Skip to content

Le bilan orthophonique d’oralité : questionnaire alimentaire

Le bilan orthophonique d’oralité : questionnaire alimentaire published on 3 commentaires sur Le bilan orthophonique d’oralité : questionnaire alimentaire

Le bilan orthophonique d’oralité : questionnaire alimentaire n°1 => oralité primaire

Petit aparté pour les parents => cet article est peu adapté pour les familles. Il ne vous apportera rien en tant que parents puisque seuls les orthophonistes vont avoir le code pour comprendre l’implicite de mon article. C’est ce que les orthophonistes connaissent déjà dans beaucoup de domaines, notamment dans le développement ORL, neurologique, moteur, qui leur permettra (je l’espère) de donner à cet article le sens qu’il mérite d’avoir.

Si ces questions ne constituent pas à elles seules notre bilan d’oralité, loin de là, j’ai tout de même envie de commencer par là. Ca semble être le plus simple, mais ce n’est qu’une apparence. Le questionnaire alimentaire est plus complexe qu’on ne le croit : vous allez devoir mener une enquête, pour dépister des difficultés que les parents n’identifient pas toujours.
Je vais vous donner mon point de vue, et vous raconter ma pratique… D’autres collègues mènent certainement l’entretien « alimentaire » différemment. Il y a, comme pour tous les autres bilans, de multiples façons d’observer l’oralité, et de partir mener l’enquête !

Si vous commencez par un « Pour les repas ça se passe comment », vous avez de fortes chances pour que les parents vous répondent « bien ». Sauf s’ils vous consultent spécifiquement pour des troubles alimentaires.
« Les repas ça se passe comment » est donc à bannir. N’ouvrez pas la porte au « bien » automatique qui est sensé stopper la suite du questionnaire, sous peine de « remettre leur parole en doute ».

Personnellement j’aime bien repartir du début. De la grossesse pour commencer, puis du terme de la naissance , certes, et en matière d’alimentation, c’est la même chose.

1. SEIN TETINE SNG et ORALITE PRIMAIRE
Il a été allaité au sein ou au biberon ? Les deux ?
– sein : ça s’est bien passé ? (Si aide, par qui et pourquoi ?), combien de temps ?
– biberon : ça s’est bien passé ? Avez-vous eu du mal à trouver une tétine qui convienne à votre bébé ? combien de temps mettait-il pour boire son biberon ? Et aujourd’hui ? Trous dans la tétine du biberon pour l’aider à boire ?
– A t-il bénéficié d’une SNG (si préma / si hospit / si difficultés de santé repérées dans l’anamnèse): pourquoi ? combien de temps ? vomissements ? bolus ou ?

=> Qu’est ce que ça me donne ?
Voilà quelques premiers indices qui vont nous orienter sur :
– un éventuel échec de l’allaitement / vécu maternel peu agréable / difficulté du bébé à téter et propos des équipes de santé ?
– premiers traumas de la sphère orale avec la sonde mais aussi avec un biberon long et un éventuel premier forcing alimentaire sourd
– premières expériences sensori-motrices orales + efficacité de succion + qualité de la coordination succion / ventilation / déglutition

Au mieux : enfant qui a mangé sans qu’aucune particularité ne soit repérée : sein ou bib ok, temps de repas ok, mère sans souvenir spécifique (les bons souvenirs s’effacent souvent… les mauvais réapparaissent très vite dès lors que vous osez nommer SEIN / BIBERON /TEMPS de REPAS / CHOIX de TETINE / SNG).
Au pire : SNG, vomissement, échec de l’allaitement, biberon difficile à trouver, succion peu efficace avec repas long. Souvent on observe en parallèle un passage précoce à la cuiller.
Petits signes : la tétine difficile à trouver est je pense un premier signe discret de vulnérabilité chez l’enfant.
En cas de biberons un peu longs, rechercher la contrainte rencontrée par l’enfant : respiratoire ? déglutition ? qualité de succion ? un bébé fatigable … et pourquoi ? Vous menez l’enquête, donc dans votre tête ces questions doivent chercher des hypothèses de réponses en questionnant sur le développement, chose que vous savez déjà faire dans les autres bilans je pense.
Petite astuce : indice de défaut de qualité de succion > la fuite de lait.

Je questionne en parallèle sur la succion non nutritive des débuts et d’aujourd’hui. Certains enfants restent très accrochés à leur modèle de tétine (à matière égale : caoutchouc ou silicone), les parents décrivent alors des situations particulières où ils feraient des kilomètres pour acheter LA bonne tétine. C’est je pense un indice de vulnérabilité comme cet enfant qui ne gardait pas la tétine en bouche au départ malgré l’envie de succion repérée par les parents.

=> attention, je parle bien de vulnérabilités. Face à un enfant qui a grandi, et pour qui la phase primaire de l’oralité (celle qui s’appuie sur les réflexes archaïques) est décrite « sans encombre », c’est tout de même souhaitable de mener l’enquête sur cette période là afin d’identifier des indices de ce que je qualifie personnellement de « particularités dans le développement ».
Important aussi : garder en tête que certains parents ont vraiment oublié ces détails dans le développement de leur enfant, surtout quand l’enfant que l’on reçoit n’est pas le dernier né dans la fratrie.

Je reviendrai sur les bilans des tout-petits avant la diversification alimentaire plus précisément, mais pour en dire deux mots ici, face aux nouveaux nés, passé l’aspect fonctionnel, j’interroge énormément sur l’environnement sensoriel (odeur / goût / toucher / posture/ …). N’oubliez pas de penser qu’un bébé vulnérable à qui ont présente plusieurs types de biberons, plusieurs personnes pour les nourrir, avec chaque fois des schémas variables de posture, de voix et d’odeurs subit une suite d’événements dystimulants. C’est exactement ce qui arrive quand les bébés sont hospitalisés en pédiatrie et que les parents ne peuvent être auprès d’eux. J’en parle dans cet article.

Suite au prochain épisode…
Petit exercice pour attendre la suite : commencez à questionner autour de vous sur ces débuts dans la vie des enfants afin de vous représenter les réponses des parents… et peut-être aussi saisir le poids de l’abord de ce thème là. Il rend souvent les mères aussi bavardes que lorsqu’on leur parle de leur accouchement, pathologie, ou pas 😉 Ce sera aussi et surtout une manière détournée de mettre un pied dans les « entretiens oralité » qu’il sera plus aisé de mener avec un peu d’expérience.

Si vous pensez que cet article peut intéresser vos collègues, partagez le entre professionnels. Dans un second temps, les commentaires sont là pour recueillir vos expériences, questions, points de vue, critiques et ajouts… Aidez-moi à compléter cet article pour lequel j’ai sans doute omis d’évoquer des aspects 🙂

3 commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *