Skip to content

Massages de désensibilisation

Massages de désensibilisation published on 6 commentaires sur Massages de désensibilisation

Ces massages me viennent de Mme Senez. Peu à peu, je les ai faits « miens ». Je vous propose ma pratique suite à cet enseignement que j’ai reçu de Mme Senez. La vidéo qui accompagne vous permettra de visualiser ma réalisation de ces massages.
Le massage du palais était un peu différent dans l’enseignement de Mme Senez dans le sens où elle suggère trois angles de frottements. A force de voir des petits (avec des « petits palais »), ma pratique s’est modifiée, et j’avoue que j’ai oublié à force la technique « propre ». Néanmoins, ayant des résultats cliniques tout à fait satisfaisants, je la partage avec vous. Il conviendra d’adapter le geste pour des patients plus âgés en gardant à l’esprit l’explication de ces massages.

Pourquoi propose t-on ces massages ?
En frottant tous les espaces sollicités par les aliments lors de l’alimentation, on permet aux capteurs sensoriels de la bouche d’augmenter peu à peu leur seuil de réactivité , et donc de ne plus sur-réagir face à toute les stimulations proposées par les textures alimentaires (les capteurs sensoriels s’habituent, comme notre nez, habitué à notre parfum, ne réagit plus).

Quand les utiliser ?
Je vous parlerai là de mon expérience :
Je les utilise très fréquemment pour :
– les enfants présentant des hypersensibilités intrabuccales avec répercussions sur l’alimentation
– les enfants AYANT présenté une hypersensibilité intrabuccale nette (mais non repérée ensuite) et qui présentent toujours des troubles de l’oralité
– les enfants qui présentent une quasi absence de production verbale dès 12 mois, ce même sans particularité alimentaire => ils se mettent TOUS à diversifier leur babillage en 15 jours (SAUF les enfants autistes => observation clinique qui n’engage que quelques cas)
– les enfants à risques (Bronchodysplasie chez grands prémas) dès 6 mois d’âge réel.

Je ne les utilise pas si :
– aucune possibilité d’apprentissage « propre » du geste chez les parents
– enfant pour lequel le visage voire les lèvres ne sont pas accessibles. Il y a d’autres choses à proposer avant.
– enfant qui présente une dysoralité sensorielle non tactile (rare)

Pendant combien de temps :
Je ne donnerai que mon expérience clinique, qui, en parallèle de l’enseignement de Mme Senez prend ce sens :
il me semble que les massages sont à proposer tant que le relai alimentaire n’est pas clairement établi. Mme Senez parle de 7 mois pour tous. Or certains petits ont eu des parents qui ont abandonné avant dans ma clinique : les uns n’ont eu aucun retour en arrière (ils mangeaient normalement au moment de l’arrêt), les autres ont régressé +++ MAIS n’avaient pas du tout accès à une alimentation diversifiée clairement sur le plan des textures (malgré leurs possibles nombreux progrès).

Observations dans l’évolution des enfants :
– la première semaine déroute les parents. L’enfant trouve cela peu agréable, tente d’éviter l’étape « massages », et avouons que 7 évitements par jour, c’est lourd pour les parents. C’est pourquoi la petite visite orthophonique une semaine plus tard est indispensable : pour vérifier le geste parental, et regonfler le moral des troupes 😉
– la deuxième semaine : les enfants qui ont des parents « réguliers » commencent à rentrer dans le jeu et un bon nombre réclament eux mêmes les massages en pointant leur bouche.
– la 3ème semaine : les premières observations d’évolution sont palpables : tant sur le plan alimentaire que verbal.

Le plus dur ? Tenir sur la durée ?
– quand les parents arrêtent sous prétexte que malade ou autre : retour en arrière assuré ! Tant que la bouche n’est clairement pas désensibilisée, tout arrêt fait perdre le travail accompli.
– certains enfants mordent. On prend alors le manche de la brosse à dents bien rond, ou le dos de la brosse (envers des poils) ou tout autre astuce (les parents en trouvent plein !). En séance, j’opte pour le doigtier en silicone épais si besoin.
– et les orthos gants ou pas gants ? Pour ma part > pas de gants ! Mes petits sont très très souvent passés par les services hospitaliers et leurs sens se souviennent des gants : certains pleurent en les voyant, d’autres en les sentant,… J’ai renoncé. Je lave consciencieusement mes mains au liquide hydro-alcoolique puis au savon. ATTENTION, rappelons l’importance du produit avec lequel on doit se laver les mains avant les massages ! Essayez de choisir un savon neutre sans odeur (au moins au départ).
– et ceux qui ferment les dents ? Je propose au moins de masser les gencives…. et chaque famille trouve son astuce ! Une des miennes… Passer par une période parallèle où on se suce chaque doigt dès qu’on peut… OU masser l’enfant dans un contexte de lavage de mains de l’enfant, quand il est dos à nous, en approchant ma main mouillée à l’eau (souvent, par réflexe, ils cherchent à lécher mes doigts).

Et la chanson ?
Chacun la sienne. Je suggère d’en choisir une qui rythme nos mouvements de doigts… mais le tout c’est surtout de mettre du plaisir et de la joie autour de ce rituel. Certaines familles ne chantent pas, et les enfants avancent quand même 😉

Renforçateurs ?
Au départ je propose à certaines familles de faire des tableaux pour que l’enfant ait un « plaisir » qui motive la réalisation des massages.

Mon conseil ?
S’entraîner dans toutes les bouches qui vont bien autour de nous avant de se lancer dans celle de celui qui va mal.

Autre chose à proposer en parallèle ?
Même si Mme Senez pense que « non, les massages suffisent », je ne partage pas ce point de vue. Certains enfants auront juste besoin de massages, mais le plus souvent ils auront besoin d’une prise en charge plus globale de leurs troubles sensoriels, qui, rappelons le, ne touchent bien souvent PAS QUE le tactile bouche, mais aussi le « tactile mains » et/ou le « tactile pieds » voire le « tactile corps », mais aussi… les autres sens ! et contrairement à ce qu’on vous a toujours fait croire, non nous n’avons pas 5 sens, mais bien plus ! (l’audition, la vue, le goût, l’odorat, le toucher… mais aussi la thermoception, la nociception, la proprioception ET le sens vestibulaire… et ce dernier est loin d’être le plus innocent dans les troubles sensoriels observés !)

Des questions ? 😉