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Formations Oralité & PEC orthophonique du Tout Petit

Formations Oralité & PEC orthophonique du Tout Petit published on 21 commentaires sur Formations Oralité & PEC orthophonique du Tout Petit

Formations Oralité
Formations PEC Orthophonique du Tout Petit

Au regard du GRAND nombre de mails reçus chaque jour visant à « s’inscrire » ou « avoir des dates » pour les formations de fin d’année 2017 et 2018, sachez que j’ai pour le moment « gelé » les projets. Toutes les dates initialement prévues ont été bousculées.
Pour des raisons personnelles, mais aussi pour remplir correctement toutes mes missions de formations, et d’informations, il me faut garder un peu de temps.
Voici néanmoins les villes prévues dans mon tour de France 2018 : Lyon, Rouen, Lille, Aix-Marseille.
J’ai également d’ores et déjà accepté des projets à Brioude (Oralité) et Chambéry (PEC du tout Petit).
D’autres sont en réflexion : région parisienne.
Dans ces dernières villes, les inscriptions ne se feront pas via mon site.

Afin de répondre au mieux à vos demandes, voici un Doodle qui vous permettra :
– de vous faire connaître (laissez votre mail) : je vous contacterai deux jours avant la mise en ligne des inscriptions afin que vous ayez une place garantie.
– de suggérer les éventuelles villes où vous souhaiteriez que les formations soient proposées.
Sondage Formation PEC Orthophonique du Tout Petit
Sondage Formation Oralité

Je vous remercie vraiment de votre confiance et de votre compréhension.

Prise en charge orthophonique du langage (2)

Prise en charge orthophonique du langage (2) published on 2 commentaires sur Prise en charge orthophonique du langage (2)

Prendre en charge des enfants sans langage (2)
Quand les prérequis de communication sont fragiles.

suivi orthophoniqueLa prise en charge orthophonique d’enfants petits est très spécifique. Nous en avons déjà parlé dans plusieurs articles :

ici et

Aujourd’hui je vous propose d’évoquer la prise en charge de ces petits qui ont des prérequis fragiles voire absents.

Comment se présente cet enfant ?
Son profil change selon ses particularités développementales et ses contraintes sensorielles.

  • Il est souvent agité sur le plan moteur
  • Ou très calme, régulièrement hermétique à vos tentatives d’interactions
  • Il se pose peu, et ne joue pas « avec l’autre, ou cela dure très peu de temps
  • Il vide votre caisse de jouets, sans se soucier du type de jouet qu’il manipule.
  • Il focalise son attention sur un jouet en particulier, sans l’utiliser « à bon escient »
  • Il tape les objets entre eux, les porte à la bouche
  • Il insiste pour encastrer, sans se soucier des formes > il prend peu appui sur les indices visuels
  • Il coordonne difficilement son œil et sa main, et à tendance à ne pas s’appuyer sur sa vue pour assister ses actions
  • Il tombe ou se cogne souvent. Il est maladroit
  • Son visage est peu expressif.
  • Il bave mais ne s’en montre pas gêné / il a souvent une tétine en bouche
  • Il crie pour demander, montre sa frustration en pleurnichant
  • Il peut abîmer les jouets : marche dessus sans y prêter attention
  • Il ne demande pas en montrant. Ou peu souvent.
  • Il montre en tendant le bras plutôt que le doigt
  • Rester assis est difficile
  • Il aime tourner les pages d’un livre mais ne regarde pas vraiment les images
  • Ou au contraire fixe longuement son attention sur une page, examine les détails plutôt que les éléments principaux
  • Il répond irrégulièrement aux sollicitations des adultes
  • Il supporte difficilement les bruits > a rapidement peur
  • Il est bruyant sans que ça ne semble le gêner
  • Il joue seul longuement avec le même jouet, sans solliciter l’adulte
  • Il ne s’intéresse pas aux objets, aux événement qu’on l’invite à regarder

Je ne poursuivrai plus longuement ce listing qui ne sera jamais exhaustif, et dont les points ne s’additionnent pour un même enfant. Je ne pointe là que des repères, des signes, qui permettent de situer les enfants qui sont visés par la prise en charge abordée aujourd’hui.

Quelles fragilités / difficultés peuvent-ils avoir ?
Sensorialité : bien voir / bien entendre / …
Motricité
Coordination œil / main
Motricité globale (répercussions sur l’exploration)
Intégration neurosensorielle :
hyper ou hypo « lecture » des informations de l’environnement
difficultés dans la coordination des informations
difficultés dans la modulation des réponses à apporter
Compréhension
Etayage nécessaire (contexte / geste / support visuel)
Expression
Limitée en lien avec les difficultés précédentes

Que proposer à ces enfants en orthophonie ?
Nous savons qu’il va falloir travailler Continue reading Prise en charge orthophonique du langage (2)

Commander Oral Ortho Petits

Commander Oral Ortho Petits published on Aucun commentaire sur Commander Oral Ortho Petits

Oral Ortho Petits
est un outil de remédiation destiné à la prise en charge orthophonique des enfants petits, et plus spécifiquement des enfants petits qui ne parlent pas encore.

J’ai construit cet outil au cours de ma pratique d’orthophoniste de CAMSP auprès d’enfants de moins de 3 ans. Je partage cet outil avec les orthophonistes depuis un an maintenant, et propose des formations sur la Prise en Charge Orthophonique des tout petit.
Image-1-2Pour en savoir plus sur Oral Ortho Petits, je vous conseille les articles suivants :

Oral Ortho Petits : « prérequis et réflexions »
Oral Ortho Petits : outil de remédiation en orthophonie
Prise en charge d’un enfant de moins de 3 ans
langage oral : le tout petit, ses parents et l’orthophoniste

Oral Ortho Petits, c’est quoi ?
15 semaines de prise en charge :
– 15 fiches séances décrivant les activités proposées + 15 fiches maison associées qui proposent aux parents des activités courtes à reprendre dans la semaine. Vous pouvez acheter puis télécharger en ligne les fiches ici :


– 30 jouets
– 33 photos
– 1 fiche A3 récapitulative
– 2 fiches A4 regroupant 9 photos des jouets utilisés
– Des fiches pictos, offertes, montées grâce aux pictos d’Araasac

Plusieurs possibilités s’offrent à vous :
1/ Acquérir les fiches (que vous pouvez alors télécharger en ligne) qui décrivent 15 séances, et leur « fiche maison » associée qui explique aux parents leur mission hebdomadaire. Par ailleurs, vous vous procurerez les 30 jouets et vous fabriquerez les supports visuels seuls.
Vous pouvez acheter puis télécharger en ligne les fiches ici :


2/ Acquérir les fiches, les jouets et les photos sur support CD OU lien internet (remplir le bon de commande et nous l’envoyer)
3/ Acquérir les fiches, les jouets et les photos sur support CD OU lien internet ainsi que les imprimés (4 jeux de photos non plastifiées) et la fiche A3 récapitulative plastifiée (remplir le bon de commande et nous l’envoyer)

Cliquez pour remplir le bon de commande

Questions les plus fréquentes :

De quels jouets s’agit-il ? Les marques sont diverses : Playmobil 123, mais aussi Schleich ou Papo, Goki, Corolle, Erzi voire Majorette ou Oxybul. Il y en a 30 par pack. Les modèles de jouets varient dans les packs mais respectent chaque fois cette charte visant à vous proposer des jouets de qualité, facilement lavables puisque destinés à être fréquemment manipulés. Seules les lunettes demeurent fragiles.  Je vous invite à lire cet article pour plus de précisions
Un paiement en 2 fois est possible ?
Oui ! Pour cela, contactez nous par mail : oral.ortho.petits@gmail.com
Comment sont transmises les  photos ?
Elles sont envoyées par mail en parallèle des colis, ou par CD : pensez à préciser votre choix sur votre bon de commande.
Quand recevons-nous les fiches achetées en ligne ?
Elle se téléchargent en ligne immédiatement après l’achat pour vous permettre de découvrir l’outil directement. En cas de lien expiré, contactez moi par mail à oral.ortho.petits@gmail.com, je vous les renvoie.


J’ai déjà les fiches et souhaite maintenant acheter les jouets et photos, possible ?
Oui c’est possible d’obtenir le reste du pack dans un second temps si votre premier achat a été fait en votre nom. Aucun pack n’est autrement vendu.
Comment savoir si des  packs complets sont disponibles ?
Nous faisons en sorte d’approvisionner le stock de jouets régulièrement. Le délai d’envoi oscille entre 1 et 3 semaines. Les périodes de vacances scolaires peuvent ralentir les envois.
Comment commander ?
Téléchargez votre bon d’envoi ci-dessous, remplissez-le et renvoyez-le à l’adresse indiquée.

Bon de commande OOP+

Pour toute question, n’hésitez pas à envoyer un mail à oral.ortho.petits@gmail.com

Oral Ortho Petits : « prérequis et réflexions »

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Oral Ortho Petits : « prérequis et réflexions ».

Cet article vise à accompagner les orthophonistes qui ont acquis l’outil de remédiation Oral Ortho Petits .

Voici les 7 points développés dans cet article :
1. Oral Ortho Petits : les parents
2. Oral Ortho Petits : installation de l’enfant
3. Oral Ortho Petits : les jouets
4. Oral Ortho Petits : les photos
5. Oral Ortho Petits : prise en charge multimodale
6. Oral Ortho Petits : les aspects praxiques
7. Oral Ortho Petits : enfants porteurs de TSA

1. Oral Ortho Petits : les parents
Il est indispensable de recevoir les parents dans le bureau pendant toutes les premières séances. Pourquoi ?
– En vous regardant jouer avec leur enfant, les parents reçoivent une guidance implicite. Même les parents qui paraissent « peu concernés » s’emparent d’informations.
– Ils vont être encouragés à reprendre cette attitude adoptée avec des « plus petits », en faisant « question-réponse ».
– Ils vont s’emparer du temps de jeu attendu, qui n’est pas si large qu’ils l’imaginent souvent au départ.
L’accueil des parents est indispensable à soigner pour que le protocole prenne sa place dans le quotidien familial.
Il est important que vous puissiez échanger avec eux autour de leurs fréquents sentiments d’échec à la maison avec les fiches.
Lors des premières séances, souvent les enfants ne donnent pas les images comme attendu à la fin des fiches maison. Ils ne montrent pas toujours non plus un très grand intérêt face aux photos. C’est donc grâce à vos encouragements, à vos observations que vous allez pouvoir les aider à poursuivre. Il est parfois important d’expliquer que le plaisir que les parents « montrent » va peu à peu diffuser sur l’enfant s’ils « tiennent bon » dans leur « jeu d’enthousiasme ».
Dans mon bureau, après les 2 premières fiches, 80% des parents reviennent  en me disant que l’enfant ne fait rien, qu’il n’est pas coopérant, qu’ils n’ont rien pu remplir dans le tableau : c’est NORMAL.
Il est à ce moment-là capital que vous rappeliez que le protocole vise au départ la compréhension, et non la production (souvent, ils s’impatientent que l’enfant ne disent pas les mots).
Important aussi que vous valorisiez ce que vous percevez des progrès de l’enfant / des retentissements de ce que les parents ont fait à la maison.
Les parents représentent la clé de la réussite de la mise en place de ce protocole. Il est donc très important d’écouter les parents, de leur expliquer ce que vous faites et pourquoi afin de pouvoir établir un lien de confiance indispensable.
Sans leur participation, je vous invite soit à intensifier la fréquence de vos séances (3/4 fois par semaine), soit à changer d’intervenant privilégié (il m’est arrivé de travailler avec une nourrice, une mamie, …).

2. Oral Ortho Petits : installation de l’enfant
Tout protocole n’efface pas la réflexion professionnelle qui nous anime pour chacune de nos prises en charge. Quand on utilise un protocole de remédiation, il est nécessaire de garder toute la flexibilité qui nous permet d’organiser nos connaissances avec intelligence.
L’installation de l’enfant est un des aspects qui doit être chaque fois revu, évalué, non seulement pour chaque enfant, mais également au cours de la prise en charge en fonction de l’évolution.
J’ai fait le choix d’installer les tout-petits qui présentent de grosses agitations motrices, ou des troubles moteurs sur une chaise à accoudoirs, dos au mur. J’approche la table devant eux. Ils ne peuvent ainsi reculer leur chaise. Lors des premières séances cela peut être indispensable pour les canaliser.
Au contraire, lorsque les enfants sont relativement attentifs, marchent, se baissent et se relèvent sans trop de difficulté, je propose au départ de la prise en charge des activités autour une table basse, avec ou sans chaise. Quoi qu’il en soit, les enfants peuvent tout à fait se lever, bouger dans le bureau.
Pourquoi ?
Je privilégie autant que possible l’intégration sensorielle multimodale. Plus un jeu sollicite de sens, plus cela va aider l’enfant. Néanmoins, l’aspect multimodal ne doit pas représenter une contrainte supplémentaire pour l’enfant. Il convient donc d’évaluer si les déplacements de l’enfant dans l’espace du bureau vont être porteurs ou pas.
Il arrive que je propose une installation « cadrée » en début de prise en charge, et que peu à peu, l’enfant soit en mesure de traiter toutes les informations (dont vestibulaire, proprioceptif, …).
Il se peut également que les enfants soient peu à peu en demande de cette installation « à table ».
Quoi qu’il en soit : pensez à réfléchir cet aspect de la prise en charge.
bureau

3. Oral Ortho Petits : les jouets
Le choix des jouets compris dans le pack complet s’appuie sur plusieurs points que je souhaite développer pour ceux qui regrouperont eux-mêmes les jouets. Quelques règles ont soutenu mes choix :
– des jeux facilement lavables : les petits mettent encore souvent les jouets à la bouche, ou les mains de leur bouche jusqu’aux jouets. Par ailleurs, il arrive avec certains enfants qui présentent des troubles de l’oralité alimentaire ET verbale, que nous jouions avec les jouets du protocole dans le sable kinétique (notamment en fin de protocole). Il est important que les jouets soient « adaptés ». Idem pour « l’eau ».
– des jouets solides… et d’autres plus fragiles. S’il est important que les jouets ne se brisent pas sous les « actions » quelquefois inadaptées des enfants (je pense à ceux qui les lancent par exemple), il est aussi intéressant d’avoir des jouets plus fragiles : une paire de lunettes qui se manipule avec prudence par exemple.
– des jouets « simples », tant sur le plan visuel que sur le plan de leur manipulation. Ils doivent donc être adaptés à la préhension des tout-petits, à leur maladresse gestuelle.
– des jouets ne déplaçant pas l’attention que nous attendons d’eux. Par exemple, quand j’utilise le biberon en séance, c’est dans le but que l’enfant me regarde bruiter le bébé qui boit. Si le biberon est un biberon magique, l’enfant va avant tout découvrir cet aspect visuel, et avoir plus de mal à s’orienter vers mon visage.
– des jouets offrant des expériences sensori-motrices : un train méritant que l’on accroche locomotive et wagon, une poupée à prendre « comme il faut » pour pouvoir lui donner le biberon.
– des jouets de différentes origines offrant des poids, des textures, des proportions différentes pour développer les aspects proprioceptifs. Or qui dit « variabilité proprioceptive » dit « aide à l’intégration sensorielle ». Nous pourrions imager cela ainsi : plus aisé de retrouver sa chaussette blanche parmi des chaussettes de couleurs ET de matières VOIRE de taille différente, non ? Et parmi les chaussettes mouillées ou sèches ? 😉
– des jouets accessibles dans le commerce pour favoriser des utilisations éventuelles à la maison pour les parents qui voudraient se procurer les mêmes jouets. Il est indéniable qu’il serait très pertinent de « prêter des jouets » plutôt que des photos à certains enfants.
poison rouge

4. Oral Ortho Petits : les photos > comment ?
– Si vous faîtes seul vos photos, pensez à l’aspect « contraste ». Vous choisirez un fond uniforme, noir pour un objet clair, blanc pour un objet foncé, ou proposant une couleur complémentaire à l’objet. Vous veillerez aux reflets qui gêneraient la lecture visuelle de l’objet.
– Je vous propose d’imprimer 4 photos par page A4, puis de plastifier avant de couper les photos. Personnellement je les « prête » aux familles qui me les ramènent la semaine suivante avec la fiche maison remplie.
– N’oubliez pas de prévoir votre photo qui sera glissée parmi celle des jouets après la première séance.
– Lors de la première séance, je prends en photo l’enfant et l’accompagnant et imprime leur photo, les colle sur un support cartonné.
– Pour les fiches maison 9 et 10, je confectionne une fiche A4 qui présente les 9 images cibles (document Word dans lequel je copie-colle chaque photo, puis adapte les proportions pour que la fiche soit esthétiquement propre). Sous chaque image, je note le nom et l’action que les parents devront notés pour soutenir leur récit à la maison.
– Lorsque la fiche regroupant tous les jouets sont présentés, je les présente sur un support A3 selon la même procédure que précédemment. Je plastifie ensuite la fiche, et y ajoute une bande velcro pour que le support puisse être présenté tant de manière horizontale que verticale (j’ai une bande support sur le mur par ailleurs).
lion

5. Oral Ortho Petits : prise en charge multimodale
A aucun moment de l’utilisation du protocole, vous ne devrez perdre de vue l’aspect multimodal de la stimulation :
– l’auditif : l’enfant entend votre prosodie et vos mots
– le visuel : il voit votre bouche, les jouets
– le proprioceptif : il prend les jouets dans ses mains, les touche, les manipule
– le somesthésique : il touche les matière ET vous touchez l’enfant. N’oubliez pas cet aspect indispensable dont certains enfants ont absolument besoin, notamment quand un des canaux sensoriel est altéré ou quand il présente des troubles de l’intégration sensorielle.
Il est capital de proposer des modèles « plurisensoriels » chaque fois identiques et cohérents avec le jeu de l’enfant. Ainsi, non seulement vous prenez en charge le langage, mais aussi l’intégration sensorielle nécessaire au développement.

6. Oral Ortho Petits : les aspects praxiques
Dans le protocole, rien n’est précisé à propos de la prise en charge que je propose en parallèle sur le plan purement praxique (praxie BLF). Mais je tiens à préciser que cet aspect est pourtant fondamental à aborder avec la plupart des enfants.
Encore une fois tout dépend de l’enfant, de son profil, de la plainte initiale : quelquefois les aspects praxiques sont abordés d’emblée, d’autres fois j’attends un peu (notamment auprès des enfants avec suspicion de TSA).
Quant à mes stratégies rééducatives sur ce plan, je prévois de les aborder dans le prochain article qui portera sur le bavage. Je vous invite donc à vous abonner au blog pour être prévenu en temps de la sortie de cet article.

7. Oral Ortho Petits : enfants porteurs de TSA
De plus en plus il m’arrive de proposer Oral Ortho Petits aux enfants avec suspicion de TSA (ou diagnostic posé). Avant d’aborder Oral Ortho Petits, je mets en place des supports visuels pour coder les activités de la séance. Quand le rituel est acquis, que les enfants font le lien entre photo et jeu, je propose le protocole. La guidance parentale est alors indispensable pour que les parents « tiennent » face à ces enfants qui ne valident quelquefois que très peu leur plaisir ou leur compréhension au début de l’utilisation du protocole. Néanmoins, l’aspect « ritualisé », « répété » de Oral Ortho Petits soutient le plus souvent la compréhension de ces enfants qui présentent des compétences cognitives relativement préservées (pas de déficience sévère).

D’autres points mériteront d’être abordés dans un prochain article, notamment les moments « clés » du protocole qui me permettent de valider la pertinence de l’outil, ou d’en sortir temporairement.

Je vous invite à partager vos questions dans les commentaires. Nous pourrons ainsi partager les réponses 🙂mouton

www.oralite-alimentaire.fr : quoi de neuf ?

www.oralite-alimentaire.fr : quoi de neuf ? published on Un commentaire sur www.oralite-alimentaire.fr : quoi de neuf ?

Une fois n’est pas coutume, je m’autorise un petit billet sur ce blog pour remercier chacun de l’enthousiasme dernier exprimé dans les mails reçus :
– Votre confiance face à l’outil , Oral Ortho Petits
– Mais aussi face aux Livrets de Guidance Parentale en Oralité
– Votre fréquentation du blog de plus en plus importante (25000 ce mois-ci),
Tout cela m’encourage à poursuivre l’aventure des 5 années annoncées.

Dernièrement, je trouve que l’information autour de l’oralité se développe, se vulgarise, pour le plus grand plaisir des familles, et des professionnels (nombreux, mais pas encore suffisamment) qui comme moi bataillent pour faire avancer l’information.

J’ai compris à plusieurs reprises au cours d’échanges, de discussions (notamment sur les réseaux sociaux), qu’une plaquette d’information pour « tous » manque.
=> J’invite donc tous les professionnels qui travaillent autour des troubles de l’oralité à « monter leur plaquette d’informations ». Envoyez-moi votre plaquette, je partagerai vos « œuvres » sur le blog et sur la page https://www.facebook.com/oralite/ afin que nous puissions transmettre avec des « visuels » différents l’information sur la toile. Orthos, médecins, psychos, psychomots, ergos : à vos ordis ! J’attends vos premiers essais dans un mois. Je compte sur vous.
J’essaierai de jouer de jeu de mon côté entre la préparation des colis de ceux qui ont commandé Oral Ortho Petits.

Vos colis, parlons-en…
Quelle aventure là encore ! Je vais arrêter de vous proposer le lien « outil complet » à minuit, comme prévu. J’ai accepté les dernières commandes d’aujourd’hui tout en devinant que le délai risque de s’allonger un peu. J’espère que vous saurez patienter. Si cela vous était insupportable… vous connaissez tous et toutes mon email maintenant : oralite.alimentaire.verbale@gmail.com, nous trouverons une solution

L’offre de « l’outil complet de Oral Ortho Petits » cesse donc temporairement. Il reviendra dès que possible. En fonction de vos demandes… en fonction du temps que j’aurai pour cela. N’hésitez pas, là encore, à me faire connaître vos attentes, cela m’aidera à les anticiper (Oralite.alimentaire.verbale@gmail.com)
En attendant, les fiches restent en accès : libre à vous de vous procurer les jouets et de faire les photos de ceux-ci sur des supports contrastés.

Sur ce, je repars vers de nouveaux projets, pour les familles d’une part, et pour les collègues d’autre part… mais chuuuut… laissons le temps au temps.

A très bientôt pour un nouvel article sur le bavage…
Elisa

Oral Ortho Petits : outil de remédiation en orthophonie

Oral Ortho Petits : outil de remédiation en orthophonie published on 10 commentaires sur Oral Ortho Petits : outil de remédiation en orthophonie

L’outil de remédiation Oral Ortho Petits est prévu pour la prise en charge orthophonique d’enfants présentant un retard dans la mise en place du langage oral (réception et / ou production).

Je l’utilise depuis 2 ans dans ma pratique au CAMSP auprès d’enfants petits et de leur famille.
C’est suite à la publication d’un article sur ma pratique (ici) que le choix de partager cet outil a émergé suite aux nombreuses demandes des collègues. Après quelques efforts de présentation et de relecture, il s’apprête à sortir. Avant cela, je tenais à vous présenter cet outil plus précisément.

Il peut être adapté aux enfants présentant les profils suivants :
retards de langage oral, troubles globaux, voire certains enfants porteurs de TSA (ou suspectés l’être).
Il n’est pas pensé pour les enfants sourds ni pour les enfants déficients visuels (cécité).

Il peut être proposé à partir de 15-18 mois, dès que les prérequis au langage oral sont en place (attention visuelle et auditive, pointage, attention conjointe), même si ceux-ci sont fragiles (ces séances vont participer à les consolider). Il vise plus particulièrement des enfants qui ne produisent pas ou très peu de mots, avec ou sans retard en compréhension.

Il est prévu pour une prise en charge orthophonique proposant une séance hebdomadaire d’orthophonie en présence d’un des parents ou d’un tiers proche de l’enfant susceptible de reprendre avec lui les activités « maison » au quotidien. Il est en effet ensuite demandé à la famille de proposer tous les jours,entre deux rendez-vous, des activités avec l’enfant sur 5/10 minutes.

Ce travail propose 15 séances de rééducation de 30 min et 14 fiches pour la maison.

=> Vous trouverez les deux premières séances en ligne gratuitement ici : Oral Ortho Petits 1 et 2

Si la compréhension est tout d’abord favorisée et abordée, même quand l’enfant n’a pas de difficulté sur ce plan, ce n’est que pour permettre des occasions multiples de rencontres des mots dans des situations privilégiées qui offriront à l’enfant la possibilité de préciser le vocabulaire compris sur le plan phonologique et praxique en réception.
Des situations favorisant par ailleurs l’attention auditive et visuelle, mais aussi le contrôle praxique sont rapidement mises en place dans cette remédiation pour permettre à l’enfant d’intégrer efficacement les différentes informations (auditive, visuelles, sensori-motrices) utiles pour l’émergence de la production verbale.

Ce protocole vise donc à Continue reading Oral Ortho Petits : outil de remédiation en orthophonie

Partager le protocole de remédiation de langage oral ? Oui ? Non ? Comment ?

Partager le protocole de remédiation de langage oral ? Oui ? Non ? Comment ? published on 3 commentaires sur Partager le protocole de remédiation de langage oral ? Oui ? Non ? Comment ?

Article un peu à part aujourd’hui.
Des collègues m’ont contactée pour en savoir plus à propos de mon protocole de remédiation pour les tout-petits .
Entendant les demandes de partage, à la manière des Livrets Oralité, je viens vers vous afin d’évaluer plus précisément les attentes que certains partagent peut-être.

En répondant à ce bref questionnaire de 3 questions :

CLIQUEZ ICI POUR Y REPONDRE

vous m’aiderez à décider sous quelle forme partager cet outil en étant au plus proche de vos attentes.

Prise en charge orthophonique d’un enfant de moins de 3 ans

Prise en charge orthophonique d’un enfant de moins de 3 ans published on 12 commentaires sur Prise en charge orthophonique d’un enfant de moins de 3 ans

Prise en charge orthophonique d’un enfant de moins de 3 ans sans langage.

Je propose de vous parler de ma pratique personnelle auprès des enfants de moins de 3 ans que je suis au quotidien dans mon exercice professionnel. Il convient de préciser que je travaille dans une structure qui ne reçoit que des tout-petits.

Je distingue 4 situations.
1. L’enfant qui ne parle pas mais qui ne présente aucune difficulté majeure associée : cet enfant a de bons prérequis au langage oral, ne présente pas de retard sur le reste de son développement. C’est celle que je vais développer dans cet article.
2. L’enfant qui ne parle pas ET présente des prérequis fragiles voire déficitaires sans pathologie associée identifiée ou suspectée
3. L’enfant qui ne parle pas ET présente des prérequis fragiles voire déficitaires associés à une pathologie identifiée ou suspectée
4.L’enfant qui ne parle pas et présente un syndrome identifié annonçant d’emblée que le langage oral risque d’être déficitaire

Pourquoi distinguer ?
– Le travail orthophonique n’est pas le même entre les prérequis et la suite.
– Les pathologies offrent des pronostics différents à prendre en compte
– La guidance diffère auprès des familles selon le pronostic, le niveau de l’enfant, la pathologie associée.
– Les techniques de rééducation connues pour certaines pathologies sont à envisager / préparer.

Situation 1 : l’enfant a de bons prérequis au langage oral, mais il ne produit aucun mot.
Tout d’abord il convient d’identifier la contrainte ou les contraintes qui freinent l’entrée de cet enfant dans le langage.

Plusieurs possibilités :
– Aspect moteur du langage : praxies bucco faciales / oralité alimentaire
– Aspect auditif : otites / bouchons de cérumen / surdité légère
– Aspect visuel : vue déficitaire / aspects neurovisuels (bilan orthoptique à demander)
– Aspect attentionnel : agitation motrice
– Aspect environnemental : langage adressé à l’enfant / stimulations / fréquence-cohérence des schémas linguistiques proposés.

En fonction de la contrainte ou des contraintes repérées, on appuiera plus précisément sur certains aspects de la rééducation.

L’aspect praxique peut être consolidé par :
– les massages de Senez (voir ici)
– des approches sensorielles tactiles de la face via des massages (mains sèches / mouillées / crémées, froides, chaudes, gantées, …)
– des approches sensorielles vibratoires de la face et de la bouche (Z-Vibe / Brosse à dents à pile ou électrique)
– la cryothérapie : approche de la bouche (lèvres, langue, joues, palais) par du chaud, du froid, du glacé et proposition de praxies en imitation après une stimulation préalable du point d’appui avec un bâton glacé.
Les chewy-tubes/ les carambar / les sucettes / les bonbons Kréma : tout ce qui se mâche, se suce… et toujours dans le plaisir.
– Les grimaces cohérentes : mimer une praxie en s’appuyant sur le sens qu’elle a (sss / faire le mouvement du serpent avec le bras par exemple). Un exemple a déjà été développé dans un article destiné aux parents ici
Reeducation orthophonique et Chewy Tubes

Quoi qu’il en soit, toujours FAIRE et REFAIRE devant l’enfant avant qu’il soit en mesure de reproduire à son tour.
S’il a une contrainte visuelle, on va renforcer l’aspect sensoriel : on propose des massages à l’enfant, mais on appose aussi ses mains sur notre propre visage quand celui-ci se tord pour faire des grimaces.

L’aspect auditif va être contourné par le renforcement des entrées visuelles et corporelles / sensorielles tactiles
– Toucher l’enfant au rythme des mots grâce à des appuis sur les épaules ou les bras, mais encore en le faisant sauter sur les genoux
– Faire des grands mouvements qui rythment les mots
– Proposer les gestes de Borel implicitement en faisant des ralentis phonologiques
– Proposer des signes / gestes pour coder des mots / expressions.
– Placer l’enfant de manière très ajustée pour qu’il soit face à notre bouche quand on parle et le solliciter +++ pour qu’il la regarde au moment opportun.
Diagnostic différentiel "troubles de l'oralité" / "néophobie alimentaire"
L’aspect visuel demande l’intervention d’un spécialiste (orthoptiste) qui peut vous donner des indications sur les besoins de l’enfant. D’une manière plus générale on sera vigilant sur :
– L’installation
– Les contrastes
– L’éclairage
– La taille des images éventuellement proposées
– On favorisera les entrées tactiles, la manipulation de jouets plutôt que les livres d’images
– On proposera des entrées sensorielles tactiles comme décrit juste avant pour les enfants ayant une altération de leur audition.
Quel matériel pour créer vos supports visuels ?
L’aspect attentionnel : on pensera à l’installation de l’enfant pendant le jeu. Si l’enfant sans contrainte sur ce plan pourra être amené à se déplacer dans le bureau pendant la séance, celui qui est freiné par une attention déficitaire avec agitation motrice sera au contraire bien installé sur une chaise à sa taille – pieds reposant à terre ou sur une tablette / table à encoche au mieux -.

L’aspect environnemental sera contourné ou aidé grâce à :
– Une guidance parentale implicite : assister aux séances d’orthophonie sans y participer directement
– Guidance parentale explicite : expliquer comment faire verbalement en donnant des objectifs précis, voire demander aux parents de faire devant nous afin de renforcer les bonnes conduites, freiner les comportements peu adaptés et encourager les prochaines.
– Proposer ou imposer des activités hebdomadaires à reprendre à la maison en offrant une grille d’observation à pointer jour après jour (cela donne l’occasion de poursuivre et d’adapter la guidance lors du rendez-vous suivant).
– L’identification du tiers relais de la prise en charge : une nourrice, un grand-parent, etc… quand les parents ne sont pas en mesure d’offrir un partenariat suffisant

Voilà donc comment préciser le travail en fonction des contraintes identifiées lors du bilan, mais cela ne suffit pas.

Encore une fois il s’agit de ma pratique personnelle. D’autres professionnels proposent des schémas différents et sans doute aussi pertinents. Il me semble que le tout est de savoir sur quelles bases théoriques repose notre prise en charge. En échangeant avec une collègue qui a une vision du développement via une formation sur les Premiers Raisonnements Logiques, j’ai pris conscience que nous proposons des activités similaires même si nous exprimons nos objectifs différemment. Elle parle de manipulation là où je parle de fréquence-cohérence des schémas => mais nos deux prises en charges sont bien similaires puisque je ne peux proposer des aspects « fréquence-cohérence » sans manipulation, et qu’elle ne peut inviter à la manipulation sans produire des schémas linguistiques redondants. Si mon propos manque de clarté, n’hésitez pas à commenter.

En parallèle, donc, je programme des jeux pour l’enfant qui vont permettre de progressivement proposer du vocabulaire (noms / verbes principalement au départ), et faire en sorte que celui-ci soit redondant dans le discours adressé à l’enfant tout en restant cohérent avec le jeu effectué. Les aspects de plaisir et d’émotions seront toujours respectés et soignés. Pour permettre à l’enfant d’intégrer ce vocabulaire, on va en séance utiliser des entrées multimodales (entendre le mot / voir un geste associé / bruiter les jouets avec une praxie précise et reproductible / voir le jouet / toucher le jouet / jouer avec émotion / échanger avec l’adulte autour du jouet / repérer les photos qui correspondent aux jouets utilisés).

Au départ, c’est l’adulte qui joue, raconte, bruite, mime / signe, grimace, … toujours avec la complicité de l’enfant, mais sans attente annoncée à ce dernier. L’adulte joue avec l’enfant à manipuler les jouets, mais c’est lui qui raconte, toujours la même chose : mot / phrase très courte / redondance du discours / questions –réponses /

Semaine après semaine, les jeux proposés différent, tout en reprenant au besoin certains des jouets proposés, et entre chaque séance, je propose pour ma part la photo des jouets utilisés en séance et offre aux parents une fiche expliquant le jeu à proposer avec ces images, et la fiche d’observation à pointer afin de les encourager à observer les comportements de leur enfant (guidance implicite).
photo picto
J’ai choisi pour ma part de monter un protocole de remédiation comprenant
– 8 séances avec des jouets (choisis avec des objectifs précis sur le plan linguistique et praxique)
– 2 séances qui reprennent tous les jouets utilisés qui permettent en même temps d’introduire des pictogrammes
– puis 5 séances avec des fiches de pictogrammes (proposant des noms, des verbes, des adjectifs) et des situations écologiques amenant des ralentis phonologiques.
pictogrammes
Tous les enfants qui ont de bons prérequis et très peu de productions verbales bénéficient donc du même support de rééducation, se voient proposer par ailleurs, en fonction de leurs besoins propres, des choses plus ciblées à propos des aspects praxiques / auditifs / visuels / attentionnels. Notons que seules les praxies BLF sont au besoin travaillées plus spécifiquement « à part ». Tous les autres aspects sont intégrés aux jeux prévus par le protocole.

Les jeux de mon protocole comprennent :
Du « qu’est-ce que c’est »
De la manipulation
Des bruitages / praxies
Des photos associées aux jouets
Des « qu’est-ce qu’il fait »
Des « qui on entend »
Des massages de Senez (à partir du moment où les praxies sont déficitaires, je les introduis dès que possible auprès des familles, même quand il n’y a pas de troubles de l’oralité.
Des jeux d’attention visuelle
Du ralenti phonologique
Etc…
Tout cela au cœur d’un schéma cohérent et écologique proche des activités de jeux partagés habituels chez les enfants petits.
Toutes ces activités sont proposées pour offrir une progression cohérente lors de la prise en charge de l’enfant.

Voici les réponses aux questions souvent posées à propos de ces prises en charge :
Protocole voudrait dire : jamais d’exceptions ?
Non, bien sûr. Il peut arriver que certains enfants aient besoin de quelques aménagements au cours de la prise en charge, en lien notamment avec leur(s) contrainte(s) initiale(s). Je propose alors temporairement des activités plus adaptées à l’enfant avant de reprendre le protocole. Cela peut arriver, même si c’est rare dans le cas des enfants cités dans cette situation donnée au départ de l’article : « L’enfant qui ne parle pas mais qui ne présente aucune difficulté majeure associée : cet enfant a de bons prérequis au langage oral, ne présente pas de retard sur le reste de son développement ».

Quel temps passé ?
Les activités ciblées par le protocole, avec l’enfant petit lui-même (18 mois / 36 mois), durent entre 10 et 15 min par séance. Le reste du temps offre une souplesse d’action avec l’enfant pour proposer autre chose s’il le souhaite (faire de bulles, jouer avec le Z-Vibe, utiliser les instruments de musique, …) ET échanger avec les parents qui assistent aux séances.
Les fiches « maison » sont pensées pour que les parents proposent à l’enfant une activité quotidienne de 5-10 min tout au plus chaque jour entre chaque séance.

Et le plaisir / désir de l’enfant ?
Le protocole prévu ne nuit pas au plaisir de l’enfant, et si tel était le cas, cela mériterait des adaptations de la part de l’adulte pour rendre les séances plus positives sur le plan émotionnel (en gardant le schéma prévu, ou pas). Penser qu’un protocole nuit au plaisir / désir de l’enfant revient à sous-estimer l’intelligence professionnelle de l’orthophoniste : j’estime pour ma part qu’il est aisé pour les orthophonistes au regard de leur recrutement initial dans les centres de formations puis de leur formation en elle-même, d’adapter leur relation, leur jeu, leur intonation, leurs blagues,leurs actions pour être ajustés au plaisir de l’enfant, et cela indépendamment des activités proposées. Par ailleurs, s’appuyer sur le désir d’un enfant de 18 mois présentant un retard de développement pourrait s’entendre mais ralentirait sans doute incontestablement les bienfaits de la prise en charge. Ma vision du développement me porte à penser que c’est à l’adulte de proposer des choses nouvelles à l’enfant de manière suffisamment fine pour qu’il puisse s’en emparer. Je pense là à Vigotsky qui parle de zone proximale de développement. Enfin, un enfant qui voit un adulte jouer avec plaisir (prises en charge très théâtrale c’est évident), ne met souvent pas longtemps avant de se joindre à l’adulte.

Pourquoi avoir pensé chaque séance et ne pas se laisser mener par plus de spontanéité ?
Le déroulement de la séance, pré-écrit, garde et favorise même la souplesse relationnelle qu’un travail avec un enfant petit réclame. Le comportement des tout-petits, imprévisible, mérite que notre projet soit clair pour chaque séance, sans quoi le risque est de ne rien pouvoir proposer de très constructif en fonction des aléas en lien avec la vie des petits (fatigue, besoin de câlins de maman ce jour-là, agitation, opposition, couche à changer …). Penser la séance de manière très cadrée avant, permet donc d’être plus spontané dans la relation sans que cela ne nuise au projet annoncé. Le risque, selon moi, si on ne pré-construit pas clairement nos séances, est de rapidement se sentir dépassé par la prise en charge et d’estimer très vite que « l’enfant n’est pas prêt ». C’est malheureusement ce que j’entends trop souvent. Pensez bien que les kinésithérapeutes n’attendent pas que les enfants soient « prêts » pour mener une prise en charge (à réfléchir pour les professionnels qui douteraient).

Et les enfants collés à maman ?
Une collègue demandait dernièrement dans les commentaires d’un article si un enfant immature, collé à sa maman pouvait bénéficier d’une prise en charge. Tout d’abord, quand on a 18 mois, 2 ans ou 3 ans… être collé à sa maman face à un inconnu me paraît presque normal, ou en tout cas absolument pas anormal.
Cette question reflète je pense toute l’aspect développemental porté par la psychanalyse en terme de « séparation » préalable au langage. Je ne parviens pour ma part pas / plus à penser ainsi au regard de l’avancée des neurosciences et de ma clinique accumulée. Par ailleurs, je vais même jusqu’à avancer qu’il est dangereux de rester ancré sur ces bases théoriques qui ne permettent pas de dépasser la situation de la plupart des enfants présentant des troubles du développement. Petit exemple pour illustrer mon propos : que penser de l’enfant dyspraxique de 10 ans dont la mère fait les lacets ? de l’adolescente de 13 ans dont la mère aide au changement de la serviette hygiénique ? Ce sont des mères adaptées aux difficultés de leur enfant avant tout. Je ne connais aucune mère qui fasse cela avec plaisir aussi longtemps et aucun enfant qui ne montre fermement sa volonté à faire seul quand il en est capable. Mais quand l’enfant peine à faire seul, oui, les mères étayent et tant mieux. Notre travail est justement de proposer des alternatives à ces mamans pour que leurs enfants puissent compenser leur difficulté en les amenant à plus d’autonomie. Nous devons donc je pense accompagner ces dyades mères enfants plutôt que de les juger ou de les condamner. Quant au langage, un enfant qui a du mal à parler, reste souvent plus collé à sa maman face à un inconnu qui ne le comprend pas aussi bien que sa mère. Au début au moins… Reste à l’adulte de garder la maman non loin, et à l’enfant de voir que cet adulte là le comprend quand même pas si mal. Mon propos ne touche évidemment pas le cas de parents psychiatriques, ni maltraitants. Ce serait un autre débat. Encore une fois je parle dans cet article des enfants avec un trouble du langage isolé.
Donc, concrètement, quand l’enfant est collé à sa maman, je le laisse faire, et joue devant lui au sol. Je n’ai jamais vu un enfant tenir toute la séance ainsi (hormis un enfant autiste une fois, mais ce n’est pas leur situation qui est abordée ici, et un enfant fiévreux

La place des parents dans les prises en charge ?
Les parents prennent la place qu’ils veulent prendre pendant les séances auxquelles ils sont conviés. Je ne leur demande rien de particulier (si ce n’est de ranger leur téléphone). Je m’adresse néanmoins fréquemment à eux au cours de la séance, notamment pour valoriser ce que je vois de l’enfant, et entretenir une complicité avec eux autour de ce que je vois de leur enfant. Le seul cas où je cadre plus précisément leur présence c’est lorsqu’ils ne peuvent s’empêcher d’intervenir avec autorité auprès de leur enfant durant les jeux, et que j’estime que leur intervention est susceptible nuire au plaisir attendu chez l’enfant.

Je ne garde pas obligatoirement les parents pendant tout le protocole. J’exige leur présence au moins le premier mois, ou tant que j’estime qu’ils ont encore des informations importantes à tirer de leur présence en séance (guidance implicite). Je n’ai pas de règle par rapport à cela. Je pense néanmoins qu’il est indispensable de leur laisser une place à chaque séance si cela est leur souhait, et qu’il est quoi qu’il en soit nécessaire de les accueillir à la fin de chaque séance au minimum pour échanger à propos de l’enfant et offrir de nouvelles activités à réaliser à la maison (soit presque la moitié du temps de la séance au moins

Pourquoi ne pas travailler sans protocole et ne pas adapter à chaque enfant une progression propre ?
Parce que depuis que je fonctionne ainsi, mes prises en charges avancent plus vite. Et secondairement, cela est très intéressant sur le plan clinique et scientifique > les enfants évoluent presque tous au même rythme avec ce protocole. C’est à mes yeux une richesse que je n’arrive pas à obtenir avec des séances « cas par cas, semaine après semaine ». Cela permet aussi de se questionner de manière intéressante quand le protocole ne convient pas à un moment donné. Cela me permet donc d’identifier plus rapidement les contraintes des enfants à côté desquelles je serais passée lors du bilan, notamment l’autisme léger d’un enfant petit qui peut parfois être présenté par les parents comme étant une timidité.

Le protocole c’est 15 séances. Et après ?
A la fin de ce protocole, tous les enfants parlent : ils ne font pas forcément de phrases très élaborées, évidemment, mais associent des mots. Je peux poursuivre dans ce cas avec l’outil de remédiation « Dire et Faire » (Ed ECPA). Mais il arrive aussi que la prise en charge s’arrête et que je refasse le point avec l’enfant 6 mois plus tard. Je m’explique : le langage ne se normalise pas en 3 mois de prise en charge, néanmoins, dans les cas les plus simples, les parents ont retrouvé le fil conducteur pour stimuler leur enfant au plus juste et il se peut alors, en cas de trouble non spécifique, que l’enfant chemine avec sa famille dans le quotidien, sans prise en charge orthophonique. Je revois néanmoins forcément les enfants à 3 ou 6 mois post rééducation afin d’évaluer objectivement l’évolution spontanée (je fais donc toujours un petit bilan objectif en fin de protocole, avec l’IFDC complet notamment, ou Bilo Petits selon l’âge) et de conseiller au besoin les parents sur les jeux à proposer dans leur quotidien.

Si vous avez d’autres questions, les commentaires vous attendent. Je vous répondrai autant que possible.

Je vous propose de laisser par ailleurs tout commentaire permettant de compléter cet article, et propose aux orthophonistes qui travaillent très différemment de poster leur article sur leur travail sur ce blog si elle le souhaite, afin d’offrir au plus grand nombre d’autres possibilités de prises en charge des enfants petits. Ensemble nous pouvons aller plus loin. Je suis d’ailleurs curieuse de connaître vos pratiques. Je suis, pour cela, joignable plus personnellement à l’adresse mail : oralite.alimentaire.verbale@gmail.com

Partager cet article permettra de véhiculer l’idée selon laquelle la prise en charge du langage oral des enfants de moins de 3 ans est tout à fait possible et souhaitable comme annoncé dans cet article précédent sur les prises en charge précoces.

PS : je complèterai ce premier article pour aborder les autres situations évoquées en début d’articles. N’hésitez pas à me faire connaître vos besoins ou curiosités

Langage oral : le tout-petit, ses parents et l’orthophoniste

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Langage oral : le tout-petit, ses parents et l’orthophoniste
Quand on parle de prise en charge précoce en langage oral en orthophonie, de quoi parle-t-on ?
Que fait l’orthophoniste qui reçoit un enfant qui ne parle pas ?

Pour commencer l’orthophoniste fait un bilan. Cet article abordera cet aspect.

Le bilan va reprendre plusieurs choses :

1. Les circonstances de la naissance de l’enfant :
la grossesse, l’accouchement, les premières semaines de vie

Pourquoi ?
On croit souvent que le développement commence après la naissance de l’enfant, or cela est bien plus complexe. Les sens se développent in utéro et on observe très tôt des réponses corticales face aux stimulations sensorielles du bébé dans le ventre de sa mère. Les premières réponses sensorielles observées in utero concernent le système somesthésique (toucher) entre 16 et 20 SA, mais aussi le système nociceptif (16/20SA) puis les systèmes vestibulaire, auditif et visuel (23/25SA) – d’après Calendrier du développement sensoriel embryonnaire et fœtal -Kuhn et al. Arch Ped 2011)

calendrier sensoriel
Ainsi quand on interroge sur la grossesse, on va tenter de comprendre le vécu du bébé in utero ; une maman avec une menace d’accouchement prématuré, alitée les 3 derniers mois de grossesse, donne des informations sur le vécu sensoriel du bébé. L’haptonomie proposée lors de certaines préparations à la naissance informe tout autant. Ce ne seront pas des points suffisants pour « comprendre » ou « expliquer » les difficultés observées, mais cela peut y contribuer. Notons que les études scientifiques manquent sur ce point, mais des professionnels questionnent à ce propos ; Mathilde Boudou, orthophoniste, soulevait cette intuition lors des Entretiens Orthophoniques de Bichat en octobre dernier quand elle évoquait un cas clinique d’oralité alimentaire.

Interrogeant sur l’accouchement, on va obtenir des informations sur la rapidité de l’arrivée du bébé, sur les éventuelles difficultés rencontrées, aides instrumentales apportées, césarienne ou péridurale. Tous ces éléments vont nous informer sur les éventuelles difficultés rencontrées en périnatal que ce soit pour le bébé ou pour la maman.

Comment le bébé a-t-il bu au sein à la naissance ? Etait-il encore sous les effets de la péridurale qui d’après Mme Senez n’est pas sans influencer les premiers pas du bébé dans son activité nutritive.

Puis, lors des premières semaines, voire des premiers mois, retrouvons nous des éléments qui auraient pu venir entraver le développement du bébé ? Hospitalisations, événements familiaux ayant pu modifier la qualité des interactions entre le bébé et son environnement ?

=> Ces aspects périnataux nous permettent d’enquêter sur les premières expériences sensorielles et émotionnelles du bébé, et de repérer les premières traces de difficultés.

2. Le développement de l’enfant sous des aspects généraux, que cela concerne le développement moteur, ou verbal, social, sensoriel.

Pour cela les orthophonistes bénéficient de plusieurs outils qui leur servent de point de repère.
– Echelle de Denver (approche pédiatrique),
– IDE (Inventaire du Développement de l’Enfant- CogniSciences),
– grilles d’outils spécifiquement pensés pour les orthophonistes (Evalo BB, Dialogoris)
– etc …

Par le biais de ces grilles d’observations, les orthophonistes vont démêler les aspects développementaux de l’enfant, afin de comprendre comment l’enfant fonctionne, là où des dysfonctions apparaissent, là où au contraire le développement se montre tout à fait dans les « normes attendues » pour la tranche d’âge concernée.

Pourquoi ? Nous savons que le développement de l’enfant se dessine sous des aspects homogènes : un enfant se développe généralement au même rythme entre le moteur et le verbal, même si on entend souvent « on ne peut pas tout faire en même temps » quand on voit un enfant qui marche voire court et grimpe, alors qu’il ne parle pas.

L’orthophoniste évalue ainsi le développement afin d’identifier un retard « global », ou plus centrer sur le langage à priori pointé au départ.

Puis, grâce à ses connaissances sur le développement du langage, l’orthophoniste va aller explorer plus finement toutes les compétences dont il sait qu’elles viennent asseoir le langage. Les professionnels parlent de « prérequis au langage ».

3- Exploration des prérequis du langage
Comme dit dans cet article ici, le langage s’appuie plus spécifiquement sur :
des aspects sensoriels : l’enfant apprend peu à peu à faire sens sur ce qu’il perçoit de l’environnement via ses sens, il apprend à traiter les informations ensemble, ou au contraire à les prioriser, et adapter ses réactions grâce au soutien de son environnement qui étaye sur le plan émotionnel / affectif,
des aspects visuels : « je vois bien, je m’intéresse à ce que maman regarde, je me sers de mes yeux pour repérer les choses pertinentes,… »
des aspects auditifs : « j’entends bien, je prête attention aux bruits qui m’entourent et j’apprends à les distinguer finement les uns des autres,… »
des aspects moteurs-praxiques : « j’oriente mon corps pour favoriser les échanges avec mon environnement, je bouge ma bouche, ma langue pour produire des bruits précis-multiples…, je dirige mon bras, mon index pour montrer ce qui m’intéresse ou demander des choses,… »
des capacités d’imitation : « je regarde l’adulte / j’entends l’adulte, et je l’imite sans effort, … »
des compétences sociales : « j’ai envie d’échanger avec mon environnement, j’ai du plaisir à partager des sourires et des échanges de regards, je pleure ou râle pour obtenir quelque chose, je cherche l’interaction avec l’autre même s’il paraît indifférent : je réponds aux invitations et je peux les initier. Un M-CHAT peut-être proposé quand l’orthophoniste s’interroge sur un TSA (Troubles du Spectre Autistique).

4- L’environnement
L’orthophoniste va également explorer, essayer de comprendre, comment fonctionne l’environnement qui entoure l’enfant. Comment l’enfant vit-il au quotidien ? comment est-il invité à communiquer ? comment est-il stimulé ? quels jeux sont proposés ? comment est-il compris ? comment est-il aidé ?
L’enfant vit-il avec ses parents ? est-il en collectivité ? a t-il une nounou ? des grands-parents ? Des frères et sœurs ? Que pense chacun ? Que propose chacun ?
– y’a t-il des antécédents familiaux de troubles du langage ? On sait que certains troubles du langage oral se retrouvent dans les familles. Il y a des aspects « génétiques-épigénétiques » indéniables. Cela va contribuer également à la compréhension de la difficulté de l’enfant et de l’aide à apporter

5- Le développement du langage
Enfin quand les enfants parlent un peu, on évalue leurs productions, notamment leur stock lexical (stock de mots) et leur accès à la phrase.
Des outils spécifiques aux orthophonistes existent là encore :
– IFDC : abrégé ou complet (jusque 30 mois en version complète)
– EVALO BB ou EVALO 2-6
– CléA (après 30 mois)
– Bilo Petits (après 3 ans)
– etc …
Vous l’aurez compris cet aspect est finalement très dépendant du niveau de l’enfant. Quelquefois les orthophonistes ne les utilisent pas, notamment quand les prérequis sont déficitaires ou fragiles. Evaluer l’aspect purement linguistique du langage de l’enfant serait en tout cas insuffisant chez un enfant sans langage en production.

Attention néanmoins :
– un enfant qui ne parle pas n’est pas un enfant qui ne comprend pas
– et un enfant qui semble comprendre n’est pas forcément un enfant qui comprend.
=> il convient dont quelquefois d’explorer plus finement la compréhension de ces enfants qui tardent à parler. Elle nous donne de précieux indices sur le développement.

6- l’oralité alimentaire
Comment l’enfant mange t-il ? Variété de goût et de textures, temps de repas et accès aux morceaux, … Si l’orthophoniste perçoit une difficulté sur le plan, il va préciser son exploration.

Pour finir,
l’orthophoniste va vous expliquer ce qu’il perçoit des difficultés de votre enfant. Une prise en charge peut à la suite de cela vous être proposée, selon différents schémas que j’aborderai prochainement si vous le souhaitez.

Je vous propose de commenter cet article si vous souhaitez qu’une suite soit proposée, notamment sur la prise en charge des enfants de moins de 3 ans en orthophonie.

Langage oral : prise en charge précoce. Pourquoi ?

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Voici 10 raisons de solliciter un orthophoniste chez un enfant de moins de 3 ans qui présente des difficultés de langage oral.

Pourquoi devons-nous favoriser la prise en charge précoce du langage oral ?

1- Parce que l’on sait à présent, grâce à l’avancée des neurosciences, que la plasticité cérébrale est optimale avant 3 ans. C’est une période pendant laquelle nos leviers d’actions sont puissants.

2- Parce que l’on sait qu’un retard de langage peut être la partie visible de l’iceberg, et qu’en objectivant tôt des observations, on peut également dépister plus tôt des troubles du développement.
Mais également parce qu’en explorant le langage oral, de plus en plus d’orthophonistes explorent aussi l’oralité alimentaire 😉

3- Parce que des troubles du langage oral, ou des développements hétérogènes génèrent quelquefois des comportements difficiles chez les enfants, avec des retentissements familiaux plus ou moins sévères.

4- Parce qu’un enfant qui parle mal, peut possiblement être un enfant inattentif, voire un enfant agité, qui se pose difficilement, avec tous les retentissements que cela peut avoir pour son développement.

5- Parce que l’orthophoniste consulté pour le bilan de langage est également un professionnel du développement, qui sait orienter la famille vers des bilans complémentaires permettant d’éclairer le profil observé en examinant de plus près les domaines possiblement déficitaires dans le développement : un bilan ORL, un bilan orthoptique (aspect neurovisuel), un bilan psychomoteur, un bilan neuropédiatrique, etc… Le bilan orthophonique permet au médecin qui suit l’enfant de préciser son bilan somatique par des éclairages développementaux et d’orienter vers d’éventuels examens complémentaires.

6- Parce que l’orthophoniste, en examinant le langage explore aussi les habiletés motrices (notamment sur le plan bucco-facial), les habiletés sociales, les habilités alimentaires, les explorations visuelles, l’attention… L’orthophoniste fait donc le point autour des socles qui vont par la suite porter les apprentissages (ou y participer), notamment sur le plan scolaire.

7- Parce que des familles inquiètes du développement du langage de leur petit, sont des familles à entendre, et le plus souvent des familles fines dans leur ressenti.
Le contraire est moins vrai : quelquefois les familles n’ont pas de plainte, et pourtant les professionnels repèrent des difficultés. Dans ce cas, la rencontre avec l’orthophoniste, donne l’occasion d’échanges menant les familles vers la compréhension des difficultés de l’enfant et des retentissements possibles.

8- Parce qu’en accompagnant tôt des familles dans le développement, on va leur permettre de dépasser les particularités comportementales de l’enfant ; prendre conscience des conduites à poursuivre auprès de l’enfant (alors qu’on pourrait être tenté de les abandonner face au manque d’intérêt de l’enfant), proposer des activités spécifiques qui vont soutenir le développement de l’enfant, des aménagements à proposer autour de l’enfant pour étayer son développement.

9- Parce qu’en prenant en charge un enfant en âge préscolaire, on pose des diagnostics plus tôt (ou des hypothèses de diagnostic), et qu’on peut ainsi solliciter plus tôt aussi tous les partenaires administratifs et médicaux dont on a parfois besoin quand les situations sont spécifiques. Or on sait que certains systèmes administratifs sont parfois longs dans leurs procédures. C’est donc aussi un atout pour préparer et / ou aménager l’entrée à l’école.

10- Parce que les orthophonistes sont des professionnels qui sont remboursés par la sécurité sociale et la mutuelle (60 % et 40% respectivement), et qu’il serait dommage de se priver de leurs compétences.

En partageant cet article, vous aiderez à lutter contre les idées reçues qui ont la peau dure :
on consulte un orthophoniste quand l’enfant parle
variante : « il est trop tôt » pour consulter
– on consulte un orthophoniste après l’entrée à l’école
– il faut attendre le déclic langage
– les défauts de langage de l’enfant sont en lien avec un manque d’efforts
– Il ne parle pas : c’est pour t’embêter
– on ne peut pas tout faire en même temps
– il est juste timide
– la nounou (variante « la crèche ») a vu des enfants « bien pires ».
– il ne parle pas parce que les parents viennent de se séparer
etc …

Non seulement toutes ces réponses sont erronées, mais elles témoignent d’un manque de connaissance du développement. Consulter ne nuira pas au développement du langage
Consulter peut aussi permettre d’être rassuré, conseillé
Consulter peut économiser à l’enfant la mise en place de stratégies compensatoires qui seront peut-être coûteuse dans la suite de son parcours, notamment scolaire.

Dans un prochain article, nous pourrons revoir les signes qui doivent alerter et amener à consulter. En attendant, il existe de nombreux sites pertinents à ce propos, notamment celui-là : www.info-langage.org

Je dédie cet article à toutes les familles dans le doute, et à tous les professionnels croisant de près ou de loin des enfants de moins de 3 ans.