goûter, manger, c’est aussi mettre en bouche, croquer, malaxer, mastiquer, regrouper, avaler : ca implique toute cette gymnastique motrice préalable et indispensable à l’action de manger.
Les émotions qui règnent autour du repas, et plus largement au gré des expériences vécues par les enfants autour de ces notions alimentaires, sont fondamentales. Elles sont le ciment qui associent chaque brique sensorielle perçue, et participe à la compréhension que l’enfant a bâtie autour des situations vécues. Nous comprenons alors aisément l’importance de l’environnement qui propose et accueille les stimulations auxquelles l’enfant est soumis.
Finalement les rouages psychologiques de ces troubles alimentaires se situent au croisement des vécus de l’enfant : vécu sensoriel,  moteur, perceptif, et émotionnel. En d’autres mots, comment l’enfant traite physiologiquement les informations sensorielles, quel sens il leur donne et quel plaisir ou déplaisir est au final généré.

Pour aller plus loin…
http://inra.dam.front.pad.brainsonic.com/ressources/afile/223306-99228-resource-expertise-comportements-alimentaires-chapitre-2.html
http://alimentation-sante.org/wp-content/uploads/2015/10/Let-Scien-IFN-n°-138.pdf
https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00354365/document

La prise en charge orthophonique des troubles de l’oralité

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Les troubles de l’oralité ( = difficultés alimentaires que rencontrent certains enfants), encore mal connus, sont néanmoins de plus en plus évoqués en France. On commence à pouvoir entendre que les difficultés alimentaires des enfants peuvent avoir des aspects spécifiques, sensoriels, développementaux. Cela ne touche effectivement pas que les enfants nés prématurément comme on l’entend pourtant encore trop souvent. Au besoin, vous trouverez dans cet article, ici, des pistes étiologiques des troubles de l’oralité.

De plus en plus, les orthophonistes se forment et s’impliquent dans ces prises en charge spécifiques, et en même temps très liées aux connaissances qu’ils ont déjà sur le développement de l’enfant et les fonctions oro-myo-faciales.

Mais que propose l’orthophoniste aux familles, à l’enfant quand il met en place une prise en charge en oralité ? Voilà 10 points qui peuvent être abordés selon l’âge et le profil de l’enfant.

1. Il accompagne autour de l’installation à proposer pendant le repas : quel type de chaise, de fauteuil, de portage correspond le mieux aux besoins de l’enfant. Quels couverts proposer ? Quel verre ? Quel type de biberon essayer ? …

2. Il informe la famille autour des aspects favorisants ou au contraire délétères pour faciliter l’amélioration des prises alimentaires de l’enfant. Il guide la famille pas à pas en fonction des possibilités de chacune, et de leur individualité. L’orthophoniste n’est pas « guide social de bonne conduite alimentaire », mais « guide développemental ». Il va ainsi conseiller autour de la préparation des repas ou du partage des repas, du temps de repas, du temps « entre » les repas, du forcing, … L’orthophoniste va respecter la culture de chaque famille tout en libérant les pensées « préconçues » susceptibles de nuire aux progrès possibles de l’enfant (ex : on ne mange pas le dessert avant le plat).
Picorer
3. Il explique aux parents les hypothèses étiologiques des troubles rencontrés par l’enfant pour les aider à cheminer. Il donne des informations, par exemple, sur les liens existants entre les RGO, les allergies alimentaires, la gastrostomie, les troubles développementaux, les spécificités sensorielles, etc… et les troubles alimentaires observés, afin que pères et mères soient en mesure de s’ajuster aux particularités de l’enfant.

4. Il aide la famille autour de la notion de texture / de goût / de température. Il guide l’évolution à proposer à l’enfant, sur les essais à favoriser, sur les présentations alimentaires aidant l’enfant à cheminer plus facilement (ex : ne pas mélanger des petits morceaux dans une purée lisse, proposer des aliments plus forts en goût ou plus craquants pour certains profils d’enfants, …)

5. Il offre des astuces, des conduites à tenir, spécifiques, que les familles, les structures (crèche, école) vont « devoir » adopter dans le quotidien pour accompagner l’enfant et l’aider à progresser. Effectivement l’orthophoniste ne peut à lui seul résorber les troubles de l’enfant. La prise en charge oralité est au cœur d’un partenariat avec la famille et l’environnement tout entier quelquefois.

6. Il informe au besoin les familles sur les besoins nutritionnels des enfants, et oriente en fonction de ses limites vers un diététicien quand la prise alimentaire ne permet pas des apports suffisants et nécessite des aménagements spécifiques.

7. Il propose à l’enfant, dans un climat ludique, de plaisir, des activités sensorielles visant à stimuler tous les sens mis en jeux lors de l’alimentation. Toucher, sentir, regarder, écouter, goûter, bercer, appuyer sont au cœur des rencontres avec les enfants.
Activité sensorielle
8. Il propose des touchers thérapeutiques précis visant à améliorer les capacités d’ajustement comportemental de l’enfant face aux stimulations proposées sur le plan tactile et proprioceptif.

9. Avec les enfants plus grands, en mesure de réfléchir et de raisonner, il échange avec l’enfant. Ensemble, ils réfléchissent, verbalisent, commentent les sensations que le corps de l’enfant traduit face aux stimulations de l’environnement. Ils fixent ensemble des objectifs d’un rendez-vous à l’autre. Cet aspect cognitif de la prise en charge est fréquente chez les enfants à partir de 4-5 ans, voire avant en fonction de l’enfant.

10. Il collabore avec les professionnels qui suivent l’enfant par ailleurs : pédiatre, généraliste, gastro-pédiatre, ORL, pneumopédiatre, neuropédiatre, psychomotricien, kinésithérapeuthe, diététicien, etc… Il lui est indispensable de connaître les aspects médicaux et paramédicaux du suivi plus large de l’enfant pour proposer une prise en charge la plus ajustée possible.

Ces 10 points se déclinent à l’infini. Vous l’aurez compris, prendre en charge des troubles de l’oralité, ce n’est pas appliquer un protocole unique à tous les enfants, mais « inventer » un suivi pour chaque enfant rencontré selon son profil et son environnement. L’orthophoniste travaille étroitement avec la famille tout autant qu’avec l’enfant, et tourne son regard sur de multiples aspects développementaux de l’enfant pour mener sa prise en charge, d’où la nécessité de collaborer avec les autres professionnels intervenant auprès de l’enfant, voire celle d’orienter l’enfant vers d’autres professionnels complémentaires pour affiner la compréhension du trouble et/ou améliorer la progression de l’enfant via un suivi pluridisciplinaire. Nous en reparlerons…

Oral Ortho Petits : « prérequis et réflexions »

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Oral Ortho Petits : « prérequis et réflexions ».

Cet article vise à accompagner les orthophonistes qui ont acquis l’outil de remédiation Oral Ortho Petits .

Voici les 7 points développés dans cet article :
1. Oral Ortho Petits : les parents
2. Oral Ortho Petits : installation de l’enfant
3. Oral Ortho Petits : les jouets
4. Oral Ortho Petits : les photos
5. Oral Ortho Petits : prise en charge multimodale
6. Oral Ortho Petits : les aspects praxiques
7. Oral Ortho Petits : enfants porteurs de TSA

1. Oral Ortho Petits : les parents
Il est indispensable de recevoir les parents dans le bureau pendant toutes les premières séances. Pourquoi ?
– En vous regardant jouer avec leur enfant, les parents reçoivent une guidance implicite. Même les parents qui paraissent « peu concernés » s’emparent d’informations.
– Ils vont être encouragés à reprendre cette attitude adoptée avec des « plus petits », en faisant « question-réponse ».
– Ils vont s’emparer du temps de jeu attendu, qui n’est pas si large qu’ils l’imaginent souvent au départ.
L’accueil des parents est indispensable à soigner pour que le protocole prenne sa place dans le quotidien familial.
Il est important que vous puissiez échanger avec eux autour de leurs fréquents sentiments d’échec à la maison avec les fiches.
Lors des premières séances, souvent les enfants ne donnent pas les images comme attendu à la fin des fiches maison. Ils ne montrent pas toujours non plus un très grand intérêt face aux photos. C’est donc grâce à vos encouragements, à vos observations que vous allez pouvoir les aider à poursuivre. Il est parfois important d’expliquer que le plaisir que les parents « montrent » va peu à peu diffuser sur l’enfant s’ils « tiennent bon » dans leur « jeu d’enthousiasme ».
Dans mon bureau, après les 2 premières fiches, 80% des parents reviennent  en me disant que l’enfant ne fait rien, qu’il n’est pas coopérant, qu’ils n’ont rien pu remplir dans le tableau : c’est NORMAL.
Il est à ce moment-là capital que vous rappeliez que le protocole vise au départ la compréhension, et non la production (souvent, ils s’impatientent que l’enfant ne disent pas les mots).
Important aussi que vous valorisiez ce que vous percevez des progrès de l’enfant / des retentissements de ce que les parents ont fait à la maison.
Les parents représentent la clé de la réussite de la mise en place de ce protocole. Il est donc très important d’écouter les parents, de leur expliquer ce que vous faites et pourquoi afin de pouvoir établir un lien de confiance indispensable.
Sans leur participation, je vous invite soit à intensifier la fréquence de vos séances (3/4 fois par semaine), soit à changer d’intervenant privilégié (il m’est arrivé de travailler avec une nourrice, une mamie, …).

2. Oral Ortho Petits : installation de l’enfant
Tout protocole n’efface pas la réflexion professionnelle qui nous anime pour chacune de nos prises en charge. Quand on utilise un protocole de remédiation, il est nécessaire de garder toute la flexibilité qui nous permet d’organiser nos connaissances avec intelligence.
L’installation de l’enfant est un des aspects qui doit être chaque fois revu, évalué, non seulement pour chaque enfant, mais également au cours de la prise en charge en fonction de l’évolution.
J’ai fait le choix d’installer les tout-petits qui présentent de grosses agitations motrices, ou des troubles moteurs sur une chaise à accoudoirs, dos au mur. J’approche la table devant eux. Ils ne peuvent ainsi reculer leur chaise. Lors des premières séances cela peut être indispensable pour les canaliser.
Au contraire, lorsque les enfants sont relativement attentifs, marchent, se baissent et se relèvent sans trop de difficulté, je propose au départ de la prise en charge des activités autour une table basse, avec ou sans chaise. Quoi qu’il en soit, les enfants peuvent tout à fait se lever, bouger dans le bureau.
Pourquoi ?
Je privilégie autant que possible l’intégration sensorielle multimodale. Plus un jeu sollicite de sens, plus cela va aider l’enfant. Néanmoins, l’aspect multimodal ne doit pas représenter une contrainte supplémentaire pour l’enfant. Il convient donc d’évaluer si les déplacements de l’enfant dans l’espace du bureau vont être porteurs ou pas.
Il arrive que je propose une installation « cadrée » en début de prise en charge, et que peu à peu, l’enfant soit en mesure de traiter toutes les informations (dont vestibulaire, proprioceptif, …).
Il se peut également que les enfants soient peu à peu en demande de cette installation « à table ».
Quoi qu’il en soit : pensez à réfléchir cet aspect de la prise en charge.
bureau

3. Oral Ortho Petits : les jouets
Le choix des jouets compris dans le pack complet s’appuie sur plusieurs points que je souhaite développer pour ceux qui regrouperont eux-mêmes les jouets. Quelques règles ont soutenu mes choix :
– des jeux facilement lavables : les petits mettent encore souvent les jouets à la bouche, ou les mains de leur bouche jusqu’aux jouets. Par ailleurs, il arrive avec certains enfants qui présentent des troubles de l’oralité alimentaire ET verbale, que nous jouions avec les jouets du protocole dans le sable kinétique (notamment en fin de protocole). Il est important que les jouets soient « adaptés ». Idem pour « l’eau ».
– des jouets solides… et d’autres plus fragiles. S’il est important que les jouets ne se brisent pas sous les « actions » quelquefois inadaptées des enfants (je pense à ceux qui les lancent par exemple), il est aussi intéressant d’avoir des jouets plus fragiles : une paire de lunettes qui se manipule avec prudence par exemple.
– des jouets « simples », tant sur le plan visuel que sur le plan de leur manipulation. Ils doivent donc être adaptés à la préhension des tout-petits, à leur maladresse gestuelle.
– des jouets ne déplaçant pas l’attention que nous attendons d’eux. Par exemple, quand j’utilise le biberon en séance, c’est dans le but que l’enfant me regarde bruiter le bébé qui boit. Si le biberon est un biberon magique, l’enfant va avant tout découvrir cet aspect visuel, et avoir plus de mal à s’orienter vers mon visage.
– des jouets offrant des expériences sensori-motrices : un train méritant que l’on accroche locomotive et wagon, une poupée à prendre « comme il faut » pour pouvoir lui donner le biberon.
– des jouets de différentes origines offrant des poids, des textures, des proportions différentes pour développer les aspects proprioceptifs. Or qui dit « variabilité proprioceptive » dit « aide à l’intégration sensorielle ». Nous pourrions imager cela ainsi : plus aisé de retrouver sa chaussette blanche parmi des chaussettes de couleurs ET de matières VOIRE de taille différente, non ? Et parmi les chaussettes mouillées ou sèches ? 😉
– des jouets accessibles dans le commerce pour favoriser des utilisations éventuelles à la maison pour les parents qui voudraient se procurer les mêmes jouets. Il est indéniable qu’il serait très pertinent de « prêter des jouets » plutôt que des photos à certains enfants.
poison rouge

4. Oral Ortho Petits : les photos > comment ?
– Si vous faîtes seul vos photos, pensez à l’aspect « contraste ». Vous choisirez un fond uniforme, noir pour un objet clair, blanc pour un objet foncé, ou proposant une couleur complémentaire à l’objet. Vous veillerez aux reflets qui gêneraient la lecture visuelle de l’objet.
– Je vous propose d’imprimer 4 photos par page A4, puis de plastifier avant de couper les photos. Personnellement je les « prête » aux familles qui me les ramènent la semaine suivante avec la fiche maison remplie.
– N’oubliez pas de prévoir votre photo qui sera glissée parmi celle des jouets après la première séance.
– Lors de la première séance, je prends en photo l’enfant et l’accompagnant et imprime leur photo, les colle sur un support cartonné.
– Pour les fiches maison 9 et 10, je confectionne une fiche A4 qui présente les 9 images cibles (document Word dans lequel je copie-colle chaque photo, puis adapte les proportions pour que la fiche soit esthétiquement propre). Sous chaque image, je note le nom et l’action que les parents devront notés pour soutenir leur récit à la maison.
– Lorsque la fiche regroupant tous les jouets sont présentés, je les présente sur un support A3 selon la même procédure que précédemment. Je plastifie ensuite la fiche, et y ajoute une bande velcro pour que le support puisse être présenté tant de manière horizontale que verticale (j’ai une bande support sur le mur par ailleurs).
lion

5. Oral Ortho Petits : prise en charge multimodale
A aucun moment de l’utilisation du protocole, vous ne devrez perdre de vue l’aspect multimodal de la stimulation :
– l’auditif : l’enfant entend votre prosodie et vos mots
– le visuel : il voit votre bouche, les jouets
– le proprioceptif : il prend les jouets dans ses mains, les touche, les manipule
– le somesthésique : il touche les matière ET vous touchez l’enfant. N’oubliez pas cet aspect indispensable dont certains enfants ont absolument besoin, notamment quand un des canaux sensoriel est altéré ou quand il présente des troubles de l’intégration sensorielle.
Il est capital de proposer des modèles « plurisensoriels » chaque fois identiques et cohérents avec le jeu de l’enfant. Ainsi, non seulement vous prenez en charge le langage, mais aussi l’intégration sensorielle nécessaire au développement.

6. Oral Ortho Petits : les aspects praxiques
Dans le protocole, rien n’est précisé à propos de la prise en charge que je propose en parallèle sur le plan purement praxique (praxie BLF). Mais je tiens à préciser que cet aspect est pourtant fondamental à aborder avec la plupart des enfants.
Encore une fois tout dépend de l’enfant, de son profil, de la plainte initiale : quelquefois les aspects praxiques sont abordés d’emblée, d’autres fois j’attends un peu (notamment auprès des enfants avec suspicion de TSA).
Quant à mes stratégies rééducatives sur ce plan, je prévois de les aborder dans le prochain article qui portera sur le bavage. Je vous invite donc à vous abonner au blog pour être prévenu en temps de la sortie de cet article.

7. Oral Ortho Petits : enfants porteurs de TSA
De plus en plus il m’arrive de proposer Oral Ortho Petits aux enfants avec suspicion de TSA (ou diagnostic posé). Avant d’aborder Oral Ortho Petits, je mets en place des supports visuels pour coder les activités de la séance. Quand le rituel est acquis, que les enfants font le lien entre photo et jeu, je propose le protocole. La guidance parentale est alors indispensable pour que les parents « tiennent » face à ces enfants qui ne valident quelquefois que très peu leur plaisir ou leur compréhension au début de l’utilisation du protocole. Néanmoins, l’aspect « ritualisé », « répété » de Oral Ortho Petits soutient le plus souvent la compréhension de ces enfants qui présentent des compétences cognitives relativement préservées (pas de déficience sévère).

D’autres points mériteront d’être abordés dans un prochain article, notamment les moments « clés » du protocole qui me permettent de valider la pertinence de l’outil, ou d’en sortir temporairement.

Je vous invite à partager vos questions dans les commentaires. Nous pourrons ainsi partager les réponses 🙂mouton

Oral Ortho Petits : outil de remédiation en orthophonie

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L’outil de remédiation Oral Ortho Petits est prévu pour la prise en charge orthophonique d’enfants présentant un retard dans la mise en place du langage oral (réception et / ou production).

Je l’utilise depuis 2 ans dans ma pratique au CAMSP auprès d’enfants petits et de leur famille.
C’est suite à la publication d’un article sur ma pratique (ici) que le choix de partager cet outil a émergé suite aux nombreuses demandes des collègues. Après quelques efforts de présentation et de relecture, il s’apprête à sortir. Avant cela, je tenais à vous présenter cet outil plus précisément.

Il peut être adapté aux enfants présentant les profils suivants :
retards de langage oral, troubles globaux, voire certains enfants porteurs de TSA (ou suspectés l’être).
Il n’est pas pensé pour les enfants sourds ni pour les enfants déficients visuels (cécité).

Il peut être proposé à partir de 15-18 mois, dès que les prérequis au langage oral sont en place (attention visuelle et auditive, pointage, attention conjointe), même si ceux-ci sont fragiles (ces séances vont participer à les consolider). Il vise plus particulièrement des enfants qui ne produisent pas ou très peu de mots, avec ou sans retard en compréhension.

Il est prévu pour une prise en charge orthophonique proposant une séance hebdomadaire d’orthophonie en présence d’un des parents ou d’un tiers proche de l’enfant susceptible de reprendre avec lui les activités « maison » au quotidien. Il est en effet ensuite demandé à la famille de proposer tous les jours,entre deux rendez-vous, des activités avec l’enfant sur 5/10 minutes.

Ce travail propose 15 séances de rééducation de 30 min et 14 fiches pour la maison.

=> Vous trouverez les deux premières séances en ligne gratuitement ici : Oral Ortho Petits 1 et 2

Si la compréhension est tout d’abord favorisée et abordée, même quand l’enfant n’a pas de difficulté sur ce plan, ce n’est que pour permettre des occasions multiples de rencontres des mots dans des situations privilégiées qui offriront à l’enfant la possibilité de préciser le vocabulaire compris sur le plan phonologique et praxique en réception.
Des situations favorisant par ailleurs l’attention auditive et visuelle, mais aussi le contrôle praxique sont rapidement mises en place dans cette remédiation pour permettre à l’enfant d’intégrer efficacement les différentes informations (auditive, visuelles, sensori-motrices) utiles pour l’émergence de la production verbale.

Ce protocole vise donc à Continue reading Oral Ortho Petits : outil de remédiation en orthophonie

Outil orthophonique de guidance parentale en oralité

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Outil orthophonique de guidance parentale

Présentation des Livrets de Guidante en Oralité
Voici un outil constitué de 15 fiches de guidance (3 livrets de 5 fiches), correspondant à 15 semaines d’activités visant à soutenir l’oralité alimentaire et verbale des enfants.

Cet outil a été pensé pour des enfants à partir de 12/18 mois mais peut se proposer pour des enfants plus grands.

Répétées régulièrement dans le quotidien, les activités proposées vont soutenir le développement de l’oralité alimentaire, ou le stimuler quand certains événements de la vie de l’enfant viennent l’entraver (naissance prématurée, nutrition entérale, hospitalisation, handicap, …).
Un enfant présentant un trouble de l’oralité, quelle qu’en soit l’origine pourra donc être ainsi soutenu grâce à l’investissement plus spécifique de la famille auprès de l’enfant.

***

Objectifs
Pourquoi cet outil de guidance parentale ?
–  les familles sont les intervenants les plus précieux pour stimuler au plus juste leur enfant.
–  toute prise en charge touchant au développement mérite fréquence et cohérence des activités, et que les parents sont les mieux placés pour les proposer
–  le développement est une histoire de tricot entre les aiguilles de l’environnement et « l’équipement » neurophysiologique de l’enfant.

Les 8 clés de l’outil
1 – la plasticité cérébrale : plus précoce est l’intervention, plus efficace elle est. Il parait capital d’intervenir tôt afin d’éviter les retentissements importants habituellement vus chez certains enfants avec des sélectivités alimentaires majeures, et un déséquilibre des apports nutritionnels qui ne sont pas sans interroger sur la santé des adultes qu’ils deviennent (obésité, anorexie, néophobie alimentaire de l’adulte, …)

2- l’intégration sensorielle multimodale : chaque sens est abordé, stimulé, au gré des semaines. Si un sens est « visé », il s’appuie toujours sur d’autres entrées sensorielles et sur des émotions / affects « positifs » avec le parent afin que son intégration soit cohérente pour l’enfant.
La théorie de différents auteurs / professionnels tels que André Bullinger, Jane Ayres, LJ Miller, Isabelle Barbier (pour n’en citer que quelques uns), constituent le fil conducteur de cet aspect développé à travers les activités proposées.

3- la communication : l’outil favorise la communication autour de l’alimentation afin que les enfants touchés par des troubles de l’oralité et tardant à entrer dans le langage oral (ce qui est fréquent) puissent exprimer par d’autres biais ce qu’ils aiment, n’aiment pas, cela, entre autre, pour éviter des troubles du comportement importants tels qu’il est fréquent d’en voir chez ces enfants.

4- les supports imagés proposés pour communiquer représentent une entrée visuelle qui va accompagner la compréhension que l’enfant va peu à peu poser autour de ce que ses sens codent lorsqu’il mange. Ils vont pouvoir permettre à certains enfants d’anticiper les repas, et de possiblement moins les appréhender. Les enfants porteurs d’autisme seront particulièrement aidés à travers cet aspect proposé.

5- un environnement porteur : les familles vont être invitées (et non contraintes puisqu’il s’agit chaque fois de « piocher » parmi les activités proposées) à offrir à leur enfant, peu à peu, un cadre favorisant l’accès à une oralité satisfaisante : partager des repas et leur préparation, accepter les doigts dans l’assiette voire le favoriser, …

6- une approche plus spécifique autour du sens du toucher, avec notamment des activités très progressives visant à désensibiliser les enfants qui présentent une hypersensibilité, notamment importante touchant l’accès au visage.

7- des fiches d’observations qui vont implicitement guider les parents sur les aspects fondamentaux du développement, et les rendre peu à peu experts pour stimuler leur enfant. Celles-ci rendues à chaque rendez-vous représenteront un support d’échanges actifs pour la prise en charge orthophonique.

8- Cet outil de guidance propose également de manière très implicite des situations qui vont amener les familles à cheminer auprès de leur enfant qui présente des difficultés alimentaires.

Quelle limite à cet outil ?
– les familles analphabètes ne peuvent l’utiliser puisqu’il s’agit d’un support écrit.

Vous trouverez des exemples de fiches proposées aux familles ici et

***

*** Pensez à télécharger votre livret juste après le règlement de celui-ci quand le lien s’affiche.

Comment stimuler l’oralité d’un enfant ?

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Votre enfant montre des fragilités voire des difficultés pour s’alimenter ?
Vous voulez l’aider, l’accompagner au quotidien ?
Que faire ?

Aider au moment des repas ET en dehors des repas. C’est déjà une première chose à comprendre. Un enfant qui peine à accéder à une alimentation sereine ( refus des aliments, recrache, sélectionne, …) va avoir besoin d’un soutien spécifique pendant les repas, mais pas seulement.

Pendant les repas, un article vous a déjà été proposé ici ou encore .
Globalement on peut retenir : la bienveillance, le plaisir, l’oubli de l’équilibre alimentaire et des règles culturelles.
– N’hésitez pas à proposer des petits récipients à côté de l’assiette proposant le repas prévu, d’autres aliments en très gros morceaux à prendre à pleine main, ou en petits morceaux à attraper du bout des doigts, des petites choses nouvelles qu’elles soient sucrées ou salées.
– Laissez l’enfant découvrir de nouvelles choses, notamment sans peur des mains sales, même s’il « patouille » plus qu’il ne goûte, ce sera déjà une petite réussite.
– Proposez un cadre calme, apaisé et apaisant.
– Favorisez les repas en famille où l’enfant voit ses parents manger, et laissez l’enfant aller picorer dans les assiettes qui le tentent.
Acceptez le dessert avant le plat, le fromage après le dessert, … Oubliez vos règles d’adulte, et mettez à disposition le repas de l’enfant sur la table ; le laisser choisir l’ordre des aliments absorbés n’est pas délétère. Evitez néanmoins les desserts très riches type « danette » qui pourraient couper l’appétit si mangés en début de repas. Quoi que… il y aura des enfants pour lesquels la Danette favorisera l’éveil au reste du repas.
– Ne vous figez pas dans un programme type, gardez une certaine souplesse, même si je vous conseille pour plusieurs raisons d’imposer le repas « à table », bien installé sur une chaise à bonne hauteur.

– Entendez néanmoins, et sachez le voir si c’est le cas de votre enfant, que certains enfants ont besoin de repères fixes, notamment visuels, au moment des repas. Si vous comprenez cela chez votre enfant, favorisez un cadre stable, fixe : même set de table, même assiette, mêmes couverts. Proposez des ramequins ou des assiettes compartimentées. Ne changez pas trop les habitudes tant que les repas sont difficiles. Et si vous voulez commencer à varier le cadre du repas, essayez de ne faire varier qu’un élément à la fois.

Evitez absolument la surprise ou la feinte. Ne pas annoncer la purée de céleri en pensant que votre enfant la mangera croyant que c’est de la purée de pommes de terre, est une très GROSSE erreur qui va entretenir la difficulté de votre enfant.
=> Votre enfant doit pouvoir se mettre à table sans appréhension de ce que ses sens vont y découvrir. Mettez des mots sur ce que vous avez préparé… et encore mieux, invitez le à préparer avec vous, ou au moins vous regarder faire.

Et en dehors des repas ?
Pensez à tous ces jeux qui vont venir stimuler les sens de votre enfant, sans oublier le sens vestibulaire (qui correspond à celui de l’équilibre). Ainsi, les idées suivantes :
– bercements sur les genoux type bateau sur l’eau
– monter sur les genoux pour jouer au cheval
– danses dans les bras des adultes
– faire l’avion
– être roulé sur le lit
– balançoire
– toboggan
– monter sur les épaules pour aller se promener
– être dans la poussette avec maman qui court en la poussant, puis ralentit

– faire de la pâte à modeler à 4 mains avec un adulte, ou à deux mains si c’est possible.
– toucher les vieux tissus doux (c’est le moment de recycler les vieux vêtements et d’en découper des paires de carrés de tissus à tripoter, à trier, à glisser entre les doigts ou sur les joues
– déchirer des pages de magazines, en faire des grosses boules avec les mains,
– mouiller des pages de magazines, et en faire des boules avec les mains, puis les peindre quand c’est sec, et / ou les rouler dans la semoule, …
– jouer au sable
– jouer à la dînette avec farine et cacao, mais aussi avec les poudres à entremets odorantes, ou avec des épices (curry, thym,…)
– faire des pâtes à cookies, ou des pâtes sablées puis des biscuits avec des emportes pièce.

– sentir les flacons de parfum, les bouteilles de shampoing, les produits de beauté de maman, les paquets de biscuits, de chips aromatisées, les boissons, les paquets de cacao, ….le repas évidemment, surtout à défaut de goûter
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– jouer à se maquiller… puis se maquiller avec des denrées alimentaires, et se photographier ou se regarder dans la glace
– masser le visage de votre enfant avec les mains chaudes, froides, avec ou sans lait de toilette, de l’huile d’amande douce, mains sèches ou mouillées, et inverser les rôles.
– jouez à deviner « sur quoi on marche » et préparer un parcours découverte avec des sacs de congélation recouverts de tissus après les avoir emplis de riz, semoule, farine, caillou, sable, etc…

Faites de votre enfant votre premier partenaire de « cuisine ». Invitez le à voir ce qu’il se passe quand vous épluchez les légumes, etc…

Allez vous promener et sentez la pluie, les feuilles, …
Ecoutez les bruits, racontez les…

Cela mériterait un livre entier, non ? 😉

La petite règle à tout cela : fréquence, cohérence… PLAISIR de faire ensemble ! Et si vous sentez que votre enfant est peu enclin à certains types d’activités, il y a fort à parier que c’est justement celles de ce type là qu’il va justement falloir favoriser et non abandonner pour l’accompagner indirectement vers une oralité plus investie.
On en reparle ?

… et n’oubliez pas que vous pouvez vous faire aider : quels professionnels peuvent vous aider ?

Des livrets de Guidance Parentale ont été conçus afin de vous accompagner plus spécifiquement autour de ces difficultés ici

Livret de Guidance Oralité n°3

Livret de Guidance Oralité n°3 published on Aucun commentaire sur Livret de Guidance Oralité n°3

Voici le Livret de Guidance n°3.

Les objectifs de ce livret :
– verbaliser autour des aliments. S’accompagner de supports visuels pour « décider », « choisir », « juger », …découvrir et goûter 🙂
– estomper les sensations désagréables en bouche
– contrôler sa bouche de plus en plus précisément
– « toucher avec les yeux, regarder avec les mains et sentir avec les oreilles » > poursuivre l’intégration sensorielle positive pour cheminer vers une alimentation sans mauvaise surprise.

Pour y accéder, cliquez ici :

Souvenez-vous que ce livret de guidance, suit ces deux là :


et

ATTENTION LE LIEN DE TELECHARGEMENT APPARAIT DES VOTRE REGLEMENT SUR LE SITE.
En cas de difficulté, contactez moi immédiatement à oralite.alimentaire.verbale@gmail.com, je vous enverrais vos livrets par mail directement si une erreur survenait.

Pour plus d’informations sur ces livrets, vous pouvez vous rendre sur cet article précédent : Que sont les Livrets de Guidance ?

Pour se procurer directement les 3 livrets, cliquez ici

Si vous voulez partager vos retours sur le blog à propos de l’utilisation des livrets, ou poser des questions pour avoir des informations supplémentaires, les commentaires vous attendent. 🙂

Livret de Guidance Oralite n°2

Livret de Guidance Oralite n°2 published on Aucun commentaire sur Livret de Guidance Oralite n°2

Le livret de Guidance Oralite n°2
Les objectifs :
– se réconcilier avec les aliments
– communiquer autour des aliments et bénéficier de supports visuels pour ceux qui ne parlent pas encore
– accéder à la bouche
Pour y accéder cliquez ici 2 fois ;

Et si vous souhaitez dans le même temps accéder au premier livret de Guidance Oralité, ce sera là :

NB : si vous n’avez pas de compte PayPal, cliquez en dessous « je n’ai pas de compte PayPal » afin de pouvoir proposer un règlement par carte bancaire.

ATTENTION LE LIEN DE TELECHARGEMENT APPARAIT DES VOTRE REGLEMENT SUR LE SITE.
En cas de difficulté, contactez moi immédiatement à oralite.alimentaire.verbale@gmail.com, je vous enverrais vos livrets par mail directement si une erreur survenait.

Pour plus d’informations sur ces livrets, vous pouvez vous rendre sur cet article précédent : Que sont les Livrets de Guidance ?
Le livret n°3 est proposé ici.
Pour se procurer directement les 3 livrets, cliquez ici

Si vous voulez partager vos retours sur le blog à propos de l’utilisation des livrets, ou poser des questions pour avoir des informations supplémentaires, les commentaires vous attendent. 🙂

A bientôt !

Le livret de Guidance Oralité n°1

Le livret de Guidance Oralité n°1 published on Aucun commentaire sur Le livret de Guidance Oralité n°1

Le livret de Guidance Oralité n°1
Ici, vous trouverez le premier livret de guidance (sur les 3 qui existent). Il regroupe les 5 premières fiches d’activités avec les fiches d’observations associées.

Chaque fiche décrit précisément 4 activités à reprendre pendant la semaine, guidée par une fiche d’observations qui rendra les parents particulièrement sensibles à l’évolution de l’enfant et aux points importants visés lors des jeux proposés.

Lors de ce premier livret, les objectifs de la semaine sont clairement énoncés sur la fiche de guidance. Globalement ils s’orientent vers :
– Le corps et ses sens : jouer avec tout son corps dans l’espace et en ressentir ses limites
– Les différents touchers : de la caresse appuyée à celle qui effleure, en passant par les petits pincements gentils de maman
– Amorce d’une première approche ludique non alimentaire
– Aborder la nourriture via le jeu qui invite tous les sens ET les mains.

Le deuxième puis le troisième livret sont à votre disposition ici et

Pour plus d’information sur ces fiches de guidance, vous pouvez consulter gratuitement les 2 premières fiches de Guidance Oralité dans la rubrique « Guidance Parentale » de l’espace Famille.
Un exemple ici


=> cliquez deux fois pour commander, et si vous n’avez pas de compte PayPal, cliquez en dessous « je n’ai pas de compte Paypal »
ATTENTION LE LIEN DE TELECHARGEMENT APPARAIT DES VOTRE REGLEMENT SUR LE SITE.
En cas de difficulté, contactez moi immédiatement à oralite.alimentaire.verbale@gmail.com, je vous enverrais vos livrets par mail directement si une erreur survenait.

Livret Guidance Oralité n°1
A destination des professionnels et des familles

Il est constitué de 5 fiches d’activités et 5 fiches d’observations.
L’accès se fait par téléchargement sous format PDF : pas de frais de port, pas d’attente de réception : vous accédez directement à votre livret..

Ces fiches décrivent précisément des activités que les familles peuvent reprendre avec leur enfant à partir de 12 / 18 mois qui présente des difficultés alimentaires.

Cet outil ne peut se substituer à une prise en charge médicale ou paramédicale. Le soutien d’un professionnel est d’ailleurs vivement conseillé en parallèle de ces fiches de guidance.

Cet outil n’est pas pensé pour les enfants de plus de 3 ans, mais bien des activités prévues (parmi les 20 de ce premier livret) peuvent tout à fait être proposées à des enfants « plus grands ».

N’hésitez pas à me contacter si besoin par mail à : oralite.alimentaire.verbale@gmail.com