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Prise en charge orthophonique du langage (2)

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Prendre en charge des enfants sans langage (2)
Quand les prérequis de communication sont fragiles.

suivi orthophoniqueLa prise en charge orthophonique d’enfants petits est très spécifique. Nous en avons déjà parlé dans plusieurs articles :

ici et

Aujourd’hui je vous propose d’évoquer la prise en charge de ces petits qui ont des prérequis fragiles voire absents.

Comment se présente cet enfant ?
Son profil change selon ses particularités développementales et ses contraintes sensorielles.

  • Il est souvent agité sur le plan moteur
  • Ou très calme, régulièrement hermétique à vos tentatives d’interactions
  • Il se pose peu, et ne joue pas « avec l’autre, ou cela dure très peu de temps
  • Il vide votre caisse de jouets, sans se soucier du type de jouet qu’il manipule.
  • Il focalise son attention sur un jouet en particulier, sans l’utiliser « à bon escient »
  • Il tape les objets entre eux, les porte à la bouche
  • Il insiste pour encastrer, sans se soucier des formes > il prend peu appui sur les indices visuels
  • Il coordonne difficilement son œil et sa main, et à tendance à ne pas s’appuyer sur sa vue pour assister ses actions
  • Il tombe ou se cogne souvent. Il est maladroit
  • Son visage est peu expressif.
  • Il bave mais ne s’en montre pas gêné / il a souvent une tétine en bouche
  • Il crie pour demander, montre sa frustration en pleurnichant
  • Il peut abîmer les jouets : marche dessus sans y prêter attention
  • Il ne demande pas en montrant. Ou peu souvent.
  • Il montre en tendant le bras plutôt que le doigt
  • Rester assis est difficile
  • Il aime tourner les pages d’un livre mais ne regarde pas vraiment les images
  • Ou au contraire fixe longuement son attention sur une page, examine les détails plutôt que les éléments principaux
  • Il répond irrégulièrement aux sollicitations des adultes
  • Il supporte difficilement les bruits > a rapidement peur
  • Il est bruyant sans que ça ne semble le gêner
  • Il joue seul longuement avec le même jouet, sans solliciter l’adulte
  • Il ne s’intéresse pas aux objets, aux événement qu’on l’invite à regarder

Je ne poursuivrai plus longuement ce listing qui ne sera jamais exhaustif, et dont les points ne s’additionnent pour un même enfant. Je ne pointe là que des repères, des signes, qui permettent de situer les enfants qui sont visés par la prise en charge abordée aujourd’hui.

Quelles fragilités / difficultés peuvent-ils avoir ?
Sensorialité : bien voir / bien entendre / …
Motricité
Coordination œil / main
Motricité globale (répercussions sur l’exploration)
Intégration neurosensorielle :
hyper ou hypo « lecture » des informations de l’environnement
difficultés dans la coordination des informations
difficultés dans la modulation des réponses à apporter
Compréhension
Etayage nécessaire (contexte / geste / support visuel)
Expression
Limitée en lien avec les difficultés précédentes

Que proposer à ces enfants en orthophonie ?
Nous savons qu’il va falloir travailler Continue reading Prise en charge orthophonique du langage (2)

La prise en charge orthophonique des troubles de l’oralité

La prise en charge orthophonique des troubles de l’oralité published on Aucun commentaire sur La prise en charge orthophonique des troubles de l’oralité

Les troubles de l’oralité ( = difficultés alimentaires que rencontrent certains enfants), encore mal connus, sont néanmoins de plus en plus évoqués en France. On commence à pouvoir entendre que les difficultés alimentaires des enfants peuvent avoir des aspects spécifiques, sensoriels, développementaux. Cela ne touche effectivement pas que les enfants nés prématurément comme on l’entend pourtant encore trop souvent. Au besoin, vous trouverez dans cet article, ici, des pistes étiologiques des troubles de l’oralité.

De plus en plus, les orthophonistes se forment et s’impliquent dans ces prises en charge spécifiques, et en même temps très liées aux connaissances qu’ils ont déjà sur le développement de l’enfant et les fonctions oro-myo-faciales.

Mais que propose l’orthophoniste aux familles, à l’enfant quand il met en place une prise en charge en oralité ? Voilà 10 points qui peuvent être abordés selon l’âge et le profil de l’enfant.

1. Il accompagne autour de l’installation à proposer pendant le repas : quel type de chaise, de fauteuil, de portage correspond le mieux aux besoins de l’enfant. Quels couverts proposer ? Quel verre ? Quel type de biberon essayer ? …

2. Il informe la famille autour des aspects favorisants ou au contraire délétères pour faciliter l’amélioration des prises alimentaires de l’enfant. Il guide la famille pas à pas en fonction des possibilités de chacune, et de leur individualité. L’orthophoniste n’est pas « guide social de bonne conduite alimentaire », mais « guide développemental ». Il va ainsi conseiller autour de la préparation des repas ou du partage des repas, du temps de repas, du temps « entre » les repas, du forcing, … L’orthophoniste va respecter la culture de chaque famille tout en libérant les pensées « préconçues » susceptibles de nuire aux progrès possibles de l’enfant (ex : on ne mange pas le dessert avant le plat).
Picorer
3. Il explique aux parents les hypothèses étiologiques des troubles rencontrés par l’enfant pour les aider à cheminer. Il donne des informations, par exemple, sur les liens existants entre les RGO, les allergies alimentaires, la gastrostomie, les troubles développementaux, les spécificités sensorielles, etc… et les troubles alimentaires observés, afin que pères et mères soient en mesure de s’ajuster aux particularités de l’enfant.

4. Il aide la famille autour de la notion de texture / de goût / de température. Il guide l’évolution à proposer à l’enfant, sur les essais à favoriser, sur les présentations alimentaires aidant l’enfant à cheminer plus facilement (ex : ne pas mélanger des petits morceaux dans une purée lisse, proposer des aliments plus forts en goût ou plus craquants pour certains profils d’enfants, …)

5. Il offre des astuces, des conduites à tenir, spécifiques, que les familles, les structures (crèche, école) vont « devoir » adopter dans le quotidien pour accompagner l’enfant et l’aider à progresser. Effectivement l’orthophoniste ne peut à lui seul résorber les troubles de l’enfant. La prise en charge oralité est au cœur d’un partenariat avec la famille et l’environnement tout entier quelquefois.

6. Il informe au besoin les familles sur les besoins nutritionnels des enfants, et oriente en fonction de ses limites vers un diététicien quand la prise alimentaire ne permet pas des apports suffisants et nécessite des aménagements spécifiques.

7. Il propose à l’enfant, dans un climat ludique, de plaisir, des activités sensorielles visant à stimuler tous les sens mis en jeux lors de l’alimentation. Toucher, sentir, regarder, écouter, goûter, bercer, appuyer sont au cœur des rencontres avec les enfants.
Activité sensorielle
8. Il propose des touchers thérapeutiques précis visant à améliorer les capacités d’ajustement comportemental de l’enfant face aux stimulations proposées sur le plan tactile et proprioceptif.

9. Avec les enfants plus grands, en mesure de réfléchir et de raisonner, il échange avec l’enfant. Ensemble, ils réfléchissent, verbalisent, commentent les sensations que le corps de l’enfant traduit face aux stimulations de l’environnement. Ils fixent ensemble des objectifs d’un rendez-vous à l’autre. Cet aspect cognitif de la prise en charge est fréquente chez les enfants à partir de 4-5 ans, voire avant en fonction de l’enfant.

10. Il collabore avec les professionnels qui suivent l’enfant par ailleurs : pédiatre, généraliste, gastro-pédiatre, ORL, pneumopédiatre, neuropédiatre, psychomotricien, kinésithérapeuthe, diététicien, etc… Il lui est indispensable de connaître les aspects médicaux et paramédicaux du suivi plus large de l’enfant pour proposer une prise en charge la plus ajustée possible.

Ces 10 points se déclinent à l’infini. Vous l’aurez compris, prendre en charge des troubles de l’oralité, ce n’est pas appliquer un protocole unique à tous les enfants, mais « inventer » un suivi pour chaque enfant rencontré selon son profil et son environnement. L’orthophoniste travaille étroitement avec la famille tout autant qu’avec l’enfant, et tourne son regard sur de multiples aspects développementaux de l’enfant pour mener sa prise en charge, d’où la nécessité de collaborer avec les autres professionnels intervenant auprès de l’enfant, voire celle d’orienter l’enfant vers d’autres professionnels complémentaires pour affiner la compréhension du trouble et/ou améliorer la progression de l’enfant via un suivi pluridisciplinaire. Nous en reparlerons…

Prise en charge du bavage

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Comment prendre en charge un enfant qui bave ?

Je vous propose ce soir un petit article pour partager ma pratique auprès des petits sur ce plan (avec ou sans handicap moteur), ou comment « boire avec le doigt ».

La formation de Mme Senez m’a fait réfléchir à l’opposition réflexes / mouvements volontaires. J’ai également découvert la cryothérapie qui a révolutionné ma pratique.
Plusieurs écrits sont partagés sur le site de R4P ici à ce propos. Je vous les recommande, ils sont très intéressants et offrent de bons supports pour la guidance familiale.

C’est en pratiquant la cryothérapie pour stimuler les praxies bucco-faciales que j’en suis venue à ce petit jeu que j’ai appelé « boire avec le doigt ».
Quand on travaille avec les petits, il est de toute manière indispensable de s’appuyer sur des réflexes. Et il est de toute manière inutile de s’appuyer sur des mouvements volontaires pour prendre en charge le bavage. Heureusement, il n’est pas utile de penser à « avaler » pour ne pas baver (c’est capital de le rappeler aux familles !)

Un jour, confrontée à une pénurie de bâtons de glace dans le freezer, j’ai tenté autre chose ; j’ai rempli un verre d’eau très froide au robinet. J’ai annoncé au petit qui était avec moi qu’on allait « boire avec le doigt », et j’ai trempé mon doigt dans l’eau pour le mettre dans sa bouche : mouvement d’appui sur la langue du fond vers l’avant de la bouche en ressortant mon doigt (comme pour que l’enfant le lèche). Puis après avoir trempé à nouveau mon doigt dans l’eau, appui contre le palais d’arrière vers l’avant. Proposition ensuite de « faire des guilis dans les joues » pour déclencher des résistances antagonistes et stimuler le muscle orbiculaire des lèvres.
Je reproduis 2/3 fois (pas plus : quand toute la bouche est froide, cela n’est plus pertinent puisque le réflexe qui vise à ce que toute la bouche reste à la même température ne réagit plus : ce réflexe déclenche par là même des mouvements de langue en lien avec ceux attendus lors de la déglutition entre autre).

Je préconise ensuite ces petits gestes répétés 4/5 fois au quotidien. De mon côté, les résultats sont presque « magiques ». En 7 jours, les enfants cessent quasi de baver. En 15 jours le bavage cède complètement. Je tiens à rappeler que mes patients sont petits, et que cela a sans doute un effet non négligeable sur les effets observés, mais il me tarde d’avoir les retours de ceux qui essayeront auprès d’enfants plus âgés.

La bonne nouvelle de cette méthode :
– plus besoin de congélateur ou de freezer. Idem pour les familles.
– rapide
– tonifie langue et lèvres

La limite :
– l’investissement de la famille
=> sans reprise quotidienne, cela n’a AUCUN effet !

Oral Ortho Petits : « prérequis et réflexions »

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Oral Ortho Petits : « prérequis et réflexions ».

Cet article vise à accompagner les orthophonistes qui ont acquis l’outil de remédiation Oral Ortho Petits .

Voici les 7 points développés dans cet article :
1. Oral Ortho Petits : les parents
2. Oral Ortho Petits : installation de l’enfant
3. Oral Ortho Petits : les jouets
4. Oral Ortho Petits : les photos
5. Oral Ortho Petits : prise en charge multimodale
6. Oral Ortho Petits : les aspects praxiques
7. Oral Ortho Petits : enfants porteurs de TSA

1. Oral Ortho Petits : les parents
Il est indispensable de recevoir les parents dans le bureau pendant toutes les premières séances. Pourquoi ?
– En vous regardant jouer avec leur enfant, les parents reçoivent une guidance implicite. Même les parents qui paraissent « peu concernés » s’emparent d’informations.
– Ils vont être encouragés à reprendre cette attitude adoptée avec des « plus petits », en faisant « question-réponse ».
– Ils vont s’emparer du temps de jeu attendu, qui n’est pas si large qu’ils l’imaginent souvent au départ.
L’accueil des parents est indispensable à soigner pour que le protocole prenne sa place dans le quotidien familial.
Il est important que vous puissiez échanger avec eux autour de leurs fréquents sentiments d’échec à la maison avec les fiches.
Lors des premières séances, souvent les enfants ne donnent pas les images comme attendu à la fin des fiches maison. Ils ne montrent pas toujours non plus un très grand intérêt face aux photos. C’est donc grâce à vos encouragements, à vos observations que vous allez pouvoir les aider à poursuivre. Il est parfois important d’expliquer que le plaisir que les parents « montrent » va peu à peu diffuser sur l’enfant s’ils « tiennent bon » dans leur « jeu d’enthousiasme ».
Dans mon bureau, après les 2 premières fiches, 80% des parents reviennent  en me disant que l’enfant ne fait rien, qu’il n’est pas coopérant, qu’ils n’ont rien pu remplir dans le tableau : c’est NORMAL.
Il est à ce moment-là capital que vous rappeliez que le protocole vise au départ la compréhension, et non la production (souvent, ils s’impatientent que l’enfant ne disent pas les mots).
Important aussi que vous valorisiez ce que vous percevez des progrès de l’enfant / des retentissements de ce que les parents ont fait à la maison.
Les parents représentent la clé de la réussite de la mise en place de ce protocole. Il est donc très important d’écouter les parents, de leur expliquer ce que vous faites et pourquoi afin de pouvoir établir un lien de confiance indispensable.
Sans leur participation, je vous invite soit à intensifier la fréquence de vos séances (3/4 fois par semaine), soit à changer d’intervenant privilégié (il m’est arrivé de travailler avec une nourrice, une mamie, …).

2. Oral Ortho Petits : installation de l’enfant
Tout protocole n’efface pas la réflexion professionnelle qui nous anime pour chacune de nos prises en charge. Quand on utilise un protocole de remédiation, il est nécessaire de garder toute la flexibilité qui nous permet d’organiser nos connaissances avec intelligence.
L’installation de l’enfant est un des aspects qui doit être chaque fois revu, évalué, non seulement pour chaque enfant, mais également au cours de la prise en charge en fonction de l’évolution.
J’ai fait le choix d’installer les tout-petits qui présentent de grosses agitations motrices, ou des troubles moteurs sur une chaise à accoudoirs, dos au mur. J’approche la table devant eux. Ils ne peuvent ainsi reculer leur chaise. Lors des premières séances cela peut être indispensable pour les canaliser.
Au contraire, lorsque les enfants sont relativement attentifs, marchent, se baissent et se relèvent sans trop de difficulté, je propose au départ de la prise en charge des activités autour une table basse, avec ou sans chaise. Quoi qu’il en soit, les enfants peuvent tout à fait se lever, bouger dans le bureau.
Pourquoi ?
Je privilégie autant que possible l’intégration sensorielle multimodale. Plus un jeu sollicite de sens, plus cela va aider l’enfant. Néanmoins, l’aspect multimodal ne doit pas représenter une contrainte supplémentaire pour l’enfant. Il convient donc d’évaluer si les déplacements de l’enfant dans l’espace du bureau vont être porteurs ou pas.
Il arrive que je propose une installation « cadrée » en début de prise en charge, et que peu à peu, l’enfant soit en mesure de traiter toutes les informations (dont vestibulaire, proprioceptif, …).
Il se peut également que les enfants soient peu à peu en demande de cette installation « à table ».
Quoi qu’il en soit : pensez à réfléchir cet aspect de la prise en charge.
bureau

3. Oral Ortho Petits : les jouets
Le choix des jouets compris dans le pack complet s’appuie sur plusieurs points que je souhaite développer pour ceux qui regrouperont eux-mêmes les jouets. Quelques règles ont soutenu mes choix :
– des jeux facilement lavables : les petits mettent encore souvent les jouets à la bouche, ou les mains de leur bouche jusqu’aux jouets. Par ailleurs, il arrive avec certains enfants qui présentent des troubles de l’oralité alimentaire ET verbale, que nous jouions avec les jouets du protocole dans le sable kinétique (notamment en fin de protocole). Il est important que les jouets soient « adaptés ». Idem pour « l’eau ».
– des jouets solides… et d’autres plus fragiles. S’il est important que les jouets ne se brisent pas sous les « actions » quelquefois inadaptées des enfants (je pense à ceux qui les lancent par exemple), il est aussi intéressant d’avoir des jouets plus fragiles : une paire de lunettes qui se manipule avec prudence par exemple.
– des jouets « simples », tant sur le plan visuel que sur le plan de leur manipulation. Ils doivent donc être adaptés à la préhension des tout-petits, à leur maladresse gestuelle.
– des jouets ne déplaçant pas l’attention que nous attendons d’eux. Par exemple, quand j’utilise le biberon en séance, c’est dans le but que l’enfant me regarde bruiter le bébé qui boit. Si le biberon est un biberon magique, l’enfant va avant tout découvrir cet aspect visuel, et avoir plus de mal à s’orienter vers mon visage.
– des jouets offrant des expériences sensori-motrices : un train méritant que l’on accroche locomotive et wagon, une poupée à prendre « comme il faut » pour pouvoir lui donner le biberon.
– des jouets de différentes origines offrant des poids, des textures, des proportions différentes pour développer les aspects proprioceptifs. Or qui dit « variabilité proprioceptive » dit « aide à l’intégration sensorielle ». Nous pourrions imager cela ainsi : plus aisé de retrouver sa chaussette blanche parmi des chaussettes de couleurs ET de matières VOIRE de taille différente, non ? Et parmi les chaussettes mouillées ou sèches ? 😉
– des jouets accessibles dans le commerce pour favoriser des utilisations éventuelles à la maison pour les parents qui voudraient se procurer les mêmes jouets. Il est indéniable qu’il serait très pertinent de « prêter des jouets » plutôt que des photos à certains enfants.
poison rouge

4. Oral Ortho Petits : les photos > comment ?
– Si vous faîtes seul vos photos, pensez à l’aspect « contraste ». Vous choisirez un fond uniforme, noir pour un objet clair, blanc pour un objet foncé, ou proposant une couleur complémentaire à l’objet. Vous veillerez aux reflets qui gêneraient la lecture visuelle de l’objet.
– Je vous propose d’imprimer 4 photos par page A4, puis de plastifier avant de couper les photos. Personnellement je les « prête » aux familles qui me les ramènent la semaine suivante avec la fiche maison remplie.
– N’oubliez pas de prévoir votre photo qui sera glissée parmi celle des jouets après la première séance.
– Lors de la première séance, je prends en photo l’enfant et l’accompagnant et imprime leur photo, les colle sur un support cartonné.
– Pour les fiches maison 9 et 10, je confectionne une fiche A4 qui présente les 9 images cibles (document Word dans lequel je copie-colle chaque photo, puis adapte les proportions pour que la fiche soit esthétiquement propre). Sous chaque image, je note le nom et l’action que les parents devront notés pour soutenir leur récit à la maison.
– Lorsque la fiche regroupant tous les jouets sont présentés, je les présente sur un support A3 selon la même procédure que précédemment. Je plastifie ensuite la fiche, et y ajoute une bande velcro pour que le support puisse être présenté tant de manière horizontale que verticale (j’ai une bande support sur le mur par ailleurs).
lion

5. Oral Ortho Petits : prise en charge multimodale
A aucun moment de l’utilisation du protocole, vous ne devrez perdre de vue l’aspect multimodal de la stimulation :
– l’auditif : l’enfant entend votre prosodie et vos mots
– le visuel : il voit votre bouche, les jouets
– le proprioceptif : il prend les jouets dans ses mains, les touche, les manipule
– le somesthésique : il touche les matière ET vous touchez l’enfant. N’oubliez pas cet aspect indispensable dont certains enfants ont absolument besoin, notamment quand un des canaux sensoriel est altéré ou quand il présente des troubles de l’intégration sensorielle.
Il est capital de proposer des modèles « plurisensoriels » chaque fois identiques et cohérents avec le jeu de l’enfant. Ainsi, non seulement vous prenez en charge le langage, mais aussi l’intégration sensorielle nécessaire au développement.

6. Oral Ortho Petits : les aspects praxiques
Dans le protocole, rien n’est précisé à propos de la prise en charge que je propose en parallèle sur le plan purement praxique (praxie BLF). Mais je tiens à préciser que cet aspect est pourtant fondamental à aborder avec la plupart des enfants.
Encore une fois tout dépend de l’enfant, de son profil, de la plainte initiale : quelquefois les aspects praxiques sont abordés d’emblée, d’autres fois j’attends un peu (notamment auprès des enfants avec suspicion de TSA).
Quant à mes stratégies rééducatives sur ce plan, je prévois de les aborder dans le prochain article qui portera sur le bavage. Je vous invite donc à vous abonner au blog pour être prévenu en temps de la sortie de cet article.

7. Oral Ortho Petits : enfants porteurs de TSA
De plus en plus il m’arrive de proposer Oral Ortho Petits aux enfants avec suspicion de TSA (ou diagnostic posé). Avant d’aborder Oral Ortho Petits, je mets en place des supports visuels pour coder les activités de la séance. Quand le rituel est acquis, que les enfants font le lien entre photo et jeu, je propose le protocole. La guidance parentale est alors indispensable pour que les parents « tiennent » face à ces enfants qui ne valident quelquefois que très peu leur plaisir ou leur compréhension au début de l’utilisation du protocole. Néanmoins, l’aspect « ritualisé », « répété » de Oral Ortho Petits soutient le plus souvent la compréhension de ces enfants qui présentent des compétences cognitives relativement préservées (pas de déficience sévère).

D’autres points mériteront d’être abordés dans un prochain article, notamment les moments « clés » du protocole qui me permettent de valider la pertinence de l’outil, ou d’en sortir temporairement.

Je vous invite à partager vos questions dans les commentaires. Nous pourrons ainsi partager les réponses 🙂mouton

Oral Ortho Petits : outil de remédiation en orthophonie

Oral Ortho Petits : outil de remédiation en orthophonie published on 10 commentaires sur Oral Ortho Petits : outil de remédiation en orthophonie

L’outil de remédiation Oral Ortho Petits est prévu pour la prise en charge orthophonique d’enfants présentant un retard dans la mise en place du langage oral (réception et / ou production).

Je l’utilise depuis 2 ans dans ma pratique au CAMSP auprès d’enfants petits et de leur famille.
C’est suite à la publication d’un article sur ma pratique (ici) que le choix de partager cet outil a émergé suite aux nombreuses demandes des collègues. Après quelques efforts de présentation et de relecture, il s’apprête à sortir. Avant cela, je tenais à vous présenter cet outil plus précisément.

Il peut être adapté aux enfants présentant les profils suivants :
retards de langage oral, troubles globaux, voire certains enfants porteurs de TSA (ou suspectés l’être).
Il n’est pas pensé pour les enfants sourds ni pour les enfants déficients visuels (cécité).

Il peut être proposé à partir de 15-18 mois, dès que les prérequis au langage oral sont en place (attention visuelle et auditive, pointage, attention conjointe), même si ceux-ci sont fragiles (ces séances vont participer à les consolider). Il vise plus particulièrement des enfants qui ne produisent pas ou très peu de mots, avec ou sans retard en compréhension.

Il est prévu pour une prise en charge orthophonique proposant une séance hebdomadaire d’orthophonie en présence d’un des parents ou d’un tiers proche de l’enfant susceptible de reprendre avec lui les activités « maison » au quotidien. Il est en effet ensuite demandé à la famille de proposer tous les jours,entre deux rendez-vous, des activités avec l’enfant sur 5/10 minutes.

Ce travail propose 15 séances de rééducation de 30 min et 14 fiches pour la maison.

=> Vous trouverez les deux premières séances en ligne gratuitement ici : Oral Ortho Petits 1 et 2

Si la compréhension est tout d’abord favorisée et abordée, même quand l’enfant n’a pas de difficulté sur ce plan, ce n’est que pour permettre des occasions multiples de rencontres des mots dans des situations privilégiées qui offriront à l’enfant la possibilité de préciser le vocabulaire compris sur le plan phonologique et praxique en réception.
Des situations favorisant par ailleurs l’attention auditive et visuelle, mais aussi le contrôle praxique sont rapidement mises en place dans cette remédiation pour permettre à l’enfant d’intégrer efficacement les différentes informations (auditive, visuelles, sensori-motrices) utiles pour l’émergence de la production verbale.

Ce protocole vise donc à Continue reading Oral Ortho Petits : outil de remédiation en orthophonie

Partager le protocole de remédiation de langage oral ? Oui ? Non ? Comment ?

Partager le protocole de remédiation de langage oral ? Oui ? Non ? Comment ? published on 3 commentaires sur Partager le protocole de remédiation de langage oral ? Oui ? Non ? Comment ?

Article un peu à part aujourd’hui.
Des collègues m’ont contactée pour en savoir plus à propos de mon protocole de remédiation pour les tout-petits .
Entendant les demandes de partage, à la manière des Livrets Oralité, je viens vers vous afin d’évaluer plus précisément les attentes que certains partagent peut-être.

En répondant à ce bref questionnaire de 3 questions :

CLIQUEZ ICI POUR Y REPONDRE

vous m’aiderez à décider sous quelle forme partager cet outil en étant au plus proche de vos attentes.

Prise en charge orthophonique d’un enfant de moins de 3 ans

Prise en charge orthophonique d’un enfant de moins de 3 ans published on 11 commentaires sur Prise en charge orthophonique d’un enfant de moins de 3 ans

Prise en charge orthophonique d’un enfant de moins de 3 ans sans langage.

Je propose de vous parler de ma pratique personnelle auprès des enfants de moins de 3 ans que je suis au quotidien dans mon exercice professionnel. Il convient de préciser que je travaille dans une structure qui ne reçoit que des tout-petits.

Je distingue 4 situations.
1. L’enfant qui ne parle pas mais qui ne présente aucune difficulté majeure associée : cet enfant a de bons prérequis au langage oral, ne présente pas de retard sur le reste de son développement. C’est celle que je vais développer dans cet article.
2. L’enfant qui ne parle pas ET présente des prérequis fragiles voire déficitaires sans pathologie associée identifiée ou suspectée
3. L’enfant qui ne parle pas ET présente des prérequis fragiles voire déficitaires associés à une pathologie identifiée ou suspectée
4.L’enfant qui ne parle pas et présente un syndrome identifié annonçant d’emblée que le langage oral risque d’être déficitaire

Pourquoi distinguer ?
– Le travail orthophonique n’est pas le même entre les prérequis et la suite.
– Les pathologies offrent des pronostics différents à prendre en compte
– La guidance diffère auprès des familles selon le pronostic, le niveau de l’enfant, la pathologie associée.
– Les techniques de rééducation connues pour certaines pathologies sont à envisager / préparer.

Situation 1 : l’enfant a de bons prérequis au langage oral, mais il ne produit aucun mot.
Tout d’abord il convient d’identifier la contrainte ou les contraintes qui freinent l’entrée de cet enfant dans le langage.

Plusieurs possibilités :
– Aspect moteur du langage : praxies bucco faciales / oralité alimentaire
– Aspect auditif : otites / bouchons de cérumen / surdité légère
– Aspect visuel : vue déficitaire / aspects neurovisuels (bilan orthoptique à demander)
– Aspect attentionnel : agitation motrice
– Aspect environnemental : langage adressé à l’enfant / stimulations / fréquence-cohérence des schémas linguistiques proposés.

En fonction de la contrainte ou des contraintes repérées, on appuiera plus précisément sur certains aspects de la rééducation.

L’aspect praxique peut être consolidé par :
– les massages de Senez (voir ici)
– des approches sensorielles tactiles de la face via des massages (mains sèches / mouillées / crémées, froides, chaudes, gantées, …)
– des approches sensorielles vibratoires de la face et de la bouche (Z-Vibe / Brosse à dents à pile ou électrique)
– la cryothérapie : approche de la bouche (lèvres, langue, joues, palais) par du chaud, du froid, du glacé et proposition de praxies en imitation après une stimulation préalable du point d’appui avec un bâton glacé.
Les chewy-tubes/ les carambar / les sucettes / les bonbons Kréma : tout ce qui se mâche, se suce… et toujours dans le plaisir.
– Les grimaces cohérentes : mimer une praxie en s’appuyant sur le sens qu’elle a (sss / faire le mouvement du serpent avec le bras par exemple). Un exemple a déjà été développé dans un article destiné aux parents ici
Reeducation orthophonique et Chewy Tubes

Quoi qu’il en soit, toujours FAIRE et REFAIRE devant l’enfant avant qu’il soit en mesure de reproduire à son tour.
S’il a une contrainte visuelle, on va renforcer l’aspect sensoriel : on propose des massages à l’enfant, mais on appose aussi ses mains sur notre propre visage quand celui-ci se tord pour faire des grimaces.

L’aspect auditif va être contourné par le renforcement des entrées visuelles et corporelles / sensorielles tactiles
– Toucher l’enfant au rythme des mots grâce à des appuis sur les épaules ou les bras, mais encore en le faisant sauter sur les genoux
– Faire des grands mouvements qui rythment les mots
– Proposer les gestes de Borel implicitement en faisant des ralentis phonologiques
– Proposer des signes / gestes pour coder des mots / expressions.
– Placer l’enfant de manière très ajustée pour qu’il soit face à notre bouche quand on parle et le solliciter +++ pour qu’il la regarde au moment opportun.
Diagnostic différentiel "troubles de l'oralité" / "néophobie alimentaire"
L’aspect visuel demande l’intervention d’un spécialiste (orthoptiste) qui peut vous donner des indications sur les besoins de l’enfant. D’une manière plus générale on sera vigilant sur :
– L’installation
– Les contrastes
– L’éclairage
– La taille des images éventuellement proposées
– On favorisera les entrées tactiles, la manipulation de jouets plutôt que les livres d’images
– On proposera des entrées sensorielles tactiles comme décrit juste avant pour les enfants ayant une altération de leur audition.
Quel matériel pour créer vos supports visuels ?
L’aspect attentionnel : on pensera à l’installation de l’enfant pendant le jeu. Si l’enfant sans contrainte sur ce plan pourra être amené à se déplacer dans le bureau pendant la séance, celui qui est freiné par une attention déficitaire avec agitation motrice sera au contraire bien installé sur une chaise à sa taille – pieds reposant à terre ou sur une tablette / table à encoche au mieux -.

L’aspect environnemental sera contourné ou aidé grâce à :
– Une guidance parentale implicite : assister aux séances d’orthophonie sans y participer directement
– Guidance parentale explicite : expliquer comment faire verbalement en donnant des objectifs précis, voire demander aux parents de faire devant nous afin de renforcer les bonnes conduites, freiner les comportements peu adaptés et encourager les prochaines.
– Proposer ou imposer des activités hebdomadaires à reprendre à la maison en offrant une grille d’observation à pointer jour après jour (cela donne l’occasion de poursuivre et d’adapter la guidance lors du rendez-vous suivant).
– L’identification du tiers relais de la prise en charge : une nourrice, un grand-parent, etc… quand les parents ne sont pas en mesure d’offrir un partenariat suffisant

Voilà donc comment préciser le travail en fonction des contraintes identifiées lors du bilan, mais cela ne suffit pas.

Encore une fois il s’agit de ma pratique personnelle. D’autres professionnels proposent des schémas différents et sans doute aussi pertinents. Il me semble que le tout est de savoir sur quelles bases théoriques repose notre prise en charge. En échangeant avec une collègue qui a une vision du développement via une formation sur les Premiers Raisonnements Logiques, j’ai pris conscience que nous proposons des activités similaires même si nous exprimons nos objectifs différemment. Elle parle de manipulation là où je parle de fréquence-cohérence des schémas => mais nos deux prises en charges sont bien similaires puisque je ne peux proposer des aspects « fréquence-cohérence » sans manipulation, et qu’elle ne peut inviter à la manipulation sans produire des schémas linguistiques redondants. Si mon propos manque de clarté, n’hésitez pas à commenter.

En parallèle, donc, je programme des jeux pour l’enfant qui vont permettre de progressivement proposer du vocabulaire (noms / verbes principalement au départ), et faire en sorte que celui-ci soit redondant dans le discours adressé à l’enfant tout en restant cohérent avec le jeu effectué. Les aspects de plaisir et d’émotions seront toujours respectés et soignés. Pour permettre à l’enfant d’intégrer ce vocabulaire, on va en séance utiliser des entrées multimodales (entendre le mot / voir un geste associé / bruiter les jouets avec une praxie précise et reproductible / voir le jouet / toucher le jouet / jouer avec émotion / échanger avec l’adulte autour du jouet / repérer les photos qui correspondent aux jouets utilisés).

Au départ, c’est l’adulte qui joue, raconte, bruite, mime / signe, grimace, … toujours avec la complicité de l’enfant, mais sans attente annoncée à ce dernier. L’adulte joue avec l’enfant à manipuler les jouets, mais c’est lui qui raconte, toujours la même chose : mot / phrase très courte / redondance du discours / questions –réponses /

Semaine après semaine, les jeux proposés différent, tout en reprenant au besoin certains des jouets proposés, et entre chaque séance, je propose pour ma part la photo des jouets utilisés en séance et offre aux parents une fiche expliquant le jeu à proposer avec ces images, et la fiche d’observation à pointer afin de les encourager à observer les comportements de leur enfant (guidance implicite).
photo picto
J’ai choisi pour ma part de monter un protocole de remédiation comprenant
– 8 séances avec des jouets (choisis avec des objectifs précis sur le plan linguistique et praxique)
– 2 séances qui reprennent tous les jouets utilisés qui permettent en même temps d’introduire des pictogrammes
– puis 5 séances avec des fiches de pictogrammes (proposant des noms, des verbes, des adjectifs) et des situations écologiques amenant des ralentis phonologiques.
pictogrammes
Tous les enfants qui ont de bons prérequis et très peu de productions verbales bénéficient donc du même support de rééducation, se voient proposer par ailleurs, en fonction de leurs besoins propres, des choses plus ciblées à propos des aspects praxiques / auditifs / visuels / attentionnels. Notons que seules les praxies BLF sont au besoin travaillées plus spécifiquement « à part ». Tous les autres aspects sont intégrés aux jeux prévus par le protocole.

Les jeux de mon protocole comprennent :
Du « qu’est-ce que c’est »
De la manipulation
Des bruitages / praxies
Des photos associées aux jouets
Des « qu’est-ce qu’il fait »
Des « qui on entend »
Des massages de Senez (à partir du moment où les praxies sont déficitaires, je les introduis dès que possible auprès des familles, même quand il n’y a pas de troubles de l’oralité.
Des jeux d’attention visuelle
Du ralenti phonologique
Etc…
Tout cela au cœur d’un schéma cohérent et écologique proche des activités de jeux partagés habituels chez les enfants petits.
Toutes ces activités sont proposées pour offrir une progression cohérente lors de la prise en charge de l’enfant.

Voici les réponses aux questions souvent posées à propos de ces prises en charge :
Protocole voudrait dire : jamais d’exceptions ?
Non, bien sûr. Il peut arriver que certains enfants aient besoin de quelques aménagements au cours de la prise en charge, en lien notamment avec leur(s) contrainte(s) initiale(s). Je propose alors temporairement des activités plus adaptées à l’enfant avant de reprendre le protocole. Cela peut arriver, même si c’est rare dans le cas des enfants cités dans cette situation donnée au départ de l’article : « L’enfant qui ne parle pas mais qui ne présente aucune difficulté majeure associée : cet enfant a de bons prérequis au langage oral, ne présente pas de retard sur le reste de son développement ».

Quel temps passé ?
Les activités ciblées par le protocole, avec l’enfant petit lui-même (18 mois / 36 mois), durent entre 10 et 15 min par séance. Le reste du temps offre une souplesse d’action avec l’enfant pour proposer autre chose s’il le souhaite (faire de bulles, jouer avec le Z-Vibe, utiliser les instruments de musique, …) ET échanger avec les parents qui assistent aux séances.
Les fiches « maison » sont pensées pour que les parents proposent à l’enfant une activité quotidienne de 5-10 min tout au plus chaque jour entre chaque séance.

Et le plaisir / désir de l’enfant ?
Le protocole prévu ne nuit pas au plaisir de l’enfant, et si tel était le cas, cela mériterait des adaptations de la part de l’adulte pour rendre les séances plus positives sur le plan émotionnel (en gardant le schéma prévu, ou pas). Penser qu’un protocole nuit au plaisir / désir de l’enfant revient à sous-estimer l’intelligence professionnelle de l’orthophoniste : j’estime pour ma part qu’il est aisé pour les orthophonistes au regard de leur recrutement initial dans les centres de formations puis de leur formation en elle-même, d’adapter leur relation, leur jeu, leur intonation, leurs blagues,leurs actions pour être ajustés au plaisir de l’enfant, et cela indépendamment des activités proposées. Par ailleurs, s’appuyer sur le désir d’un enfant de 18 mois présentant un retard de développement pourrait s’entendre mais ralentirait sans doute incontestablement les bienfaits de la prise en charge. Ma vision du développement me porte à penser que c’est à l’adulte de proposer des choses nouvelles à l’enfant de manière suffisamment fine pour qu’il puisse s’en emparer. Je pense là à Vigotsky qui parle de zone proximale de développement. Enfin, un enfant qui voit un adulte jouer avec plaisir (prises en charge très théâtrale c’est évident), ne met souvent pas longtemps avant de se joindre à l’adulte.

Pourquoi avoir pensé chaque séance et ne pas se laisser mener par plus de spontanéité ?
Le déroulement de la séance, pré-écrit, garde et favorise même la souplesse relationnelle qu’un travail avec un enfant petit réclame. Le comportement des tout-petits, imprévisible, mérite que notre projet soit clair pour chaque séance, sans quoi le risque est de ne rien pouvoir proposer de très constructif en fonction des aléas en lien avec la vie des petits (fatigue, besoin de câlins de maman ce jour-là, agitation, opposition, couche à changer …). Penser la séance de manière très cadrée avant, permet donc d’être plus spontané dans la relation sans que cela ne nuise au projet annoncé. Le risque, selon moi, si on ne pré-construit pas clairement nos séances, est de rapidement se sentir dépassé par la prise en charge et d’estimer très vite que « l’enfant n’est pas prêt ». C’est malheureusement ce que j’entends trop souvent. Pensez bien que les kinésithérapeutes n’attendent pas que les enfants soient « prêts » pour mener une prise en charge (à réfléchir pour les professionnels qui douteraient).

Et les enfants collés à maman ?
Une collègue demandait dernièrement dans les commentaires d’un article si un enfant immature, collé à sa maman pouvait bénéficier d’une prise en charge. Tout d’abord, quand on a 18 mois, 2 ans ou 3 ans… être collé à sa maman face à un inconnu me paraît presque normal, ou en tout cas absolument pas anormal.
Cette question reflète je pense toute l’aspect développemental porté par la psychanalyse en terme de « séparation » préalable au langage. Je ne parviens pour ma part pas / plus à penser ainsi au regard de l’avancée des neurosciences et de ma clinique accumulée. Par ailleurs, je vais même jusqu’à avancer qu’il est dangereux de rester ancré sur ces bases théoriques qui ne permettent pas de dépasser la situation de la plupart des enfants présentant des troubles du développement. Petit exemple pour illustrer mon propos : que penser de l’enfant dyspraxique de 10 ans dont la mère fait les lacets ? de l’adolescente de 13 ans dont la mère aide au changement de la serviette hygiénique ? Ce sont des mères adaptées aux difficultés de leur enfant avant tout. Je ne connais aucune mère qui fasse cela avec plaisir aussi longtemps et aucun enfant qui ne montre fermement sa volonté à faire seul quand il en est capable. Mais quand l’enfant peine à faire seul, oui, les mères étayent et tant mieux. Notre travail est justement de proposer des alternatives à ces mamans pour que leurs enfants puissent compenser leur difficulté en les amenant à plus d’autonomie. Nous devons donc je pense accompagner ces dyades mères enfants plutôt que de les juger ou de les condamner. Quant au langage, un enfant qui a du mal à parler, reste souvent plus collé à sa maman face à un inconnu qui ne le comprend pas aussi bien que sa mère. Au début au moins… Reste à l’adulte de garder la maman non loin, et à l’enfant de voir que cet adulte là le comprend quand même pas si mal. Mon propos ne touche évidemment pas le cas de parents psychiatriques, ni maltraitants. Ce serait un autre débat. Encore une fois je parle dans cet article des enfants avec un trouble du langage isolé.
Donc, concrètement, quand l’enfant est collé à sa maman, je le laisse faire, et joue devant lui au sol. Je n’ai jamais vu un enfant tenir toute la séance ainsi (hormis un enfant autiste une fois, mais ce n’est pas leur situation qui est abordée ici, et un enfant fiévreux

La place des parents dans les prises en charge ?
Les parents prennent la place qu’ils veulent prendre pendant les séances auxquelles ils sont conviés. Je ne leur demande rien de particulier (si ce n’est de ranger leur téléphone). Je m’adresse néanmoins fréquemment à eux au cours de la séance, notamment pour valoriser ce que je vois de l’enfant, et entretenir une complicité avec eux autour de ce que je vois de leur enfant. Le seul cas où je cadre plus précisément leur présence c’est lorsqu’ils ne peuvent s’empêcher d’intervenir avec autorité auprès de leur enfant durant les jeux, et que j’estime que leur intervention est susceptible nuire au plaisir attendu chez l’enfant.

Je ne garde pas obligatoirement les parents pendant tout le protocole. J’exige leur présence au moins le premier mois, ou tant que j’estime qu’ils ont encore des informations importantes à tirer de leur présence en séance (guidance implicite). Je n’ai pas de règle par rapport à cela. Je pense néanmoins qu’il est indispensable de leur laisser une place à chaque séance si cela est leur souhait, et qu’il est quoi qu’il en soit nécessaire de les accueillir à la fin de chaque séance au minimum pour échanger à propos de l’enfant et offrir de nouvelles activités à réaliser à la maison (soit presque la moitié du temps de la séance au moins

Pourquoi ne pas travailler sans protocole et ne pas adapter à chaque enfant une progression propre ?
Parce que depuis que je fonctionne ainsi, mes prises en charges avancent plus vite. Et secondairement, cela est très intéressant sur le plan clinique et scientifique > les enfants évoluent presque tous au même rythme avec ce protocole. C’est à mes yeux une richesse que je n’arrive pas à obtenir avec des séances « cas par cas, semaine après semaine ». Cela permet aussi de se questionner de manière intéressante quand le protocole ne convient pas à un moment donné. Cela me permet donc d’identifier plus rapidement les contraintes des enfants à côté desquelles je serais passée lors du bilan, notamment l’autisme léger d’un enfant petit qui peut parfois être présenté par les parents comme étant une timidité.

Le protocole c’est 15 séances. Et après ?
A la fin de ce protocole, tous les enfants parlent : ils ne font pas forcément de phrases très élaborées, évidemment, mais associent des mots. Je peux poursuivre dans ce cas avec l’outil de remédiation « Dire et Faire » (Ed ECPA). Mais il arrive aussi que la prise en charge s’arrête et que je refasse le point avec l’enfant 6 mois plus tard. Je m’explique : le langage ne se normalise pas en 3 mois de prise en charge, néanmoins, dans les cas les plus simples, les parents ont retrouvé le fil conducteur pour stimuler leur enfant au plus juste et il se peut alors, en cas de trouble non spécifique, que l’enfant chemine avec sa famille dans le quotidien, sans prise en charge orthophonique. Je revois néanmoins forcément les enfants à 3 ou 6 mois post rééducation afin d’évaluer objectivement l’évolution spontanée (je fais donc toujours un petit bilan objectif en fin de protocole, avec l’IFDC complet notamment, ou Bilo Petits selon l’âge) et de conseiller au besoin les parents sur les jeux à proposer dans leur quotidien.

Si vous avez d’autres questions, les commentaires vous attendent. Je vous répondrai autant que possible.

Je vous propose de laisser par ailleurs tout commentaire permettant de compléter cet article, et propose aux orthophonistes qui travaillent très différemment de poster leur article sur leur travail sur ce blog si elle le souhaite, afin d’offrir au plus grand nombre d’autres possibilités de prises en charge des enfants petits. Ensemble nous pouvons aller plus loin. Je suis d’ailleurs curieuse de connaître vos pratiques. Je suis, pour cela, joignable plus personnellement à l’adresse mail : oralite.alimentaire.verbale@gmail.com

Partager cet article permettra de véhiculer l’idée selon laquelle la prise en charge du langage oral des enfants de moins de 3 ans est tout à fait possible et souhaitable comme annoncé dans cet article précédent sur les prises en charge précoces.

PS : je complèterai ce premier article pour aborder les autres situations évoquées en début d’articles. N’hésitez pas à me faire connaître vos besoins ou curiosités

Outil orthophonique de guidance parentale en oralité

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Outil orthophonique de guidance parentale

Présentation des Livrets de Guidante en Oralité
Voici un outil constitué de 15 fiches de guidance (3 livrets de 5 fiches), correspondant à 15 semaines d’activités visant à soutenir l’oralité alimentaire et verbale des enfants.

Cet outil a été pensé pour des enfants à partir de 12/18 mois mais peut se proposer pour des enfants plus grands.

Répétées régulièrement dans le quotidien, les activités proposées vont soutenir le développement de l’oralité alimentaire, ou le stimuler quand certains événements de la vie de l’enfant viennent l’entraver (naissance prématurée, nutrition entérale, hospitalisation, handicap, …).
Un enfant présentant un trouble de l’oralité, quelle qu’en soit l’origine pourra donc être ainsi soutenu grâce à l’investissement plus spécifique de la famille auprès de l’enfant.

***

Objectifs
Pourquoi cet outil de guidance parentale ?
–  les familles sont les intervenants les plus précieux pour stimuler au plus juste leur enfant.
–  toute prise en charge touchant au développement mérite fréquence et cohérence des activités, et que les parents sont les mieux placés pour les proposer
–  le développement est une histoire de tricot entre les aiguilles de l’environnement et « l’équipement » neurophysiologique de l’enfant.

Les 8 clés de l’outil
1 – la plasticité cérébrale : plus précoce est l’intervention, plus efficace elle est. Il parait capital d’intervenir tôt afin d’éviter les retentissements importants habituellement vus chez certains enfants avec des sélectivités alimentaires majeures, et un déséquilibre des apports nutritionnels qui ne sont pas sans interroger sur la santé des adultes qu’ils deviennent (obésité, anorexie, néophobie alimentaire de l’adulte, …)

2- l’intégration sensorielle multimodale : chaque sens est abordé, stimulé, au gré des semaines. Si un sens est « visé », il s’appuie toujours sur d’autres entrées sensorielles et sur des émotions / affects « positifs » avec le parent afin que son intégration soit cohérente pour l’enfant.
La théorie de différents auteurs / professionnels tels que André Bullinger, Jane Ayres, LJ Miller, Isabelle Barbier (pour n’en citer que quelques uns), constituent le fil conducteur de cet aspect développé à travers les activités proposées.

3- la communication : l’outil favorise la communication autour de l’alimentation afin que les enfants touchés par des troubles de l’oralité et tardant à entrer dans le langage oral (ce qui est fréquent) puissent exprimer par d’autres biais ce qu’ils aiment, n’aiment pas, cela, entre autre, pour éviter des troubles du comportement importants tels qu’il est fréquent d’en voir chez ces enfants.

4- les supports imagés proposés pour communiquer représentent une entrée visuelle qui va accompagner la compréhension que l’enfant va peu à peu poser autour de ce que ses sens codent lorsqu’il mange. Ils vont pouvoir permettre à certains enfants d’anticiper les repas, et de possiblement moins les appréhender. Les enfants porteurs d’autisme seront particulièrement aidés à travers cet aspect proposé.

5- un environnement porteur : les familles vont être invitées (et non contraintes puisqu’il s’agit chaque fois de « piocher » parmi les activités proposées) à offrir à leur enfant, peu à peu, un cadre favorisant l’accès à une oralité satisfaisante : partager des repas et leur préparation, accepter les doigts dans l’assiette voire le favoriser, …

6- une approche plus spécifique autour du sens du toucher, avec notamment des activités très progressives visant à désensibiliser les enfants qui présentent une hypersensibilité, notamment importante touchant l’accès au visage.

7- des fiches d’observations qui vont implicitement guider les parents sur les aspects fondamentaux du développement, et les rendre peu à peu experts pour stimuler leur enfant. Celles-ci rendues à chaque rendez-vous représenteront un support d’échanges actifs pour la prise en charge orthophonique.

8- Cet outil de guidance propose également de manière très implicite des situations qui vont amener les familles à cheminer auprès de leur enfant qui présente des difficultés alimentaires.

Quelle limite à cet outil ?
– les familles analphabètes ne peuvent l’utiliser puisqu’il s’agit d’un support écrit.

Vous trouverez des exemples de fiches proposées aux familles ici et

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*** Pensez à télécharger votre livret juste après le règlement de celui-ci quand le lien s’affiche.

Livret de Guidance Oralité n°3

Livret de Guidance Oralité n°3 published on Aucun commentaire sur Livret de Guidance Oralité n°3

Voici le Livret de Guidance n°3.

Les objectifs de ce livret :
– verbaliser autour des aliments. S’accompagner de supports visuels pour « décider », « choisir », « juger », …découvrir et goûter 🙂
– estomper les sensations désagréables en bouche
– contrôler sa bouche de plus en plus précisément
– « toucher avec les yeux, regarder avec les mains et sentir avec les oreilles » > poursuivre l’intégration sensorielle positive pour cheminer vers une alimentation sans mauvaise surprise.

Pour y accéder, cliquez ici :

Souvenez-vous que ce livret de guidance, suit ces deux là :


et

ATTENTION LE LIEN DE TELECHARGEMENT APPARAIT DES VOTRE REGLEMENT SUR LE SITE.
En cas de difficulté, contactez moi immédiatement à oralite.alimentaire.verbale@gmail.com, je vous enverrais vos livrets par mail directement si une erreur survenait.

Pour plus d’informations sur ces livrets, vous pouvez vous rendre sur cet article précédent : Que sont les Livrets de Guidance ?

Pour se procurer directement les 3 livrets, cliquez ici

Si vous voulez partager vos retours sur le blog à propos de l’utilisation des livrets, ou poser des questions pour avoir des informations supplémentaires, les commentaires vous attendent. 🙂

Massages de désensibilisation

Massages de désensibilisation published on 6 commentaires sur Massages de désensibilisation

Ces massages me viennent de Mme Senez. Peu à peu, je les ai faits « miens ». Je vous propose ma pratique suite à cet enseignement que j’ai reçu de Mme Senez. La vidéo qui accompagne vous permettra de visualiser ma réalisation de ces massages.
Le massage du palais était un peu différent dans l’enseignement de Mme Senez dans le sens où elle suggère trois angles de frottements. A force de voir des petits (avec des « petits palais »), ma pratique s’est modifiée, et j’avoue que j’ai oublié à force la technique « propre ». Néanmoins, ayant des résultats cliniques tout à fait satisfaisants, je la partage avec vous. Il conviendra d’adapter le geste pour des patients plus âgés en gardant à l’esprit l’explication de ces massages.

Pourquoi propose t-on ces massages ?
En frottant tous les espaces sollicités par les aliments lors de l’alimentation, on permet aux capteurs sensoriels de la bouche d’augmenter peu à peu leur seuil de réactivité , et donc de ne plus sur-réagir face à toute les stimulations proposées par les textures alimentaires (les capteurs sensoriels s’habituent, comme notre nez, habitué à notre parfum, ne réagit plus).

Quand les utiliser ?
Je vous parlerai là de mon expérience :
Je les utilise très fréquemment pour :
– les enfants présentant des hypersensibilités intrabuccales avec répercussions sur l’alimentation
– les enfants AYANT présenté une hypersensibilité intrabuccale nette (mais non repérée ensuite) et qui présentent toujours des troubles de l’oralité
– les enfants qui présentent une quasi absence de production verbale dès 12 mois, ce même sans particularité alimentaire => ils se mettent TOUS à diversifier leur babillage en 15 jours (SAUF les enfants autistes => observation clinique qui n’engage que quelques cas)
– les enfants à risques (Bronchodysplasie chez grands prémas) dès 6 mois d’âge réel.

Je ne les utilise pas si :
– aucune possibilité d’apprentissage « propre » du geste chez les parents
– enfant pour lequel le visage voire les lèvres ne sont pas accessibles. Il y a d’autres choses à proposer avant.
– enfant qui présente une dysoralité sensorielle non tactile (rare)

Pendant combien de temps :
Je ne donnerai que mon expérience clinique, qui, en parallèle de l’enseignement de Mme Senez prend ce sens :
il me semble que les massages sont à proposer tant que le relai alimentaire n’est pas clairement établi. Mme Senez parle de 7 mois pour tous. Or certains petits ont eu des parents qui ont abandonné avant dans ma clinique : les uns n’ont eu aucun retour en arrière (ils mangeaient normalement au moment de l’arrêt), les autres ont régressé +++ MAIS n’avaient pas du tout accès à une alimentation diversifiée clairement sur le plan des textures (malgré leurs possibles nombreux progrès).

Observations dans l’évolution des enfants :
– la première semaine déroute les parents. L’enfant trouve cela peu agréable, tente d’éviter l’étape « massages », et avouons que 7 évitements par jour, c’est lourd pour les parents. C’est pourquoi la petite visite orthophonique une semaine plus tard est indispensable : pour vérifier le geste parental, et regonfler le moral des troupes 😉
– la deuxième semaine : les enfants qui ont des parents « réguliers » commencent à rentrer dans le jeu et un bon nombre réclament eux mêmes les massages en pointant leur bouche.
– la 3ème semaine : les premières observations d’évolution sont palpables : tant sur le plan alimentaire que verbal.

Le plus dur ? Tenir sur la durée ?
– quand les parents arrêtent sous prétexte que malade ou autre : retour en arrière assuré ! Tant que la bouche n’est clairement pas désensibilisée, tout arrêt fait perdre le travail accompli.
– certains enfants mordent. On prend alors le manche de la brosse à dents bien rond, ou le dos de la brosse (envers des poils) ou tout autre astuce (les parents en trouvent plein !). En séance, j’opte pour le doigtier en silicone épais si besoin.
– et les orthos gants ou pas gants ? Pour ma part > pas de gants ! Mes petits sont très très souvent passés par les services hospitaliers et leurs sens se souviennent des gants : certains pleurent en les voyant, d’autres en les sentant,… J’ai renoncé. Je lave consciencieusement mes mains au liquide hydro-alcoolique puis au savon. ATTENTION, rappelons l’importance du produit avec lequel on doit se laver les mains avant les massages ! Essayez de choisir un savon neutre sans odeur (au moins au départ).
– et ceux qui ferment les dents ? Je propose au moins de masser les gencives…. et chaque famille trouve son astuce ! Une des miennes… Passer par une période parallèle où on se suce chaque doigt dès qu’on peut… OU masser l’enfant dans un contexte de lavage de mains de l’enfant, quand il est dos à nous, en approchant ma main mouillée à l’eau (souvent, par réflexe, ils cherchent à lécher mes doigts).

Et la chanson ?
Chacun la sienne. Je suggère d’en choisir une qui rythme nos mouvements de doigts… mais le tout c’est surtout de mettre du plaisir et de la joie autour de ce rituel. Certaines familles ne chantent pas, et les enfants avancent quand même 😉

Renforçateurs ?
Au départ je propose à certaines familles de faire des tableaux pour que l’enfant ait un « plaisir » qui motive la réalisation des massages.

Mon conseil ?
S’entraîner dans toutes les bouches qui vont bien autour de nous avant de se lancer dans celle de celui qui va mal.

Autre chose à proposer en parallèle ?
Même si Mme Senez pense que « non, les massages suffisent », je ne partage pas ce point de vue. Certains enfants auront juste besoin de massages, mais le plus souvent ils auront besoin d’une prise en charge plus globale de leurs troubles sensoriels, qui, rappelons le, ne touchent bien souvent PAS QUE le tactile bouche, mais aussi le « tactile mains » et/ou le « tactile pieds » voire le « tactile corps », mais aussi… les autres sens ! et contrairement à ce qu’on vous a toujours fait croire, non nous n’avons pas 5 sens, mais bien plus ! (l’audition, la vue, le goût, l’odorat, le toucher… mais aussi la thermoception, la nociception, la proprioception ET le sens vestibulaire… et ce dernier est loin d’être le plus innocent dans les troubles sensoriels observés !)

Des questions ? 😉