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Bilan d’oralité chez l’enfant « tout venant »

Bilan d’oralité chez l’enfant « tout venant » published on 19 commentaires sur Bilan d’oralité chez l’enfant « tout venant »

Bilan d’oralité chez un enfant de 3 ans et demi sans antécédents médicaux spécifiques.

Telle était la proposition d’examen des étudiants de L3 en orthophonie cette année : bilan orthophonique d’Oralité d’un enfant de 3 ans et demi.
Je propose de répondre dans cet article à ce sujet que j’avais décomposé en plusieurs parties :

Quel matériel préparer ?
Quelles questions poser à la famille ? Comment les organiser ?
Quelles activités proposer à l’enfant ?
Comment faire un diagnostic différentiel avec une néophobie alimentaire ?

1. Quel matériel préparer ?

  • Une fiche prévue pour recueillir les informations délivrées lors de l’entretien dirigé
  • Un inventaire alimentaire enfant / famille : il est important de comparer les prises alimentaires de l’enfant aux propositions familiales
  • Le profil sensoriel de Dunn
  • Des jouets divers (visée sensorielle / visée langage / visée coordination manuelle)
  • Un Z-Vibe ou équivalent vibratoire / du liquide hydro alcoolique et savon neutre / un doigtier en silicone éventuellement
  • Des aliments permettant de faire un essai alimentaire : petit suisse épais / compote / biscuit type petit beurre ou boudoir (en veillant aux températures accessibles).
    Des couverts, verres, assiettes, serviettes, paille divers afin d’alimenter les premières pistes éventuelles d’un accompagnement parental.
  • Un outil d’évaluation rapide du développement type IDE (Cognisciences)
  • Un outil d’évaluation rapide du langage oral ajusté au niveau de l’enfant (IFDC / Bilo / épreuves partielles Evalo ou Exalang)
    > Le carnet de santé sera demandé aux parents.

Précisions étudiants

  1. Dysphagie / Oralité
    Il convenait de garder en mémoire que les deux bilans ne sont pas superposables. Il était donc attendu pour les étudiants qu’ils spécifient le matériel face à ce type de demande. La fiche d’anamnèse prévue pour une dysphagie ne pouvait suffire au regard des enseignements offerts rappelant l’importance des modèles alimentaires et du cadre sensoriel proposés.
    Ainsi, si le bilan de dysphagie et celui d’oralité ont des points communs, il me paraît très important d’anticiper les gênes sensorielles de l’enfant dans le matériel présenté, et de viser plus particulièrement les particularités anamnestiques du bilan ici demandé, sans oublier de restituer ces observations au coeur d’une évaluation rapide du développement.
  2. Exploration intra buccale
    Il était judicieux de prendre en compte les éventuelles particularités sensorielles de cet enfant. Ainsi abaisse langue et gant ne paraissaient pas pertinents. Par ailleurs, il était prudent de ne pas proposer d’exploration intrabuccale sans avoir préalablement abordé l’enfant sur un plan « global ».
  3. Essai alimentaire
    Les familles peuvent également amener un goûter, mais celui-ci ne permettra peut-être pas d’explorer tous les aspects recherchés (ex de la compote en tube).
    Dans le meilleur des cas, l’observation d’un repas à domicile, dans un cadre écologique serait sans doute à retenir.

2. Quelles questions poser à la famille ?


Je vais proposer ici une arborescence possible, tout en rappelant qu’un entretien ne suit pas automatiquement cet ordre, mais celui de l’échange qui a lieu entre la famille et l’orthophoniste qui les reçoit autour d’une relation attendue horizontale.

1. Quels sont les antécédents familiaux médicaux / développementaux repérés dans la famille ?

2. Aspects médicaux : connaître les aspects médicaux généraux et plus spécifiquement les aspects allergiques, digestifs, respiratoires voire cardiaques, ainsi que les aspects visuels et ORL. Comprendre le cheminement médical de cet enfant. Connaître les professionnels qu’il a rencontrés.

  • A-t-il été hospitalisé depuis sa naissance ? Pourquoi ? pendant combien de temps ? Où ?
  • Avait-il déjà eu une sonde dans le nez pour se nourrir ?
  • Présente-il des difficultés médicales particulières par ailleurs ? Lesquelles ? Qui le suit ?
  • Est-il particulièrement malade ? Rhumes, angines, otites, pharyngite, asthme, … ?
  • Diriez-vous que c’est un enfant à la santé fragile ? Comment est-il soigné ? Qui le suit sur ce plan ?
  • Coté digestif, a-t-il déjà été suivi pour un reflux ? A-t-il, a-t-il eu un traitement ? Lequel ?
  • Côté transit, est-il sujet à des épisodes de constipations ? Traités ou pas ? A-t-il des accidents sur ce plan ? des diarrhées ? Comment faites-vous pour l’aider ?
  • Des allergies ont elles déjà été suspectées ou recherchées ? expliquez-moi ? Et aujourd’hui, où en êtes-vous ? Qui vous aide sur ce plan ? Y’a-t-il des antécédents familiaux sur ce plan
  • Sa courbe de croissance soucie-t-elle le pédiatre qui le suit ? (regarder le carnet de santé pour voir si elle est tracée)
  • Avez-vous déjà consulté des spécialistes comme : un ORL, un ophtalmo, un orthoptiste, un pneumopédiatre, un kiné, un psychomotricien, un psychologue ou un psychiatre pour votre enfant ? Pourquoi ? Qu’en est-il ressorti ? Aujourd’hui encore ?

3. Grossesse : croissance et sensorialité fœtale recherchées :

  • Y’avait-il eu des choses précises pointées lors des échographies ?
  • Avez-vous travaillé pendant votre grossesse ? Bénéficié d’un arrêt pathologique ?
  • Quels souvenirs gardez-vous de votre grossesse : période active ? ralentie ?
  • Accouchement : terme / complications éventuelles / premières alimentations
  • A quel terme avez-vous accouché ? (carnet de santé)
  • Comment s’est déroulé votre accouchement ?
  • Quand a eu lieu la première « rencontre-tétée » avec votre bébé ? Juste après sa naissance ?

4. Oralité primaire : difficultés de succion recherchées à travers le mode d’allaitement retenu, les éventuelles difficultés à trouver une tétine, le temps et la sérénité des repas.

  • Quel choix aviez-vous fait pour votre bébé ? allaitement au sein ou au biberon ?
    Si changement :
  • Pourquoi avez-vous été amenée à changer vos projets ?
  • Avez-vous trouvé facilement le biberon qui lui convenait ?
  • Etait-il un bébé « rapide » pour manger ? Combien de temps mettait-il ?
  • Le médecin qui le suivait pointait-il des inquiétudes face à sa prise de poids ?
    (en fonction des réponses obtenues, il conviendrait de creuser plus précisément pour comprendre les éventuelles difficultés rencontrées et les réponses proposées).

5. Oralité secondaire
Diversification : propositions des goûts et textures recherchées : fréquences de présentation / comportement de l’enfant / anxiété parentale

  • A quel âge avez-vous commencé la diversification ?
  • Vous souvenez-vous de votre organisation ? Comment guidiez-vous vos choix ?
  • Avez-vous rencontré des difficultés lors de ce passage à la cuiller ?
  • A quel âge a-t-il commencé à manger du pain type crouton ?
  • Vous souvenez-vous des premiers morceaux ? des souvenirs particuliers sur ce plan ?
  • Que lui proposiez-vous : plutôt les repas bébé ? ou des repas que vous prépariez ?
    Aviez-vous observé des différences ?
  • Quand a-t-il commencé à manger avec vous ? et la même chose que vous ?
  • Des difficultés particulières ? Lesquelles ?
    (recherche de sélectivité, lenteur, quantité insuffisante, comportement difficile)

6. « Aujourd’hui » : à quoi ressemble le quotidien avec cet enfant qui présente des difficultés ? quelles difficultés sont observées par les parents ? Vomit-il ou présente t-il des réflexes nauséeux persistants ? Quelles attentes ont-ils ?

  • Depuis quand rencontrez-vous des problèmes autour de son alimentation ?
  • Que souhaiteriez-vous ? Comment pourrais-je vous aider ?
  • Quel(s) comportement(s) compliqué(s) rencontrez vous ?
  • Quelles réponses avez-vous déjà essayées ? Et le plus souvent ? Et les tiers ?
  • Observez-vous des différences selon les lieux ? Selon les jours ?
  • Y’a-t-il une variation dans les aliments qui sont refusés ? Des périodes où certains aliments sont acceptés avant d’être refusés ?

7. Les habitudes familiales : comprendre comment cette famille-là fonctionne sur le plan alimentaire ? Autour des routines ? Quel lieu ? Couverts ? … Distiller implicitement quelques premiers éléments d’accompagnement.

  • (inventaire alimentaire)
  • Comment êtes-vous installés pour le repas ?
  • Mangez-vous avec votre enfant ? Si non avec qui mange-t-il ? Comment ?
  • Sur quelle chaise est-il installé ? Est-il toujours à la même place ?
  • Voit-il ou entend-il la télévision pendant les repas ? Eventuellement un ordinateur, une tablette, une radio ?
  • A-t-il toujours la même assiette ? les mêmes couverts ? Lesquels ?
  • Racontez-moi, c’est comment les repas dans votre famille : toujours à heure fixe ? variable ? Toujours selon les mêmes rituels ? Variables… Vous voulez-bien m’expliquer ?
  • Y’a-t-il d’autres personnes à la maison qui lui ressemble ? Qui ? Expliquez-moi les ressemblances que vous observez ?
  • Papa et vous étiez-vous des enfants difficiles à table quand vous étiez petit ? Qu’en disent vos parents respectifs ? Quels souvenirs en gardez-vous ? Quand cela s’est-il amélioré ?
  • Etes-vous une famille qui avez le temps de cuisiner ? ou qui aimez cuisiner ?
  • Où sont les enfants quand vous préparez le repas ? Aident-ils ? regardent-il ?
  • Quand il n’aime pas, pouvez-vous lui proposer à nouveau peu de temps après ?
  • Mange-t-il à la cantine ?

8. Aspects développementaux : développement moteur, langage, socialisation, autonomie, comportement.

  • Quand a-t-il marché sans se tenir ? Et vous souvenez-vous quand il a tenu assis sans aide ?
  • Diriez-vous que c’est un enfant débrouillard ? Expliquez -moi en quoi vous le trouvez débrouillard à la maison ?
  • Depuis quand parle-t-il ? Tout le monde le comprend-il ? Si non pourquoi ? Qu’observez-vous ?
  • Diriez-vous que c’est un enfant plutôt bavard ou réservé ?
  • Si c’est un enfant réservé, comment fait-il pour demander les choses ? Vous invite-t-il à partager des choses avec lui ?
  • S’intéresse-t-il à des choses / des jouets plus spécifiquement ? Quoi ?
  • Trouvez-vous qu’il y a des moments difficiles dans le quotidien ? Lesquelles ?

9. Fonction oro myo faciales : évaluer les praxies bucco faciales, la tonicité oro faciale

  • Observez-vous des moments où il bave encore ? A-t-il bavé tard selon vous ? Jusque quand ?
  • Sait-il souffler dans un mouchoir ?
  • Est-il « fort » en grimaces ? Lesquelles fait-il par exemple ? Trouvez-vous son visage expressif au quotidien ?
  • Fait-il des « bisous qui claquent » ? Sait-il souffler sur sa cuiller ou sur des bougies ?
  • Comment se passe le brossage de dents ? C’est lui ou vous qui faites ? Rechigne-t-il si c’est vous ? Sait-il cracher l’eau pour se rincer les dents ?
  • Quand il mange, trouvez-vous qu’il avale tout rond ? Mastique-t-il longuement. Recrache-t-il ?
  • Respire-t-il la bouche ouverte ? Dort-il la bouche ouverte ? A-t-il souvent la bouche ouverte dans la journée ?
  • A-t-il encore une tétine ? quand ? D’autres habitudes de succion régulières et fréquentes ?

10. Sensorialité : rechercher d’éventuelles difficultés d’intégration neurosensorielle. Coordination, modulation des seuils, discrimination

  • Bébé, avez-vous observé une période où il portait tout en bouche ? Le fait-il toujours ?
  • Aime-t-il les activités aimées à son âge comme la pâte à modeler, le sable, le toboggan, la balançoire, la peinture, …
  • A-t-il encore peur des bruits forts pourtant connus comme l’aspirateur, le sèche-cheveux, la perceuse, la voiture de police, … Comprend il les bruits de son environnement ? S’oriente t-il ?
  • Recherche t-il des stimulations visuelles (agite des jouets près de ses yeux ?). Est-il gêné par le soleil plus vite qu’attendu ?
  • Trouvez-vous qu’il est maladroit, se cogne facilement, abime ses jouets, …
  • Vous paraît-il particulièrement sensible aux odeurs, voire gêné par les odeurs ?
  • Avez-vous remarqué s’il aime plutôt les aliments forts en goût ? Au contraire fade ? Qu’il aime mieux les aliments en fonction de leur couleur ou de leur présentation (emballages ou marques par exemple ?)

11. Oralité tertiaire : évaluer la représentation de l’alimentation par l’enfant, par ses parents et évaluer la représentation par les parents de la situation de l’enfant. Occasion de guidance implicite.

  • Pensez-vous qu’il est gêné par ses difficultés ? Expliquez-moi
  • A votre avis, pourquoi ne mange-t-il pas ? A quoi peuvent être dues ses difficultés ?
  • Pensez-vous qu’il accepterait qu’on l’aide ?
  • Pensez-vous qu’ensemble nous pouvons l’aider ?
  • Comment pensez-vous que cela pourrait évoluer à l’avenir ?
  • (Questions à l’enfant dans un second temps)

Précisions étudiants

Il convenait pour les étudiants d’organiser leurs idées. Ils pouvaient tout à fait signifier l’importance de la qualité de l’échange à privilégier avant l’ordre des questions pré-pensées. Il est important lors du bilan de recevoir les familles avec une qualité d’écoute suffisamment ajustée pour que la confiance puisse s’installer. D’autre part, un positionnement horizontal est souhaitable dans la relation de soin et un listing de questions pourrait aller à l’encontre de la qualité de la relation attendue.
Néanmoins, organiser des questions, c’est aussi dessiner une organisation d’exploration. Plusieurs arborescences pourraient être imaginées.
Il était attendu que l’organisation des questions esquisse la cohérence d’un raisonnement clinique.

3. Quelles activités proposer à l’enfant ?

Le bilan d’oralité d’un enfant de 3 ans et demi se déroule très longuement autour de l’entretien comme donné ci-dessus en exemple, néanmoins, cela ne suffit pas et dès que cela va être possible, diverses activités vont pouvoir être proposées (en dehors des épreuves éventuelles de langage oral si le temps le permet).

  • Un essai alimentaire afin d’évaluer : le comportement général de l’enfant et des parents, la mise en bouche, les mouvements mandibulaires et linguaux, la vidange de bouche en fin d’essai, la déglutition et un éventuel ralentissement de la phase buccale.
  • Des jeux, notamment sensoriels : évaluer l’appétence spontanée ou suscitée de l’enfant en jouant face à lui. Evaluer son imitation, sa mise en retrait. Croiser les éléments recueillis à l’anamnèse et la situation clinique
  • Des praxies bucco faciales sur imitation et sur photo si son niveau développemental le permet, sinon dans le contexte de jeu avec sollicitation multimodale dans le jeu.
    Exploration intrabuccale après une approche globale si le climat de confiance le permet.
  • Evaluer « visuellement » la sphère oro faciale : dents / langue / amygdales / voile / frein langue et lèvre / joues . Explorer au doigt en racontant une histoire la tonicité de l’orbiculaire des lèvres, une éventuelle sensibilité gingivale, linguale, palatale. Renoncer en cas de refus ou de nauséeux et demander au médecin suivant l’enfant une exploration lors du prochain RV médical.

4. Diagnostic différentiel avec une néophobie alimentaire

Voici une question bien complexe. La néophobie fait partie de développement normal. C’est une période que les auteurs décrivent, dans la littérature comme pouvant durer de 2 ans à 7 voire 10 ans. Un enfant de 3 ans et demi pourrait donc présenter une néophobie OU un trouble de l’oralité, il s’agirait de ne pas confondre les deux.
Le diagnostic différentiel demande deux temps :
– Le premier consiste à enquêter sur le développement de l’enfant afin d’évaluer l’existence de possibles signes de vulnérabilité de développement avant 2 ans.
– Le deuxième consiste à évaluer le comportement de l’enfant, la stabilité des schémas observés et leur variation en fonction des lieux et des personnes accompagnant le repas.

Précisions étudiants

Il était attendu une modération des arguments, voire une certaine prudence ; cela n’est cliniquement pas toujours évident de faire ce diagnostic différentiel surtout à une époque où l’on pressent que certains patients dits autrefois « néophobes », sont possiblement plutôt des patients touchés par des TOA. De plus, il existe des situations plus compliquées à évaluer, et le diagnostic différentiel devient alors difficile à faire.
Si les contraintes développementales éventuellement repérées dans le développement actuel peuvent évoquer un trouble développemental et donc plutôt un trouble de l’oralité, il me semble dangereux de lire le diagnostic différentiel automatiquement en ces termes-là. En effet, rien n’empêche un enfant d’avoir un retard moteur ou un retard de langage ET une période de néophobie. Par ailleurs, la sensorialité d’un enfant se construisant autour des expériences cohérentes et fréquentes accumulées, il ne m’apparaît pas évident qu’un profil de Dunn atypique signe automatiquement un TOA plutôt qu’une période de néophobie. Il faudrait exclure en parallèle une expérience appauvrie, un manque d’étayage, or cela est parfois dangereux de statuer rapidement à ce sujet.
J’ai particulièrement apprécié la prudence d’une étudiante qui proposait à l’issue du bilan de voir l’enfant 5 séances afin de s’assurer de son diagnostic. On peut effectivement penser qu’une néophobie classique dans le développement cèderait rapidement avec un accompagnement de l’enfant et de sa famille, au moins dans la plainte exaucée.
Quoi qu’il en soit, ce diagnostic différentiel sera parfois évident, parfois plus obscur et dans ce cas, il me semble que nous devons rester prudents et accompagner quoi qu’il en soit une famille qui amène une plainte.

Vous qui avez lu jusqu’au bout cet article, n’hésitez pas à le compléter grâce aux commentaires. Ce bilan, est, j’en suis sûre, complètement perfectible.

BONUS : téléchargez mon inventaire alimentaire et ma fiche d’anamnèse qui soutient une partie de mes prises de notes lors des bilans. Attention néanmoins, ces outils méritent d’être utilisés par des professionnels formés pour prendre sens.
Inventaire Alimentaire – OAV
Questionnaire Alimentaire Général. OAV

ATTENTION : je n’autorise pas les sites commerciaux à utiliser tout ou partie de mes articles, ou documents associés, pour contribuer à leur communication commerciale.

Troubles de l’oralité : quels enfants ? quels terrains ?

Troubles de l’oralité : quels enfants ? quels terrains ? published on Un commentaire sur Troubles de l’oralité : quels enfants ? quels terrains ?

Pourquoi un enfant a-t-il des problèmes alimentaires ?
Troubles de l’oralité : quels enfants ? quels terrains ?
Quand on est face à un enfant présentant des troubles de l’oralité, à quoi devons-nous penser ? Quelles sont les pistes à explorer pour dépister un trouble de l’oralité, pour comprendre sa construction, et envisager les aides à proposer ?

Nous allons chercher si l’enfant que nous rencontrons a des antécédents qui permettraient de comprendre le point de départ de la difficulté :
Cet enfant est-il prématuré ? entre 40 et 75 % des prématurés rencontrent des troubles alimentaires en fonction du moment de leur développement. Ces enfants sont souvent touchés, en lien avec les retentissements de leur naissance prématurée sur leurs organes (poumons / cerveau / système digestif / cœur) ET leurs premières expériences de vie multipliant souvent des soins invasifs sur le plan sensoriel, touchant de près leur oralité : CPAP, SNG, etc …
Cet enfant a-t-il / a-t-il eu des problèmes digestifs ? RGO pathologiques, allergies alimentaires, … Tout enfant qui a un vécu douloureux en lien direct ou indirect avec l’alimentation peut présenter des troubles de l’oralité
Cet enfant a-t-il / a-t-il eu une nutrition entérale ou parentérale, qui, nous le savons, n’est pas sans induire des retentissements importants sur l’oralité des tout-petits quand cette nutrition dure dans le temps et /ou que des soins de prévention ne sont pas proposés en parallèle de cette période de nutrition entérale ou parentérale.
Cet enfant a-t-il des troubles respiratoires importants ? Manger est alors fatigant, l’appétit peut sembler réduit : l’enfant mange alors assez peu, quelle que soit la texture L’environnement peut être tenté de forcer, et déclencher chez l’enfant une connotation négative de l’alimentation, avec répercussions plus larges autour de l’oralité.
Cet enfant a-t-il des problèmes neurologiques (AVC, épilepsie, IMC, …) qui pourraient amener des dysfonctionnements autour des aspects fonctionnels de l’alimentation (déglutition, mastication, salivation, réflexes, …) ou des aspects sensoriels (traitement neurologique des stimuli en lien avec l’alimentation altérés).
Cet enfant a-t-il des troubles du développement ? On sait que les retard de développement, les troubles du spectre autistique, les syndromes génétiques ou chromosomiques, et d’autres troubles montrent souvent un tableau de troubles divers dont des particularités alimentaires.
Cet enfant a-t-il dans sa famille des personnes qui présentent / ont présenté des troubles similaires : l’aspect épigénétique est avancé par Mme Senez entre autre, et vérifié pleinement dans la clinique.
Cet enfant a-t-il un vécu négatif autour de sa « sphère orale », avec des soins invasifs (comme les prémas en vivent), des hospitalisations ayant amenés des ajustements difficiles autour de l’alimentation, … Les souvenirs sensoriels-émotionnels laissent des traces prégnantes chez certains enfants avec une intégration sensorielle perturbée qui retentit sur la prise alimentaire.
Cet enfant a-t-il un syndrome malformatif touchant le cerveau / le système digestif / le cœur / les poumons ? Ce sont autant de fonctions qui, altérées, peuvent retentir nettement sur l’alimentation d’un enfant.Continue reading Troubles de l’oralité : quels enfants ? quels terrains ?

Diagnostic différentiel « troubles de l’oralité » / « néophobie alimentaire »

Diagnostic différentiel « troubles de l’oralité » / « néophobie alimentaire » published on Aucun commentaire sur Diagnostic différentiel « troubles de l’oralité » / « néophobie alimentaire »

Voici une vidéo autour d’une diapositive de la présentation que j’ai dernièrement proposée à des professionnels de santé autour des troubles de l’oralité :
– lors des 8h chrono de Pédiatrie du 5 novembre 2015 à Etretat,
– lors de la 1ère journée régionale des troubles de l’oralité de ma région.

Le sujet traité ici : les signes cliniques précoces, et le questionnement autour du diagnostic différentiel avec les néophobies alimentaires.
Cette courte vidéo s’inscrit dans un film plus complet de cette présentation qui sera en ligne sur le blog très prochainement.
N’oubliez pas que cette diapositive est sortie de son ensemble. Le diagnostic différentiel des troubles de l’oralité ne se limite pas à la néophobie alimentaire.

10 règles à oublier avec un enfant sélectif

10 règles à oublier avec un enfant sélectif published on 4 commentaires sur 10 règles à oublier avec un enfant sélectif

Souvent, face à un enfant qui présente des difficultés (quelles que soient ces difficultés d’ailleurs), les parents sont souvent perdus, et perdent leurs repères éducatifs.
Face aux enfants sélectifs, cela devient presque une affaire « sociétale » puisque chacun y va de son bon conseil, de son bon « savoir faire » pour expliquer aux parents qu’ils cèdent trop ou qu’au contraire ils s’inquiètent trop.

A force de voir des familles perdues face à ce qu’il convient de faire, j’ai pensé à un petit article, que vous pourrez imprimer pour l’afficher sur le réfrigérateur afin de vous conforter dans l’idée que vous faîtes bien :-). J’ai voulu cet article sur un ton léger. Je vous souhaite détendus… J’espère que vous saisirez que si nous préférons avoir des enfants « qui se tiennent bien à table, mangent proprement, et finissent leur assiette de légumes », il sera toujours temps de revenir aux « bonnes conduites » quand les tensions se seront apaisées. Une des règles premières à retenir étant « plaisir et découverte », oublier tout ce qui génère dans votre esprit une quelconque tension.

C’est ainsi que cet article au titre un peu provocateur est né :
 » 10 règles de conduite à oublier pour que votre petit sélectif soit heureux à table ».
que vous pouvez télécharger ici : Document : « 10 règles de bonnes conduites à oublier »

Livret de Guidance Oralite n°2

Livret de Guidance Oralite n°2 published on Aucun commentaire sur Livret de Guidance Oralite n°2

Le livret de Guidance Oralite n°2
Les objectifs :
– se réconcilier avec les aliments
– communiquer autour des aliments et bénéficier de supports visuels pour ceux qui ne parlent pas encore
– accéder à la bouche
Pour y accéder cliquez ici 2 fois ;

Et si vous souhaitez dans le même temps accéder au premier livret de Guidance Oralité, ce sera là :

NB : si vous n’avez pas de compte PayPal, cliquez en dessous « je n’ai pas de compte PayPal » afin de pouvoir proposer un règlement par carte bancaire.

ATTENTION LE LIEN DE TELECHARGEMENT APPARAIT DES VOTRE REGLEMENT SUR LE SITE.
En cas de difficulté, contactez moi immédiatement à oralite.alimentaire.verbale@gmail.com, je vous enverrais vos livrets par mail directement si une erreur survenait.

Pour plus d’informations sur ces livrets, vous pouvez vous rendre sur cet article précédent : Que sont les Livrets de Guidance ?
Le livret n°3 est proposé ici.
Pour se procurer directement les 3 livrets, cliquez ici

Si vous voulez partager vos retours sur le blog à propos de l’utilisation des livrets, ou poser des questions pour avoir des informations supplémentaires, les commentaires vous attendent. 🙂

A bientôt !

Genèse des troubles de l’oralité

Genèse des troubles de l’oralité published on 10 commentaires sur Genèse des troubles de l’oralité

genèse des troubles de l'oralité

Genèse des troubles de l’oralité et réponse(s) orthophonique(s).

Il convient à l’issue du bilan orthophonique d’oralité, d’être en mesure d’émettre des hypothèses quant à la genèse des troubles observés. Quelquefois l’enfant arrive et nous avons d’emblée le probable « point de départ » du trouble alimentaire, mais ce n’est pas toujours le cas.
Pour rappel, il existe plusieurs hypothèses quant aux situations « prédisposant » aux troubles de l’oralité :
– L’enfant est diagnostiqué «TSA »
– L’enfant est prématuré
– L’enfant présente un syndrome, une malformation d’ores et déjà identifié (T21, SPR, 22Q11, Rett, …)
– L’enfant présente des troubles digestifs d’ores et déjà identifiés (RGO, allergies alimentaires, atrésie de l’œsophage, œsophagite, …)
– L’enfant présente des troubles respiratoires sévères
– L’enfant bénéficie d’une nutrition entérale
– L’enfant a une histoire neurologique spécifique (épilespie, AVC, IMC, …)
– L’enfant a des troubles sensoriels (intégrations sensorielles spécifiques, profil hyper ou hypo, homogène ou hétérogène)
– L’enfant vit au sein d’une famille où ces difficultés sont identifiées chez d’autres notamment chez les parents.
– L’enfant n’a aucun antécédent connu

=> notez que bien souvent les causes se superposent / s’entremêlent.
Exemple d’un enfant prématuré, ayant bénéficié d’une nutrition entérale et / ou ayant présenté un AVC néonatal et / ou une BDP.

Quand aucun antécédent n’est amené par les parents, il va falloir aller s’assurer dans l’anamnèse qu’il n’y a effectivement :
– Aucun aspect digestif sous-jacent
– Pas de TSA
– Pas de syndrome
– Pas de difficulté neurologique à côté desquelles on serait par ailleurs passé
– Pas de malformation type fente sous muqueuse
– Pas de particularité sensorielle
– Pas de troubles chez les parents qui quelquefois présentent des particularités alimentaires sans en avoir conscience tant cet aspect est « familial » et donc si fréquent que reconnu comme appartenant au fonctionnement « normal ».
NON, en vérifiant nous ne sommes pas en train de douter des propos des parents. Cette « vérification » glissée à travers les différentes observations de notre bilan et questions d’anamnèse, ne sera que l’expression de notre extrême prudence. Il est tellement fréquent que le corps médical consulté précédemment (toute spécialité comprise) soit passé à côté d’un des aspects, que nous devons absolument aller mener l’enquête sur les origines éventuelles du trouble observé.

Cette année aux Entretiens de Bichat, face à l’intervention d’A.Lecoufle et de M. Boudou sur les troubles de l’oralité, une question amenée dans la salle concernait justement l’origine des troubles de l’oralité : la collègue orthophoniste demandait si certains troubles de l’oralité existaient « sans explication connue ».Très intéressante cette question !Continue reading Genèse des troubles de l’oralité

Néophobie alimentaire ou trouble de l’oralité type SDS ?

Néophobie alimentaire ou trouble de l’oralité type SDS ? published on 5 commentaires sur Néophobie alimentaire ou trouble de l’oralité type SDS ?

Comment faire la différence entre un enfant néophobe et un enfant présentant un trouble de l’oralité, ou un SDS (= Syndrome de Dysoralité Sensorielle) ?

La clinique nous permet de pressentir un lien fort entre les troubles de l’oralité et la néophobie alimentaire. Cette dernière s’installerait quand les premiers ne sont pas pris en charge. Il est donc capital de repérer le plus tôt possible ces troubles de l’oralité afin d’éviter la mise en route d’un cercle vicieux autour de la prise alimentaire.

A partir de quel âge peut-on présenter un trouble de l’oralité ?
Dès la naissance, cela peut être compliqué de boire. On ne parle pas encore de « troubles de l’oralité », mais cela peut annoncer une suite difficile et « un trouble » probable par la suite. A la naissance, on retrouve plutôt des problèmes de succion, des problèmes digestifs, des problèmes respiratoires. Les nouveaux nés peuvent avoir du mal à gérer leur premiers pas alimentaires.

Le plus souvent, les premières plaintes apparaissent au moment du passage à la cuiller, mais plus encore au moment du passage aux morceaux. C’est vraiment quand les morceaux apparaissent que les parents commencent à observer des particularités.

La néophobie alimentaire concerne 77% des enfants entre 2 et 10 ans selon un questionnaire proposé à des mères en 1994 (Liliane Hanse)

Les troubles de l’oralité concernent également de nombreux enfants (par exemple, 75% des prémas présentent aussi des particularités alimentaires). Parmi tous les enfants concernés (prémas et autres), certains vont bien évoluer sans intervention extérieure /médicale ou paramédicale, et d’autres vont au contraire s’aggraver. Un travail de prévention serait à faire dans les cabinets de pédiatrie, mais à ce jour, les professionnels relais, susceptibles d’aider ces familles repérées sont très peu nombreux et les médecins trop peu informés sur ces troubles là pour que cette prévention ait lieu.

Qui sont les enfants concernés ?Continue reading Néophobie alimentaire ou trouble de l’oralité type SDS ?

Du SDS à la néophobie alimentaire : le chemin de Sacha

Du SDS à la néophobie alimentaire : le chemin de Sacha published on 2 commentaires sur Du SDS à la néophobie alimentaire : le chemin de Sacha

Je m’appelle Alexandra et mon fils Sacha, 8 ans, est néophobe alimentaire. Nous habitons en Lorraine, France.
Tout à commencé au moment de la diversification. Sacha refusait catégoriquement tous morceaux. Il acceptait seulement le pot au feu que je préparais très lisse.
Nous avons essayé énormément de nouveaux plats. Et même sans morceaux il refusait. Lorsque nous lui présentions un nouvel aliment, Sacha avait des hauts le cœur et 9 fois sur 10 vomissait.
Bien évidemment nous en avions parlé à notre médecin traitant et pédiatre. Mais nous avions toujours droit à la même réponse : un enfant ne se laisse pas mourir de faim, le lait lui suffit regardez il a de la graisse sur le bidon !!!! Mais cela ne me suffisait pas comme réponse car je sentais bien que ce n’était pas de la comédie. Surtout que nous avons tout essayé : chantage, punition, récompense, lâcher prise.
Autour de moi (famille, amis), nous ne comprenions pas. C’était la première fois que nous étions confrontés à ce genre de problème.
Les années passent et fin 2011, Sacha accepte de nouveaux aliments et j’obtiens enfin une prise de sang pour voir si Sacha avait ou non des carences. En pédiatrie, je parle de son problème aux infirmières présentent pour la prise de sang. Et là elles m’envoient au CMP. Enfin j’étais entendue !!!
Nous commençons alors une thérapie et un peu plus tard un atelier où il mangeait à l’hôpital avec des infirmières 1 fois par semaine. Au bout d’un an le bilan était : Sacha est très angoissé, anxieux et nous ne comprenons pas pourquoi il ne veut pas manger autre que ce qu’il mange déjà. C’était la première fois pour eux qu’ils étaient confrontés à ce genre de problème. Nous continuons quand même car au-delà de l’aspect alimentation, Sacha faisait des progrès au niveau de la confiance en soi.
Fin 2012, le CMP veut que Sacha voit une orthophoniste pour un problème de prononciation. Nous y allons et lors du bilan l’orthophoniste me dit : je pense que Sacha a le SDS : syndrome de dysoralité sensorielle. Elle m’explique que c’est une hyper sensibilité au niveau du goût, toucher, odorat, texture. En rentrant j’ai regardé sur internet et ce que j’ai trouvé me faisait vraiment pensé à mon fils.
Nous l’avons revu pour qu’elle nous explique la suite. Le but était donc de désensibiliser Sacha. Pour ce faire je devais faire des massages de la bouche au moins 7 fois par jour. Chaque semaine elle se déplacerait au CMP pour qu’elle puisse m’apprendre les bons gestes et pour le suivi.
En janvier 2013, nous avons commencé les massages. Tout d’abord, le visage et par la suite la bouche.
Ensuite nous avons continué par la bouche. Au début il faut y aller doucement pour éviter les hauts le cœur.
En mars 2014, je vais surfer sur le net pour essayer de trouver des témoignages, des informations sur le SDS, encore et encore.
Et là, je tombe sur le blog « phobie alimentaire ». J’y lis le témoignage d’une maman qui explique la phobie alimentaire de sa fille. Ce fût l’illumination. Sur ce blog il y a un lien facebook. Je fonce sur cette page, m’inscrit et me présente.
Je parle bien sur des difficultés alimentaires de mon fils mais aussi du SDS, des massages etc …
Je me posais cette question ; Sacha est néophobe alimentaire ou a le SDS ?
En discutant j’ai compris que la néophobie alimentaire résultait du SDS non soigné.
Sacha a eu les massages pendant 18 mois à raison de 7 à 8 fois par jour.
Dès les premiers massages, j’ai senti du changement chez Sacha. Bien sûr il ne mangeait pas « normalement ». Mais il avait envie de goûter et il a pu mettre un mot sur son problème alimentaire. Avec l’orthophoniste nous ramenions souvent de nouvelles choses à goûter. C’est comme cela qu’elle lui a appris à bien mâcher.
Voici ce que mangeait Sacha avant les massages :
-purée toujours la même marque -nuggets toujours la même marque et cuisinés de la même manière -frites -fromage et tous ses dérivés -gâteaux apéro -gâteaux sucrés sans crème ni gros morceaux -compote (qu’en gourde)
Voici ce que Sacha mange aujourd’hui :
-purée avec toutes sortes de légumes (sans morceaux) -nuggets peu importe la marque et la cuisson -cordon bleu -colin -escalope de dinde ou de poulet -côte de porc -poulet (le blanc) -hamburger -poisson pané -croque-monsieur -sandwich avec jambon -chipolata – merguez -pomme, poire, fraise -fruit sec : papaye, ananas, abricot et pleins d’autres -pizza trois fromages, jambon, mozzarella -pomme dauphine -charcuterie -compote (peu importe son contenant) – steack hachés
Sacha essai énormément de nouvelles choses et surtout sans plus aucun haut le cœur.
Il a essayé pleins d’autres aliments aussi : œufs, céleri, carotte, maïs, surimi, poivrons et bien d’autres. Mais alors que pour certains, il ne leur faut que quelques jours pour acquérir un aliment, pour Sacha il lui faudra des semaines voire des mois. Ce sont surtout ses angoisses qui l’empêchent souvent d’accepter de manger certains aliments.
A l’heure actuel Sacha refuse toujours : pâtes, riz, pomme de terre, légumes en morceaux, crudités, certains fruits, poisson (mis à part en panure).
Mon fils est encore jeune et jusqu’à présent n’a pas rencontré de grosse difficulté dans sa vie sociale. Avant que l’on sache qu’il avait le SDS, certaines personnes me répétaient que c’était de la comédie. J’ignorais ce genre de remarque, même si cela me faisait mal. Une fois le diagnostic posé celle-ci ont changé d’avis et surtout ont bien compris. Lorsqu’il est invité chez les copains, j’explique aux parents et comprennent parfaitement. Le principal et de ne pas forcer. Sacha est très à l’aise pour parler de sa néophobie alimentaire.
Sacha est toujours suivi à l’hôpital. Il y va une matinée par semaine. Il y voit une psychologue, y fait un atelier marionnette et de l’hypo thérapie et un atelier en musicothérapie. Il a beaucoup d’angoisses, peur de décevoir, de ne pas réussir, manque de confiance. Mon fils a beaucoup de tocs aussi : lavage de mains, chaussure bien serrée, grattage des jambes et bien d’autres. Ces ateliers l’aide beaucoup pour réduire ses tocs et cela fonctionne.
Sacha est toujours sensible aux odeurs, goût mais beaucoup moins qu’avant. Il est toujours aussi chatouilleux.
Tous les 6 mois, nous lui faisons une prise de sang pour voir s’il a des carences ou non. Jusqu’à présent les prises de sang arrivent sans problème.
Il a une vie de petit garçon tout a fait normal : fait du sport en compétition, a beaucoup de copains, travaille très bien à l’école, fais des bêtises comme tous les enfants de son âge.

Alexandra