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« Il a toujours été compliqué à nourrir, que proposer ? »

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Il y a des enfants qui apparaissent « difficiles à nourrir ». Les mois passent, les stratégies développées par les parents demeurent inefficaces et chacun s’épuise : l’enfant montre un comportement de plus en plus opposant, et les parents ne savent plus quoi faire.

« Il a toujours été compliqué à nourrir, que proposer ? »

1. Montrez la route des repas en invitant votre enfant à table avec vous : vous voir vous régaler est capital.
2. Pensez : « plaisir » et acceptez que son plaisir ne soit pas d’emblée en adéquation avec le vôtre
3. Lâchez prise quelques temps sur l’équilibre alimentaire tel qu’il est transmis dans notre société (5 fruits et légumes par jour, pas trop gras, pas trop sucré, …)
4. Proposez encore et encore, en petites quantités dans une coupelle à côté de l’assiette au besoin.
5. Patience et bienveillance : plus facile à dire qu’à faire… mais le secret est là aussi. Les émotions générées à table comptent tout autant que les sensations que votre enfant perçoit à travers son repas avec son nez, ses yeux, sa bouche, …
6. Aidez votre enfant à « comprendre » ce qu’il a dans son assiette.

« Pourquoi et comment aider un enfant à mieux comprendre son assiette ? »

Comprendre son assiette, c’est avoir appris à la connaître. Et quand on connaît les choses, on les craint moins. Connaître mieux, c’est se préparer à aimer. C’est donc bien ici une étape pour aider votre enfant.

  1. Il va être important de proposer à votre enfant, en fonction de son âge, d’une part des aliments « simples à comprendre » pour qu’il puisse apprendre à reconnaître leur goût (en s’accompagnant de ses autres sens), et d’autre part, les « plats familiaux » que vous appréciez partager dans le quotidien de la maison. Quoi qu’il en soit, il sera important de ne pas oublier la place du plaisir « partagé » (les plus grands auront possiblement besoin de temps pour se mettre à goûter, les plus petits pourront y être incités plus aisément sur demande parentale).
  2.  Ainsi, pour aider votre enfant à découvrir des aliments, il sera plus pertinent de choisir ceux que vous appréciez vous-mêmes. Si vous présentez vous-même une sélectivité alimentaire, faites-vous aider par l’enthousiasme d’un tiers au moment des repas : l’autre parent, les grands-parents chez qui l’enfant va souvent, mais aussi la nourrice, la crèche voire l’école quand ces dernières structures comprennent la problématique de ces enfants. Il est juste important que le tiers aidant partage régulièrement des repas avec l’enfant. Nous ne pouvons néanmoins nier que les plus à même de jouer ce rôle de « présentateur alimentaire enthousiaste » sont les parents, pour de simples raisons affectives : nous n’oublierons jamais la puissance des émotions dans les aventures repas.
  3. La stratégie qui consiste à inviter votre enfant lors de la préparation du repas est idéale. Ouvrir un boîte de conserve de Haricots Verts, ou glisser deux poignées de coquillettes « comptent aussi » 😉
  4.  Vous pouvez également vous fabriquer des cartes photos des aliments (en découpant dans les publicités ou en imprimant grâce à Google image) et présenter la photo à chaque fois que vous proposez l’aliment (voire qu’il constitue votre plat). A l’inverse, bannissez absolument la feinte : en voulant le tromper sur ce qu’il mange. Avec cette stratégie, vous reculeriez sur le chemin que vous souhaitez pourtant emprunter.
Exemple de set de table avec bande velcro et photos du repas

« Pourquoi amener un enfant à manger c’est parfois si compliqué ? »

  1. Le cerveau de l’enfant contrôle ses « envies », son « appétit », « son plaisir » aussi d’ailleurs. Les processus qui régissent la prise alimentaire sont plus complexes que le « simple refus d’opposition » souvent interprété par l’entourage. Ce refus alimentaire n’est pas non plus un aveu de désamour : juste le croisement d’informations sensorielles ou digestives qui sont comprises sur le mode « désagréable », ou aux impossibilités, notamment motrices, qui elles-mêmes génèrent d’ailleurs souvent du déplaisir, voire à la diminution du plaisir qui apparaît à mesure qu’un aliment de même type est ingéré.
    Retenons que les enfants reprennent les activités d’eux-mêmes quand celles-ci sont plaisantes, et abandonnent spontanément celles qui ne le sont pas.
    Mais le cerveau communique pleinement avec le système digestif. Par exemple, il traite la vue des aliments différemment selon la faim par ailleurs ressentie.
  2. C’est donc aussi le système digestif qui dicte les lois. Quelles lois ? me direz-vous… Celles de la physiologie digestive (saviez-vous qu’il existe des neurones digestifs ?). En connaître quelques-unes vous permettra de mieux comprendre cet enfant difficile à nourrir :
  • Lorsqu’un enfant a faim, il va avant tout être attiré par les aliments que son organisme a appris à reconnaître comme étant « à forte densité calorique » (= qui apportent plus vite les calories attendues) : plutôt les pâtes que les haricots verts.
  • Les tout-petits ont par ailleurs de naturelles attirances pour les aliments gras et sucrés dont leur cerveau a besoin dans cette période de développement.
  • Et puis, saviez-vous que les enfants expriment un vrai désir physiologique quand ils disent ne plus avoir faim mais demandent un dessert ? Pourtant c’est vrai. Si on s’écoute nous-mêmes, adultes, on entendra les mêmes possibles envies.
  • Pour qu’il ait faim, il est nécessaire que son estomac ait pu partiellement vider son contenu précédent. Un intervalle de 2h entre les repas serait à observer. Par contre, rappelez-vous que les 4 repas par jours que nous proposons en France ne sont que pure histoire culturelle. Vous pourriez en proposer moins, ou plus…
  • Tous les organismes ne fonctionnent pas selon le même métabolisme. Certains ont besoin de peu manger pour vivre, d’autres plus… Les médias offrent des messages de bonne conduite à la société sans prendre compte de ceux qui ne fonctionnent pas comme la « moyenne de la population ».


3. De nombreux aspects sensoriels entrent en jeu

  • Il existe dans le développement des enfants une période où il est « classiquement » aisé pour lui de goûter à tout (5/12 mois), puis, cette fenêtre développementale peu à peu se referme. A 24 mois, l’enfant aura déjà son ancré ses préférences alimentaires, et si rien n’est figé au cours de la vie, il est intéressant de retenir cet âge repère comme celui qui annonce les préférences de l’individu adulte. Comprenez que l’enfant construit au gré de ses repas des schémas sensoriels en fonction de ses expériences. Plus il aura expérimenté l’alimentation avec tous ses sens au sein d’un climat positif, plus il sera à même d’anticiper son assiette en la comprenant finement. Les goûts et aliments non présentés manqueront à la grille de lecture initiale. Ils pourront être ajoutés dans la bibliothèque « sensorielle alimentaire » de l’enfant, mais cela sera plus ardu quand les traitements cognitifs (= représentations / pensées personnelles construites) de l’enfant s’ajouteront aux freins sensoriels déjà vécus par l’enfant.
  • Enfin, la préférence innée pour le goût sucré observé à la naissance n’est pas à vie inscrite. Le goût est un sens, qui, comme tous les autres, s’éduque. Le bébé entend, voit, … dès la naissance, mais ce n’est que via ses expériences répétées encore et encore qu’il va se servir de plus en plus finement de ses sens.

    Par exemple, le bébé reconnaît la voix de sa mère dès la naissance, puis le bruit de la porte de sa chambre, du grelot de son doudou, du chien qui aboie pourtant au loin… et bien plus tard les notes de musique s’il est instruit en ce sens. Le goût et l’odorat fonctionnent de même. Il va donc être indispensable de présenter des goûts et odeurs encore et encore pour que l’enfant accèdent aux autres goûts que le fameux « sucré » inné. Le risque face aux difficultés sensorielles de certains petits, seraient de les isoler de ces entrées sensorielles que l’on devine déplaisantes : l’enfant ne pourrait alors pas intégrer de nouvelles expériences via ce sens, et chaque future stimulation paraîtrait de plus en plus compliquée, telle de véritables agressions sensorielles. La difficulté tient donc du besoin d’ajustement, le dosage dans les propositions que l’on fait à l’enfant.
    Classiquement, ce développement est celui qui explique que si l’odeur de pain au chocolat qui vous parvient dans la rue vous « donne faim », c’est que l’information olfactive aura réveillé vos autres sens, transmettant l’information à votre système digestif, qui lui-même se conduira comme si vous alliez manger ce pain au chocolat dont la seule odeur pourtant vous parvenait, induisant une réelle illusion perceptive !

Quels chemins mènent aux conflits enfant // assiette ?


Les enfants touchés par ces difficultés alimentaires sont nombreux. Il arrive d’ailleurs qu’on pense certains en phase de « néophobie » (phase normale du développement) alors que leurs difficultés sont vraisemblablement autrement enracinées dans leur développement.
Les autoroutes conduisant aux problématiques alimentaires sont de plusieurs ordres :
A1 : l’Autoroute Neurologique : les enfants IMC pour ne citer que les mieux identifiés.  Mais en réalité, tous les enfants présentant des troubles du développement, des syndromes génétiques et malformatifs présentent une organisation neurologique spécifique. Ainsi, prématurés, TSA, TDAH, TSLO, dyspraxiques, enfants présentant un haut potentiel, etc… pourraient se voir attribuer une étiologie « neurologique ».
A2 : l’Autoroute Digestive : les pathologies digestives allant du RGO aux syndromes les plus complexes.
A3 : l’Autoroute Epigénétique : les terrains familiaux où nous retrouvons fréquemment des parents ayant eux-mêmes présenté des vulnérabilités de développement voire des troubles avérés.
Les « Itinéraires Bis » : Autoroutes Respiratoires et Cardiaques qui souvent mènent vers les départementales sensorielles et motrices.
Suivent quelques routes départementales reliées autour des autoroutes précédentes :
D4 : la départementale sensorielle
D5 : la départementale motrice
Enfin, le périphérique desservant chacun de ces chemins pourrait être nommé « le périphérique émotionnel ». Souvent, on pourrait penser que certains enfants circulent sur un circuit fermé constitué par la fréquentation de plusieurs de ces routes.
Pour conclure, on peut dire que manger est une activité recrutant des compétences motrices mesurées comme étant plus coûteuses chez certains enfants fragiles.
Mais c’est aussi une activité entraînant les danses simultanées de nombreuses informations sensorielles.
Entendre l’assiette se préparer… et comprendre ces / ses bruits ?
La voir arriver … et comprendre ce qu’il y a dedans ?
La humer… et reconnaître les odeurs perçues ? ou éveiller une nouveauté sensorielle ?
En toucher le contenu du bout de la fourchette… et anticiper dans le même temps la sensation prochaine en bouche : mou ou dur, coulant ?…
En deviner la chaleur habituellement expérimentée… et préparer sa bouche à la recevoir.
Et enfin, goûter, sentir en bouche… et vérifier les premières informations comprises au préalable, ou découvrir les sensations associées aux informations initialement pressenties/ devinées ? A moins que, du bout des doigts, la certitude ait été préalablement validée pour se lancer plus sereinement avant de mettre en bouche un aliment peut être tiède, peut-être dur, peut-être collant ou pétillant ?

Finalement, quand on explique aux enfants qu’il est nécessaire de « goûter », nous réalisons que nous n’avons que trop peu en tête l’importance de l’immensité de l’aventure sensorielle incitée. Comprenons que nous si nous pensons que « goûter » n’est qu’une affaire de papilles (sucré / salé / amer / acide / umami), nous nous trompons grandement.
Goûter, c’est découvrir les aliments avec chacun de nos sens, un par un, émettre des hypothèses de compréhension de notre assiette, accepter de se laisser tirer pas à pas vers la vérification des informations auxquelles nous nous attendons.
Accepter d’avancer dans la lecture de son assiette… tel est le challenge de ces enfants «difficiles». Et le plus souvent, ils peinent à se lancer dans l’aventure puisque les premières vécues demeurent peu positives dans leur mémoire.
Goûter, manger, c’est aussi mettre en bouche, croquer, malaxer, mastiquer, regrouper, avaler : ca implique toute cette gymnastique motrice préalable et indispensable à l’action de manger.
Les émotions qui règnent autour du repas, et plus largement au gré des expériences vécues par les enfants autour de ces notions alimentaires, sont fondamentales. Elles sont le ciment qui associent chaque brique sensorielle perçue, et participe à la compréhension que l’enfant a bâtie autour des situations vécues. Nous comprenons alors aisément l’importance de l’environnement qui propose et accueille les stimulations auxquelles l’enfant est soumis.
Finalement les rouages psychologiques de ces troubles alimentaires se situent au croisement des vécus de l’enfant : vécu sensoriel,  moteur, perceptif, et émotionnel. En d’autres mots, comment l’enfant traite physiologiquement les informations sensorielles, quel sens il leur donne et quel plaisir ou déplaisir est au final généré.

Pour aller plus loin…
http://inra.dam.front.pad.brainsonic.com/ressources/afile/223306-99228-resource-expertise-comportements-alimentaires-chapitre-2.html
http://alimentation-sante.org/wp-content/uploads/2015/10/Let-Scien-IFN-n°-138.pdf
https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00354365/document

10 règles à oublier avec un enfant sélectif

10 règles à oublier avec un enfant sélectif published on 4 commentaires sur 10 règles à oublier avec un enfant sélectif

Souvent, face à un enfant qui présente des difficultés (quelles que soient ces difficultés d’ailleurs), les parents sont souvent perdus, et perdent leurs repères éducatifs.
Face aux enfants sélectifs, cela devient presque une affaire « sociétale » puisque chacun y va de son bon conseil, de son bon « savoir faire » pour expliquer aux parents qu’ils cèdent trop ou qu’au contraire ils s’inquiètent trop.

A force de voir des familles perdues face à ce qu’il convient de faire, j’ai pensé à un petit article, que vous pourrez imprimer pour l’afficher sur le réfrigérateur afin de vous conforter dans l’idée que vous faîtes bien :-). J’ai voulu cet article sur un ton léger. Je vous souhaite détendus… J’espère que vous saisirez que si nous préférons avoir des enfants « qui se tiennent bien à table, mangent proprement, et finissent leur assiette de légumes », il sera toujours temps de revenir aux « bonnes conduites » quand les tensions se seront apaisées. Une des règles premières à retenir étant « plaisir et découverte », oublier tout ce qui génère dans votre esprit une quelconque tension.

C’est ainsi que cet article au titre un peu provocateur est né :
 » 10 règles de conduite à oublier pour que votre petit sélectif soit heureux à table ».
que vous pouvez télécharger ici : Document : « 10 règles de bonnes conduites à oublier »

Comment apprendre aux enfants à se moucher ?

Comment apprendre aux enfants à se moucher ? published on Un commentaire sur Comment apprendre aux enfants à se moucher ?

Quand les enfants grandissent et n’ont pas acquis cette compétence, que proposer pour accompagner cet apprentissage ?
Pour apprendre à se moucher il faut :
– ressentir son nez et ce qui s’y passe
– voir comment ça se passe
– être en mesure de souffler
et avoir un souffle de « qualité » grâce à un voile suffisamment tonique
– être en mesure de distinguer bouche et nez

1/ apprenez lui à ressentir :
– proposer des lavages de nez comme on les propose aux plus petits (voir l’article ici)
– proposer des jeux / des moments de vie où l’enfant est amené à sentir. Montrez-lui comment vous faîtes pour sentir en exagérant vos mouvements d’inspiration. Sentez les bouteilles de parfum, les fleurs, les pots de confiture, de Nutella. Jouez à reconnaître les yeux bandés. Choisissez des odeurs « piquantes », « fortes », celles qui restent dans vos narines après les avoir senties.
2/ Permettez lui de voir.
Ah oui certes, cela peut écœurer certains, et pourtant, quelle motivation que de regarder ce merveilleux spectacle qui trône dans le mouchoir. Face à un enfant qui a besoin d’apprendre à se moucher : aux grands maux, les grands moyens ! 😉
Et puis, montrez aussi comment vous faîtes quand vous vous mouchez vous-même.
3/ Apprenez à souffler
– proposez des jeux de souffle qui amènent à souffler de plus en plus fort par la bouche. De la tasse de lait trop chaude, au sifflet, à la paille pour faire des bulles dans l’eau. Soufflez ensemble de plus en plus fort. Passez de la paille aux fils de scoubidous, aux pailles entortillées (varier les pailles pour varier la puissance demandée). Passez de l’eau à la soupe, au potage, au yaourt nature secoué… Un petit extra avant de manger en aspirant : souffler doucement ou fort pour faire des grosses ou des petites bulles.
– soufflez sur des kleenex en boîte (très léger), des balles de ping pong, des cotons, des cotillons, des boules de Noël, des boules de papier, …Choisissez des choses de plus en plus lourdes pour que la force du souffle gagne en puissance. Soufflez court, soufflez long, soufflez ! Mais rendez cela amusant.
– attention : aidez votre enfant à voir comment tout cela se produit en faisant tout ces jeux devant lui (toujours en exagérant). Installez le de manière à ce que le jeu soit réalisable (les enfants ont tendance à souffler au-dessus des choses qu’ils veulent déplacer, mettez les bien devant, quitte à les faire s’agenouiller devant une table basse. Soyez leur modèle, guidez les afin que leurs premiers souffles, hasardeux, mal contrôlés soient vite récompensés de l’effet qu’ils produisent.
4 / Soufflez par le nez.
Quand la bouche est efficace pour souffler, placer les pailles dans les narines, jouez les dragons féroces, souffler sur des confettis avec le nez en plaçant les confettis sur une surface adaptée qui leur permettra de voler aisément (comme le feu qui sort des narines du Dragon !)
Apprenez aussi dans la voiture à jouez les monstres qui soufflent bruyamment avec son nez. Si vous entendez votre bout de chou, c’est gagné !
Et pourquoi pas, jouez de la flûte avec le nez… vous la laverez après 🙂

Une fois que votre enfant saura faire tout cela, il sera vraisemblablement près à se moucher avec votre aide, puis sans.
Quelquefois le mouchoir sur le nez les freinera, sans doute en lien avec leurs échecs précédents quand on plaçait le mouchoir et que rien ne sortait quand ils soufflaient avec leur bouche. Ils gardent quelquefois le souvenir désagréable du mouchoir longuement appliqué qui au lieu de les amener à fermer leur bouche, les amenaient au contraire à l’ouvrir pour mieux respirer. Changez vos mouchoirs (boîte de Kleenex), mouchez le « sans rien » peut être au départ si c’est nécessaire pour le rassurer.

Mais j’oubliais…
Notions fondamentales :
– alternez les activités conseillées pour favoriser les différentes expériences sensorielles possibles : lavage de nez / parfums / voir le résultat du mouchage dans le mouchoir /souffle par la bouche / souffle par le nez
ET…. vous regarder faire vous même. Montrez, montrez, montrez….
ET … riez ensemble, prenez du plaisir !

– Ce n’est que dans un second temps que vous pourrez apprendre la règle de « une narine à la fois », « placer le mouchoir bien comme il faut », « essuyer le nez de la bonne manière après avoir souffler pour ne pas en avoir sur la joue ».
Ces derniers apprentissages demanderont à votre enfant une coordination motrice plus aiguisée puisque mêlée à une organisation de ses différents gestes… Et comme on ne peut pas penser à tout en même temps dans les situations d’apprentissage, dédramatisez l’aspect « hygiène du mouchage » dans un premier temps, et tant pis si vos souffles de Dragons ont arrosé le pull au passage de sa colère féroce.

Qu’allons nous éviter absolument pour ne pas freiner l’apprentissage :
– penser qu’un lavage de nez est une agression. Vous pouvez avec les plus grands prendre du Stérimar qui pulvérise le sérum dans les narines.
– penser que le lavage de nez suffit, qu’il n’est pas nécessaire d’appuyer sur les narines de votre enfant après puisque cela ne l’a pas amené à souffler quand vous avez essayé ; au contraire persistez en ce sens et montrez comment vous faîtes pour souffler avec votre nez à ce moment là. Donner des appuis alternatifs sur ses narines, c’est aussi l’aider à sentir ce qu’il se passe dedans, et donc lui offrir une entrée sensorielle qui va l’amener à contrôler mieux cette zone ensuite. C’est en répétant cette action régulièrement que cela l’aidera, incontestablement.
– utiliser un mouche-bébé, qui certes libère les narines de votre enfant, mais de manière complètement passive, voire agressive. Cela va à contresens du reste des conseils donnés.
– réduire les mouchages et laissez le nez bouché tant cela vous épuise (même si votre lassitude est compréhensible) => son nez devient une très grande zone qu’il lui sera par la suite encore plus difficile de contrôler. Moins il sera mouché, moins cela le gênera d’avoir le nez plein.
– penser que quand on essuie les narines et ce qui coule, cela suffit.
– penser que guider verbalement un enfant suffit. Quand il peine à automatiser ce geste quotidien, c’est que le problème est ailleurs que dans la mémorisation des différentes phases du mouchage. Les « ferme la bouche » sont effectivement rarement efficaces et renforcent bien souvent les enfants dans l’idée que se moucher est compliqué.

Vous l’aurez compris, même avec la meilleure volonté du monde, ce ne sont ni les orthophonistes, ni les enseignants qui apprendront aux enfants à se moucher. Par contre, ils pourront proposer toutes ces activités qui vont porter l’enfant vers le souffle, les sensations… et surtout, ils pourront informer les parents des activités à reprendre à la maison pour que le mouchage devienne un acte accessible à l’enfant, automatisé, non soumis à la réflexion des différentes étapes à enchaîner.

Stimuler les praxies bucco-faciales

Stimuler les praxies bucco-faciales published on 4 commentaires sur Stimuler les praxies bucco-faciales

Qu’est ce que c’est ? Ce sont tous les mouvements que nous faisons avec notre bouche (lèvres, langue, joues)et qui mobilisent donc indirectement TOUT notre visage, de manière volontaire.
Pourquoi TOUT notre visage ?
– Parce que les muscles qui commandent les gestes de la bouche s’étendent sur toute la face.
Pourquoi en parler sur « oralité alimentaire » ?
– Parce que lorsque l’on mange, on a besoin de mouvoir langue, lèvres, joues.
– Parce que quand on parle, on a besoin de contrôler ces gestes-là aussi.
– Parce que nous pressentons un lien entre les mouvements que l’alimentation des petits amènent, et le langage qui se met parallèlement en place.

Au passage, Leslie Lemarchand, Doctorante, invite les familles à répondre à son questionnaire afin que nous puissions mettre la lumière sur le lien oralité / langage. Pour y répondre, cliquez ici

Quel rapport ? celui de la motricité (= les mouvements) qui lie l’alimentation ET le langage.

Bref… revenons à nos praxies bucco-faciales.
Quand j’étais étudiante en orthophonie (et je ne suis ni « jeune diplômée », ni « dinosaure orthophoniste »), les praxies se travaillaient devant le miroir, un peu comme une gymnastique de visage.
Mes premiers patients ont donc subi cette épreuve, qui, si je la rendais évidemment ludique, n’ont rien ressorti de ces exercices répétés, ou si peu.
Un jour, j’ai eu cette intuition qu’il fallait que je les touche. Face à une toute petite qui portait son visage comme on porte un sac plastique vide, j’avais ce sentiment qu’elle ne devait pas connaître les contours de son visage. J’ai commencé avec elle à toucher les enfants que je suivais.
C’était bien étrange les premières fois. C’est assez intime le visage finalement. Je touchais les enfants et ils me touchaient. Puis nous allions devant le miroir après ces touchers appuyés. A ma plus grande surprise, les enfants parvenaient mieux à réaliser les praxies devant le miroir. Les parents reprenaient à la maison, caressant leur enfant au lait de toilette, « aux mains chaudes », « aux mains froides ». Ca marchait bien mieux.
Par contre, pour qu’ils contrôlent leur langue… je n’avais à ce moment-là pas l’idée de mettre mes doigts dans leur bouche. J’étais donc, encore par un instinct hasardeux, partie sur les brosses à dents à pile vibrantes. Mes patients arrivaient donc avec leur brosse à dents, on se stimulait le visage et l’intérieur de la bouche avec. C’était encore plus efficace. J’invitais les parents à reproduire ces jeux à la maison.

Et aujourd’hui ?

Ce n’est qu’en rencontrant Mme Senez qui parlait de cryothérapie, de reflexes et de massages que j’ai rencontré les bâtons de glace en rééducation. Et depuis, vraiment, quels changements dans mes prises en charge !
Nous pouvons multiplier les sensations en texture avec les Chewy Tubes (voir ici), ou avec les vibrations du Z-Vibe (ou les brosses à dents)… Le froid est réellement plus efficace pour certains enfants.
Quand nous jouons ensemble aux grimaces (voir ici), et que la bouche des enfants semble « chercher » à reproduire le mouvement sans que le résultat soit visible / clair / efficace, je les aide en appliquant des points froids sur les zones concernées afin de les amener à développer des réactions réflexes (qui visent à garder toute la zone buccale à température constante).
Exemples :
pour fermer la bouche de manière efficace, lèvres pincées : rouge à lèvres glaçon, puis en face à face, je grimace la praxie, et l’enfant parvient immédiatement à la reproduire le plus souvent.
Pour lever la langue, un point de froid derrière les incisives supérieures, je grimace le L face à l’enfant… et hop…
( évidemment, imaginez tout cela avec le cadre ludique indispensable au plaisir de l’enfant ET le renforçateur type « ouiiiii superrrrrrr ! »).

En travaillant avec le froid en parallèle du reste, on offre à l’enfant une entrée sensorielle supplémentaire (récepteurs thermiques)s’appuyant tant sur le mouvement pseudo-volontaire que sur le mouvement réflexe.
Quand Mme Senez évoque la cryothérapie dans sa formation, elle ne parle pas de praxies en face à face. Nul besoin. La langue se met immédiatement dans la position adéquat pour les activités visant la réduction du bavage, et pour la déglutition primaire, elle invite à réaliser non pas des grimaces mais des séances de « langage répété ensemble » pour que la langue automatise le bon point d’appui. Je vous invite à suivre sa formation, c’est fort instructif aussi sur ce plan.

Bref. Il y a là quelque chose à creuser.
Les limites ?
Les enfants hypersensibles au froid. Auquel cas, il est vraiment nécessaire d’appréhender ce froid au préalable avec des contacts sur les mains notamment.
Par ailleurs, dans ma pratique, cela fonctionne MAIS : les parents reprennent à la maison.

Et vous les Zorthos, avez-vous essayé ? Quels résultats ? Laissez moi vos commentaires !
Et vous les parents, si vous tentez l’aventure, notamment avec vos grands, vos retours me passionnent pas avance… n’hésitez pas à commenter également !

Bilan orthophonique, questionnaire alimentaire : astuces éducatives.

Bilan orthophonique, questionnaire alimentaire : astuces éducatives. published on Aucun commentaire sur Bilan orthophonique, questionnaire alimentaire : astuces éducatives.

Cet article fait suite à ceux-ci :
1/ Bilan orthophonique, questionnaire alimentaire, oralité primaire
2/Bilan orthophonique, questionnaire alimentaire, comportement de l’enfant
3/Bilan orthophonique, questionnaire alimentaire, textures et aliments
4/ Bilan orthophonique, questionnaire alimentaire, installation

Encore une fois, comme je l’ai déjà dit dans chacun de ces articles : cet article n’est pas destiné aux parents. En le lisant vous ne pourrez en tirer le sens que je souhaite y mettre en le rédigeant pour mes collègues qui ont des connaissances spécifiques en ORL, neurologie, psychologie, développement de l’enfant (entre autre).

Il est également important de questionner les parents sur les astuces qu’ils mettent en place à la maison lorsqu’ils sont en difficulté avec leur enfant.
Petits rappels sur mes bases théoriques
L’étude Opaline (telle que Sophie Nicklaus l’a évoquée lors des Journées Oralité Necker en février 2015) a pu mettre en évidence un lien entre « accès aux aliments » et « astuce éducative » à 24 mois lors de la diversification alimentaire.
– 3 types de styles éducatifs sont repérés : 1/ autoritaire, 2/ Démocratique, 3/ permissif. Il semble que le style permissif impacte peu positivement l’appréciation des aliments.
– Par ailleurs, dans les réponses parentales offertes face aux refus des enfants (récompense, coercition, explication, forçage), il semble que l’explication soit celle qui impacte le plus positivement la diversification alimentaire.
– Enfin, l’étude montre (comme de nombreuses autres auparavant) que la multiplication des présentations (= goûter) de l’aliment initialement refusé, amène l’enfant à l’apprécier après 8 à 10 expositions.
A savoir, N.Rigal évoque les mêmes observations : le style permissif serait moins efficace que le style directif qui lui même serait moins efficace que le style incitatif.

On sait aussi, que les enfants freinés dans la consommation d’un aliment, ou au contraire contraints de manger, voient leur système d’autorégulation déréglé. De manière innée, effectivement, les enfants sont en mesure de manger ce dont leur organisme a besoin. Mais, si on vient interrompre l’enfant avec des exigences (sociétales ou familiales), il perd cette capacité (N. Rigal 2010 / Birch et Fisher 2000)

Autre particularité connue : la notion de terrain familial. Catherine Senez en parle bien, et je le retrouve nettement dans ma clinique : les particularités alimentaires se retrouvent très souvent chez un des parents, voire les deux.

Enfin, la période de néophobie, très décrite dans la littérature, rappelle la fenêtre développementale pendant laquelle il est fréquent que les enfants refuse les aliments nouveaux. Savoir que cela fait partie du développement normal est important à garder en tête, afin de faire des liens en fin de bilan entre tous les éléments recueillis.

Connaissant ces 4 états de fait, je fais le choix dans mon bilan de faire le point avec les parents des stratégies qu’ils utilisent à la maison, afin de mettre la lumière sur des habitudes éducatives qui peut-être participent aux difficultés observées / les entretiennent, mais aussi possiblement aident l’enfant déjà au quotidien.

Je propose tout simplement de répondre, en fin de questionnaire, à cette question :

Quelles stratégies avez-vous déjà utilisées pour amener votre enfant à manger quand cela est difficile ?
– Le forcer ou faire durer le repas
– Lui donner un jouet
– Lui proposer la télévision / une tablette
– Le distraire en jouant ensemble comme « faire l’avion »
– Se fâcher
– Négocier (si tu manges tu vas bien grandir, je serai content, etc…)
– Faire du chantage
– Changer le menu pour quelque chose qu’il aime
– Le laisser sans manger
– Autre ?

Evidemment cela est évidemment accompagné d’échanges plus larges avec la famille que je rencontre. Mots d’ordre : dédramatiser, écouter, comprendre, valoriser.

Qu’est ce que j’en fais ?
=> je croise ces réponses avec les précédentes afin de confirmer mon hypothèse « orthophonique »
=> j’encourage les familles à poursuivre les conduites déjà mises en place adaptées
=> j’accompagne la famille vers quelques modifications de leurs conduites, notamment quand l’enfant est en grande difficulté et que les astuces mises en place sont contre productives.

Voilà globalement comment s’articule (avec les 4 précédents articles) mon questionnaire alimentaire.
Ensuite, je propose pour compléter mon bilan d’oralité différentes choses :
– précisions sur le nauséeux éventuellement observé
– précisions sur le profil sensoriel de l’enfant
– Journée type : quels aliments mangés ?
– Bilan de langage oral type avec les petits (avec anamnèse type d’un bilan de LO, dont terrain ORL +++)
– examen clinique de l’enfant dont essai alimentaire et évaluation de la déglutition.

n’hésitez pas à ajouter vos idées dans les commentaires…