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Voici des articles plus personnels, qui invitent à la réflexion. Les titres souvent provocateurs sont choisis pour attirer votre attention. Cette rubrique s’adresse aux professionnels plus précisément, ou aux familles désireuses de « faire bouger » les choses en matière d’oralité. Il faut parfois accepter de bousculer les idées reçues, ou aborder les sujets polémiques pour avancer. :-) Articles à lire pour inviter au questionnement.

TSA et exploration visuelle : quelle remédiation ?

TSA et exploration visuelle : quelle remédiation ? published on Un commentaire sur TSA et exploration visuelle : quelle remédiation ?

TSA et exploration visuelle : quelle remédiation ?

Je vous propose de nous questionner autour du sens de la vue. Ce sens fondamental en oralité alimentaire et verbale est particulièrement atypique chez les enfants porteurs deTSA. Intéressée par les travaux récents de ma collègue, je lui ai demandé si elle voulait bien partager son expérience au gré d’un article pour ce blog.

Une fois n’est donc pas coutume, je partage aujourd’hui l’article d’une orthoptiste, Charlotte Gibert, qui exerce à Rouen au CAMSP du CHU, et en libéral.

Merci à elle pour sa contribution !

*****

On parle de plus des enfants porteurs d’autisme et de leur exploration visuelle atypique. Je vais donc vous exposez brièvement mon travail et vous donner quelques clefs pouvant vous permettre de faciliter vos prises en charge orthophoniques avec ces enfants.

En effet, quelques pré-requis visuels sont nécessaires avant de pouvoir entrer en communication, quel que soit l’enfant.
Il faut :
• une fixation correcte et prolongée
• une attention conjointe
• une émergence de l’imitation (qui impacte notamment les praxies-bucco faciales).
Ces trois pré-requis sont déficitaires chez l’enfant porteur d’autisme.

C’est à partir du visuel que beaucoup de prises en charge commencent… alors comment faire ?

Suite à plusieurs demandes de bilan, je me suis intéressée à ces petits patients et aux nouvelles stratégies de prises en charge de ces troubles visuels bien connus. Malgré les répercussions développementales importantes  (communication, relations sociales, comportements), cela ne fait l’objet d’aucune rééducation orthoptique précise.

Je me suis rendue compte qu’une guidance parentale basée sur la stimulation de la fixation orientée, via l’utilisation de l’outil informatique, permettait une évolution rapide du comportement des enfants en favorisant notamment l’imitation.

En effet, si l’enfant neuro-typique utilise sa vision périphérique pour voir et repérer un objet puis recentrer sa vision pour regarder, analyser avec attention, l’enfant TSA, lui, utilise sa vision périphérique et… s’en contente.

Il faut donc amener cet enfant à utiliser sa vision centrale, bien plus précise, amenant à l’analyse et à l’intérêt.

  • La lampe de poche et le maquillage…

La vision périphérique est, de manière innée, une vision de danger, de surprise. Il fallait donc susciter l’intérêt et le changement.
Je propose une guidance parentale avec l’utilisation d’une lampe de poche tenue par le parents éclairant leur propre visage lors des discussions et interactions parent-enfant quelles qu’elles soient.

J’y associe la mise en place d’un maquillage sur les zones à travailler alternativement (joues, bouche, contour des yeux…), que vous pouvez aussi utiliser en rééducation (rouge à lèvre, lunettes de déguisement..).

  • L’application Snapchat®…

Par ailleurs, l’utilisation de l’application Snapchat® permet à l’enfant, de manière autonome, non pas d’envoyer des photos à ses camarades mais de s’observer directement sur l’écran avec des éléments qui apparaissent sur son propre reflet l’amenant à ouvrir la bouche ou tirer la langue pour y voir apparaitre d’autres objets.
C’est le principe utilisé lorsque l’enfant fait des bulles devant un miroir mais cette double tâche ne permet pas, à mon sens, une intégration optimale de son corps, de l’exploration et des praxies bucco faciales. Cette application permet une simplification de l’observation de son propre visage ET l’interaction avec les éléments extérieurs grâce à une récompense directe, renforçant le comportement.

  • Contrôle avec l’Eye Tracker…

Enfin, pour illustrer l’intérêt de cette prise en charge, rien de tel que l’utilisation de l’Eye tracker afin de vous monter l’importance du visuel et de la stimulation pour avancer dans vos prises en charge.
Voici deux photos avec et sans maquillage, présentées à la suite en commençant par la photo témoin. Il y a un recentrage et une fixation prolongée vers les zones d’intérêts mise en avant et choisies sur la photo maquillée, signe que l’exploration visuelle peut être orientée.
Les 3 points situés sur la photo maquillée, au-dessus de la tête, sont les derniers points observés par l’enfant, par lassitude probablement.

Voici donc comment, vous pouvez, dans vos prises en charge et dans vos conseils donnés aux parents d’enfants porteurs de TSA. On retiendra l’intérêt de solliciter le visuel afin de travailler l’observation, l’imitation, les praxies bucco-faciales et d’améliorer, aussi, la posture, qui devient plus stable grâce à la stabilisation du regard.

Quelques pistes pour compléter :
Look me in the eyes: constraining gaze in the eye-region provokes abnormally high subcortical activation in autism
Sensory Processing in Autism: A Review of Neurophysiologic Findings

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7 axes de réflexions pour construire un suivi orthophonique en oralité

7 axes de réflexions pour construire un suivi orthophonique en oralité published on Un commentaire sur 7 axes de réflexions pour construire un suivi orthophonique en oralité

7 axes de réflexions pour construire un suivi orthophonique en oralité

Voici un thème assez flou voire controversé : quelle progression proposer dans les prises en charge en oralité ? Quand un enfant est identifié lors d’un bilan comme présentant des troubles de l’oralité, il semble parfois difficile d’imaginer une progression cohérente pour la prise en charge à venir. Je propose dans cet article de vous présenter brièvement des axes de réflexions susceptibles d’appuyer votre cheminement.

1. Restaurer le plaisir des repas

a. Adapter les repas aux possibilités gustatives, digestives (quantités) et motrices de l’enfant
b. Diminuer les exigences familiales et au besoin modifier radicalement les propositions : expliquer le développement et fixer un délai pour ces aménagements (7-10 jours) > accompagner au quotidien si nécessaire.
c. Réfléchir les notions : forcer, inciter, inviter, proposer.

2. Aborder la sensorialité

a. Comprendre et identifier les éventuels facteurs impactant de manière négative sur la sensorialité alimentaire de l’enfant : fréquence-cohérence des modèles, digestion, fatigabilité, nécessité de compréhension.
b. Proposer des expériences sensorielles porteuses de sens en séance : modèle
c. Amener les parents à proposer des routines sensorielles ludiques et plaisantes (Livrets de Guidance Oralité 1)

3. Accompagner les parents dans la compréhension progressive des étayages nécessaires

a. Principe d’éducation au goût : importance du partage familial, de la compréhension de l’enfant, de la fréquence et variété des présentations (Livret de Guidance Oralité 2 et 3)
b. Prise de conscience des rouages alimentaires culturels et sociaux, et de la flexibilité possible
c. Propositions de nouveaux schémas

4. Renforcer, après information, les bonnes conduites d’hygiène bucco-dentaire, ORL et digestive. Stratégies éducatives

a. Laver les dents quotidiennement
b. Moucher l’enfant via des lavages de nez avec seringue et sérum physiologique
c. Aspirer et souffler
d. Prendre en charge le bavage
e. Appétit et digestion

5. Transformer peu à peu l’organisation familiale autour de l’alimentation

a. Partage des repas et de leur préparation : ritualisation des informations annonçant le repas
b. Mise en conscience des aliments phares souhaités par les parents pour leur enfant (respect de ceux-ci via le thérapeute et information si nécessaire)
c. Intégrer des automatismes visant à renforcer le comportement de l’enfant via une modification progressive des conduites : accompagnement explicite et implicite (principe d’éducation à la santé) et valorisation des conduites parentales.

6. Les perceptions alimentaires

a. Mise en conscience des représentations construites par les parents
b. Mise en conscience des représentations construites par l’enfant
c. Modification progressive des représentations via un suivi type TCC

7. Guidance explicite et implicite vers des sollicitations alimentaires fonctionnelles

a. Accompagner les parents pour les amener, à partir de leurs modèles alimentaires familiaux et de leurs routines quotidiennes, à proposer des schémas ajustés aux besoins sensoriels et moteurs (livrets de guidance oralité 3)
b. Mesurer les progressions possibles dans les propositions au fur et à mesure du développement. Progression sensorielle et motrice.

Ces axes sont tissés, entremêlés en fonction de l’âge de l’enfant, du profil identifié lors de son bilan et de sa progression.

Et vous ? Quelle progression proposez-vous ? Quels sont vos axes de réflexions ?
Où placeriez-vous les massages de C.Senez dans ce schéma présenté ?
Les commentaires vous attendent…
Et pour faire circuler l’information et le questionnement, partagez abondamment !

ATTENTION : je n’autorise pas les sites commerciaux à utiliser tout ou partie de mes articles, ou documents associés, pour contribuer à leur communication commerciale.

Genèse, lecture et prise en charge des troubles de l’oralité

Genèse, lecture et prise en charge des troubles de l’oralité published on 2 commentaires sur Genèse, lecture et prise en charge des troubles de l’oralité

Genèse, lecture et prise en charge des troubles de l’oralité : réflexions à la lumière des journées oralité Necker 2017

Au retour des journées oralité Necker, je propose dans cet article de m’appuyer sur les interventions de Cascales & Olives et de Thouvenin & Peigné du Fraysseix pour réfléchir aux modalités de prises en charge pluridisciplinaires et transdisciplinaires des troubles de l’oralité, tout en m’appuyant parallèlement tant sur la lecture des TOA à travers le pentapôle de forces proposé par Abadie à la fin des deux journées oralité 2017 et sur l’article que j’ai écrit en 2016 sur la genèse des TOA à relire ici

Tout d’abord revenons sur le duo Cascales – Olives (respectivement psychologue et pédiatre) qui a évoqué sa consultation à travers des vignettes cliniques, puis sur l’équipe Thouvenin –Peigné Du Fraysseix (respectivement psychologue et psychomotricienne à l’hôpital Necker), qui a présenté Oralquest, un questionnaire oralité lancé à Necker. Ces deux interventions successives, ont mis en évidence des écarts de voir, de penser et de faire qui furent d’ailleurs pointées par le le modérateur, le Dr Goulet puis interrogées sur leur éventuelle complémentarité.

Boucle sensorielle secondaire : la réponse de Cascales et Olives

Cascales et Olives parlent donc de leur consultation oralité et expliquent accueillir des enfants qui présentent un comportement peu adapté « face à l’alimentation », mais ils concentrent leur exposé autour d’une pratique qui aborde finalement avant tout la dymanique parents-enfant, voire environnement-famille-enfant. Ils se défont, en début de présentation des aspects somatiques et développementaux qu’ils ont d’ailleurs résumé à « pas de retentissement staturo pondéral, ni troubles digestifs, allergiques ou respiratoires ». Ils enseignent dans le même temps l’importance de rassurer les familles autour de ces aspects organiques comme préalable nécessaire à l’échange qu’ils souhaitent favoriser dans cette consultation.

J’associe les idées soulevées par Cascales et Olives à que je nomme « la boucle sensorielle secondaire » dans mon article « genèse des TOA ». Ils invitent à explorer les rouages des processus familiaux et environnementaux susceptibles da catalyser la difficulté de l’enfant. J’entends qu’ils excluent dans leur exposé le caractère primaire des marécages digestifs, allergiques et respiratoires souvent rencontrés par ces enfants. Ils tiennent néanmoins vraisemblablement plutôt à simplifier la présentation de leur schéma de prise en charge, plus qu’à en restreindre les limites d’accueil aux familles.
Cascales présente le cercle vicieux des comportements parents / enfant qui s’auto-entretiennent ; il rappelle que lui et son binôme, le Dr Olives, considèrent que le plus souvent la difficulté naît du comportement de l’enfant qui rend le parent incompétent, et non l’inverse. Il sous-entend donc la nature compliquée de l’enfant à table comme élément premier du processus sans bien en préciser l’origine.
On peut se demander, à travers leur discours, si en rendant les parents compétents face à la difficulté de l’enfant, celui-ci peut voir dans le même temps son comportement modifié ? Ils répondent à la question : « oui quelquefois cela suffit ».

Mais… qu’advient-il de la vulnérabilité, voire des difficultés existantes sur le boucle sensorielle primaire ?

Je m’interroge sur le profil de ces enfants évoqués :
Présentent-ils un trouble de l’oralité tel que j’en avance une genèse qui prendrait racine autour d’une boucle sensorielle primaire vulnérable ? Auquel cas cela impliquerait que la difficulté initiale n’est qu’une vulnérabilité contournée par une réponse environnementale adaptée ?
ce qui conduit à la réflexion qui suit :
Sans atteinte de la boucle sensorielle primaire, devons-nous parler de troubles de l’oralité ?
Que va devenir la vulnérabilité ou la difficulté initiale face à ces prises en charge concentrées sur la boucle sensorielle secondaire à dominante « psychologique » ? Une compensation se mettrait-elle en place via les aspects cognitifs et émotionnels soulevés au décours de ces prises en charge ? Ou, encore une fois, devons-nous entendre les troubles de l’oralité comme troubles susceptibles d’exister sans atteinte primaire ? En clair, les paramédicaux habituellement sollicités pour accompagner parents et enfants le long des TOA sont-ils toujours à inviter sur le parcours de soins ?

Classification diagnostique et nosographie du Pr Abadie

Avec la proposition d’Abadie en ces mêmes journées Necker, on pourrait avancer que oui puisqu’elle propose une observation des TOA selon 5 pôles de forces indépendants, je cite :
« Le premier pôle est celui de « l’enfant » au sens de sa nature si on peut la définir en dehors des autres pôles, à savoir son tempérament psychique et physique, son degré de sensibilité sensorielle, sa structure morphologique. Le second pôle est celui de « la maladie », don degré de gravité, son caractère congénital ou acquis, son activité actuelle, les organes qu’elle touche. Le troisième est celui de « la mère » c’est à dire ce qu’elle est indépendamment de son enfant : son tempérament, son histoire en particulier alimentaire et psychologique, la construction de sa parentalité… Le quatrième pôle est celui représenté par « le lien » de cet enfant-là avec sa mère, à savoir ses caractéristiques (sécurité, ajustement réciproque, hérmonie, anxiété, fragilisé…). Le cinquième pôle est celui de l’environnement incluant le père, la qualité de sa présence et de son soutien, le niveau socio-éducatif, les conditions de vie…

Avec ces axes de lecture, où mettons-nous la vulnérabilité de ces nombreux enfants présentant des troubles développementaux ? Serait-ce la nature de l’enfant ? La maladie ?
Quand Abadie parle de « sensibilité sensorielle », comment entend-elle cette sensorialité et son neuro-développement ? N’est-ce pas dangereux de l’entendre en terme de « nature de l’enfant  » ? Je me questionne fortement. Je perçois dans sa proposition la possible disparition de la boucle sensorielle primaire telle que je la percevais. Le trouble pourrait donc être la résultante d’un seul pôle ? Celui de la mère par exemple ? Devons-nous mettre sous tous ces profils très différents le même couvercle « TOA » ? Je trouve cette lecture dangereuse, comme une sorte de retour en arrière dans la lecture des troubles des enfants avant tout compris comme le fruit d’un dysfonctionnement parental. Ne devrions-nous pas proposer des diagnostics différentiels qui proposeraient de distinguer les TOA qui s’enracinent sur une boucle sensorielle primaire des autres troubles alimentaires qui n’auraient pas la même origine primaire ?

Les prises en charge psychologiques permettent d’aider l’environnement à lire autrement les particularités de l’enfant, de l’accompagner différemment. L’évolution observée est lue possiblement comme un « soin suffisant » par les parents et/ou les soignants. Mais est-ce véritablement suffisant ? Le trouble de l’enfant « vu » / « entendu » / « parlé » / »compris » de manière « apaisée » par la famille peut-il être pour autant compris comme un « trouble-soigné » ? En caricaturant la situation, l’enfant qui ne mange que des yaourts enfin « compris- bien accompagné » par ses parents devient-il dans le même temps un enfant qui ne présente plus de TOA ?

A travers le pentapôle de forces proposé par Abadie et l’exposé de la consultation Cascales-Olives, j’avoue peiner pour avancer dans ma réflexion sur la prévention et la prise en charge précoce. Certes, on voit se dessiner différents axes d’observations, différents intervenants, mais comment les choisir et les prioriser ?

Examiner les boucles sensorielles primaires et secondaires avec Oralquest.

C’est en écoutant la présentation d’Oralquest, un questionnaire oralité monté à l’hôpital Necker que je retrouve mon schéma pyramidal juxtaposant les deux boucles sensorielles, primaires et secondaires. Les premiers résultats présentés par Thouvenin et Peigné Du Fraysseix nous offrent quelques pistes intéressantes de réflexion.
Ce questionnaire explore plus précisément 4 domaines qui sont :

– le comportement alimentaire
– l’oromotricité
– la sensorialité
– l’environnement

Il est passionnant d’entendre leurs présentations statistiques et comparaisons avec les groupes témoins. Si chaque domaine exploré donne des scores significativement différents du groupe témoins, il ressort tout de même qu’en fonction des âges, certains domaines paraissent plus significativement différents. Ainsi, elles pointent l’oromotricité comme premier signe fort du profil des plus petits, suivis par l’aspect sensoriel quelques mois plus tard.
J’ignore si on peut conclure que la difficulté des enfants est d’abord motrice puis sensorielle, il faudrait avant cela s’assurer que certaines rubriques du questionnaire ne sont pas plus sensibles sur certaines périodes de développement. Ces résultats sont encore à réfléchir, mais prometteur. Il serait fondamental de valider la genèse des troubles à travers les âges afin de pouvoir affiner les outils de dépistage ainsi que les interventions à proposer. Si nous partons de l’hypothèse que les premières difficultés de l’enfant face aux troubles de l’oralité, émergent via un terrain oromoteur ou sensoriel déficitaire, nous pourrions alors intervenir précisément sur ces domaines, et prévenir les retentissements comportementaux et environnementaux.

Quelle prévention ? Quel dépistage pour les TOA ?

Or, qu’est-il aujourd’hui proposé aux pédiatres et généralistes pour explorer le développement oromoteur des enfants ? Que connaissent-ils exactement du développement neurosensoriel des enfants et de l’impact de celui-ci sur la cognition et le comportement ?
Comment orienter des enfants fragiles vers les bonnes portes quand peu d’outils spécifiques sont offerts sur le terrain pédiatrique « tout venant » ?
Comment précéder les difficultés ancrées qui amènent les familles à consulter sur le tard, lorsque la route développementale de l’enfant est déjà creusée sur un sol chaotique ?

J’aime penser de manière utopiste à la route idéale que nous devrions suivre afin de ne
Ni sur-diagnostiquer
Ni sous-diagnostiquer
Mais prévenir l’ancrage de difficultés entendues souvent trop tardivement par le corps médical.
=> La difficulté réside surtout au cœur de la distinction entre développement normal et développement vulnérable à risque de développer des difficultés.

Par ailleurs, quand la médecine intervient auprès de l’enfant pour des reflux pathologiques, des allergies, des troubles respiratoires, des syndromes avérés ou suspectés, des troubles du développement, il serait indispensable de proposer d’emblée un accompagnement « oralité » parent-enfant tant on connaît les risques de développement de troubles alimentaires chez ces enfants-là.

La prévention pourrait avoir deux axes :
1. Systématisation de prévention oralité pour certaines pathologies repérées
2. Dépistages systématiques proposés lors des périodes « sensibles » de développement et écoute active des plaintes parentales au regard des connaissances actuelles sur les troubles de l’oralité.

Vers qui orienter les enfants ?

1. en premier lieu : les pédiatres et les généralistes de première ligne
2. en deuxieme lieu, laissez-moi vous présenter les KOPEO : les KOPEO sont les professionnels paramédicaux intervenant auprès des enfants ayant des troubles du développement.
Les Kinésithérapeutes : K
Les Orthophonistes : O
Les Psychomotriciens : P
Les Ergothérapeutes : E
Les orthoptistes : O

Ce sont des professionnels « hebdomadaires » qui accompagnent enfants et familles régulièrement et travaillent sur la demande des médecins. Ainsi, les médecins et les KOPEO apprennent à devenir des partenaires autour de la prise en charge de ces enfants. Face à la boucle sensorielle primaire vulnérable ou altérée, les KOPEO peuvent être sollicités pour avis / stimulation / compensation en fonction des aspects développementaux en jeu. Ils sont en mesure de demander des bilans complémentaires auprès de spécialistes pédiatriques : ORL, gastropédiatres, neuropédiatre, pneumopédiatre, ophtalmologistes. En équipe avec le médecin prescripteur, les paramédicaux KOPEO vont orienter vers des éxamens qui permettent de mieux comprendre et accompagner la pathologie de l’enfant. Puis ils vont proposer si besoin la prise en charge nécessaire.
Les KOPEO ne sont pas interchangeables mais ils travaillent dans la même direction, et offrent un regard plus affiné sur le domaine qui les intéresse. A ce jour les orthophonistes se voient offrir un enseignement complet dans leur formation initiale, mais bien d’autres paramédicaux parmi les KOPEO savent aujourd’hui accompagner les TOA.
Les médicaux vont explorer plus finement leur étage somatique, physiologique et fonctionnel et compléter la réponse des KOPEO.
Les psychologues et psychiatres vont accompagner plus précisément la dynamique complexe inhérente à la boucle sensorielle secondaire, mais ils interviennent également dès la boucle sensorielle primaire à titre préventif.
Voici comment nous pourrions résumer cette vision :

Cet article se termine… Il nous reste à présent à partager nos avis, nos points de vue, nos accords et divergences. Tout cela dans un seul but : avancer dans la prise en charge des troubles de l’oralité. A vous de jouer : les commentaires vous attendent !

Une fois cet article publié… aïe, immense erreur face aux diététiciens oubliés dans les étages supérieurs. Sombre erreur. Modification à venir !

Langage oral : prise en charge précoce. Pourquoi ?

Langage oral : prise en charge précoce. Pourquoi ? published on 13 commentaires sur Langage oral : prise en charge précoce. Pourquoi ?

Voici 10 raisons de solliciter un orthophoniste chez un enfant de moins de 3 ans qui présente des difficultés de langage oral.

Pourquoi devons-nous favoriser la prise en charge précoce du langage oral ?

1- Parce que l’on sait à présent, grâce à l’avancée des neurosciences, que la plasticité cérébrale est optimale avant 3 ans. C’est une période pendant laquelle nos leviers d’actions sont puissants.

2- Parce que l’on sait qu’un retard de langage peut être la partie visible de l’iceberg, et qu’en objectivant tôt des observations, on peut également dépister plus tôt des troubles du développement.
Mais également parce qu’en explorant le langage oral, de plus en plus d’orthophonistes explorent aussi l’oralité alimentaire 😉

3- Parce que des troubles du langage oral, ou des développements hétérogènes génèrent quelquefois des comportements difficiles chez les enfants, avec des retentissements familiaux plus ou moins sévères.

4- Parce qu’un enfant qui parle mal, peut possiblement être un enfant inattentif, voire un enfant agité, qui se pose difficilement, avec tous les retentissements que cela peut avoir pour son développement.

5- Parce que l’orthophoniste consulté pour le bilan de langage est également un professionnel du développement, qui sait orienter la famille vers des bilans complémentaires permettant d’éclairer le profil observé en examinant de plus près les domaines possiblement déficitaires dans le développement : un bilan ORL, un bilan orthoptique (aspect neurovisuel), un bilan psychomoteur, un bilan neuropédiatrique, etc… Le bilan orthophonique permet au médecin qui suit l’enfant de préciser son bilan somatique par des éclairages développementaux et d’orienter vers d’éventuels examens complémentaires.

6- Parce que l’orthophoniste, en examinant le langage explore aussi les habiletés motrices (notamment sur le plan bucco-facial), les habiletés sociales, les habilités alimentaires, les explorations visuelles, l’attention… L’orthophoniste fait donc le point autour des socles qui vont par la suite porter les apprentissages (ou y participer), notamment sur le plan scolaire.

7- Parce que des familles inquiètes du développement du langage de leur petit, sont des familles à entendre, et le plus souvent des familles fines dans leur ressenti.
Le contraire est moins vrai : quelquefois les familles n’ont pas de plainte, et pourtant les professionnels repèrent des difficultés. Dans ce cas, la rencontre avec l’orthophoniste, donne l’occasion d’échanges menant les familles vers la compréhension des difficultés de l’enfant et des retentissements possibles.

8- Parce qu’en accompagnant tôt des familles dans le développement, on va leur permettre de dépasser les particularités comportementales de l’enfant ; prendre conscience des conduites à poursuivre auprès de l’enfant (alors qu’on pourrait être tenté de les abandonner face au manque d’intérêt de l’enfant), proposer des activités spécifiques qui vont soutenir le développement de l’enfant, des aménagements à proposer autour de l’enfant pour étayer son développement.

9- Parce qu’en prenant en charge un enfant en âge préscolaire, on pose des diagnostics plus tôt (ou des hypothèses de diagnostic), et qu’on peut ainsi solliciter plus tôt aussi tous les partenaires administratifs et médicaux dont on a parfois besoin quand les situations sont spécifiques. Or on sait que certains systèmes administratifs sont parfois longs dans leurs procédures. C’est donc aussi un atout pour préparer et / ou aménager l’entrée à l’école.

10- Parce que les orthophonistes sont des professionnels qui sont remboursés par la sécurité sociale et la mutuelle (60 % et 40% respectivement), et qu’il serait dommage de se priver de leurs compétences.

En partageant cet article, vous aiderez à lutter contre les idées reçues qui ont la peau dure :
on consulte un orthophoniste quand l’enfant parle
variante : « il est trop tôt » pour consulter
– on consulte un orthophoniste après l’entrée à l’école
– il faut attendre le déclic langage
– les défauts de langage de l’enfant sont en lien avec un manque d’efforts
– Il ne parle pas : c’est pour t’embêter
– on ne peut pas tout faire en même temps
– il est juste timide
– la nounou (variante « la crèche ») a vu des enfants « bien pires ».
– il ne parle pas parce que les parents viennent de se séparer
etc …

Non seulement toutes ces réponses sont erronées, mais elles témoignent d’un manque de connaissance du développement. Consulter ne nuira pas au développement du langage
Consulter peut aussi permettre d’être rassuré, conseillé
Consulter peut économiser à l’enfant la mise en place de stratégies compensatoires qui seront peut-être coûteuse dans la suite de son parcours, notamment scolaire.

Dans un prochain article, nous pourrons revoir les signes qui doivent alerter et amener à consulter. En attendant, il existe de nombreux sites pertinents à ce propos, notamment celui-là : www.info-langage.org

Je dédie cet article à toutes les familles dans le doute, et à tous les professionnels croisant de près ou de loin des enfants de moins de 3 ans.

Stimuler les praxies bucco-faciales

Stimuler les praxies bucco-faciales published on 4 commentaires sur Stimuler les praxies bucco-faciales

Qu’est ce que c’est ? Ce sont tous les mouvements que nous faisons avec notre bouche (lèvres, langue, joues)et qui mobilisent donc indirectement TOUT notre visage, de manière volontaire.
Pourquoi TOUT notre visage ?
– Parce que les muscles qui commandent les gestes de la bouche s’étendent sur toute la face.
Pourquoi en parler sur « oralité alimentaire » ?
– Parce que lorsque l’on mange, on a besoin de mouvoir langue, lèvres, joues.
– Parce que quand on parle, on a besoin de contrôler ces gestes-là aussi.
– Parce que nous pressentons un lien entre les mouvements que l’alimentation des petits amènent, et le langage qui se met parallèlement en place.

Au passage, Leslie Lemarchand, Doctorante, invite les familles à répondre à son questionnaire afin que nous puissions mettre la lumière sur le lien oralité / langage. Pour y répondre, cliquez ici

Quel rapport ? celui de la motricité (= les mouvements) qui lie l’alimentation ET le langage.

Bref… revenons à nos praxies bucco-faciales.
Quand j’étais étudiante en orthophonie (et je ne suis ni « jeune diplômée », ni « dinosaure orthophoniste »), les praxies se travaillaient devant le miroir, un peu comme une gymnastique de visage.
Mes premiers patients ont donc subi cette épreuve, qui, si je la rendais évidemment ludique, n’ont rien ressorti de ces exercices répétés, ou si peu.
Un jour, j’ai eu cette intuition qu’il fallait que je les touche. Face à une toute petite qui portait son visage comme on porte un sac plastique vide, j’avais ce sentiment qu’elle ne devait pas connaître les contours de son visage. J’ai commencé avec elle à toucher les enfants que je suivais.
C’était bien étrange les premières fois. C’est assez intime le visage finalement. Je touchais les enfants et ils me touchaient. Puis nous allions devant le miroir après ces touchers appuyés. A ma plus grande surprise, les enfants parvenaient mieux à réaliser les praxies devant le miroir. Les parents reprenaient à la maison, caressant leur enfant au lait de toilette, « aux mains chaudes », « aux mains froides ». Ca marchait bien mieux.
Par contre, pour qu’ils contrôlent leur langue… je n’avais à ce moment-là pas l’idée de mettre mes doigts dans leur bouche. J’étais donc, encore par un instinct hasardeux, partie sur les brosses à dents à pile vibrantes. Mes patients arrivaient donc avec leur brosse à dents, on se stimulait le visage et l’intérieur de la bouche avec. C’était encore plus efficace. J’invitais les parents à reproduire ces jeux à la maison.

Et aujourd’hui ?

Ce n’est qu’en rencontrant Mme Senez qui parlait de cryothérapie, de reflexes et de massages que j’ai rencontré les bâtons de glace en rééducation. Et depuis, vraiment, quels changements dans mes prises en charge !
Nous pouvons multiplier les sensations en texture avec les Chewy Tubes (voir ici), ou avec les vibrations du Z-Vibe (ou les brosses à dents)… Le froid est réellement plus efficace pour certains enfants.
Quand nous jouons ensemble aux grimaces (voir ici), et que la bouche des enfants semble « chercher » à reproduire le mouvement sans que le résultat soit visible / clair / efficace, je les aide en appliquant des points froids sur les zones concernées afin de les amener à développer des réactions réflexes (qui visent à garder toute la zone buccale à température constante).
Exemples :
pour fermer la bouche de manière efficace, lèvres pincées : rouge à lèvres glaçon, puis en face à face, je grimace la praxie, et l’enfant parvient immédiatement à la reproduire le plus souvent.
Pour lever la langue, un point de froid derrière les incisives supérieures, je grimace le L face à l’enfant… et hop…
( évidemment, imaginez tout cela avec le cadre ludique indispensable au plaisir de l’enfant ET le renforçateur type « ouiiiii superrrrrrr ! »).

En travaillant avec le froid en parallèle du reste, on offre à l’enfant une entrée sensorielle supplémentaire (récepteurs thermiques)s’appuyant tant sur le mouvement pseudo-volontaire que sur le mouvement réflexe.
Quand Mme Senez évoque la cryothérapie dans sa formation, elle ne parle pas de praxies en face à face. Nul besoin. La langue se met immédiatement dans la position adéquat pour les activités visant la réduction du bavage, et pour la déglutition primaire, elle invite à réaliser non pas des grimaces mais des séances de « langage répété ensemble » pour que la langue automatise le bon point d’appui. Je vous invite à suivre sa formation, c’est fort instructif aussi sur ce plan.

Bref. Il y a là quelque chose à creuser.
Les limites ?
Les enfants hypersensibles au froid. Auquel cas, il est vraiment nécessaire d’appréhender ce froid au préalable avec des contacts sur les mains notamment.
Par ailleurs, dans ma pratique, cela fonctionne MAIS : les parents reprennent à la maison.

Et vous les Zorthos, avez-vous essayé ? Quels résultats ? Laissez moi vos commentaires !
Et vous les parents, si vous tentez l’aventure, notamment avec vos grands, vos retours me passionnent pas avance… n’hésitez pas à commenter également !

Oralité, si les massages ne suffisent pas…

Oralité, si les massages ne suffisent pas… published on 5 commentaires sur Oralité, si les massages ne suffisent pas…

Oralité, si les massages ne suffisent pas… Voilà une question qui revient quelquefois…

« Je sens que la réponse n’est pas là uniquement… »
Voilà une phrase issue d’un mail que je reçois hier et qui m’a beaucoup touché. Celui d’une collègue, dont l’enfant présente des troubles de l’alimentation : une fillette de 3 ans qui a bénéficié de massages pendant 8 mois, mais pour qui l’alimentation est encore mixée, avec persistance des hauts le cœur face aux irrégularités éventuelles de sa purée.
J’ai décidé de partager ma réflexion avec vous tant cette situation me semble revenir fréquemment.
Les massages : combien de temps ?
Les massages ça suffit ?
Pourquoi prendre en charge c’est si compliqué finalement ?
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Parent psychiatrique ou méconnaissance des troubles de l’oralité ?

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Parent psychiatrique ou méconnaissance des troubles de l’oralité ? Où en sont les professionnels ?

Après l’article où j’évoquais le besoin de diffusion de l’information sur les troubles de l’oralité ici, un article semblait s’imposer :

le témoignage d’une famille.

J’ai proposé à une maman, rencontrée au hasard de mes discussions, de m’aider pour cet article : je lui ai proposé de répondre par écrit à quelques questions susceptibles de l’amener à vous confier son histoire.
Merci à elle, K-yna Na, d’avoir offert son temps pour partager son expérience.

Vous comprendrez en la lisant que même en bataillant, le chemin est quelquefois long et douloureux.

Professionnels, vous qui lirez, souvenez-vous des mots de cette maman la prochaine fois que dans votre cabinet un parent amènera inlassablement la même plainte. Et pensez aussi à cette maman dès la première fois qu’une famille vous dira « ça ne va pas ». Pensez à laisser la porte ouverte pour que la culpabilité ne s’installe pas dans cette famille-là. Pensez à demander lors du prochain RV si cela va mieux… N’oubliez pas que plus nous voyons tôt ces enfants dans nos cabinets paramédicaux (orthophonistes, kinés, ergos, …), moins complexe est la prise en charge.
Parents, vous qui lirez, retenez qu’il faut parfois insister pour obtenir des réponses. Sachez aussi que de plus en plus de professionnels s’informent sur le sujet. Invitez les au besoin à lire le contenu de ce blog et sa bibliothèque de références.

Interview:
Il paraît qu’un de tes enfants à des difficultés pour manger

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Etat des lieux de l’oralité en pédiatrie.

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Etat des lieux de l’oralité en pédiatrie.

Ce soir, j’avais envie de parler de ces bébés que j’ai croisés en pédiatrie, lors d’une hospitalisation « un peu longue », « un peu loin de maman », où le service avait demandé un avis orthophonique parce que ce petit là buvait mal.

Vous l’aurez compris, je parle là de l’enfant lambda dans une oralité primaire, réflexe, ou d’un enfant plus fragile (une trisomie, un préma, …) qui, hospitalisé pour une bronchiolite ou tout autre chose, perd peu à peu le contact avec …. le biberon ?

L’équipe s’y attelle. Auxiliaire après auxiliaire, le bébé « mauvais mangeur » est aidé par une sonde naso-gastrique et c’est à ce moment là que l’orthophoniste est conviée.

La pédiatrie, ce n’est pas la néonat. Où je travaille, ce sont des territoires bien distincts : dans l’un on propose des stimulations oro-faciales, dans l’autre « on n’est pas là pour ça ». Les équipes de pédiatries sont tout aussi professionnelles, mais ils ne se situent pas (encore ?) dans les soins de développement.

Il m’est donc arrivé de me retrouver face à des bébés qui ne buvaient que trop peu leur biberon, et pour lesquels l’équipe ne savait plus quoi proposer.

Comment sont ces bébés ?

– souvent sans leurs parents présents, ou très « visités » (famille géographiquement éloignée, …)

– souvent fragiles dans leur développement (enfant à qui l’on découvre un problème visuel, qui présente une T21, bronchodysplasique, …)

Certains buvaient très bien à la maison.

D’autres ont eu besoin que leur maman use de stratégies pour parvenir à les faire boire (dans l’installation notamment). La fragilité existait déjà pour certains. Elle s’exprime pleinement à l’hôpital.

L’hôpital ? Pourquoi ? C’est comment ?Continue reading Etat des lieux de l’oralité en pédiatrie.

Du côté des Orthophonistes : massages de désensibilisation, pour ou contre ?

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Voilà un article dédié à mes collègues orthophonistes, qui, selon les formations auxquelles elles (les hommes orthophonistes m’excuseront de ce féminin qui soudainement l’emporte) assistent, reçoivent des informations différentes. Les massages sont quelquefois à peine évoqués, tandis que d’autres vont en avoir un éclairage minutieux, étant même baignés dans cette idée que « sans massages » l’oralité ne peut s’améliorer.

Une collègue avec qui je discutais, m’affirmait que nous avons pourtant tous les mêmes bases théoriques sur le développement. Alors ? Pourquoi ça coince ?

Pour rappel :

Les massages de désensibilisation sont apparus via Catherine Senez, orthophoniste engagée dans cette cause que représente depuis peu l’oralité.

Elle appuie sa technique sur l’idée que les mécano récepteurs de la bouche sont trop sensibles et que des massages répétés vont permettre d’augmenter le seuil de réponse. Un peu comme notre parfum auquel on s’habitue tellement que nos capteurs olfactifs deviennent rapidement peu réceptifs à celui-ci. L’habituation à la stimulation intra-buccale permettrait de faire céder l’hypersensibilité.

Je pense que les bases théoriques ne gênent personne ?

Mais alors ?  Qu’est-ce qui gêne ?

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Repas industriels pour bébés ; pour ou contre ?

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Image empruntée à ce site

Pour notre premier « Question / Réponse », je vous propose de réfléchir avec moi à :

« Pour ou contre les repas industriels pour bébé » ?

Loin de moi l’idée de juger les services de Blédina ou Neslté. Les pots et assiettes toutes prêtes sont passés dans mes placards de maman quand mes enfants étaient petits et j’en étais tout à fait satisfaite.

Nous serons certainement de nombreux parents à en avoir donné à nos enfants, au quotidien, ou plus ponctuellement, en fonction des habitudes familiales.

Pratiques aux yeux de parents qui ont peur de « trop nourrir » leur enfant, ces assiettes toutes préparées garantissent aux familles des apports nutritionnels en totale adéquation avec les besoins de votre chérubin en fonction de son âge !

Pratiques aussi parce que « sains » aux yeux des familles, ces plats sont préparés avec de bons produits, sans trop de sel, de gras ou de sucre.

Pratiques enfin parce que très adaptés avec nos vies modernes emplies de fast food, de surgelés, de crèches ou de nounous qui demandent de fournir les repas.

Quelles que soient les raisons, nous serons nombreux à reconnaître que ces assiettes simplifient la vie trépidante des parents d’aujourd’hui.

Mais alors, où est le problème ?

 

 

Le problème de ces plats c’est, pour commencer, qu’ils ont une texture et un aspect TRES stables. Ces produits sont tellement contrôlés qu’on ne risque pas de trouver un petit morceau dans la purée pour 8 mois connue pour être bien lisse. D’une assiette « courgettes » à une autre assiette « courgettes » (d’une même marque), nous retrouverons inlassablement la même qualité (et d’un certain côté, nous nous en réjouissons : pas de mauvaises surprises !) : bien lisse, même couleur, même aspect, même tenue sur la cuiller. L’information offerte au bébé quand l’assiette arrive, sortant du micro-ondes est d’une stabilité incroyable ! Pas de suprise… pas encore.

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