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Les troubles de l’oralité

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Les troubles de l’oralité.

Présentation proposée aux 8èmes Journées Médicales du CESAP en Octobre 2016 à Rouen.

« Accompagner les difficultés d’alimentation nécessite la maitrise de plusieurs axes d’observations et de connaissances. Graduellement, nous pouvons examiner la situation en partant du cercle culturel et social pour nous rapprocher ensuite de la famille puis de l’individu plus précisément. Mais, nous n’obtenons là qu’un premier siège de compréhension, bercé au gré de la géographie, des époques et des habitudes que chaque famille tisse plus personnellement autour de ce rituel vital : le repas. Thomas Fondelli évoque dans son ouvrage « Autisme et alimentation » tous ces aspects subjectifs dont nous devons rester conscients autour de l’enfant qui présente des « difficultés » alimentaires : « manger mal : Aux yeux de qui ? Quand ? Comment » ? On sent bien là la complexité de la lecture sociale et culturelle de l’alimentation.

Comprendre l’alimentation sur un plan ethnologique ne nous donne donc pas les clés pour prendre en charge les troubles alimentaires, notamment des enfants, en plein développement, qu’ils soient polyhandicapés ou pas.

C’est en s’appropriant le lien entre les aspects sensoriels et moteurs qui s’auto-entretiennent, en visualisant la bouche comme « zone première », primordiale, porteuse de l’intégration neurosensorielle qu’on commence à comprendre de quelle manière les rouages du développement alimentaire sont, avant tout, étroitement liés aux multiples informations sensorielles auxquelles l’individu est soumis quand il mange.

La bouche embryonnaire très précocement en place dans le développement, va également être le siège de la première séquence motrice complexe que le fœtus montre dès la fin du premier trimestre : la succion-déglutition.
Les systèmes sensoriels enregistrent leurs premiers « comportements réponses » dans le courant du 2ème trimestre (Kuhn & col. Archives de Pédiatrie 2011). Ils se développent au gré des interactions entre le fœtus et son milieu intra utérin. En fin de grossesse il déglutit 1L de liquide amniotique par jour. Le bébé naît donc déjà empreint d’une histoire sensori-motrice qui va porter la suite de son développement à la naissance.

Manger est souvent hâtivement exclusivement associé au goût et à l’odorat. Or les sens mis en jeu sont bien plus nombreux. La vue, la somesthésie, la proprioception, la thermoception, l’audition, et même le sens vestibulaire ou la nociception vont venir participer à la construction du schéma sensoriel des repas, et influencer directement physiologiquement les principaux systèmes régisseurs de la prise alimentaire : le système nerveux central et le système digestif.
Au moment de manger, en effet je sens et je goûte avec mes yeux, mon nez, mes oreilles, mes muscles et mes articulations qui m’engagent à croquer, malaxer ou lécher l’aliment qui s’annonce. Je savoure différemment en fonction de la température, de la texture. Je goûte en dernier lieu la saveur que ma salive libère dans les différents temps de mon ingestion.

Nous savons, grâce à l’avancée des neurosciences, que la plasticité cérébrale est plus importante dans les premières années de vie d’un enfant, et que ce sont les événements fréquents (et non les « meilleurs ») qui vont orienter la spécification de réseaux de neurones. L’intégration neurosensorielle se fait donc selon les schémas quotidiens de l’enfant, ses routines, … Or n’y a- -il pas de routine plus précoce que celle des repas ?

Selon les mêmes principes, les neurones les moins utilisés vont disparaître. Ce phénomène d’élagage synaptique n’est pas sans conséquences chez ces enfants dont les stimulations sensorielles ont été réduites, quelles qu’en soient les raisons. Ainsi, quand un enfant supporte difficilement le flux sensoriel auquel il est soumis, qu’il se met en retrait ou qu’on l’en protège en l’en isolant, cela nuit à son développement. Au lieu de supporter de mieux en mieux les stimulations de son environnement, il va au contraire lui être de plus en plus difficile de traiter celles-ci avec cohérence. Par ailleurs, faute de stimulation sensorielle, les seuils perceptifs ont tendance à devenir plus sensibles et générer des hyper-réactivités.

C’est sur ce schéma développemental que reposent les troubles de l’oralité, quelles qu’en soit l’étiologie première. Or, repérés tôt grâce à des dépistages précoces, ou abordés de manière préventive, ces troubles vont tendre au minimum à se stabiliser, au mieux à disparaître. S’inquiéter de la sensorialité est donc le premier acte de prévention que l’on peut mettre en place pour prendre en charge l’oralité des enfants, quels qu’ils soient, mais plus encore lorsqu’ils présentent des troubles avérés du développement.

Certains enfants vont montrer des hyper ou des hypo lecture des flux sensoriels auxquels ils sont soumis, avec pour conséquences des comportements mal ajustés à leur environnement. Concrètement, concernant l’alimentation, le plus souvent, il s’agira d’enfant présentant des hypersensibilités intrabuccales des chimio ou des mécano récepteurs, avec déclenchement de réflexes nauséeux, voire de vomissements face à certaines textures d’aliments ou certains goûts et odeurs. Mais il se peut également que des troubles de l’intégration neurosensorielle aient bien d’autres conséquences, et impactent l’oralité sous d’autres axes (auditif, visuel, proprioceptif, thermique). Les enfants autistes ne sont pas sans nous rappeler la complexité de notre système sensoriel : ils peuvent, par exemple, fixer leur attention sur des sensations visuelles plus que gustatives et refuser une assiette pour sa couleur exclusivement.

Face aux enfants dits « à risques », mais aussi face aux tout venant, nous devons rester vigilants et accompagner les familles dont les enfants présentent des terrains de vulnérabilité ou des troubles du développement :
– guider et soutenir l’éveil sensoriel du tout petit, pallier aux fragilités du plus grand en proposant des évolutions micro graduées, des aménagements de l’environnement, pour contourner les hyper ou les hyposensorialités qui nuisent à la prise alimentaire.
– Rappeler l’importance du schéma alimentaire à proposer quotidiennement pour porter le développement de l’oralité de l’enfant : guider, informer, conseiller.
Plaisir et entrées sensorielles multimodales doivent s’entremêler dans le quotidien pour coordonner positivement les cortex sensoriel et moteur sans oublier le système limbique qui gardera en mémoire les traces émotionnelles associées.
Manger ensemble, prendre garde au visuel de l’assiette, aux textures présentées, à la simplicité première du message pour en faciliter sa compréhension par l’enfant, réfléchir à la proprioception, penser l’installation du corps pour ces moments dégustés en famille ou en société. En deux mots : « donner du sens aux sens » pour en faciliter l’intégration.

La bouche méritera donc, au cœur d’un corps soumis à une sensorialité intense, de centraliser l’attention du corps médical et paramédical au-delà des dentistes et des ORL… voire des orthophonistes quand les difficultés apparaissent.
Plus que l’affaire d’une poignée de professionnels autour des enfants, l’oralité doit être l’affaire de tous dès lors que l’on accueille un enfant. En surveillant « l’histoire de sa bouche », en questionnant son alimentation, son plaisir exploratoire, en conseillant ses parents, vous vous situerez dans une pratique préventive extrêmement importante, visant à soutenir non seulement l’oralité alimentaire, mais aussi verbale. »

Elisa LEVAVASSEUR, Orthophoniste

La prise en charge orthophonique des troubles de l’oralité

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Les troubles de l’oralité ( = difficultés alimentaires que rencontrent certains enfants), encore mal connus, sont néanmoins de plus en plus évoqués en France. On commence à pouvoir entendre que les difficultés alimentaires des enfants peuvent avoir des aspects spécifiques, sensoriels, développementaux. Cela ne touche effectivement pas que les enfants nés prématurément comme on l’entend pourtant encore trop souvent. Au besoin, vous trouverez dans cet article, ici, des pistes étiologiques des troubles de l’oralité.

De plus en plus, les orthophonistes se forment et s’impliquent dans ces prises en charge spécifiques, et en même temps très liées aux connaissances qu’ils ont déjà sur le développement de l’enfant et les fonctions oro-myo-faciales.

Mais que propose l’orthophoniste aux familles, à l’enfant quand il met en place une prise en charge en oralité ? Voilà 10 points qui peuvent être abordés selon l’âge et le profil de l’enfant.

1. Il accompagne autour de l’installation à proposer pendant le repas : quel type de chaise, de fauteuil, de portage correspond le mieux aux besoins de l’enfant. Quels couverts proposer ? Quel verre ? Quel type de biberon essayer ? …

2. Il informe la famille autour des aspects favorisants ou au contraire délétères pour faciliter l’amélioration des prises alimentaires de l’enfant. Il guide la famille pas à pas en fonction des possibilités de chacune, et de leur individualité. L’orthophoniste n’est pas « guide social de bonne conduite alimentaire », mais « guide développemental ». Il va ainsi conseiller autour de la préparation des repas ou du partage des repas, du temps de repas, du temps « entre » les repas, du forcing, … L’orthophoniste va respecter la culture de chaque famille tout en libérant les pensées « préconçues » susceptibles de nuire aux progrès possibles de l’enfant (ex : on ne mange pas le dessert avant le plat).
Picorer
3. Il explique aux parents les hypothèses étiologiques des troubles rencontrés par l’enfant pour les aider à cheminer. Il donne des informations, par exemple, sur les liens existants entre les RGO, les allergies alimentaires, la gastrostomie, les troubles développementaux, les spécificités sensorielles, etc… et les troubles alimentaires observés, afin que pères et mères soient en mesure de s’ajuster aux particularités de l’enfant.

4. Il aide la famille autour de la notion de texture / de goût / de température. Il guide l’évolution à proposer à l’enfant, sur les essais à favoriser, sur les présentations alimentaires aidant l’enfant à cheminer plus facilement (ex : ne pas mélanger des petits morceaux dans une purée lisse, proposer des aliments plus forts en goût ou plus craquants pour certains profils d’enfants, …)

5. Il offre des astuces, des conduites à tenir, spécifiques, que les familles, les structures (crèche, école) vont « devoir » adopter dans le quotidien pour accompagner l’enfant et l’aider à progresser. Effectivement l’orthophoniste ne peut à lui seul résorber les troubles de l’enfant. La prise en charge oralité est au cœur d’un partenariat avec la famille et l’environnement tout entier quelquefois.

6. Il informe au besoin les familles sur les besoins nutritionnels des enfants, et oriente en fonction de ses limites vers un diététicien quand la prise alimentaire ne permet pas des apports suffisants et nécessite des aménagements spécifiques.

7. Il propose à l’enfant, dans un climat ludique, de plaisir, des activités sensorielles visant à stimuler tous les sens mis en jeux lors de l’alimentation. Toucher, sentir, regarder, écouter, goûter, bercer, appuyer sont au cœur des rencontres avec les enfants.
Activité sensorielle
8. Il propose des touchers thérapeutiques précis visant à améliorer les capacités d’ajustement comportemental de l’enfant face aux stimulations proposées sur le plan tactile et proprioceptif.

9. Avec les enfants plus grands, en mesure de réfléchir et de raisonner, il échange avec l’enfant. Ensemble, ils réfléchissent, verbalisent, commentent les sensations que le corps de l’enfant traduit face aux stimulations de l’environnement. Ils fixent ensemble des objectifs d’un rendez-vous à l’autre. Cet aspect cognitif de la prise en charge est fréquente chez les enfants à partir de 4-5 ans, voire avant en fonction de l’enfant.

10. Il collabore avec les professionnels qui suivent l’enfant par ailleurs : pédiatre, généraliste, gastro-pédiatre, ORL, pneumopédiatre, neuropédiatre, psychomotricien, kinésithérapeuthe, diététicien, etc… Il lui est indispensable de connaître les aspects médicaux et paramédicaux du suivi plus large de l’enfant pour proposer une prise en charge la plus ajustée possible.

Ces 10 points se déclinent à l’infini. Vous l’aurez compris, prendre en charge des troubles de l’oralité, ce n’est pas appliquer un protocole unique à tous les enfants, mais « inventer » un suivi pour chaque enfant rencontré selon son profil et son environnement. L’orthophoniste travaille étroitement avec la famille tout autant qu’avec l’enfant, et tourne son regard sur de multiples aspects développementaux de l’enfant pour mener sa prise en charge, d’où la nécessité de collaborer avec les autres professionnels intervenant auprès de l’enfant, voire celle d’orienter l’enfant vers d’autres professionnels complémentaires pour affiner la compréhension du trouble et/ou améliorer la progression de l’enfant via un suivi pluridisciplinaire. Nous en reparlerons…

Formations Oralité

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Je propose des formations en oralité destinées aux orthophonistes.
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Dès que des dates seront en voie d’être programmées, un doodle vous sera proposé afin d’estimer la pertinence du projet (ville et dates choisies).

Voici le premier Doodle :

(le sondage n’est plus en ligne. Vous pouvez maintenant vous inscrire en ligne :

Inscriptions aux formations Oralité

Pour de plus amples informations : objectifs, moyens, programme, tarif, c’est ici :
Formation Oralite Infos Generales

Les bulletins d’inscriptions sont transmis sur demande, par mail, une fois les villes et dates confirmées via le Doodle.

En cas de questions, je reste disponible dans les commentaires, ou par mail à oralite.alimentaire.verbale@gmail.com

Bilan d’oralité de l’enfant de 30 mois

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Que proposent les orthophonistes qui reçoivent un enfant de 30 mois en bilan d’oralité ?

Pourquoi préciser « 30 mois » ?
– 30 mois, oralité secondaire… par opposition au bilan d’oralité primaire des bébés jusque 4-6 mois
– 30 mois… c’est avoir à l’esprit que l’enfant peut entrer dans une phase de néophobie alimentaire classiquement observée dans le développement (et donc écarter cette hypothèse au décours du bilan)
– 30 mois … c’est se souvenir qu’à cet âge, l’enfant « tout venant » se voit habituellement proposer des repas similaires à ceux du reste de la famille, dont la notion de morceaux.

Je profite de cet article pour avancer l’idée selon laquelle 30 mois devrait être l’âge limite (max) pour recevoir les enfants en première intention. Cet aspect mériterait un article entier. Peut-être y reviendrons-nous.

« Bilan d’oralité d’un enfant de 30 mois », correspond à une partie du sujet d’examen qui a été proposé cette année aux étudiants orthophonistes de 3ème année. Je leur dédie cet article. Je félicite au passage les étudiantes qui auront pensé à écrire sur leur copie que le bilan comprend les prémices d’une guidance parentale. Je n’ai pas repris cet aspect dans cet article de « correction », mais je valide tout à fait cette idée très largement développée en cours.

Il conviendra de garder en tête que le bilan, tel que décrit ici, s’orientera, s’affinera un peu différemment en fonction du contexte médical, développemental et familial de l’enfant.

J’invite les collègues à compléter cette trame de bilan en cas d’oublis de ma part.

Bilan d’oralité d’un enfant de 30 mois.

Anamnèse générale classique :
– Motif de la consultation
– Médecin prescripteur
– Contexte médical éventuel : AVC périnat, épilepsie, hémiplégie, syndrome génétique identifié, etc..
– Professionnels de santé concernés par l’enfant
– Suivis en place
– Parcours de soins antérieurs
– Antécédents médicaux
– Composition de la famille
– Mode de garde

Développement général et santé
– Grossesse
– Naissance
– Allaitement sein / biberon
– Courbe de croissance
– Eventuel passé avec nutrition entérale /parenta
– Pathologies ORL / respiratoires / digestives
– RGO et traitement proposé
– Eventuelles allergies déjà identifiées
– Développement moteur : tenue assise, marche libérée
– Développement langage

Alimentation générale
– Oralité primaire : succion / temps de repas / difficulté éventuelle rencontrée

– Oralité secondaire :
o Age du démarrage de la diversification
o Alimentation choisie ; industrielle, maison, diversification menée par l’enfant
o Difficultés rencontrées : nauséeux, vomissements, reflux
o Stratégies utilisées

Praxies BF
– Questions aux parents + observation passive
o Mouchage
o Souffle
o Bave
o Bisous
o Claquement de langue
o Grimaces d’une manière générale
o Boire à la paille
o Mastication / avale tout rond

– Examen clinique des praxies (à présenter dans l’examen clinique au cœur des jeux avec l’enfant et lors de l’essai alimentaire)
o Jeux d’incitation praxique (souffle, bisous, joues gonflées, etc…)
o Demande verbale éventuelle d’imitation si possible
o Mouchage (si occasion se présente)
o Mastication

Questionnaire plus détaillé (donné en cours / je le partagerai prochainement ici)
– Habitudes alimentaires actuelles :
o Journée type
o Nombre de repas par jour et « grignotages »
o Aliments aimés (ou pas), essayés, mangés par la famille => liste à proposer et pointer
o Textures acceptées
o Lieux des repas et installation
o Matériel utilisé (assiette / couverts spécifiques ?)
o Autonomie, qui donne éventuellement ? Des différences ?

– Comportement de l’enfant
o Sélection (quelle entrée sensorielle identifiée : goût, texture, couleur / aspect, température)
o Attitudes possibles : refus, nausée, vomissement, grimace, recrache, garde longtemps en bouche, toux (FR ou nauséeux ?), lenteur
o Appétit ? Signes d’appétences face aux aliments ?
o Brossage de dents en place ? Difficultés rencontrées lors de l’étayage familial ?

– Habitudes familiales
o Aime cuisiner / manger
o Place de l’équilibre alimentaire
o Place de l’enfant lors de la préparation des repas
o Partage des repas
o Sélectivité éventuelle des parents passée et/ ou actuelle

– Stratégies éducatives face aux difficultés
o Chantage
o Forcing
o Distraction
o Changement de menu
o Incitation à goûter
o Punition
o Etc…

Examen clinique
– Observation globale de l’enfant > comportement, adaptation à la situation, aspects moteur, langage, socialisation, compréhension, relation parent / enfant, face-bouche
– Jeux sensoriels divers proposés pendant l’anamnèse en libre accès > observation du comportement spontané. Puis incitation au jeu et observation des conduites. Penser à tous les sens. => Profil de Dunn si nécessaire pour affiner la vision (ATTENTION pas étalonné à 30 mois).
– Examen sensoriel somesthésique corporel global > supporte ou pas d’être touché
– Accès au visage possible ?
– Examen endo buccal au doigt si possible > gouttières supérieures et inférieures, palais, langue, joues (tonicité / forme du palais)
– Bouche au repos : observation. Respiration buccale ? bavage ? Dentition ? Hygiène bucco-dentaire ?
– ATTENTION : recherche du nauséeux non pertinent (? a débattre dans les commentaires) le jour du bilan. Encore moins si les parents vous décrivent un nauséeux. Un nauséeux peut être déclenché sur d’autres réseaux sensoriels que la voie somesthésique.
– Essai alimentaire si possible (textures différentes) > indispensable si enfant non autonome dans la prise alimentaire. Observer notamment l’entrée en bouche de la cuiller, position de la langue de l’enfant, fermeture de la bouche, mouvements de langue, déglutition
BILAN de LANGAGE incontournable

Outil orthophonique de guidance parentale en oralité

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Outil orthophonique de guidance parentale

Présentation des Livrets de Guidante en Oralité
Voici un outil constitué de 15 fiches de guidance (3 livrets de 5 fiches), correspondant à 15 semaines d’activités visant à soutenir l’oralité alimentaire et verbale des enfants.

Cet outil a été pensé pour des enfants à partir de 12/18 mois mais peut se proposer pour des enfants plus grands.

Répétées régulièrement dans le quotidien, les activités proposées vont soutenir le développement de l’oralité alimentaire, ou le stimuler quand certains événements de la vie de l’enfant viennent l’entraver (naissance prématurée, nutrition entérale, hospitalisation, handicap, …).
Un enfant présentant un trouble de l’oralité, quelle qu’en soit l’origine pourra donc être ainsi soutenu grâce à l’investissement plus spécifique de la famille auprès de l’enfant.

***

Objectifs
Pourquoi cet outil de guidance parentale ?
–  les familles sont les intervenants les plus précieux pour stimuler au plus juste leur enfant.
–  toute prise en charge touchant au développement mérite fréquence et cohérence des activités, et que les parents sont les mieux placés pour les proposer
–  le développement est une histoire de tricot entre les aiguilles de l’environnement et « l’équipement » neurophysiologique de l’enfant.

Les 8 clés de l’outil
1 – la plasticité cérébrale : plus précoce est l’intervention, plus efficace elle est. Il parait capital d’intervenir tôt afin d’éviter les retentissements importants habituellement vus chez certains enfants avec des sélectivités alimentaires majeures, et un déséquilibre des apports nutritionnels qui ne sont pas sans interroger sur la santé des adultes qu’ils deviennent (obésité, anorexie, néophobie alimentaire de l’adulte, …)

2- l’intégration sensorielle multimodale : chaque sens est abordé, stimulé, au gré des semaines. Si un sens est « visé », il s’appuie toujours sur d’autres entrées sensorielles et sur des émotions / affects « positifs » avec le parent afin que son intégration soit cohérente pour l’enfant.
La théorie de différents auteurs / professionnels tels que André Bullinger, Jane Ayres, LJ Miller, Isabelle Barbier (pour n’en citer que quelques uns), constituent le fil conducteur de cet aspect développé à travers les activités proposées.

3- la communication : l’outil favorise la communication autour de l’alimentation afin que les enfants touchés par des troubles de l’oralité et tardant à entrer dans le langage oral (ce qui est fréquent) puissent exprimer par d’autres biais ce qu’ils aiment, n’aiment pas, cela, entre autre, pour éviter des troubles du comportement importants tels qu’il est fréquent d’en voir chez ces enfants.

4- les supports imagés proposés pour communiquer représentent une entrée visuelle qui va accompagner la compréhension que l’enfant va peu à peu poser autour de ce que ses sens codent lorsqu’il mange. Ils vont pouvoir permettre à certains enfants d’anticiper les repas, et de possiblement moins les appréhender. Les enfants porteurs d’autisme seront particulièrement aidés à travers cet aspect proposé.

5- un environnement porteur : les familles vont être invitées (et non contraintes puisqu’il s’agit chaque fois de « piocher » parmi les activités proposées) à offrir à leur enfant, peu à peu, un cadre favorisant l’accès à une oralité satisfaisante : partager des repas et leur préparation, accepter les doigts dans l’assiette voire le favoriser, …

6- une approche plus spécifique autour du sens du toucher, avec notamment des activités très progressives visant à désensibiliser les enfants qui présentent une hypersensibilité, notamment importante touchant l’accès au visage.

7- des fiches d’observations qui vont implicitement guider les parents sur les aspects fondamentaux du développement, et les rendre peu à peu experts pour stimuler leur enfant. Celles-ci rendues à chaque rendez-vous représenteront un support d’échanges actifs pour la prise en charge orthophonique.

8- Cet outil de guidance propose également de manière très implicite des situations qui vont amener les familles à cheminer auprès de leur enfant qui présente des difficultés alimentaires.

Quelle limite à cet outil ?
– les familles analphabètes ne peuvent l’utiliser puisqu’il s’agit d’un support écrit.

Vous trouverez des exemples de fiches proposées aux familles ici et

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*** Pensez à télécharger votre livret juste après le règlement de celui-ci quand le lien s’affiche.

Comment stimuler l’oralité d’un enfant ?

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Votre enfant montre des fragilités voire des difficultés pour s’alimenter ?
Vous voulez l’aider, l’accompagner au quotidien ?
Que faire ?

Aider au moment des repas ET en dehors des repas. C’est déjà une première chose à comprendre. Un enfant qui peine à accéder à une alimentation sereine ( refus des aliments, recrache, sélectionne, …) va avoir besoin d’un soutien spécifique pendant les repas, mais pas seulement.

Pendant les repas, un article vous a déjà été proposé ici ou encore .
Globalement on peut retenir : la bienveillance, le plaisir, l’oubli de l’équilibre alimentaire et des règles culturelles.
– N’hésitez pas à proposer des petits récipients à côté de l’assiette proposant le repas prévu, d’autres aliments en très gros morceaux à prendre à pleine main, ou en petits morceaux à attraper du bout des doigts, des petites choses nouvelles qu’elles soient sucrées ou salées.
– Laissez l’enfant découvrir de nouvelles choses, notamment sans peur des mains sales, même s’il « patouille » plus qu’il ne goûte, ce sera déjà une petite réussite.
– Proposez un cadre calme, apaisé et apaisant.
– Favorisez les repas en famille où l’enfant voit ses parents manger, et laissez l’enfant aller picorer dans les assiettes qui le tentent.
Acceptez le dessert avant le plat, le fromage après le dessert, … Oubliez vos règles d’adulte, et mettez à disposition le repas de l’enfant sur la table ; le laisser choisir l’ordre des aliments absorbés n’est pas délétère. Evitez néanmoins les desserts très riches type « danette » qui pourraient couper l’appétit si mangés en début de repas. Quoi que… il y aura des enfants pour lesquels la Danette favorisera l’éveil au reste du repas.
– Ne vous figez pas dans un programme type, gardez une certaine souplesse, même si je vous conseille pour plusieurs raisons d’imposer le repas « à table », bien installé sur une chaise à bonne hauteur.

– Entendez néanmoins, et sachez le voir si c’est le cas de votre enfant, que certains enfants ont besoin de repères fixes, notamment visuels, au moment des repas. Si vous comprenez cela chez votre enfant, favorisez un cadre stable, fixe : même set de table, même assiette, mêmes couverts. Proposez des ramequins ou des assiettes compartimentées. Ne changez pas trop les habitudes tant que les repas sont difficiles. Et si vous voulez commencer à varier le cadre du repas, essayez de ne faire varier qu’un élément à la fois.

Evitez absolument la surprise ou la feinte. Ne pas annoncer la purée de céleri en pensant que votre enfant la mangera croyant que c’est de la purée de pommes de terre, est une très GROSSE erreur qui va entretenir la difficulté de votre enfant.
=> Votre enfant doit pouvoir se mettre à table sans appréhension de ce que ses sens vont y découvrir. Mettez des mots sur ce que vous avez préparé… et encore mieux, invitez le à préparer avec vous, ou au moins vous regarder faire.

Et en dehors des repas ?
Pensez à tous ces jeux qui vont venir stimuler les sens de votre enfant, sans oublier le sens vestibulaire (qui correspond à celui de l’équilibre). Ainsi, les idées suivantes :
– bercements sur les genoux type bateau sur l’eau
– monter sur les genoux pour jouer au cheval
– danses dans les bras des adultes
– faire l’avion
– être roulé sur le lit
– balançoire
– toboggan
– monter sur les épaules pour aller se promener
– être dans la poussette avec maman qui court en la poussant, puis ralentit

– faire de la pâte à modeler à 4 mains avec un adulte, ou à deux mains si c’est possible.
– toucher les vieux tissus doux (c’est le moment de recycler les vieux vêtements et d’en découper des paires de carrés de tissus à tripoter, à trier, à glisser entre les doigts ou sur les joues
– déchirer des pages de magazines, en faire des grosses boules avec les mains,
– mouiller des pages de magazines, et en faire des boules avec les mains, puis les peindre quand c’est sec, et / ou les rouler dans la semoule, …
– jouer au sable
– jouer à la dînette avec farine et cacao, mais aussi avec les poudres à entremets odorantes, ou avec des épices (curry, thym,…)
– faire des pâtes à cookies, ou des pâtes sablées puis des biscuits avec des emportes pièce.

– sentir les flacons de parfum, les bouteilles de shampoing, les produits de beauté de maman, les paquets de biscuits, de chips aromatisées, les boissons, les paquets de cacao, ….le repas évidemment, surtout à défaut de goûter
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– jouer à se maquiller… puis se maquiller avec des denrées alimentaires, et se photographier ou se regarder dans la glace
– masser le visage de votre enfant avec les mains chaudes, froides, avec ou sans lait de toilette, de l’huile d’amande douce, mains sèches ou mouillées, et inverser les rôles.
– jouez à deviner « sur quoi on marche » et préparer un parcours découverte avec des sacs de congélation recouverts de tissus après les avoir emplis de riz, semoule, farine, caillou, sable, etc…

Faites de votre enfant votre premier partenaire de « cuisine ». Invitez le à voir ce qu’il se passe quand vous épluchez les légumes, etc…

Allez vous promener et sentez la pluie, les feuilles, …
Ecoutez les bruits, racontez les…

Cela mériterait un livre entier, non ? 😉

La petite règle à tout cela : fréquence, cohérence… PLAISIR de faire ensemble ! Et si vous sentez que votre enfant est peu enclin à certains types d’activités, il y a fort à parier que c’est justement celles de ce type là qu’il va justement falloir favoriser et non abandonner pour l’accompagner indirectement vers une oralité plus investie.
On en reparle ?

… et n’oubliez pas que vous pouvez vous faire aider : quels professionnels peuvent vous aider ?

Des livrets de Guidance Parentale ont été conçus afin de vous accompagner plus spécifiquement autour de ces difficultés ici

Troubles de l’oralité : quels enfants ? quels terrains ?

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Pourquoi un enfant a-t-il des problèmes alimentaires ?
Troubles de l’oralité : quels enfants ? quels terrains ?
Quand on est face à un enfant présentant des troubles de l’oralité, à quoi devons-nous penser ? Quelles sont les pistes à explorer pour dépister un trouble de l’oralité, pour comprendre sa construction, et envisager les aides à proposer ?

Nous allons chercher si l’enfant que nous rencontrons a des antécédents qui permettraient de comprendre le point de départ de la difficulté :
Cet enfant est-il prématuré ? entre 40 et 75 % des prématurés rencontrent des troubles alimentaires en fonction du moment de leur développement. Ces enfants sont souvent touchés, en lien avec les retentissements de leur naissance prématurée sur leurs organes (poumons / cerveau / système digestif / cœur) ET leurs premières expériences de vie multipliant souvent des soins invasifs sur le plan sensoriel, touchant de près leur oralité : CPAP, SNG, etc …
Cet enfant a-t-il / a-t-il eu des problèmes digestifs ? RGO pathologiques, allergies alimentaires, … Tout enfant qui a un vécu douloureux en lien direct ou indirect avec l’alimentation peut présenter des troubles de l’oralité
Cet enfant a-t-il / a-t-il eu une nutrition entérale ou parentérale, qui, nous le savons, n’est pas sans induire des retentissements importants sur l’oralité des tout-petits quand cette nutrition dure dans le temps et /ou que des soins de prévention ne sont pas proposés en parallèle de cette période de nutrition entérale ou parentérale.
Cet enfant a-t-il des troubles respiratoires importants ? Manger est alors fatigant, l’appétit peut sembler réduit : l’enfant mange alors assez peu, quelle que soit la texture L’environnement peut être tenté de forcer, et déclencher chez l’enfant une connotation négative de l’alimentation, avec répercussions plus larges autour de l’oralité.
Cet enfant a-t-il des problèmes neurologiques (AVC, épilepsie, IMC, …) qui pourraient amener des dysfonctionnements autour des aspects fonctionnels de l’alimentation (déglutition, mastication, salivation, réflexes, …) ou des aspects sensoriels (traitement neurologique des stimuli en lien avec l’alimentation altérés).
Cet enfant a-t-il des troubles du développement ? On sait que les retard de développement, les troubles du spectre autistique, les syndromes génétiques ou chromosomiques, et d’autres troubles montrent souvent un tableau de troubles divers dont des particularités alimentaires.
Cet enfant a-t-il dans sa famille des personnes qui présentent / ont présenté des troubles similaires : l’aspect épigénétique est avancé par Mme Senez entre autre, et vérifié pleinement dans la clinique.
Cet enfant a-t-il un vécu négatif autour de sa « sphère orale », avec des soins invasifs (comme les prémas en vivent), des hospitalisations ayant amenés des ajustements difficiles autour de l’alimentation, … Les souvenirs sensoriels-émotionnels laissent des traces prégnantes chez certains enfants avec une intégration sensorielle perturbée qui retentit sur la prise alimentaire.
Cet enfant a-t-il un syndrome malformatif touchant le cerveau / le système digestif / le cœur / les poumons ? Ce sont autant de fonctions qui, altérées, peuvent retentir nettement sur l’alimentation d’un enfant.Continue reading Troubles de l’oralité : quels enfants ? quels terrains ?

Diagnostic différentiel « troubles de l’oralité » / « néophobie alimentaire »

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Voici une vidéo autour d’une diapositive de la présentation que j’ai dernièrement proposée à des professionnels de santé autour des troubles de l’oralité :
– lors des 8h chrono de Pédiatrie du 5 novembre 2015 à Etretat,
– lors de la 1ère journée régionale des troubles de l’oralité de ma région.

Le sujet traité ici : les signes cliniques précoces, et le questionnement autour du diagnostic différentiel avec les néophobies alimentaires.
Cette courte vidéo s’inscrit dans un film plus complet de cette présentation qui sera en ligne sur le blog très prochainement.
N’oubliez pas que cette diapositive est sortie de son ensemble. Le diagnostic différentiel des troubles de l’oralité ne se limite pas à la néophobie alimentaire.

Livret de Guidance Oralité n°3

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Voici le Livret de Guidance n°3.

Les objectifs de ce livret :
– verbaliser autour des aliments. S’accompagner de supports visuels pour « décider », « choisir », « juger », …découvrir et goûter 🙂
– estomper les sensations désagréables en bouche
– contrôler sa bouche de plus en plus précisément
– « toucher avec les yeux, regarder avec les mains et sentir avec les oreilles » > poursuivre l’intégration sensorielle positive pour cheminer vers une alimentation sans mauvaise surprise.

Pour y accéder, cliquez ici :

Souvenez-vous que ce livret de guidance, suit ces deux là :


et

ATTENTION LE LIEN DE TELECHARGEMENT APPARAIT DES VOTRE REGLEMENT SUR LE SITE.
En cas de difficulté, contactez moi immédiatement à oralite.alimentaire.verbale@gmail.com, je vous enverrais vos livrets par mail directement si une erreur survenait.

Pour plus d’informations sur ces livrets, vous pouvez vous rendre sur cet article précédent : Que sont les Livrets de Guidance ?

Pour se procurer directement les 3 livrets, cliquez ici

Si vous voulez partager vos retours sur le blog à propos de l’utilisation des livrets, ou poser des questions pour avoir des informations supplémentaires, les commentaires vous attendent. 🙂

Massages de désensibilisation

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Ces massages me viennent de Mme Senez. Peu à peu, je les ai faits « miens ». Je vous propose ma pratique suite à cet enseignement que j’ai reçu de Mme Senez. La vidéo qui accompagne vous permettra de visualiser ma réalisation de ces massages.
Le massage du palais était un peu différent dans l’enseignement de Mme Senez dans le sens où elle suggère trois angles de frottements. A force de voir des petits (avec des « petits palais »), ma pratique s’est modifiée, et j’avoue que j’ai oublié à force la technique « propre ». Néanmoins, ayant des résultats cliniques tout à fait satisfaisants, je la partage avec vous. Il conviendra d’adapter le geste pour des patients plus âgés en gardant à l’esprit l’explication de ces massages.

Pourquoi propose t-on ces massages ?
En frottant tous les espaces sollicités par les aliments lors de l’alimentation, on permet aux capteurs sensoriels de la bouche d’augmenter peu à peu leur seuil de réactivité , et donc de ne plus sur-réagir face à toute les stimulations proposées par les textures alimentaires (les capteurs sensoriels s’habituent, comme notre nez, habitué à notre parfum, ne réagit plus).

Quand les utiliser ?
Je vous parlerai là de mon expérience :
Je les utilise très fréquemment pour :
– les enfants présentant des hypersensibilités intrabuccales avec répercussions sur l’alimentation
– les enfants AYANT présenté une hypersensibilité intrabuccale nette (mais non repérée ensuite) et qui présentent toujours des troubles de l’oralité
– les enfants qui présentent une quasi absence de production verbale dès 12 mois, ce même sans particularité alimentaire => ils se mettent TOUS à diversifier leur babillage en 15 jours (SAUF les enfants autistes => observation clinique qui n’engage que quelques cas)
– les enfants à risques (Bronchodysplasie chez grands prémas) dès 6 mois d’âge réel.

Je ne les utilise pas si :
– aucune possibilité d’apprentissage « propre » du geste chez les parents
– enfant pour lequel le visage voire les lèvres ne sont pas accessibles. Il y a d’autres choses à proposer avant.
– enfant qui présente une dysoralité sensorielle non tactile (rare)

Pendant combien de temps :
Je ne donnerai que mon expérience clinique, qui, en parallèle de l’enseignement de Mme Senez prend ce sens :
il me semble que les massages sont à proposer tant que le relai alimentaire n’est pas clairement établi. Mme Senez parle de 7 mois pour tous. Or certains petits ont eu des parents qui ont abandonné avant dans ma clinique : les uns n’ont eu aucun retour en arrière (ils mangeaient normalement au moment de l’arrêt), les autres ont régressé +++ MAIS n’avaient pas du tout accès à une alimentation diversifiée clairement sur le plan des textures (malgré leurs possibles nombreux progrès).

Observations dans l’évolution des enfants :
– la première semaine déroute les parents. L’enfant trouve cela peu agréable, tente d’éviter l’étape « massages », et avouons que 7 évitements par jour, c’est lourd pour les parents. C’est pourquoi la petite visite orthophonique une semaine plus tard est indispensable : pour vérifier le geste parental, et regonfler le moral des troupes 😉
– la deuxième semaine : les enfants qui ont des parents « réguliers » commencent à rentrer dans le jeu et un bon nombre réclament eux mêmes les massages en pointant leur bouche.
– la 3ème semaine : les premières observations d’évolution sont palpables : tant sur le plan alimentaire que verbal.

Le plus dur ? Tenir sur la durée ?
– quand les parents arrêtent sous prétexte que malade ou autre : retour en arrière assuré ! Tant que la bouche n’est clairement pas désensibilisée, tout arrêt fait perdre le travail accompli.
– certains enfants mordent. On prend alors le manche de la brosse à dents bien rond, ou le dos de la brosse (envers des poils) ou tout autre astuce (les parents en trouvent plein !). En séance, j’opte pour le doigtier en silicone épais si besoin.
– et les orthos gants ou pas gants ? Pour ma part > pas de gants ! Mes petits sont très très souvent passés par les services hospitaliers et leurs sens se souviennent des gants : certains pleurent en les voyant, d’autres en les sentant,… J’ai renoncé. Je lave consciencieusement mes mains au liquide hydro-alcoolique puis au savon. ATTENTION, rappelons l’importance du produit avec lequel on doit se laver les mains avant les massages ! Essayez de choisir un savon neutre sans odeur (au moins au départ).
– et ceux qui ferment les dents ? Je propose au moins de masser les gencives…. et chaque famille trouve son astuce ! Une des miennes… Passer par une période parallèle où on se suce chaque doigt dès qu’on peut… OU masser l’enfant dans un contexte de lavage de mains de l’enfant, quand il est dos à nous, en approchant ma main mouillée à l’eau (souvent, par réflexe, ils cherchent à lécher mes doigts).

Et la chanson ?
Chacun la sienne. Je suggère d’en choisir une qui rythme nos mouvements de doigts… mais le tout c’est surtout de mettre du plaisir et de la joie autour de ce rituel. Certaines familles ne chantent pas, et les enfants avancent quand même 😉

Renforçateurs ?
Au départ je propose à certaines familles de faire des tableaux pour que l’enfant ait un « plaisir » qui motive la réalisation des massages.

Mon conseil ?
S’entraîner dans toutes les bouches qui vont bien autour de nous avant de se lancer dans celle de celui qui va mal.

Autre chose à proposer en parallèle ?
Même si Mme Senez pense que « non, les massages suffisent », je ne partage pas ce point de vue. Certains enfants auront juste besoin de massages, mais le plus souvent ils auront besoin d’une prise en charge plus globale de leurs troubles sensoriels, qui, rappelons le, ne touchent bien souvent PAS QUE le tactile bouche, mais aussi le « tactile mains » et/ou le « tactile pieds » voire le « tactile corps », mais aussi… les autres sens ! et contrairement à ce qu’on vous a toujours fait croire, non nous n’avons pas 5 sens, mais bien plus ! (l’audition, la vue, le goût, l’odorat, le toucher… mais aussi la thermoception, la nociception, la proprioception ET le sens vestibulaire… et ce dernier est loin d’être le plus innocent dans les troubles sensoriels observés !)

Des questions ? 😉