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Prise en charge du bavage

Prise en charge du bavage published on 33 commentaires sur Prise en charge du bavage

Comment prendre en charge un enfant qui bave ?

Je vous propose ce soir un petit article pour partager ma pratique auprès des petits sur ce plan (avec ou sans handicap moteur), ou comment « boire avec le doigt ».

La formation de Mme Senez m’a fait réfléchir à l’opposition réflexes / mouvements volontaires. J’ai également découvert la cryothérapie qui a révolutionné ma pratique.
Plusieurs écrits sont partagés sur le site de R4P ici à ce propos. Je vous les recommande, ils sont très intéressants et offrent de bons supports pour la guidance familiale.

C’est en pratiquant la cryothérapie pour stimuler les praxies bucco-faciales que j’en suis venue à ce petit jeu que j’ai appelé « boire avec le doigt ».
Quand on travaille avec les petits, il est de toute manière indispensable de s’appuyer sur des réflexes. Et il est de toute manière inutile de s’appuyer sur des mouvements volontaires pour prendre en charge le bavage. Heureusement, il n’est pas utile de penser à « avaler » pour ne pas baver (c’est capital de le rappeler aux familles !)

Un jour, confrontée à une pénurie de bâtons de glace dans le freezer, j’ai tenté autre chose ; j’ai rempli un verre d’eau très froide au robinet. J’ai annoncé au petit qui était avec moi qu’on allait « boire avec le doigt », et j’ai trempé mon doigt dans l’eau pour le mettre dans sa bouche : mouvement d’appui sur la langue du fond vers l’avant de la bouche en ressortant mon doigt (comme pour que l’enfant le lèche). Puis après avoir trempé à nouveau mon doigt dans l’eau, appui contre le palais d’arrière vers l’avant. Proposition ensuite de « faire des guilis dans les joues » pour déclencher des résistances antagonistes et stimuler le muscle orbiculaire des lèvres.
Je reproduis 2/3 fois (pas plus : quand toute la bouche est froide, cela n’est plus pertinent puisque le réflexe qui vise à ce que toute la bouche reste à la même température ne réagit plus : ce réflexe déclenche par là même des mouvements de langue en lien avec ceux attendus lors de la déglutition entre autre).

Je préconise ensuite ces petits gestes répétés 4/5 fois au quotidien. De mon côté, les résultats sont presque « magiques ». En 7 jours, les enfants cessent quasi de baver. En 15 jours le bavage cède complètement. Je tiens à rappeler que mes patients sont petits, et que cela a sans doute un effet non négligeable sur les effets observés, mais il me tarde d’avoir les retours de ceux qui essayeront auprès d’enfants plus âgés.

La bonne nouvelle de cette méthode :
– plus besoin de congélateur ou de freezer. Idem pour les familles.
– rapide
– tonifie langue et lèvres

La limite :
– l’investissement de la famille
=> sans reprise quotidienne, cela n’a AUCUN effet !

Stimuler les praxies bucco-faciales

Stimuler les praxies bucco-faciales published on 4 commentaires sur Stimuler les praxies bucco-faciales

Qu’est ce que c’est ? Ce sont tous les mouvements que nous faisons avec notre bouche (lèvres, langue, joues)et qui mobilisent donc indirectement TOUT notre visage, de manière volontaire.
Pourquoi TOUT notre visage ?
– Parce que les muscles qui commandent les gestes de la bouche s’étendent sur toute la face.
Pourquoi en parler sur « oralité alimentaire » ?
– Parce que lorsque l’on mange, on a besoin de mouvoir langue, lèvres, joues.
– Parce que quand on parle, on a besoin de contrôler ces gestes-là aussi.
– Parce que nous pressentons un lien entre les mouvements que l’alimentation des petits amènent, et le langage qui se met parallèlement en place.

Au passage, Leslie Lemarchand, Doctorante, invite les familles à répondre à son questionnaire afin que nous puissions mettre la lumière sur le lien oralité / langage. Pour y répondre, cliquez ici

Quel rapport ? celui de la motricité (= les mouvements) qui lie l’alimentation ET le langage.

Bref… revenons à nos praxies bucco-faciales.
Quand j’étais étudiante en orthophonie (et je ne suis ni « jeune diplômée », ni « dinosaure orthophoniste »), les praxies se travaillaient devant le miroir, un peu comme une gymnastique de visage.
Mes premiers patients ont donc subi cette épreuve, qui, si je la rendais évidemment ludique, n’ont rien ressorti de ces exercices répétés, ou si peu.
Un jour, j’ai eu cette intuition qu’il fallait que je les touche. Face à une toute petite qui portait son visage comme on porte un sac plastique vide, j’avais ce sentiment qu’elle ne devait pas connaître les contours de son visage. J’ai commencé avec elle à toucher les enfants que je suivais.
C’était bien étrange les premières fois. C’est assez intime le visage finalement. Je touchais les enfants et ils me touchaient. Puis nous allions devant le miroir après ces touchers appuyés. A ma plus grande surprise, les enfants parvenaient mieux à réaliser les praxies devant le miroir. Les parents reprenaient à la maison, caressant leur enfant au lait de toilette, « aux mains chaudes », « aux mains froides ». Ca marchait bien mieux.
Par contre, pour qu’ils contrôlent leur langue… je n’avais à ce moment-là pas l’idée de mettre mes doigts dans leur bouche. J’étais donc, encore par un instinct hasardeux, partie sur les brosses à dents à pile vibrantes. Mes patients arrivaient donc avec leur brosse à dents, on se stimulait le visage et l’intérieur de la bouche avec. C’était encore plus efficace. J’invitais les parents à reproduire ces jeux à la maison.

Et aujourd’hui ?

Ce n’est qu’en rencontrant Mme Senez qui parlait de cryothérapie, de reflexes et de massages que j’ai rencontré les bâtons de glace en rééducation. Et depuis, vraiment, quels changements dans mes prises en charge !
Nous pouvons multiplier les sensations en texture avec les Chewy Tubes (voir ici), ou avec les vibrations du Z-Vibe (ou les brosses à dents)… Le froid est réellement plus efficace pour certains enfants.
Quand nous jouons ensemble aux grimaces (voir ici), et que la bouche des enfants semble « chercher » à reproduire le mouvement sans que le résultat soit visible / clair / efficace, je les aide en appliquant des points froids sur les zones concernées afin de les amener à développer des réactions réflexes (qui visent à garder toute la zone buccale à température constante).
Exemples :
pour fermer la bouche de manière efficace, lèvres pincées : rouge à lèvres glaçon, puis en face à face, je grimace la praxie, et l’enfant parvient immédiatement à la reproduire le plus souvent.
Pour lever la langue, un point de froid derrière les incisives supérieures, je grimace le L face à l’enfant… et hop…
( évidemment, imaginez tout cela avec le cadre ludique indispensable au plaisir de l’enfant ET le renforçateur type « ouiiiii superrrrrrr ! »).

En travaillant avec le froid en parallèle du reste, on offre à l’enfant une entrée sensorielle supplémentaire (récepteurs thermiques)s’appuyant tant sur le mouvement pseudo-volontaire que sur le mouvement réflexe.
Quand Mme Senez évoque la cryothérapie dans sa formation, elle ne parle pas de praxies en face à face. Nul besoin. La langue se met immédiatement dans la position adéquat pour les activités visant la réduction du bavage, et pour la déglutition primaire, elle invite à réaliser non pas des grimaces mais des séances de « langage répété ensemble » pour que la langue automatise le bon point d’appui. Je vous invite à suivre sa formation, c’est fort instructif aussi sur ce plan.

Bref. Il y a là quelque chose à creuser.
Les limites ?
Les enfants hypersensibles au froid. Auquel cas, il est vraiment nécessaire d’appréhender ce froid au préalable avec des contacts sur les mains notamment.
Par ailleurs, dans ma pratique, cela fonctionne MAIS : les parents reprennent à la maison.

Et vous les Zorthos, avez-vous essayé ? Quels résultats ? Laissez moi vos commentaires !
Et vous les parents, si vous tentez l’aventure, notamment avec vos grands, vos retours me passionnent pas avance… n’hésitez pas à commenter également !

Pourquoi faire le clown avec son enfant ?

Pourquoi faire le clown avec son enfant ? published on 2 commentaires sur Pourquoi faire le clown avec son enfant ?

Quand on fait des grimaces, ça amuse l’enfant. Ce serait presque une raison suffisante ;-). Ce qui est de plus plutôt chouette c’est qu’il n’y a pas d’âge pour faire des grimaces

En réalité, dans cette activité « clown qui grimace », l’enfant va intégrer des schémas complexes de mouvements. Il va, en nous regardant faire, amorcer des mouvements avec son visage, sa langue, ses lèvres ou ses joues en fonction de ce qu’il vous voit faire.

En partageant fréquemment ce genre d’activité avec votre enfant, vous l’aidez à améliorer ses compétences pour contrôler les mouvements de son visage (ça s’appelle des praxies).

Quelles grimaces exactement ?
Ca paraît facile à faire, mais au cas où vous manqueriez d’idées, en voilà quelques unes :

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