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Bilan orthophonique, questionnaire alimentaire : le comportement de l’enfant

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Bilan orthophonique, questionnaire alimentaire : le comportement de l’enfant

Cet article vient à la suite de celui-ci.

Comme déjà dit dans le précédent, cet article ne s’adresse pas aux familles. Il ne peut prendre sens que grâce aux nombreuses connaissances que les orthophonistes maîtrisent dans le cadre de leur formation, notamment sur le plan ORL, en neurologie, en psychologie et en développement de l’enfant.

Je parlais donc du questionnaire alimentaire, décliné selon l’âge de l’enfant, et j’expliquais pour ma part repartir « du début » pour retracer avec les parents l’histoire alimentaire de cet enfant-là afin de débusquer les premiers signes d’une vulnérabilité dans le développement, voire l’expression nette d’un trouble de l’oralité avéré.

Souvenez-vous, nous en sommes restés à l’allaitement au sein ou au biberon, et à la succion non nutritive. Nous avons déjà exploré globalement l’oralité primaire (ici) de notre petit patient, qui se présente, ce à partir de 12/18 mois, mais bien plus tard aussi.

Dans les articles qui vont suivre nous parlerons :

Du passage à la cuiller
Du passage aux morceaux
De la diversité des aliments proposés / acceptés
Des réactions de l’enfant ET de ses parents, ET de ceux qui s’en occupent (crèche, nourrice, grands-parents)

Ce, chez des enfants à partir de 12/18 mois, mais ce bilan sera adapté est décliné pour des plus grands d’âge primaire si besoin. Le développement sera toujours à reprendre du départ, et mis en parallèle de la situation actuelle de l’enfant pour faire sens.

Pour cette partie du questionnaire alimentaire, vous allez devoir penser absolument à tout l’aspect socio-culturel qui règne autour des notions alimentaires. Pourquoi ? Pour ne pas vous retrouver avec les réponses que les parents pensent que vous voulez entendre, mais les réponses reflétant la réalité de cet enfant-là. Je pourrai y revenir dans un article annexe, mais m’informant assez largement autour de ces notions « alimentation de l’enfant », on ne peut que constater l’enjeu socio-économique majeur qui règne autour de ces questions-là, influençant très nettement nos bilans, tant les familles se trouvent fréquemment dans une situation de culpabilité ancrée, largement entretenue par notre société et ses différents systèmes (médical, scolaire, social)

Ainsi, j’ai opté pour ma part pour un questionnaire d’alimentation écrit, avec des cases que je peux cocher. A vrai dire, ce questionnaire ne me sert pas toujours. Tout dépend des familles, de leur aisance à livrer leurs difficultés au gré d’un entretien semi-directif, de leur reconnaissance de la difficulté de leur enfant ou au contraire du déni. Utiliser un questionnaire écrit permet de soutenir le fil de l’entretien, tout en gardant une distance avec un éventuel jugement que les parents, à tort, ressentiraient.
Or, en matière d’alimentation, bien avant d’arriver dans notre bureau, ces familles ont quelquefois été malmenées tant par l’entourage familial, relationnel… voire même médical. Les adultes sans échec avec leur enfant sur ce point, se sentent souvent complètement légitimes pour conseiller les autres, même sans être réellement avisés en matière d’oralité. Lors de mon bilan, il va donc falloir que je me rapproche ou au contraire que je me démarque des conseils déjà donnés en fonction de leur pertinence ou de leur manque de pertinence justement. Il me paraît absolument nécessaire d’asseoir une certaine « douce autorité » qui affirme mes connaissances spécifiques, face aux difficultés qu’ils rencontrent avec leur enfant, tout en affichant une flexibilité certaine, nécessaire face à la singularité de chaque situation.

On retiendra donc ces 3 mots clés pour « porter » le questionnaire alimentaire que je vais décrire dans ces articles :
Empathie, douce autorité, flexibilité de l’écoute.

Mon questionnaire alimentaire se décline donc sur plusieurs plans :
1/ Comportements de l’enfant (que je vais aborder ici)
2/ Textures acceptées
3/ Aliments essayés / acceptés / refusés
4/ Installation / cadre des repas
5/ Astuces éducatives

C’est le croisement de toutes ces réponses qui va orienter non seulement mon hypothèse diagnostique mais aussi ma guidance parentale et ma prise en charge.
C’est important de mener le bilan dans sa GLOBALITE avant de conclure quoi que ce soit. J’ai même envie de dire que quelquefois ce sont les premières séances qui vont nous permettre de trancher véritablement. J’ai déjà vu des situations s’améliorer rapidement en quelques séances de guidance parentale par exemple, ou au contraire, saisir toute la difficulté d’un enfant et de sa famille dans un second temps.

Le comportement de l’enfant
C’est la première chose que j’aime amener pour évoquer ensuite la situation actuelle de l’enfant. Pourquoi ? Parce que cela permet de se défaire des « règles santé de la société ». Les comportements observés dans les troubles alimentaires ne sont pas vraiment décrits dans les informations de vulgarisation médicale, et les parents vont presque vous afficher un regard de reconnaissance lorsque vous allez proposer les items si particuliers qui décrivent leur enfant.
Vous allez proposer plusieurs possibilités que les parents vont, ou ne vont pas valider.

Je vais vous proposer plusieurs situations pour décrire le comportement de votre enfant à table, vous me dites quand vous reconnaissez votre enfant.

1- Il refuse de manger
2- Il recrache
3- Il pleure
4- Il est lent
5- Il avale tout rond
6- Il peut vomir
7- Il peut avoir des nauséeux (montrer à quoi ça ressemble en simulant un nauséeux)
8- Il ne veut pas finir son assiette
9- Il trie
10- Il grimace
11- Il peut tousser pendant ou après le repas
12- Il mange trop vite
13- Il mâche longuement
14- Il mâche longuement et recrache parfois

Qu’apprend-on ? Sur quoi cela nous renseigne-t-il ?
L’enfant présente-t-il les signes d’une hypersensibilité intrabuccale ? Items 2- 6- 7- 10
Quelle incidence sur le quotidien familial ? Social ? Items 1- 3- 4- 8-9
Indice d’existence de fausses routes (attention sans toux on ne peut pour autant conclure à une absence de fausse route). Item 11
Possibilité d’une problématique entretenue par des exigences familiales et répercussions possibles sur le comportement de l’enfant ? Items 1- 3- 4- 8
Fragilité motrice dans l’activité alimentaire de l’enfant. Items 4- 5 -12- 13- 14

Chez des plus grands, je vais rechercher ces comportements dans le développement de l’enfant afin d’identifier la présence précoce de particularités sensorielles pouvant éventuellement expliquer par la suite des comportements particuliers tels que la sélectivité importante ou les « fragilités motrices » observées lors de l’activité alimentaire (mastication).
Vous aurez deviné, je vais plus loin que ces questions qui ne représentent que le point de départ de mon entretien. Ainsi, je vais m’atteler à écouter très précisément les propos du parent présent, m’enquérir de la vision du parent absent, mais pas seulement. Je vais aussi demander si des différences existent entre les différents lieux où l’enfant est amené à prendre ses repas. Crèche, nourrice, cantine, grands-parents, …

Donc pour finir, je vais aussi pouvoir relever les régularités dans les comportements observés, choses indispensables à repérer pour pouvoir identifier les troubles alimentaires d’origine sensorielle et/ou environnementale et leur spécificité, ou leur degré de sévérité dans le quotidien de l’enfant.

Le cas classique : l’enfant qui vomissait au départ, puis est passé par une phase de nauséeux avant de devenir sélectif, refusant son assiette.
Ce profil peut, en grandissant donner des enfants lents à table, qui mâchent longuement, quitte quelquefois à recracher « leur boulette ».
Ou même, après un premier temps de prise en charge : des enfants qui avalent tout rond, sans mâcher.

Des différences significatives d’un lieu à l’autre évoqueraient des troubles peu spécifiques. A moins qu’en questionnant on puisse nettement comprendre que la nourriture servie n’est pas la même.
Néanmoins chez des enfants présentant des troubles sévères de l’intégration sensorielle, cela peut se voir.

Il va donc être important de questionner précisément sur les textures acceptées. J’aborderai cela dans le prochain article bilan orthophonique, questionnaire alimentaire. A SUIVRE …

Si cet article vous semble pertinent, partagez-le, likez ! Et comme d’habitude, les commentaires sont là pour échanger, augmenter ou critiquer mon propos, toujours insuffisant pour refléter l’entière réalité de mon quotidien professionnel.

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