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Bilan d’oralité chez l’enfant « tout venant »

Bilan d’oralité chez l’enfant « tout venant » published on 19 commentaires sur Bilan d’oralité chez l’enfant « tout venant »

Bilan d’oralité chez un enfant de 3 ans et demi sans antécédents médicaux spécifiques.

Telle était la proposition d’examen des étudiants de L3 en orthophonie cette année : bilan orthophonique d’Oralité d’un enfant de 3 ans et demi.
Je propose de répondre dans cet article à ce sujet que j’avais décomposé en plusieurs parties :

Quel matériel préparer ?
Quelles questions poser à la famille ? Comment les organiser ?
Quelles activités proposer à l’enfant ?
Comment faire un diagnostic différentiel avec une néophobie alimentaire ?

1. Quel matériel préparer ?

  • Une fiche prévue pour recueillir les informations délivrées lors de l’entretien dirigé
  • Un inventaire alimentaire enfant / famille : il est important de comparer les prises alimentaires de l’enfant aux propositions familiales
  • Le profil sensoriel de Dunn
  • Des jouets divers (visée sensorielle / visée langage / visée coordination manuelle)
  • Un Z-Vibe ou équivalent vibratoire / du liquide hydro alcoolique et savon neutre / un doigtier en silicone éventuellement
  • Des aliments permettant de faire un essai alimentaire : petit suisse épais / compote / biscuit type petit beurre ou boudoir (en veillant aux températures accessibles).
    Des couverts, verres, assiettes, serviettes, paille divers afin d’alimenter les premières pistes éventuelles d’un accompagnement parental.
  • Un outil d’évaluation rapide du développement type IDE (Cognisciences)
  • Un outil d’évaluation rapide du langage oral ajusté au niveau de l’enfant (IFDC / Bilo / épreuves partielles Evalo ou Exalang)
    > Le carnet de santé sera demandé aux parents.

Précisions étudiants

  1. Dysphagie / Oralité
    Il convenait de garder en mémoire que les deux bilans ne sont pas superposables. Il était donc attendu pour les étudiants qu’ils spécifient le matériel face à ce type de demande. La fiche d’anamnèse prévue pour une dysphagie ne pouvait suffire au regard des enseignements offerts rappelant l’importance des modèles alimentaires et du cadre sensoriel proposés.
    Ainsi, si le bilan de dysphagie et celui d’oralité ont des points communs, il me paraît très important d’anticiper les gênes sensorielles de l’enfant dans le matériel présenté, et de viser plus particulièrement les particularités anamnestiques du bilan ici demandé, sans oublier de restituer ces observations au coeur d’une évaluation rapide du développement.
  2. Exploration intra buccale
    Il était judicieux de prendre en compte les éventuelles particularités sensorielles de cet enfant. Ainsi abaisse langue et gant ne paraissaient pas pertinents. Par ailleurs, il était prudent de ne pas proposer d’exploration intrabuccale sans avoir préalablement abordé l’enfant sur un plan « global ».
  3. Essai alimentaire
    Les familles peuvent également amener un goûter, mais celui-ci ne permettra peut-être pas d’explorer tous les aspects recherchés (ex de la compote en tube).
    Dans le meilleur des cas, l’observation d’un repas à domicile, dans un cadre écologique serait sans doute à retenir.

2. Quelles questions poser à la famille ?


Je vais proposer ici une arborescence possible, tout en rappelant qu’un entretien ne suit pas automatiquement cet ordre, mais celui de l’échange qui a lieu entre la famille et l’orthophoniste qui les reçoit autour d’une relation attendue horizontale.

1. Quels sont les antécédents familiaux médicaux / développementaux repérés dans la famille ?

2. Aspects médicaux : connaître les aspects médicaux généraux et plus spécifiquement les aspects allergiques, digestifs, respiratoires voire cardiaques, ainsi que les aspects visuels et ORL. Comprendre le cheminement médical de cet enfant. Connaître les professionnels qu’il a rencontrés.

  • A-t-il été hospitalisé depuis sa naissance ? Pourquoi ? pendant combien de temps ? Où ?
  • Avait-il déjà eu une sonde dans le nez pour se nourrir ?
  • Présente-il des difficultés médicales particulières par ailleurs ? Lesquelles ? Qui le suit ?
  • Est-il particulièrement malade ? Rhumes, angines, otites, pharyngite, asthme, … ?
  • Diriez-vous que c’est un enfant à la santé fragile ? Comment est-il soigné ? Qui le suit sur ce plan ?
  • Coté digestif, a-t-il déjà été suivi pour un reflux ? A-t-il, a-t-il eu un traitement ? Lequel ?
  • Côté transit, est-il sujet à des épisodes de constipations ? Traités ou pas ? A-t-il des accidents sur ce plan ? des diarrhées ? Comment faites-vous pour l’aider ?
  • Des allergies ont elles déjà été suspectées ou recherchées ? expliquez-moi ? Et aujourd’hui, où en êtes-vous ? Qui vous aide sur ce plan ? Y’a-t-il des antécédents familiaux sur ce plan
  • Sa courbe de croissance soucie-t-elle le pédiatre qui le suit ? (regarder le carnet de santé pour voir si elle est tracée)
  • Avez-vous déjà consulté des spécialistes comme : un ORL, un ophtalmo, un orthoptiste, un pneumopédiatre, un kiné, un psychomotricien, un psychologue ou un psychiatre pour votre enfant ? Pourquoi ? Qu’en est-il ressorti ? Aujourd’hui encore ?

3. Grossesse : croissance et sensorialité fœtale recherchées :

  • Y’avait-il eu des choses précises pointées lors des échographies ?
  • Avez-vous travaillé pendant votre grossesse ? Bénéficié d’un arrêt pathologique ?
  • Quels souvenirs gardez-vous de votre grossesse : période active ? ralentie ?
  • Accouchement : terme / complications éventuelles / premières alimentations
  • A quel terme avez-vous accouché ? (carnet de santé)
  • Comment s’est déroulé votre accouchement ?
  • Quand a eu lieu la première « rencontre-tétée » avec votre bébé ? Juste après sa naissance ?

4. Oralité primaire : difficultés de succion recherchées à travers le mode d’allaitement retenu, les éventuelles difficultés à trouver une tétine, le temps et la sérénité des repas.

  • Quel choix aviez-vous fait pour votre bébé ? allaitement au sein ou au biberon ?
    Si changement :
  • Pourquoi avez-vous été amenée à changer vos projets ?
  • Avez-vous trouvé facilement le biberon qui lui convenait ?
  • Etait-il un bébé « rapide » pour manger ? Combien de temps mettait-il ?
  • Le médecin qui le suivait pointait-il des inquiétudes face à sa prise de poids ?
    (en fonction des réponses obtenues, il conviendrait de creuser plus précisément pour comprendre les éventuelles difficultés rencontrées et les réponses proposées).

5. Oralité secondaire
Diversification : propositions des goûts et textures recherchées : fréquences de présentation / comportement de l’enfant / anxiété parentale

  • A quel âge avez-vous commencé la diversification ?
  • Vous souvenez-vous de votre organisation ? Comment guidiez-vous vos choix ?
  • Avez-vous rencontré des difficultés lors de ce passage à la cuiller ?
  • A quel âge a-t-il commencé à manger du pain type crouton ?
  • Vous souvenez-vous des premiers morceaux ? des souvenirs particuliers sur ce plan ?
  • Que lui proposiez-vous : plutôt les repas bébé ? ou des repas que vous prépariez ?
    Aviez-vous observé des différences ?
  • Quand a-t-il commencé à manger avec vous ? et la même chose que vous ?
  • Des difficultés particulières ? Lesquelles ?
    (recherche de sélectivité, lenteur, quantité insuffisante, comportement difficile)

6. « Aujourd’hui » : à quoi ressemble le quotidien avec cet enfant qui présente des difficultés ? quelles difficultés sont observées par les parents ? Vomit-il ou présente t-il des réflexes nauséeux persistants ? Quelles attentes ont-ils ?

  • Depuis quand rencontrez-vous des problèmes autour de son alimentation ?
  • Que souhaiteriez-vous ? Comment pourrais-je vous aider ?
  • Quel(s) comportement(s) compliqué(s) rencontrez vous ?
  • Quelles réponses avez-vous déjà essayées ? Et le plus souvent ? Et les tiers ?
  • Observez-vous des différences selon les lieux ? Selon les jours ?
  • Y’a-t-il une variation dans les aliments qui sont refusés ? Des périodes où certains aliments sont acceptés avant d’être refusés ?

7. Les habitudes familiales : comprendre comment cette famille-là fonctionne sur le plan alimentaire ? Autour des routines ? Quel lieu ? Couverts ? … Distiller implicitement quelques premiers éléments d’accompagnement.

  • (inventaire alimentaire)
  • Comment êtes-vous installés pour le repas ?
  • Mangez-vous avec votre enfant ? Si non avec qui mange-t-il ? Comment ?
  • Sur quelle chaise est-il installé ? Est-il toujours à la même place ?
  • Voit-il ou entend-il la télévision pendant les repas ? Eventuellement un ordinateur, une tablette, une radio ?
  • A-t-il toujours la même assiette ? les mêmes couverts ? Lesquels ?
  • Racontez-moi, c’est comment les repas dans votre famille : toujours à heure fixe ? variable ? Toujours selon les mêmes rituels ? Variables… Vous voulez-bien m’expliquer ?
  • Y’a-t-il d’autres personnes à la maison qui lui ressemble ? Qui ? Expliquez-moi les ressemblances que vous observez ?
  • Papa et vous étiez-vous des enfants difficiles à table quand vous étiez petit ? Qu’en disent vos parents respectifs ? Quels souvenirs en gardez-vous ? Quand cela s’est-il amélioré ?
  • Etes-vous une famille qui avez le temps de cuisiner ? ou qui aimez cuisiner ?
  • Où sont les enfants quand vous préparez le repas ? Aident-ils ? regardent-il ?
  • Quand il n’aime pas, pouvez-vous lui proposer à nouveau peu de temps après ?
  • Mange-t-il à la cantine ?

8. Aspects développementaux : développement moteur, langage, socialisation, autonomie, comportement.

  • Quand a-t-il marché sans se tenir ? Et vous souvenez-vous quand il a tenu assis sans aide ?
  • Diriez-vous que c’est un enfant débrouillard ? Expliquez -moi en quoi vous le trouvez débrouillard à la maison ?
  • Depuis quand parle-t-il ? Tout le monde le comprend-il ? Si non pourquoi ? Qu’observez-vous ?
  • Diriez-vous que c’est un enfant plutôt bavard ou réservé ?
  • Si c’est un enfant réservé, comment fait-il pour demander les choses ? Vous invite-t-il à partager des choses avec lui ?
  • S’intéresse-t-il à des choses / des jouets plus spécifiquement ? Quoi ?
  • Trouvez-vous qu’il y a des moments difficiles dans le quotidien ? Lesquelles ?

9. Fonction oro myo faciales : évaluer les praxies bucco faciales, la tonicité oro faciale

  • Observez-vous des moments où il bave encore ? A-t-il bavé tard selon vous ? Jusque quand ?
  • Sait-il souffler dans un mouchoir ?
  • Est-il « fort » en grimaces ? Lesquelles fait-il par exemple ? Trouvez-vous son visage expressif au quotidien ?
  • Fait-il des « bisous qui claquent » ? Sait-il souffler sur sa cuiller ou sur des bougies ?
  • Comment se passe le brossage de dents ? C’est lui ou vous qui faites ? Rechigne-t-il si c’est vous ? Sait-il cracher l’eau pour se rincer les dents ?
  • Quand il mange, trouvez-vous qu’il avale tout rond ? Mastique-t-il longuement. Recrache-t-il ?
  • Respire-t-il la bouche ouverte ? Dort-il la bouche ouverte ? A-t-il souvent la bouche ouverte dans la journée ?
  • A-t-il encore une tétine ? quand ? D’autres habitudes de succion régulières et fréquentes ?

10. Sensorialité : rechercher d’éventuelles difficultés d’intégration neurosensorielle. Coordination, modulation des seuils, discrimination

  • Bébé, avez-vous observé une période où il portait tout en bouche ? Le fait-il toujours ?
  • Aime-t-il les activités aimées à son âge comme la pâte à modeler, le sable, le toboggan, la balançoire, la peinture, …
  • A-t-il encore peur des bruits forts pourtant connus comme l’aspirateur, le sèche-cheveux, la perceuse, la voiture de police, … Comprend il les bruits de son environnement ? S’oriente t-il ?
  • Recherche t-il des stimulations visuelles (agite des jouets près de ses yeux ?). Est-il gêné par le soleil plus vite qu’attendu ?
  • Trouvez-vous qu’il est maladroit, se cogne facilement, abime ses jouets, …
  • Vous paraît-il particulièrement sensible aux odeurs, voire gêné par les odeurs ?
  • Avez-vous remarqué s’il aime plutôt les aliments forts en goût ? Au contraire fade ? Qu’il aime mieux les aliments en fonction de leur couleur ou de leur présentation (emballages ou marques par exemple ?)

11. Oralité tertiaire : évaluer la représentation de l’alimentation par l’enfant, par ses parents et évaluer la représentation par les parents de la situation de l’enfant. Occasion de guidance implicite.

  • Pensez-vous qu’il est gêné par ses difficultés ? Expliquez-moi
  • A votre avis, pourquoi ne mange-t-il pas ? A quoi peuvent être dues ses difficultés ?
  • Pensez-vous qu’il accepterait qu’on l’aide ?
  • Pensez-vous qu’ensemble nous pouvons l’aider ?
  • Comment pensez-vous que cela pourrait évoluer à l’avenir ?
  • (Questions à l’enfant dans un second temps)

Précisions étudiants

Il convenait pour les étudiants d’organiser leurs idées. Ils pouvaient tout à fait signifier l’importance de la qualité de l’échange à privilégier avant l’ordre des questions pré-pensées. Il est important lors du bilan de recevoir les familles avec une qualité d’écoute suffisamment ajustée pour que la confiance puisse s’installer. D’autre part, un positionnement horizontal est souhaitable dans la relation de soin et un listing de questions pourrait aller à l’encontre de la qualité de la relation attendue.
Néanmoins, organiser des questions, c’est aussi dessiner une organisation d’exploration. Plusieurs arborescences pourraient être imaginées.
Il était attendu que l’organisation des questions esquisse la cohérence d’un raisonnement clinique.

3. Quelles activités proposer à l’enfant ?

Le bilan d’oralité d’un enfant de 3 ans et demi se déroule très longuement autour de l’entretien comme donné ci-dessus en exemple, néanmoins, cela ne suffit pas et dès que cela va être possible, diverses activités vont pouvoir être proposées (en dehors des épreuves éventuelles de langage oral si le temps le permet).

  • Un essai alimentaire afin d’évaluer : le comportement général de l’enfant et des parents, la mise en bouche, les mouvements mandibulaires et linguaux, la vidange de bouche en fin d’essai, la déglutition et un éventuel ralentissement de la phase buccale.
  • Des jeux, notamment sensoriels : évaluer l’appétence spontanée ou suscitée de l’enfant en jouant face à lui. Evaluer son imitation, sa mise en retrait. Croiser les éléments recueillis à l’anamnèse et la situation clinique
  • Des praxies bucco faciales sur imitation et sur photo si son niveau développemental le permet, sinon dans le contexte de jeu avec sollicitation multimodale dans le jeu.
    Exploration intrabuccale après une approche globale si le climat de confiance le permet.
  • Evaluer « visuellement » la sphère oro faciale : dents / langue / amygdales / voile / frein langue et lèvre / joues . Explorer au doigt en racontant une histoire la tonicité de l’orbiculaire des lèvres, une éventuelle sensibilité gingivale, linguale, palatale. Renoncer en cas de refus ou de nauséeux et demander au médecin suivant l’enfant une exploration lors du prochain RV médical.

4. Diagnostic différentiel avec une néophobie alimentaire

Voici une question bien complexe. La néophobie fait partie de développement normal. C’est une période que les auteurs décrivent, dans la littérature comme pouvant durer de 2 ans à 7 voire 10 ans. Un enfant de 3 ans et demi pourrait donc présenter une néophobie OU un trouble de l’oralité, il s’agirait de ne pas confondre les deux.
Le diagnostic différentiel demande deux temps :
– Le premier consiste à enquêter sur le développement de l’enfant afin d’évaluer l’existence de possibles signes de vulnérabilité de développement avant 2 ans.
– Le deuxième consiste à évaluer le comportement de l’enfant, la stabilité des schémas observés et leur variation en fonction des lieux et des personnes accompagnant le repas.

Précisions étudiants

Il était attendu une modération des arguments, voire une certaine prudence ; cela n’est cliniquement pas toujours évident de faire ce diagnostic différentiel surtout à une époque où l’on pressent que certains patients dits autrefois « néophobes », sont possiblement plutôt des patients touchés par des TOA. De plus, il existe des situations plus compliquées à évaluer, et le diagnostic différentiel devient alors difficile à faire.
Si les contraintes développementales éventuellement repérées dans le développement actuel peuvent évoquer un trouble développemental et donc plutôt un trouble de l’oralité, il me semble dangereux de lire le diagnostic différentiel automatiquement en ces termes-là. En effet, rien n’empêche un enfant d’avoir un retard moteur ou un retard de langage ET une période de néophobie. Par ailleurs, la sensorialité d’un enfant se construisant autour des expériences cohérentes et fréquentes accumulées, il ne m’apparaît pas évident qu’un profil de Dunn atypique signe automatiquement un TOA plutôt qu’une période de néophobie. Il faudrait exclure en parallèle une expérience appauvrie, un manque d’étayage, or cela est parfois dangereux de statuer rapidement à ce sujet.
J’ai particulièrement apprécié la prudence d’une étudiante qui proposait à l’issue du bilan de voir l’enfant 5 séances afin de s’assurer de son diagnostic. On peut effectivement penser qu’une néophobie classique dans le développement cèderait rapidement avec un accompagnement de l’enfant et de sa famille, au moins dans la plainte exaucée.
Quoi qu’il en soit, ce diagnostic différentiel sera parfois évident, parfois plus obscur et dans ce cas, il me semble que nous devons rester prudents et accompagner quoi qu’il en soit une famille qui amène une plainte.

Vous qui avez lu jusqu’au bout cet article, n’hésitez pas à le compléter grâce aux commentaires. Ce bilan, est, j’en suis sûre, complètement perfectible.

BONUS : téléchargez mon inventaire alimentaire et ma fiche d’anamnèse qui soutient une partie de mes prises de notes lors des bilans. Attention néanmoins, ces outils méritent d’être utilisés par des professionnels formés pour prendre sens.
Inventaire Alimentaire – OAV
Questionnaire Alimentaire Général. OAV

ATTENTION : je n’autorise pas les sites commerciaux à utiliser tout ou partie de mes articles, ou documents associés, pour contribuer à leur communication commerciale.

Bilan d’oralité de l’enfant de 30 mois

Bilan d’oralité de l’enfant de 30 mois published on 2 commentaires sur Bilan d’oralité de l’enfant de 30 mois

Que proposent les orthophonistes qui reçoivent un enfant de 30 mois en bilan d’oralité ?

Pourquoi préciser « 30 mois » ?
– 30 mois, oralité secondaire… par opposition au bilan d’oralité primaire des bébés jusque 4-6 mois
– 30 mois… c’est avoir à l’esprit que l’enfant peut entrer dans une phase de néophobie alimentaire classiquement observée dans le développement (et donc écarter cette hypothèse au décours du bilan)
– 30 mois … c’est se souvenir qu’à cet âge, l’enfant « tout venant » se voit habituellement proposer des repas similaires à ceux du reste de la famille, dont la notion de morceaux.

Je profite de cet article pour avancer l’idée selon laquelle 30 mois devrait être l’âge limite (max) pour recevoir les enfants en première intention. Cet aspect mériterait un article entier. Peut-être y reviendrons-nous.

« Bilan d’oralité d’un enfant de 30 mois », correspond à une partie du sujet d’examen qui a été proposé cette année aux étudiants orthophonistes de 3ème année. Je leur dédie cet article. Je félicite au passage les étudiantes qui auront pensé à écrire sur leur copie que le bilan comprend les prémices d’une guidance parentale. Je n’ai pas repris cet aspect dans cet article de « correction », mais je valide tout à fait cette idée très largement développée en cours.

Il conviendra de garder en tête que le bilan, tel que décrit ici, s’orientera, s’affinera un peu différemment en fonction du contexte médical, développemental et familial de l’enfant.

J’invite les collègues à compléter cette trame de bilan en cas d’oublis de ma part.

Bilan d’oralité d’un enfant de 30 mois.

Anamnèse générale classique :
– Motif de la consultation
– Médecin prescripteur
– Contexte médical éventuel : AVC périnat, épilepsie, hémiplégie, syndrome génétique identifié, etc..
– Professionnels de santé concernés par l’enfant
– Suivis en place
– Parcours de soins antérieurs
– Antécédents médicaux
– Composition de la famille
– Mode de garde

Développement général et santé
– Grossesse
– Naissance
– Allaitement sein / biberon
– Courbe de croissance
– Eventuel passé avec nutrition entérale /parenta
– Pathologies ORL / respiratoires / digestives
– RGO et traitement proposé
– Eventuelles allergies déjà identifiées
– Développement moteur : tenue assise, marche libérée
– Développement langage

Alimentation générale
– Oralité primaire : succion / temps de repas / difficulté éventuelle rencontrée

– Oralité secondaire :
o Age du démarrage de la diversification
o Alimentation choisie ; industrielle, maison, diversification menée par l’enfant
o Difficultés rencontrées : nauséeux, vomissements, reflux
o Stratégies utilisées

Praxies BF
– Questions aux parents + observation passive
o Mouchage
o Souffle
o Bave
o Bisous
o Claquement de langue
o Grimaces d’une manière générale
o Boire à la paille
o Mastication / avale tout rond

– Examen clinique des praxies (à présenter dans l’examen clinique au cœur des jeux avec l’enfant et lors de l’essai alimentaire)
o Jeux d’incitation praxique (souffle, bisous, joues gonflées, etc…)
o Demande verbale éventuelle d’imitation si possible
o Mouchage (si occasion se présente)
o Mastication

Questionnaire plus détaillé (donné en cours / je le partagerai prochainement ici)
– Habitudes alimentaires actuelles :
o Journée type
o Nombre de repas par jour et « grignotages »
o Aliments aimés (ou pas), essayés, mangés par la famille => liste à proposer et pointer
o Textures acceptées
o Lieux des repas et installation
o Matériel utilisé (assiette / couverts spécifiques ?)
o Autonomie, qui donne éventuellement ? Des différences ?

– Comportement de l’enfant
o Sélection (quelle entrée sensorielle identifiée : goût, texture, couleur / aspect, température)
o Attitudes possibles : refus, nausée, vomissement, grimace, recrache, garde longtemps en bouche, toux (FR ou nauséeux ?), lenteur
o Appétit ? Signes d’appétences face aux aliments ?
o Brossage de dents en place ? Difficultés rencontrées lors de l’étayage familial ?

– Habitudes familiales
o Aime cuisiner / manger
o Place de l’équilibre alimentaire
o Place de l’enfant lors de la préparation des repas
o Partage des repas
o Sélectivité éventuelle des parents passée et/ ou actuelle

– Stratégies éducatives face aux difficultés
o Chantage
o Forcing
o Distraction
o Changement de menu
o Incitation à goûter
o Punition
o Etc…

Examen clinique
– Observation globale de l’enfant > comportement, adaptation à la situation, aspects moteur, langage, socialisation, compréhension, relation parent / enfant, face-bouche
– Jeux sensoriels divers proposés pendant l’anamnèse en libre accès > observation du comportement spontané. Puis incitation au jeu et observation des conduites. Penser à tous les sens. => Profil de Dunn si nécessaire pour affiner la vision (ATTENTION pas étalonné à 30 mois).
– Examen sensoriel somesthésique corporel global > supporte ou pas d’être touché
– Accès au visage possible ?
– Examen endo buccal au doigt si possible > gouttières supérieures et inférieures, palais, langue, joues (tonicité / forme du palais)
– Bouche au repos : observation. Respiration buccale ? bavage ? Dentition ? Hygiène bucco-dentaire ?
– ATTENTION : recherche du nauséeux non pertinent (? a débattre dans les commentaires) le jour du bilan. Encore moins si les parents vous décrivent un nauséeux. Un nauséeux peut être déclenché sur d’autres réseaux sensoriels que la voie somesthésique.
– Essai alimentaire si possible (textures différentes) > indispensable si enfant non autonome dans la prise alimentaire. Observer notamment l’entrée en bouche de la cuiller, position de la langue de l’enfant, fermeture de la bouche, mouvements de langue, déglutition
BILAN de LANGAGE incontournable

Langage oral : le tout-petit, ses parents et l’orthophoniste

Langage oral : le tout-petit, ses parents et l’orthophoniste published on 22 commentaires sur Langage oral : le tout-petit, ses parents et l’orthophoniste

Langage oral : le tout-petit, ses parents et l’orthophoniste
Quand on parle de prise en charge précoce en langage oral en orthophonie, de quoi parle-t-on ?
Que fait l’orthophoniste qui reçoit un enfant qui ne parle pas ?

Pour commencer l’orthophoniste fait un bilan. Cet article abordera cet aspect.

Le bilan va reprendre plusieurs choses :

1. Les circonstances de la naissance de l’enfant :
la grossesse, l’accouchement, les premières semaines de vie

Pourquoi ?
On croit souvent que le développement commence après la naissance de l’enfant, or cela est bien plus complexe. Les sens se développent in utéro et on observe très tôt des réponses corticales face aux stimulations sensorielles du bébé dans le ventre de sa mère. Les premières réponses sensorielles observées in utero concernent le système somesthésique (toucher) entre 16 et 20 SA, mais aussi le système nociceptif (16/20SA) puis les systèmes vestibulaire, auditif et visuel (23/25SA) – d’après Calendrier du développement sensoriel embryonnaire et fœtal -Kuhn et al. Arch Ped 2011)

calendrier sensoriel
Ainsi quand on interroge sur la grossesse, on va tenter de comprendre le vécu du bébé in utero ; une maman avec une menace d’accouchement prématuré, alitée les 3 derniers mois de grossesse, donne des informations sur le vécu sensoriel du bébé. L’haptonomie proposée lors de certaines préparations à la naissance informe tout autant. Ce ne seront pas des points suffisants pour « comprendre » ou « expliquer » les difficultés observées, mais cela peut y contribuer. Notons que les études scientifiques manquent sur ce point, mais des professionnels questionnent à ce propos ; Mathilde Boudou, orthophoniste, soulevait cette intuition lors des Entretiens Orthophoniques de Bichat en octobre dernier quand elle évoquait un cas clinique d’oralité alimentaire.

Interrogeant sur l’accouchement, on va obtenir des informations sur la rapidité de l’arrivée du bébé, sur les éventuelles difficultés rencontrées, aides instrumentales apportées, césarienne ou péridurale. Tous ces éléments vont nous informer sur les éventuelles difficultés rencontrées en périnatal que ce soit pour le bébé ou pour la maman.

Comment le bébé a-t-il bu au sein à la naissance ? Etait-il encore sous les effets de la péridurale qui d’après Mme Senez n’est pas sans influencer les premiers pas du bébé dans son activité nutritive.

Puis, lors des premières semaines, voire des premiers mois, retrouvons nous des éléments qui auraient pu venir entraver le développement du bébé ? Hospitalisations, événements familiaux ayant pu modifier la qualité des interactions entre le bébé et son environnement ?

=> Ces aspects périnataux nous permettent d’enquêter sur les premières expériences sensorielles et émotionnelles du bébé, et de repérer les premières traces de difficultés.

2. Le développement de l’enfant sous des aspects généraux, que cela concerne le développement moteur, ou verbal, social, sensoriel.

Pour cela les orthophonistes bénéficient de plusieurs outils qui leur servent de point de repère.
– Echelle de Denver (approche pédiatrique),
– IDE (Inventaire du Développement de l’Enfant- CogniSciences),
– grilles d’outils spécifiquement pensés pour les orthophonistes (Evalo BB, Dialogoris)
– etc …

Par le biais de ces grilles d’observations, les orthophonistes vont démêler les aspects développementaux de l’enfant, afin de comprendre comment l’enfant fonctionne, là où des dysfonctions apparaissent, là où au contraire le développement se montre tout à fait dans les « normes attendues » pour la tranche d’âge concernée.

Pourquoi ? Nous savons que le développement de l’enfant se dessine sous des aspects homogènes : un enfant se développe généralement au même rythme entre le moteur et le verbal, même si on entend souvent « on ne peut pas tout faire en même temps » quand on voit un enfant qui marche voire court et grimpe, alors qu’il ne parle pas.

L’orthophoniste évalue ainsi le développement afin d’identifier un retard « global », ou plus centrer sur le langage à priori pointé au départ.

Puis, grâce à ses connaissances sur le développement du langage, l’orthophoniste va aller explorer plus finement toutes les compétences dont il sait qu’elles viennent asseoir le langage. Les professionnels parlent de « prérequis au langage ».

3- Exploration des prérequis du langage
Comme dit dans cet article ici, le langage s’appuie plus spécifiquement sur :
des aspects sensoriels : l’enfant apprend peu à peu à faire sens sur ce qu’il perçoit de l’environnement via ses sens, il apprend à traiter les informations ensemble, ou au contraire à les prioriser, et adapter ses réactions grâce au soutien de son environnement qui étaye sur le plan émotionnel / affectif,
des aspects visuels : « je vois bien, je m’intéresse à ce que maman regarde, je me sers de mes yeux pour repérer les choses pertinentes,… »
des aspects auditifs : « j’entends bien, je prête attention aux bruits qui m’entourent et j’apprends à les distinguer finement les uns des autres,… »
des aspects moteurs-praxiques : « j’oriente mon corps pour favoriser les échanges avec mon environnement, je bouge ma bouche, ma langue pour produire des bruits précis-multiples…, je dirige mon bras, mon index pour montrer ce qui m’intéresse ou demander des choses,… »
des capacités d’imitation : « je regarde l’adulte / j’entends l’adulte, et je l’imite sans effort, … »
des compétences sociales : « j’ai envie d’échanger avec mon environnement, j’ai du plaisir à partager des sourires et des échanges de regards, je pleure ou râle pour obtenir quelque chose, je cherche l’interaction avec l’autre même s’il paraît indifférent : je réponds aux invitations et je peux les initier. Un M-CHAT peut-être proposé quand l’orthophoniste s’interroge sur un TSA (Troubles du Spectre Autistique).

4- L’environnement
L’orthophoniste va également explorer, essayer de comprendre, comment fonctionne l’environnement qui entoure l’enfant. Comment l’enfant vit-il au quotidien ? comment est-il invité à communiquer ? comment est-il stimulé ? quels jeux sont proposés ? comment est-il compris ? comment est-il aidé ?
L’enfant vit-il avec ses parents ? est-il en collectivité ? a t-il une nounou ? des grands-parents ? Des frères et sœurs ? Que pense chacun ? Que propose chacun ?
– y’a t-il des antécédents familiaux de troubles du langage ? On sait que certains troubles du langage oral se retrouvent dans les familles. Il y a des aspects « génétiques-épigénétiques » indéniables. Cela va contribuer également à la compréhension de la difficulté de l’enfant et de l’aide à apporter

5- Le développement du langage
Enfin quand les enfants parlent un peu, on évalue leurs productions, notamment leur stock lexical (stock de mots) et leur accès à la phrase.
Des outils spécifiques aux orthophonistes existent là encore :
– IFDC : abrégé ou complet (jusque 30 mois en version complète)
– EVALO BB ou EVALO 2-6
– CléA (après 30 mois)
– Bilo Petits (après 3 ans)
– etc …
Vous l’aurez compris cet aspect est finalement très dépendant du niveau de l’enfant. Quelquefois les orthophonistes ne les utilisent pas, notamment quand les prérequis sont déficitaires ou fragiles. Evaluer l’aspect purement linguistique du langage de l’enfant serait en tout cas insuffisant chez un enfant sans langage en production.

Attention néanmoins :
– un enfant qui ne parle pas n’est pas un enfant qui ne comprend pas
– et un enfant qui semble comprendre n’est pas forcément un enfant qui comprend.
=> il convient dont quelquefois d’explorer plus finement la compréhension de ces enfants qui tardent à parler. Elle nous donne de précieux indices sur le développement.

6- l’oralité alimentaire
Comment l’enfant mange t-il ? Variété de goût et de textures, temps de repas et accès aux morceaux, … Si l’orthophoniste perçoit une difficulté sur le plan, il va préciser son exploration.

Pour finir,
l’orthophoniste va vous expliquer ce qu’il perçoit des difficultés de votre enfant. Une prise en charge peut à la suite de cela vous être proposée, selon différents schémas que j’aborderai prochainement si vous le souhaitez.

Je vous propose de commenter cet article si vous souhaitez qu’une suite soit proposée, notamment sur la prise en charge des enfants de moins de 3 ans en orthophonie.

Troubles de l’oralité : quels enfants ? quels terrains ?

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Pourquoi un enfant a-t-il des problèmes alimentaires ?
Troubles de l’oralité : quels enfants ? quels terrains ?
Quand on est face à un enfant présentant des troubles de l’oralité, à quoi devons-nous penser ? Quelles sont les pistes à explorer pour dépister un trouble de l’oralité, pour comprendre sa construction, et envisager les aides à proposer ?

Nous allons chercher si l’enfant que nous rencontrons a des antécédents qui permettraient de comprendre le point de départ de la difficulté :
Cet enfant est-il prématuré ? entre 40 et 75 % des prématurés rencontrent des troubles alimentaires en fonction du moment de leur développement. Ces enfants sont souvent touchés, en lien avec les retentissements de leur naissance prématurée sur leurs organes (poumons / cerveau / système digestif / cœur) ET leurs premières expériences de vie multipliant souvent des soins invasifs sur le plan sensoriel, touchant de près leur oralité : CPAP, SNG, etc …
Cet enfant a-t-il / a-t-il eu des problèmes digestifs ? RGO pathologiques, allergies alimentaires, … Tout enfant qui a un vécu douloureux en lien direct ou indirect avec l’alimentation peut présenter des troubles de l’oralité
Cet enfant a-t-il / a-t-il eu une nutrition entérale ou parentérale, qui, nous le savons, n’est pas sans induire des retentissements importants sur l’oralité des tout-petits quand cette nutrition dure dans le temps et /ou que des soins de prévention ne sont pas proposés en parallèle de cette période de nutrition entérale ou parentérale.
Cet enfant a-t-il des troubles respiratoires importants ? Manger est alors fatigant, l’appétit peut sembler réduit : l’enfant mange alors assez peu, quelle que soit la texture L’environnement peut être tenté de forcer, et déclencher chez l’enfant une connotation négative de l’alimentation, avec répercussions plus larges autour de l’oralité.
Cet enfant a-t-il des problèmes neurologiques (AVC, épilepsie, IMC, …) qui pourraient amener des dysfonctionnements autour des aspects fonctionnels de l’alimentation (déglutition, mastication, salivation, réflexes, …) ou des aspects sensoriels (traitement neurologique des stimuli en lien avec l’alimentation altérés).
Cet enfant a-t-il des troubles du développement ? On sait que les retard de développement, les troubles du spectre autistique, les syndromes génétiques ou chromosomiques, et d’autres troubles montrent souvent un tableau de troubles divers dont des particularités alimentaires.
Cet enfant a-t-il dans sa famille des personnes qui présentent / ont présenté des troubles similaires : l’aspect épigénétique est avancé par Mme Senez entre autre, et vérifié pleinement dans la clinique.
Cet enfant a-t-il un vécu négatif autour de sa « sphère orale », avec des soins invasifs (comme les prémas en vivent), des hospitalisations ayant amenés des ajustements difficiles autour de l’alimentation, … Les souvenirs sensoriels-émotionnels laissent des traces prégnantes chez certains enfants avec une intégration sensorielle perturbée qui retentit sur la prise alimentaire.
Cet enfant a-t-il un syndrome malformatif touchant le cerveau / le système digestif / le cœur / les poumons ? Ce sont autant de fonctions qui, altérées, peuvent retentir nettement sur l’alimentation d’un enfant.Continue reading Troubles de l’oralité : quels enfants ? quels terrains ?

Genèse des troubles de l’oralité

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genèse des troubles de l'oralité

Genèse des troubles de l’oralité et réponse(s) orthophonique(s).

Il convient à l’issue du bilan orthophonique d’oralité, d’être en mesure d’émettre des hypothèses quant à la genèse des troubles observés. Quelquefois l’enfant arrive et nous avons d’emblée le probable « point de départ » du trouble alimentaire, mais ce n’est pas toujours le cas.
Pour rappel, il existe plusieurs hypothèses quant aux situations « prédisposant » aux troubles de l’oralité :
– L’enfant est diagnostiqué «TSA »
– L’enfant est prématuré
– L’enfant présente un syndrome, une malformation d’ores et déjà identifié (T21, SPR, 22Q11, Rett, …)
– L’enfant présente des troubles digestifs d’ores et déjà identifiés (RGO, allergies alimentaires, atrésie de l’œsophage, œsophagite, …)
– L’enfant présente des troubles respiratoires sévères
– L’enfant bénéficie d’une nutrition entérale
– L’enfant a une histoire neurologique spécifique (épilespie, AVC, IMC, …)
– L’enfant a des troubles sensoriels (intégrations sensorielles spécifiques, profil hyper ou hypo, homogène ou hétérogène)
– L’enfant vit au sein d’une famille où ces difficultés sont identifiées chez d’autres notamment chez les parents.
– L’enfant n’a aucun antécédent connu

=> notez que bien souvent les causes se superposent / s’entremêlent.
Exemple d’un enfant prématuré, ayant bénéficié d’une nutrition entérale et / ou ayant présenté un AVC néonatal et / ou une BDP.

Quand aucun antécédent n’est amené par les parents, il va falloir aller s’assurer dans l’anamnèse qu’il n’y a effectivement :
– Aucun aspect digestif sous-jacent
– Pas de TSA
– Pas de syndrome
– Pas de difficulté neurologique à côté desquelles on serait par ailleurs passé
– Pas de malformation type fente sous muqueuse
– Pas de particularité sensorielle
– Pas de troubles chez les parents qui quelquefois présentent des particularités alimentaires sans en avoir conscience tant cet aspect est « familial » et donc si fréquent que reconnu comme appartenant au fonctionnement « normal ».
NON, en vérifiant nous ne sommes pas en train de douter des propos des parents. Cette « vérification » glissée à travers les différentes observations de notre bilan et questions d’anamnèse, ne sera que l’expression de notre extrême prudence. Il est tellement fréquent que le corps médical consulté précédemment (toute spécialité comprise) soit passé à côté d’un des aspects, que nous devons absolument aller mener l’enquête sur les origines éventuelles du trouble observé.

Cette année aux Entretiens de Bichat, face à l’intervention d’A.Lecoufle et de M. Boudou sur les troubles de l’oralité, une question amenée dans la salle concernait justement l’origine des troubles de l’oralité : la collègue orthophoniste demandait si certains troubles de l’oralité existaient « sans explication connue ».Très intéressante cette question !Continue reading Genèse des troubles de l’oralité

Bilan orthophonique, questionnaire alimentaire : astuces éducatives.

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Cet article fait suite à ceux-ci :
1/ Bilan orthophonique, questionnaire alimentaire, oralité primaire
2/Bilan orthophonique, questionnaire alimentaire, comportement de l’enfant
3/Bilan orthophonique, questionnaire alimentaire, textures et aliments
4/ Bilan orthophonique, questionnaire alimentaire, installation

Encore une fois, comme je l’ai déjà dit dans chacun de ces articles : cet article n’est pas destiné aux parents. En le lisant vous ne pourrez en tirer le sens que je souhaite y mettre en le rédigeant pour mes collègues qui ont des connaissances spécifiques en ORL, neurologie, psychologie, développement de l’enfant (entre autre).

Il est également important de questionner les parents sur les astuces qu’ils mettent en place à la maison lorsqu’ils sont en difficulté avec leur enfant.
Petits rappels sur mes bases théoriques
L’étude Opaline (telle que Sophie Nicklaus l’a évoquée lors des Journées Oralité Necker en février 2015) a pu mettre en évidence un lien entre « accès aux aliments » et « astuce éducative » à 24 mois lors de la diversification alimentaire.
– 3 types de styles éducatifs sont repérés : 1/ autoritaire, 2/ Démocratique, 3/ permissif. Il semble que le style permissif impacte peu positivement l’appréciation des aliments.
– Par ailleurs, dans les réponses parentales offertes face aux refus des enfants (récompense, coercition, explication, forçage), il semble que l’explication soit celle qui impacte le plus positivement la diversification alimentaire.
– Enfin, l’étude montre (comme de nombreuses autres auparavant) que la multiplication des présentations (= goûter) de l’aliment initialement refusé, amène l’enfant à l’apprécier après 8 à 10 expositions.
A savoir, N.Rigal évoque les mêmes observations : le style permissif serait moins efficace que le style directif qui lui même serait moins efficace que le style incitatif.

On sait aussi, que les enfants freinés dans la consommation d’un aliment, ou au contraire contraints de manger, voient leur système d’autorégulation déréglé. De manière innée, effectivement, les enfants sont en mesure de manger ce dont leur organisme a besoin. Mais, si on vient interrompre l’enfant avec des exigences (sociétales ou familiales), il perd cette capacité (N. Rigal 2010 / Birch et Fisher 2000)

Autre particularité connue : la notion de terrain familial. Catherine Senez en parle bien, et je le retrouve nettement dans ma clinique : les particularités alimentaires se retrouvent très souvent chez un des parents, voire les deux.

Enfin, la période de néophobie, très décrite dans la littérature, rappelle la fenêtre développementale pendant laquelle il est fréquent que les enfants refuse les aliments nouveaux. Savoir que cela fait partie du développement normal est important à garder en tête, afin de faire des liens en fin de bilan entre tous les éléments recueillis.

Connaissant ces 4 états de fait, je fais le choix dans mon bilan de faire le point avec les parents des stratégies qu’ils utilisent à la maison, afin de mettre la lumière sur des habitudes éducatives qui peut-être participent aux difficultés observées / les entretiennent, mais aussi possiblement aident l’enfant déjà au quotidien.

Je propose tout simplement de répondre, en fin de questionnaire, à cette question :

Quelles stratégies avez-vous déjà utilisées pour amener votre enfant à manger quand cela est difficile ?
– Le forcer ou faire durer le repas
– Lui donner un jouet
– Lui proposer la télévision / une tablette
– Le distraire en jouant ensemble comme « faire l’avion »
– Se fâcher
– Négocier (si tu manges tu vas bien grandir, je serai content, etc…)
– Faire du chantage
– Changer le menu pour quelque chose qu’il aime
– Le laisser sans manger
– Autre ?

Evidemment cela est évidemment accompagné d’échanges plus larges avec la famille que je rencontre. Mots d’ordre : dédramatiser, écouter, comprendre, valoriser.

Qu’est ce que j’en fais ?
=> je croise ces réponses avec les précédentes afin de confirmer mon hypothèse « orthophonique »
=> j’encourage les familles à poursuivre les conduites déjà mises en place adaptées
=> j’accompagne la famille vers quelques modifications de leurs conduites, notamment quand l’enfant est en grande difficulté et que les astuces mises en place sont contre productives.

Voilà globalement comment s’articule (avec les 4 précédents articles) mon questionnaire alimentaire.
Ensuite, je propose pour compléter mon bilan d’oralité différentes choses :
– précisions sur le nauséeux éventuellement observé
– précisions sur le profil sensoriel de l’enfant
– Journée type : quels aliments mangés ?
– Bilan de langage oral type avec les petits (avec anamnèse type d’un bilan de LO, dont terrain ORL +++)
– examen clinique de l’enfant dont essai alimentaire et évaluation de la déglutition.

n’hésitez pas à ajouter vos idées dans les commentaires…

Bilan orthophonique, questionnaire alimentaire, installation

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Bilan orthophonique, questionnaire alimentaire, installation

Cet article fait suite à ceux-ci :
1/ Bilan orthophonique, questionnaire alimentaire, oralité primaire
2/Bilan orthophonique, questionnaire alimentaire, comportement de l’enfant
3/Bilan orthophonique, questionnaire alimentaire, textures et aliments

Encore une fois, comme je l’ai déjà dit dans chacun de ces articles : cet article n’est pas destiné aux parents. En le lisant vous ne pourrez en tirer le sens que je souhaite y mettre en le rédigeant pour mes collègues qui ont des connaissances spécifiques en ORL, neurologie, psychologie, développement de l’enfant (entre autre).

Voici une autre partie de mon questionnaire : l’installation. » Petite » partie, mais pas moins importante pour le bon déroulement de votre prise en charge.
Eveillée par les connaissances de ma collègue ergothérapeute, j’ai vite compris dans ma pratique que l’installation a son importance, non pas seulement quand on est face à des enfants porteurs de handicap moteur, mais avec TOUS les enfants… et notamment quand on parle de repas.
Mme Senez en parle également longuement dans sa formation, mais elle aborde à ce moment-là plus particulièrement la question des personnes porteuses de polyhandicaps.
C’est ainsi que je suis parvenue à élaborer cette partie de mon bilan dans laquelle j’aborde l’installation, mais plus largement encore « le cadre repas ».

Dans cet article, j’ai choisi d’entremêler les éléments de bilan et les éléments de guidance parentale. Cela s’explique par ma pratique. Dans le même temps, lors de mon bilan, j’informe les parents, je conseille, je commence à proposer l’horizon de changements possibles dans leurs habitudes de vie. Cela nécessite parfois du temps à certains parents alors que d’autres sont très vite « prêts et en demande ». Je pars du principe qu’en matière d’oralité, et de guidance parentale, il convient d’adapter la notion temporelle aux familles qui nous font face et que si le temps à respecter est souvent entendu aisément par tous les professionnels, nous prenons souvent moins en compte la notion de rapidité d’accès à l’information quand nous sommes face à des familles qui expriment ce besoin-là.

Je vous propose de vous interroger pour chaque enfant que vous recevez :
1. Où mange-t-il ?
2. Assis, debout, comment ?
3. Avec quoi ?
4. Avec qui ?

Cet aspect du questionnaire, abordé ici plus précisément pour les enfants petits, va l’être également pour les grands. Néanmoins, l’incidence de l’installation est différente chez des enfants grands et petits. Je vous propose pour les plus grands de retracer les premières habitudes pour arriver ensuite à l’installation d’aujourd’hui. Sans troubles de la déglutition, ou sans défaut de mastication, l’installation des grands (plus de 7 ans) ne sera pas aussi importante sur le plan « développement ». Néanmoins, vous allez le comprendre en lisant la suite, cette question est à aborder systématiquement.

1/ Où mange-t-il ?
Pour le premier point, vous serez souvent étonnés : non les enfants de moins de 3 ans, ne mangent pas tous dans une chaise haute, notamment quand ils rencontrent des troubles alimentaires.Continue reading Bilan orthophonique, questionnaire alimentaire, installation

Bilan orthophonique, questionnaire alimentaire, textures et aliments

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Bilan orthophonique, questionnaire alimentaire, textures et aliments

Cet article fait suite à ceux-ci :
1/ Bilan orthophonique, questionnaire alimentaire, oralité primaire
2/Bilan orthophonique, questionnaire alimentaire, comportement de l’enfant

Encore une fois, comme je l’ai déjà dit dans chacun de ces articles : cet article n’est pas destiné aux parents. En le lisant vous ne pourrez en tirer le sens que je souhaite y mettre en le rédigeant pour mes collègues qui ont des connaissances spécifiques en ORL, neurologie, psychologie, développement de l’enfant (entre autre).

Dans cet article, je vais poursuivre le développement sur ma pratique en abordant la question des textures et des aliments acceptés / refusés par l’enfant. Encore une fois, les professionnels avisés en oralité n’apprendront vraisemblablement rien. D’autre part, je relate ici de ma pratique et rappelle qu’il existe d’autres façon de procéder. De nombreux mémoires d’orthophonie libres d’accès décrivent des bilans d’oralité dans leur globalité.
Je viendrai sans doute, au fil de temps, à développer tous les aspects explorés lors du bilan d’oralité que je réalise, mais pour le moment, concentrons-nous sur l’aspect « questionnaire » qui est loin d’être le plus anodin dans le bilan d’oralité selon moi.

3/ Les textures acceptées
Quelles sont les présentations / les textures que votre enfant accepte de manger ?
Mange-t-il seulement des pots et assiettes toutes faites pour enfant ?
Mange-t-il des repas faits maison (boîte de conserve / surgelés / produits frais/ …)

Puis entrez dans les détails

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Bilan orthophonique, questionnaire alimentaire : le comportement de l’enfant

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Bilan orthophonique, questionnaire alimentaire : le comportement de l’enfant

Cet article vient à la suite de celui-ci.

Comme déjà dit dans le précédent, cet article ne s’adresse pas aux familles. Il ne peut prendre sens que grâce aux nombreuses connaissances que les orthophonistes maîtrisent dans le cadre de leur formation, notamment sur le plan ORL, en neurologie, en psychologie et en développement de l’enfant.

Je parlais donc du questionnaire alimentaire, décliné selon l’âge de l’enfant, et j’expliquais pour ma part repartir « du début » pour retracer avec les parents l’histoire alimentaire de cet enfant-là afin de débusquer les premiers signes d’une vulnérabilité dans le développement, voire l’expression nette d’un trouble de l’oralité avéré.

Souvenez-vous, nous en sommes restés à l’allaitement au sein ou au biberon, et à la succion non nutritive. Nous avons déjà exploré globalement l’oralité primaire (ici) de notre petit patient, qui se présente, ce à partir de 12/18 mois, mais bien plus tard aussi.

Dans les articles qui vont suivre nous parlerons :

Du passage à la cuiller
Du passage aux morceaux
De la diversité des aliments proposés / acceptés
Des réactions de l’enfant ET de ses parents, ET de ceux qui s’en occupent (crèche, nourrice, grands-parents)

Ce, chez des enfants à partir de 12/18 mois, mais ce bilan sera adapté est décliné pour des plus grands d’âge primaire si besoin. Le développement sera toujours à reprendre du départ, et mis en parallèle de la situation actuelle de l’enfant pour faire sens.

Pour cette partie du questionnaire alimentaire, vous allez devoir penser absolument à tout l’aspect socio-culturel qui règne autour des notions alimentaires. Pourquoi ? Pour ne pas vous retrouver avec les réponses que les parents pensent que vous voulez entendre, mais les réponses reflétant la réalité de cet enfant-là. Je pourrai y revenir dans un article annexe, mais m’informant assez largement autour de ces notions « alimentation de l’enfant », on ne peut que constater l’enjeu socio-économique majeur qui règne autour de ces questions-là, influençant très nettement nos bilans, tant les familles se trouvent fréquemment dans une situation de culpabilité ancrée, largement entretenue par notre société et ses différents systèmes (médical, scolaire, social)

Ainsi, j’ai opté pour ma part pour un questionnaire d’alimentation écrit, avec des cases que je peux cocher. A vrai dire, ce questionnaire ne me sert pas toujours. Tout dépend des familles, de leur aisance à livrer leurs difficultés au gré d’un entretien semi-directif, de leur reconnaissance de la difficulté de leur enfant ou au contraire du déni. Utiliser un questionnaire écrit permet de soutenir le fil de l’entretien, tout en gardant une distance avec un éventuel jugement que les parents, à tort, ressentiraient.
Or, en matière d’alimentation, bien avant d’arriver dans notre bureau, ces familles ont quelquefois été malmenées tant par l’entourage familial, relationnel… voire même médical. Les adultes sans échec avec leur enfant sur ce point, se sentent souvent complètement légitimes pour conseiller les autres, même sans être réellement avisés en matière d’oralité. Lors de mon bilan, il va donc falloir que je me rapproche ou au contraire que je me démarque des conseils déjà donnés en fonction de leur pertinence ou de leur manque de pertinence justement. Il me paraît absolument nécessaire d’asseoir une certaine « douce autorité » qui affirme mes connaissances spécifiques, face aux difficultés qu’ils rencontrent avec leur enfant, tout en affichant une flexibilité certaine, nécessaire face à la singularité de chaque situation.

On retiendra donc ces 3 mots clés pour « porter » le questionnaire alimentaire que je vais décrire dans ces articles :
Empathie, douce autorité, flexibilité de l’écoute.

Mon questionnaire alimentaire se décline donc sur plusieurs plans :
1/ Comportements de l’enfant (que je vais aborder ici)
2/ Textures acceptées
3/ Aliments essayés / acceptés / refusés
4/ Installation / cadre des repas
5/ Astuces éducatives

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Le bilan orthophonique d’oralité : questionnaire alimentaire

Le bilan orthophonique d’oralité : questionnaire alimentaire published on 3 commentaires sur Le bilan orthophonique d’oralité : questionnaire alimentaire

Le bilan orthophonique d’oralité : questionnaire alimentaire n°1 => oralité primaire

Petit aparté pour les parents => cet article est peu adapté pour les familles. Il ne vous apportera rien en tant que parents puisque seuls les orthophonistes vont avoir le code pour comprendre l’implicite de mon article. C’est ce que les orthophonistes connaissent déjà dans beaucoup de domaines, notamment dans le développement ORL, neurologique, moteur, qui leur permettra (je l’espère) de donner à cet article le sens qu’il mérite d’avoir.

Si ces questions ne constituent pas à elles seules notre bilan d’oralité, loin de là, j’ai tout de même envie de commencer par là. Ca semble être le plus simple, mais ce n’est qu’une apparence. Le questionnaire alimentaire est plus complexe qu’on ne le croit : vous allez devoir mener une enquête, pour dépister des difficultés que les parents n’identifient pas toujours.
Je vais vous donner mon point de vue, et vous raconter ma pratique… D’autres collègues mènent certainement l’entretien « alimentaire » différemment. Il y a, comme pour tous les autres bilans, de multiples façons d’observer l’oralité, et de partir mener l’enquête !

Si vous commencez par un « Pour les repas ça se passe comment », vous avez de fortes chances pour que les parents vous répondent « bien ». Sauf s’ils vous consultent spécifiquement pour des troubles alimentaires.
« Les repas ça se passe comment » est donc à bannir. N’ouvrez pas la porte au « bien » automatique qui est sensé stopper la suite du questionnaire, sous peine de « remettre leur parole en doute ».

Personnellement j’aime bien repartir du début. De la grossesse pour commencer, puis du terme de la naissance , certes, et en matière d’alimentation, c’est la même chose.

1. SEIN TETINE SNG et ORALITE PRIMAIRE
Il a été allaité au sein ou au biberon ? Les deux ?
– sein : ça s’est bien passé ? (Si aide, par qui et pourquoi ?), combien de temps ?
– biberon : ça s’est bien passé ? Avez-vous eu du mal à trouver une tétine qui convienne à votre bébé ? combien de temps mettait-il pour boire son biberon ? Et aujourd’hui ? Trous dans la tétine du biberon pour l’aider à boire ?
– A t-il bénéficié d’une SNG (si préma / si hospit / si difficultés de santé repérées dans l’anamnèse): pourquoi ? combien de temps ? vomissements ? bolus ou ?

Continue reading Le bilan orthophonique d’oralité : questionnaire alimentaire