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Orthophoniste, interpelée par le manque d'informations disponibles pour les familles, régulièrement en manque de professionnels relais pour prendre en charge les enfants dans une structure de proximité (cabinets libéraux, CMP / CMPP, ...), je me lance dans l'aventure de ce blog afin de partager avec humilité mes connaissances, astuces, aides et réflexions sur ce thème.

Formations Elisa Levavasseur 2018 … et infos 2019

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Formations Elisa Levavasseur 2018 … et infos 2019

Des formations auront lieu en 2018 sur deux thématiques :

1. Formations PEC orthophonique du Tout Petit.

Villes / Dates / Places restantes :
Rouen 16.17.18 avril : COMPLET
Créteil Mai 2018 (Organisé par APIFO) : Reste 4 places. Contactez « contact@apifo94.fr«
Rouen 27.28.29 Août : COMPLET
Chambéry Novembre 2018 (Organisé par Form Ortho 73) : COMPLET
Rouen 3.4.5 Décembre COMPLEt

Programme : Programme formation PEC du Tout Petit 2018
Tarif : 450 euros pour les libéraux
Lieu : Hôtel Bourgtheroulde Rouen.
Horaires 9h / 17h30
Pas de prise en charge FIF / DPC
Quelques pistes pour illustrer le sujet ici et

Pour vous inscrire :
1. Cliquez sur l’onglet qui correspond aux dates choisies
2. Régler votre acompte de 50 euros > grâce à l’adresse mail fournie, vous recevez un mail dans lequel un lien est transmis pour que vous téléchargiez votre convention
3. Renvoyer votre convention signée en 2 exemplaires accompagnée d’une enveloppe affranchie à vos nom et adresse à : OAV, 83 avenue de la Reine Mathilde 76520 Franqueville St Pierre


2. Formations Oralité

Tous les groupes sont complets.

Pour 2019 :

Quelques projets commencent à se dessiner. Rien encore de précis. Ni pour les dates, ni pour les villes. Si vous souhaitez être informés de l’agenda quand il paraîtra, abonnez-vous au blog. Un mail vous est automatiquement envoyé dès qu’un article est publié.
A ce jour : aucune liste d’attente n’est constituée.
Sachez par ailleurs que malheureusement débordée par le nombre de mails reçus (notamment pour obtenir des infos autour des formations), il m’est souvent difficile, voire impossible de répondre à tous, veuillez m’en excuser.
Merci de votre confiance.

Groupes cliniques Oralité

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Groupes cliniques Oralité

Discutons de notre clinique !

Quels objectifs ?
– Discuter de notre clinique autour des troubles alimentaires des enfants.
– Enrichir notre pratique en croisant nos regards.

Quand ?
3 dates sont d’ores et déjà retenues :
– Vendredi 13 avril
– Vendredi 18 mai
– Vendredi 15 juin

A quelle heure ?
– de 20h à 22h

Où ?
Dans un hôtel du centre ville de Rouen.

Qui anime ?
Je (Elisa LEVAVASSEUR) porte le rythme de la soirée, mais ce sont les professionnels présents qui génèrent la richesse des échanges autour des dossiers présentés.

Quels prérequis ?
– travailler auprès de patients présentant des difficultés alimentaires
– être sensibilité aux troubles alimentaires des enfants (Troubles de l’Oralité)

Combien serons-nous ?
Entre 5 et 15 professionnels de santé

Quels professionnels de santé sont accueillis ?
Médecins (toutes spécialités confondues), orthophonistes, kinésithérapeutes, psychomotriciens, ergothérapeutes, orthoptistes, diététiciens, psychologues.

Comment ca se passe concrètement ?
Vous apportez vos dossiers (ou venez participer autour des dossiers des collègues sans dossiers) et préparez une présentation rapide de celui-ci.
Sur place : de quoi boire et grignoter en toute convivialité durant les échanges.

Comment fait-on pour s’engager ?
On règle 10 euros via un compte PayPal ou via une CB. PayPal génère une facture automatiquement.

Peut-on participer à une seule soirée ?
OUI
et à 3 ?
OUI

En cas de question : merci de laisser un commentaire afin que la réponse puisse servir éventuellement à chacun.

Pour s’inscrire ?
On clique sur la / les dates voulues…puis sur « commander »



Aujourd’hui j’ai ortho…

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Aujourd’hui j’ai ortho…

A l’ère où l’éducation bienveillante, la motricité libre, la DME et Maria (Montessori) règnent pour guider les parents soucieux du développement de leur enfant, on croise aussi dans le sac à main des parents, un smartphone dernier cri, empli d’applis à balayer machinalement quand un temps est à tuer.
A l’ère où les parents sont dirigés vers la calme attitude face à l’enfant « perfect attitude », la haute technologie n’en finit pas de grandir en face d’un réseau libéré, d’images XXL lancinantes, de profusions de stimulations de l’esprit.
A l’ère où les activités extra-scolaires sont devenues scolaires, où les enfants ont des emplois du temps de ministre, il n’est pas bien vécu que l’oisiveté traverse la journée.
Les berceaux se sont équipés de mobiles noir et blanc, et parents stimulants.
En plus des jeux bien pensés, les 2 ans sont branchés… sur le dernier Vtech, les 5 ans harnachés sur la Nintendo dernière née… et dès 10 ans, le geste machinal visant à déverrouiller l’écran est acquis.

Aujourd’hui j’avais « ortho ». Ca faisait presque 10 ans que je n’avais pas côtoyé une salle d’attente animée du genre.
C’est mercredi, y’a du monde. Un enfant est branché sur sa Samsung qui elle-même est branchée sur le secteur au bas de la chaise, tandis que la mère, à l’autre bout de la pièce, est branchée sur ton téléphone, en pleine conversation animée. Elle finira par sortir, et son enfant par regarder autour de lui, la cherchant, renonçant vite en retournant sur son jeu de voiture en oscillant corps et écran.
Entrent alors mère et petit garçon, 4 ans, 5 tout au plus ? La mère s’assoit, déverrouille. Le gamin penche le nez dans le bac de camions, tire, bidouille, jette un coup d’œil à sa mère qui jette un coup d’œil aux applis, replonge dans le bac, tire encore, bidouille, relève le nez vers sa mère toujours appliquée. Renonce. File tout droit sur sa mère, qu’il amadoue au gré d’un « j’peux faire un jeuuuuu ? ». La mère se défile « c’est un vieux portable », le gamin insiste, s’immisce sur les genoux de sa mère, plantant ses yeux sur l’écran, passionnant. La mère renonce, cherchant un « petit puzzle » à défaut de ne pouvoir réaliser tranquillement le sien sans doute.


Espace temps suspendu… je réfléchis soudainement et réalise…
Souvent quand j’attends, même avec mes enfants, je déverrouille. A table, un clic, un ding, un grelot, je clique… « juste pour vérifier », machinalement. Souvent happée par l’information affichée, j’oublie où je suis, j’oublie de différer, j’oublie de profiter du temps oisif que peut être que partageais la minute d’avant.
Souvent le soir, sans y penser, les aiguilles ont tourné plus vite. Le son de la télévision, l’écran de l’ordinateur encore allumé, le portable en main, j’ai déverrouillé, glissé le doigt, appuyé, glissé, lu, fermé, glissé, verrouillé, déverrouillé.

Et pour dormir, enfin couchée, une oreillette pour « écouter », ne plus penser…

Je réalise dans cette salle d’attente, moi orthophoniste chez l’orthophoniste que le cercle vicieux partout dénoncé s’est en moi immiscé.

Pourtant, alertée depuis toujours en voyant mon garçon « devenir fou » pour lâcher un jeu vidéo, j’avais banni les écrans de la vie de mes enfants. Télé au goutte à goutte, jeux vidéo rangés dans un placard hors de portée pour les jours de fête, tablette connotée « outil de travail maternel parfois prêté sur un malentendu ».

Mais moi ? mère avisée ? Quel modèle suis-je pour mes enfants au cœur de ma boulimie de communications et d’occupations « détente » ? Que comprennent-ils de mon « check de mails » 100 fois par jour ? Des grelots, des ding, des zip et autre wouap qui rythment notre vie sonore à bas bruit ? Quelle attention ai-je véritablement pour eux quand ils me cherchent du regard pour me parler sans mots ?

Je réfléchis encore … ayant peur d’entrapercevoir trop nettement la réponse.

Protégé : Formation Oralité 2018

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TSA et exploration visuelle : quelle remédiation ?

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TSA et exploration visuelle : quelle remédiation ?

Je vous propose de nous questionner autour du sens de la vue. Ce sens fondamental en oralité alimentaire et verbale est particulièrement atypique chez les enfants porteurs deTSA. Intéressée par les travaux récents de ma collègue, je lui ai demandé si elle voulait bien partager son expérience au gré d’un article pour ce blog.

Une fois n’est donc pas coutume, je partage aujourd’hui l’article d’une orthoptiste, Charlotte Gibert, qui exerce à Rouen au CAMSP du CHU, et en libéral.

Merci à elle pour sa contribution !

*****

On parle de plus des enfants porteurs d’autisme et de leur exploration visuelle atypique. Je vais donc vous exposez brièvement mon travail et vous donner quelques clefs pouvant vous permettre de faciliter vos prises en charge orthophoniques avec ces enfants.

En effet, quelques pré-requis visuels sont nécessaires avant de pouvoir entrer en communication, quel que soit l’enfant.
Il faut :
• une fixation correcte et prolongée
• une attention conjointe
• une émergence de l’imitation (qui impacte notamment les praxies-bucco faciales).
Ces trois pré-requis sont déficitaires chez l’enfant porteur d’autisme.

C’est à partir du visuel que beaucoup de prises en charge commencent… alors comment faire ?

Suite à plusieurs demandes de bilan, je me suis intéressée à ces petits patients et aux nouvelles stratégies de prises en charge de ces troubles visuels bien connus. Malgré les répercussions développementales importantes  (communication, relations sociales, comportements), cela ne fait l’objet d’aucune rééducation orthoptique précise.

Je me suis rendue compte qu’une guidance parentale basée sur la stimulation de la fixation orientée, via l’utilisation de l’outil informatique, permettait une évolution rapide du comportement des enfants en favorisant notamment l’imitation.

En effet, si l’enfant neuro-typique utilise sa vision périphérique pour voir et repérer un objet puis recentrer sa vision pour regarder, analyser avec attention, l’enfant TSA, lui, utilise sa vision périphérique et… s’en contente.

Il faut donc amener cet enfant à utiliser sa vision centrale, bien plus précise, amenant à l’analyse et à l’intérêt.

  • La lampe de poche et le maquillage…

La vision périphérique est, de manière innée, une vision de danger, de surprise. Il fallait donc susciter l’intérêt et le changement.
Je propose une guidance parentale avec l’utilisation d’une lampe de poche tenue par le parents éclairant leur propre visage lors des discussions et interactions parent-enfant quelles qu’elles soient.

J’y associe la mise en place d’un maquillage sur les zones à travailler alternativement (joues, bouche, contour des yeux…), que vous pouvez aussi utiliser en rééducation (rouge à lèvre, lunettes de déguisement..).

  • L’application Snapchat®…

Par ailleurs, l’utilisation de l’application Snapchat® permet à l’enfant, de manière autonome, non pas d’envoyer des photos à ses camarades mais de s’observer directement sur l’écran avec des éléments qui apparaissent sur son propre reflet l’amenant à ouvrir la bouche ou tirer la langue pour y voir apparaitre d’autres objets.
C’est le principe utilisé lorsque l’enfant fait des bulles devant un miroir mais cette double tâche ne permet pas, à mon sens, une intégration optimale de son corps, de l’exploration et des praxies bucco faciales. Cette application permet une simplification de l’observation de son propre visage ET l’interaction avec les éléments extérieurs grâce à une récompense directe, renforçant le comportement.

  • Contrôle avec l’Eye Tracker…

Enfin, pour illustrer l’intérêt de cette prise en charge, rien de tel que l’utilisation de l’Eye tracker afin de vous monter l’importance du visuel et de la stimulation pour avancer dans vos prises en charge.
Voici deux photos avec et sans maquillage, présentées à la suite en commençant par la photo témoin. Il y a un recentrage et une fixation prolongée vers les zones d’intérêts mise en avant et choisies sur la photo maquillée, signe que l’exploration visuelle peut être orientée.
Les 3 points situés sur la photo maquillée, au-dessus de la tête, sont les derniers points observés par l’enfant, par lassitude probablement.

Voici donc comment, vous pouvez, dans vos prises en charge et dans vos conseils donnés aux parents d’enfants porteurs de TSA. On retiendra l’intérêt de solliciter le visuel afin de travailler l’observation, l’imitation, les praxies bucco-faciales et d’améliorer, aussi, la posture, qui devient plus stable grâce à la stabilisation du regard.

Quelques pistes pour compléter :
Look me in the eyes: constraining gaze in the eye-region provokes abnormally high subcortical activation in autism
Sensory Processing in Autism: A Review of Neurophysiologic Findings

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7 axes de réflexions pour construire un suivi orthophonique en oralité

7 axes de réflexions pour construire un suivi orthophonique en oralité published on Un commentaire sur 7 axes de réflexions pour construire un suivi orthophonique en oralité

7 axes de réflexions pour construire un suivi orthophonique en oralité

Voici un thème assez flou voire controversé : quelle progression proposer dans les prises en charge en oralité ? Quand un enfant est identifié lors d’un bilan comme présentant des troubles de l’oralité, il semble parfois difficile d’imaginer une progression cohérente pour la prise en charge à venir. Je propose dans cet article de vous présenter brièvement des axes de réflexions susceptibles d’appuyer votre cheminement.

1. Restaurer le plaisir des repas

a. Adapter les repas aux possibilités gustatives, digestives (quantités) et motrices de l’enfant
b. Diminuer les exigences familiales et au besoin modifier radicalement les propositions : expliquer le développement et fixer un délai pour ces aménagements (7-10 jours) > accompagner au quotidien si nécessaire.
c. Réfléchir les notions : forcer, inciter, inviter, proposer.

2. Aborder la sensorialité

a. Comprendre et identifier les éventuels facteurs impactant de manière négative sur la sensorialité alimentaire de l’enfant : fréquence-cohérence des modèles, digestion, fatigabilité, nécessité de compréhension.
b. Proposer des expériences sensorielles porteuses de sens en séance : modèle
c. Amener les parents à proposer des routines sensorielles ludiques et plaisantes (Livrets de Guidance Oralité 1)

3. Accompagner les parents dans la compréhension progressive des étayages nécessaires

a. Principe d’éducation au goût : importance du partage familial, de la compréhension de l’enfant, de la fréquence et variété des présentations (Livret de Guidance Oralité 2 et 3)
b. Prise de conscience des rouages alimentaires culturels et sociaux, et de la flexibilité possible
c. Propositions de nouveaux schémas

4. Renforcer, après information, les bonnes conduites d’hygiène bucco-dentaire, ORL et digestive. Stratégies éducatives

a. Laver les dents quotidiennement
b. Moucher l’enfant via des lavages de nez avec seringue et sérum physiologique
c. Aspirer et souffler
d. Prendre en charge le bavage
e. Appétit et digestion

5. Transformer peu à peu l’organisation familiale autour de l’alimentation

a. Partage des repas et de leur préparation : ritualisation des informations annonçant le repas
b. Mise en conscience des aliments phares souhaités par les parents pour leur enfant (respect de ceux-ci via le thérapeute et information si nécessaire)
c. Intégrer des automatismes visant à renforcer le comportement de l’enfant via une modification progressive des conduites : accompagnement explicite et implicite (principe d’éducation à la santé) et valorisation des conduites parentales.

6. Les perceptions alimentaires

a. Mise en conscience des représentations construites par les parents
b. Mise en conscience des représentations construites par l’enfant
c. Modification progressive des représentations via un suivi type TCC

7. Guidance explicite et implicite vers des sollicitations alimentaires fonctionnelles

a. Accompagner les parents pour les amener, à partir de leurs modèles alimentaires familiaux et de leurs routines quotidiennes, à proposer des schémas ajustés aux besoins sensoriels et moteurs (livrets de guidance oralité 3)
b. Mesurer les progressions possibles dans les propositions au fur et à mesure du développement. Progression sensorielle et motrice.

Ces axes sont tissés, entremêlés en fonction de l’âge de l’enfant, du profil identifié lors de son bilan et de sa progression.

Et vous ? Quelle progression proposez-vous ? Quels sont vos axes de réflexions ?
Où placeriez-vous les massages de C.Senez dans ce schéma présenté ?
Les commentaires vous attendent…
Et pour faire circuler l’information et le questionnement, partagez abondamment !

ATTENTION : je n’autorise pas les sites commerciaux à utiliser tout ou partie de mes articles, ou documents associés, pour contribuer à leur communication commerciale.

10 idées pour accompagner un enfant qui refuse les morceaux.

10 idées pour accompagner un enfant qui refuse les morceaux. published on 3 commentaires sur 10 idées pour accompagner un enfant qui refuse les morceaux.

10 idées pour accompagner un enfant qui refuse les morceaux.

Si pour certains petits passer à la cuiller est un jeu d’enfant, pour d’autres, ce n’est que le début d’un long parcours de découvertes. Le cap du passage aux morceaux est particulièrement sinueux et les parents comprennent alors que les petites difficultés déjà probablement rencontrées prennent peu à peu de l’ampleur, et que quelque chose ne va pas comme cela devrait.
Consultant leur médecin, ils s’entendent souvent rappeler la sacro-sainte phrase : « les enfants ne se laissent pas mourir de faim », appelant par là même sérénité et confiance en l’avenir. Mais les semaines passent et… rien ne va plus.

Que proposer alors pour aider un enfant à passer le cap ?

1.Préparer un listing d’aliments essayés et appréciés par l’enfant, mais aussi de ceux appréciés par la famille : ce sont ceux qui vraisemblablement aiderons l’enfant à faire « les premiers pas ».

Pourquoi ?
Parce que le plaisir est le moteur de votre enfant… et que son plaisir passe par ses sens, certes, mais aussi par les émotions de ceux qui lui sont chers : ses parents, sa famille.

2. Bannir les préparations pour enfants qui proposent des morceaux dans les purées.

Pourquoi ?
L’enfant croit voir de la purée « comme avant », et se retrouve malheureusement surpris par ce que découvre sa bouche : le manque de cohérence entre les deux, nuit à la compréhension que l’enfant construit autour de ses expériences alimentaires. Il perd ses repères et se met à appréhender chaque repas.

3. Préférer des morceaux de bonnes tailles que l’enfant pourra saisir avec sa main et présentez en parallèle son assiette de purée.

Pourquoi ?
Saisir des morceaux à la main permettra à l’enfant de commencer à appréhender avec tous ses sens ce que sa bouche s’apprête à absorber : plus ou moins mou, plus ou moins chaud, plus ou moins collant, plus ou moins lourd, plus ou moins coloré, plus ou moins odorant, …

4. Aider l’enfant à comprendre de mieux en mieux son environnement avec des mots certes, mais aussi et avant tout avec des sensations, et elles sont nombreuses : la vue, l’audition, la température, l’équilibre, « le poids » / « la résistance » des objets, l’odeur, la vibration, et bien sûr le goût. Expliquer la douleur aussi si elle survient. L’accompagner dans de nouvelles expériences en verbalisant ce qu’il ressent, et ce que ressent l’adulte.

Pourquoi ?
Plus l’enfant vit des expériences avec tous ses sens, mieux il comprend son environnement, et moins il lui devient difficile de manger. L’adulte qui l’accompagne et le soutient demeure un éventuel « modèle de plaisir » qu’il tentera d’imiter peu à peu.

5. Penser à apprivoiser l’appétit de l’enfant qui réunit plusieurs informations pour s’activer au mieux : l’alternance d’un estomac qui se remplit puis se vide, les informations sensorielles de son environnement : ce qu’il voit, ce qu’il sent, entend, … Mais aussi l’attirance innée pour ces aliments qui combleront plus vite ses besoins (donc plus gras, plus sucré), ainsi que le désir plus marqué pour retrouver une nourriture déjà connue.

Pourquoi ?
L’appétit est précieux pour entretenir l’élan naturel de l’enfant vers l’alimentation. Grignoter sans cesse pourrait par exemple apporter les calories attendues, mais nuire à l’appétit.

6. Rendre les repas à la fois toujours un peu semblables et toujours un peu différents.

Pourquoi ?
Parce que la variété d’essais proposés à l’enfant est tout aussi importante que le nombre de fois où ces aliments doivent être présentés pour être acceptés. Mais aussi, parce qu’en retrouvant un schéma toujours stable, l’enfant se sentira plus en sécurité pour explorer plus sereinement les nouveautés proposées.

 

7.Proposer à l’enfant des repas « partagés » dès que cela est possible

Pourquoi ?
Parce qu’il est important pour un enfant de voir ses parents manger les choses qui lui sont proposées pour se sentir en confiance. Mais aussi parce que le plaisir des parents est celui qui porte le mieux les futures envies de l’enfant.

8.Faire les premiers pas à la place de l’enfant, toujours, et avec plaisir. J’entends par là, montrer le chemin des expériences sensorielles plaisantes, des dégustations agréables.

Pourquoi ?
Pour générer sans effort dans le cerveau de l’enfant l’amorce de son plaisir à venir : en regardant l’autre avoir du plaisir, il y viendra plus aisément qu’en étant incité à jouer / manger seul.

9. Etre patient, et proposer des réponses stables face aux comportements éventuellement opposants de l’enfant

Pourquoi ?
Pour ne pas surajouter aux surprises sensorielles que représente déjà le repas. En faisant régulièrement varier les réponses proposées, l’enfant peut être amené à reproduire des comportements dits « problèmes ». Enfin, l’enfant perd ainsi peu à peu le sens du repas.

10. Penser à oublier de pointer les moments déplaisants, et valoriser au contraire chaque moment agréable, chaque mini progression de l’enfant.

Pourquoi ?
Pour amener l’enfant à reproduire les comportements plaisants et abandonner ceux qui laissent son entourage indifférent.

Quand les difficultés persistent ou que les parents s’inquiètent, il convient de consulter un orthophoniste formé aux troubles de l’oralité. En recevant l’enfant et ses parents lors d’un bilan, il pourra comprendre les difficultés rencontrées et ainsi proposer des aides spécifiquement ajustées à l’enfant, tout en accompagnant les parents.
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Bilan d’oralité chez l’enfant « tout venant »

Bilan d’oralité chez l’enfant « tout venant » published on 22 commentaires sur Bilan d’oralité chez l’enfant « tout venant »

Bilan d’oralité chez un enfant de 3 ans et demi sans antécédents médicaux spécifiques.

Telle était la proposition d’examen des étudiants de L3 en orthophonie cette année : bilan orthophonique d’Oralité d’un enfant de 3 ans et demi.
Je propose de répondre dans cet article à ce sujet que j’avais décomposé en plusieurs parties :

Quel matériel préparer ?
Quelles questions poser à la famille ? Comment les organiser ?
Quelles activités proposer à l’enfant ?
Comment faire un diagnostic différentiel avec une néophobie alimentaire ?

1. Quel matériel préparer ?

  • Une fiche prévue pour recueillir les informations délivrées lors de l’entretien dirigé
  • Un inventaire alimentaire enfant / famille : il est important de comparer les prises alimentaires de l’enfant aux propositions familiales
  • Le profil sensoriel de Dunn
  • Des jouets divers (visée sensorielle / visée langage / visée coordination manuelle)
  • Un Z-Vibe ou équivalent vibratoire / du liquide hydro alcoolique et savon neutre / un doigtier en silicone éventuellement
  • Des aliments permettant de faire un essai alimentaire : petit suisse épais / compote / biscuit type petit beurre ou boudoir (en veillant aux températures accessibles).
    Des couverts, verres, assiettes, serviettes, paille divers afin d’alimenter les premières pistes éventuelles d’un accompagnement parental.
  • Un outil d’évaluation rapide du développement type IDE (Cognisciences)
  • Un outil d’évaluation rapide du langage oral ajusté au niveau de l’enfant (IFDC / Bilo / épreuves partielles Evalo ou Exalang)
    > Le carnet de santé sera demandé aux parents.

Précisions étudiants

  1. Dysphagie / Oralité
    Il convenait de garder en mémoire que les deux bilans ne sont pas superposables. Il était donc attendu pour les étudiants qu’ils spécifient le matériel face à ce type de demande. La fiche d’anamnèse prévue pour une dysphagie ne pouvait suffire au regard des enseignements offerts rappelant l’importance des modèles alimentaires et du cadre sensoriel proposés.
    Ainsi, si le bilan de dysphagie et celui d’oralité ont des points communs, il me paraît très important d’anticiper les gênes sensorielles de l’enfant dans le matériel présenté, et de viser plus particulièrement les particularités anamnestiques du bilan ici demandé, sans oublier de restituer ces observations au coeur d’une évaluation rapide du développement.
  2. Exploration intra buccale
    Il était judicieux de prendre en compte les éventuelles particularités sensorielles de cet enfant. Ainsi abaisse langue et gant ne paraissaient pas pertinents. Par ailleurs, il était prudent de ne pas proposer d’exploration intrabuccale sans avoir préalablement abordé l’enfant sur un plan « global ».
  3. Essai alimentaire
    Les familles peuvent également amener un goûter, mais celui-ci ne permettra peut-être pas d’explorer tous les aspects recherchés (ex de la compote en tube).
    Dans le meilleur des cas, l’observation d’un repas à domicile, dans un cadre écologique serait sans doute à retenir.

2. Quelles questions poser à la famille ?


Je vais proposer ici une arborescence possible, tout en rappelant qu’un entretien ne suit pas automatiquement cet ordre, mais celui de l’échange qui a lieu entre la famille et l’orthophoniste qui les reçoit autour d’une relation attendue horizontale.

1. Quels sont les antécédents familiaux médicaux / développementaux repérés dans la famille ?

2. Aspects médicaux : connaître les aspects médicaux généraux et plus spécifiquement les aspects allergiques, digestifs, respiratoires voire cardiaques, ainsi que les aspects visuels et ORL. Comprendre le cheminement médical de cet enfant. Connaître les professionnels qu’il a rencontrés.

  • A-t-il été hospitalisé depuis sa naissance ? Pourquoi ? pendant combien de temps ? Où ?
  • Avait-il déjà eu une sonde dans le nez pour se nourrir ?
  • Présente-il des difficultés médicales particulières par ailleurs ? Lesquelles ? Qui le suit ?
  • Est-il particulièrement malade ? Rhumes, angines, otites, pharyngite, asthme, … ?
  • Diriez-vous que c’est un enfant à la santé fragile ? Comment est-il soigné ? Qui le suit sur ce plan ?
  • Coté digestif, a-t-il déjà été suivi pour un reflux ? A-t-il, a-t-il eu un traitement ? Lequel ?
  • Côté transit, est-il sujet à des épisodes de constipations ? Traités ou pas ? A-t-il des accidents sur ce plan ? des diarrhées ? Comment faites-vous pour l’aider ?
  • Des allergies ont elles déjà été suspectées ou recherchées ? expliquez-moi ? Et aujourd’hui, où en êtes-vous ? Qui vous aide sur ce plan ? Y’a-t-il des antécédents familiaux sur ce plan
  • Sa courbe de croissance soucie-t-elle le pédiatre qui le suit ? (regarder le carnet de santé pour voir si elle est tracée)
  • Avez-vous déjà consulté des spécialistes comme : un ORL, un ophtalmo, un orthoptiste, un pneumopédiatre, un kiné, un psychomotricien, un psychologue ou un psychiatre pour votre enfant ? Pourquoi ? Qu’en est-il ressorti ? Aujourd’hui encore ?

3. Grossesse : croissance et sensorialité fœtale recherchées :

  • Y’avait-il eu des choses précises pointées lors des échographies ?
  • Avez-vous travaillé pendant votre grossesse ? Bénéficié d’un arrêt pathologique ?
  • Quels souvenirs gardez-vous de votre grossesse : période active ? ralentie ?
  • Accouchement : terme / complications éventuelles / premières alimentations
  • A quel terme avez-vous accouché ? (carnet de santé)
  • Comment s’est déroulé votre accouchement ?
  • Quand a eu lieu la première « rencontre-tétée » avec votre bébé ? Juste après sa naissance ?

4. Oralité primaire : difficultés de succion recherchées à travers le mode d’allaitement retenu, les éventuelles difficultés à trouver une tétine, le temps et la sérénité des repas.

  • Quel choix aviez-vous fait pour votre bébé ? allaitement au sein ou au biberon ?
    Si changement :
  • Pourquoi avez-vous été amenée à changer vos projets ?
  • Avez-vous trouvé facilement le biberon qui lui convenait ?
  • Etait-il un bébé « rapide » pour manger ? Combien de temps mettait-il ?
  • Le médecin qui le suivait pointait-il des inquiétudes face à sa prise de poids ?
    (en fonction des réponses obtenues, il conviendrait de creuser plus précisément pour comprendre les éventuelles difficultés rencontrées et les réponses proposées).

5. Oralité secondaire
Diversification : propositions des goûts et textures recherchées : fréquences de présentation / comportement de l’enfant / anxiété parentale

  • A quel âge avez-vous commencé la diversification ?
  • Vous souvenez-vous de votre organisation ? Comment guidiez-vous vos choix ?
  • Avez-vous rencontré des difficultés lors de ce passage à la cuiller ?
  • A quel âge a-t-il commencé à manger du pain type crouton ?
  • Vous souvenez-vous des premiers morceaux ? des souvenirs particuliers sur ce plan ?
  • Que lui proposiez-vous : plutôt les repas bébé ? ou des repas que vous prépariez ?
    Aviez-vous observé des différences ?
  • Quand a-t-il commencé à manger avec vous ? et la même chose que vous ?
  • Des difficultés particulières ? Lesquelles ?
    (recherche de sélectivité, lenteur, quantité insuffisante, comportement difficile)

6. « Aujourd’hui » : à quoi ressemble le quotidien avec cet enfant qui présente des difficultés ? quelles difficultés sont observées par les parents ? Vomit-il ou présente t-il des réflexes nauséeux persistants ? Quelles attentes ont-ils ?

  • Depuis quand rencontrez-vous des problèmes autour de son alimentation ?
  • Que souhaiteriez-vous ? Comment pourrais-je vous aider ?
  • Quel(s) comportement(s) compliqué(s) rencontrez vous ?
  • Quelles réponses avez-vous déjà essayées ? Et le plus souvent ? Et les tiers ?
  • Observez-vous des différences selon les lieux ? Selon les jours ?
  • Y’a-t-il une variation dans les aliments qui sont refusés ? Des périodes où certains aliments sont acceptés avant d’être refusés ?

7. Les habitudes familiales : comprendre comment cette famille-là fonctionne sur le plan alimentaire ? Autour des routines ? Quel lieu ? Couverts ? … Distiller implicitement quelques premiers éléments d’accompagnement.

  • (inventaire alimentaire)
  • Comment êtes-vous installés pour le repas ?
  • Mangez-vous avec votre enfant ? Si non avec qui mange-t-il ? Comment ?
  • Sur quelle chaise est-il installé ? Est-il toujours à la même place ?
  • Voit-il ou entend-il la télévision pendant les repas ? Eventuellement un ordinateur, une tablette, une radio ?
  • A-t-il toujours la même assiette ? les mêmes couverts ? Lesquels ?
  • Racontez-moi, c’est comment les repas dans votre famille : toujours à heure fixe ? variable ? Toujours selon les mêmes rituels ? Variables… Vous voulez-bien m’expliquer ?
  • Y’a-t-il d’autres personnes à la maison qui lui ressemble ? Qui ? Expliquez-moi les ressemblances que vous observez ?
  • Papa et vous étiez-vous des enfants difficiles à table quand vous étiez petit ? Qu’en disent vos parents respectifs ? Quels souvenirs en gardez-vous ? Quand cela s’est-il amélioré ?
  • Etes-vous une famille qui avez le temps de cuisiner ? ou qui aimez cuisiner ?
  • Où sont les enfants quand vous préparez le repas ? Aident-ils ? regardent-il ?
  • Quand il n’aime pas, pouvez-vous lui proposer à nouveau peu de temps après ?
  • Mange-t-il à la cantine ?

8. Aspects développementaux : développement moteur, langage, socialisation, autonomie, comportement.

  • Quand a-t-il marché sans se tenir ? Et vous souvenez-vous quand il a tenu assis sans aide ?
  • Diriez-vous que c’est un enfant débrouillard ? Expliquez -moi en quoi vous le trouvez débrouillard à la maison ?
  • Depuis quand parle-t-il ? Tout le monde le comprend-il ? Si non pourquoi ? Qu’observez-vous ?
  • Diriez-vous que c’est un enfant plutôt bavard ou réservé ?
  • Si c’est un enfant réservé, comment fait-il pour demander les choses ? Vous invite-t-il à partager des choses avec lui ?
  • S’intéresse-t-il à des choses / des jouets plus spécifiquement ? Quoi ?
  • Trouvez-vous qu’il y a des moments difficiles dans le quotidien ? Lesquelles ?

9. Fonction oro myo faciales : évaluer les praxies bucco faciales, la tonicité oro faciale

  • Observez-vous des moments où il bave encore ? A-t-il bavé tard selon vous ? Jusque quand ?
  • Sait-il souffler dans un mouchoir ?
  • Est-il « fort » en grimaces ? Lesquelles fait-il par exemple ? Trouvez-vous son visage expressif au quotidien ?
  • Fait-il des « bisous qui claquent » ? Sait-il souffler sur sa cuiller ou sur des bougies ?
  • Comment se passe le brossage de dents ? C’est lui ou vous qui faites ? Rechigne-t-il si c’est vous ? Sait-il cracher l’eau pour se rincer les dents ?
  • Quand il mange, trouvez-vous qu’il avale tout rond ? Mastique-t-il longuement. Recrache-t-il ?
  • Respire-t-il la bouche ouverte ? Dort-il la bouche ouverte ? A-t-il souvent la bouche ouverte dans la journée ?
  • A-t-il encore une tétine ? quand ? D’autres habitudes de succion régulières et fréquentes ?

10. Sensorialité : rechercher d’éventuelles difficultés d’intégration neurosensorielle. Coordination, modulation des seuils, discrimination

  • Bébé, avez-vous observé une période où il portait tout en bouche ? Le fait-il toujours ?
  • Aime-t-il les activités aimées à son âge comme la pâte à modeler, le sable, le toboggan, la balançoire, la peinture, …
  • A-t-il encore peur des bruits forts pourtant connus comme l’aspirateur, le sèche-cheveux, la perceuse, la voiture de police, … Comprend il les bruits de son environnement ? S’oriente t-il ?
  • Recherche t-il des stimulations visuelles (agite des jouets près de ses yeux ?). Est-il gêné par le soleil plus vite qu’attendu ?
  • Trouvez-vous qu’il est maladroit, se cogne facilement, abime ses jouets, …
  • Vous paraît-il particulièrement sensible aux odeurs, voire gêné par les odeurs ?
  • Avez-vous remarqué s’il aime plutôt les aliments forts en goût ? Au contraire fade ? Qu’il aime mieux les aliments en fonction de leur couleur ou de leur présentation (emballages ou marques par exemple ?)

11. Oralité tertiaire : évaluer la représentation de l’alimentation par l’enfant, par ses parents et évaluer la représentation par les parents de la situation de l’enfant. Occasion de guidance implicite.

  • Pensez-vous qu’il est gêné par ses difficultés ? Expliquez-moi
  • A votre avis, pourquoi ne mange-t-il pas ? A quoi peuvent être dues ses difficultés ?
  • Pensez-vous qu’il accepterait qu’on l’aide ?
  • Pensez-vous qu’ensemble nous pouvons l’aider ?
  • Comment pensez-vous que cela pourrait évoluer à l’avenir ?
  • (Questions à l’enfant dans un second temps)

Précisions étudiants

Il convenait pour les étudiants d’organiser leurs idées. Ils pouvaient tout à fait signifier l’importance de la qualité de l’échange à privilégier avant l’ordre des questions pré-pensées. Il est important lors du bilan de recevoir les familles avec une qualité d’écoute suffisamment ajustée pour que la confiance puisse s’installer. D’autre part, un positionnement horizontal est souhaitable dans la relation de soin et un listing de questions pourrait aller à l’encontre de la qualité de la relation attendue.
Néanmoins, organiser des questions, c’est aussi dessiner une organisation d’exploration. Plusieurs arborescences pourraient être imaginées.
Il était attendu que l’organisation des questions esquisse la cohérence d’un raisonnement clinique.

3. Quelles activités proposer à l’enfant ?

Le bilan d’oralité d’un enfant de 3 ans et demi se déroule très longuement autour de l’entretien comme donné ci-dessus en exemple, néanmoins, cela ne suffit pas et dès que cela va être possible, diverses activités vont pouvoir être proposées (en dehors des épreuves éventuelles de langage oral si le temps le permet).

  • Un essai alimentaire afin d’évaluer : le comportement général de l’enfant et des parents, la mise en bouche, les mouvements mandibulaires et linguaux, la vidange de bouche en fin d’essai, la déglutition et un éventuel ralentissement de la phase buccale.
  • Des jeux, notamment sensoriels : évaluer l’appétence spontanée ou suscitée de l’enfant en jouant face à lui. Evaluer son imitation, sa mise en retrait. Croiser les éléments recueillis à l’anamnèse et la situation clinique
  • Des praxies bucco faciales sur imitation et sur photo si son niveau développemental le permet, sinon dans le contexte de jeu avec sollicitation multimodale dans le jeu.
    Exploration intrabuccale après une approche globale si le climat de confiance le permet.
  • Evaluer « visuellement » la sphère oro faciale : dents / langue / amygdales / voile / frein langue et lèvre / joues . Explorer au doigt en racontant une histoire la tonicité de l’orbiculaire des lèvres, une éventuelle sensibilité gingivale, linguale, palatale. Renoncer en cas de refus ou de nauséeux et demander au médecin suivant l’enfant une exploration lors du prochain RV médical.

4. Diagnostic différentiel avec une néophobie alimentaire

Voici une question bien complexe. La néophobie fait partie de développement normal. C’est une période que les auteurs décrivent, dans la littérature comme pouvant durer de 2 ans à 7 voire 10 ans. Un enfant de 3 ans et demi pourrait donc présenter une néophobie OU un trouble de l’oralité, il s’agirait de ne pas confondre les deux.
Le diagnostic différentiel demande deux temps :
– Le premier consiste à enquêter sur le développement de l’enfant afin d’évaluer l’existence de possibles signes de vulnérabilité de développement avant 2 ans.
– Le deuxième consiste à évaluer le comportement de l’enfant, la stabilité des schémas observés et leur variation en fonction des lieux et des personnes accompagnant le repas.

Précisions étudiants

Il était attendu une modération des arguments, voire une certaine prudence ; cela n’est cliniquement pas toujours évident de faire ce diagnostic différentiel surtout à une époque où l’on pressent que certains patients dits autrefois « néophobes », sont possiblement plutôt des patients touchés par des TOA. De plus, il existe des situations plus compliquées à évaluer, et le diagnostic différentiel devient alors difficile à faire.
Si les contraintes développementales éventuellement repérées dans le développement actuel peuvent évoquer un trouble développemental et donc plutôt un trouble de l’oralité, il me semble dangereux de lire le diagnostic différentiel automatiquement en ces termes-là. En effet, rien n’empêche un enfant d’avoir un retard moteur ou un retard de langage ET une période de néophobie. Par ailleurs, la sensorialité d’un enfant se construisant autour des expériences cohérentes et fréquentes accumulées, il ne m’apparaît pas évident qu’un profil de Dunn atypique signe automatiquement un TOA plutôt qu’une période de néophobie. Il faudrait exclure en parallèle une expérience appauvrie, un manque d’étayage, or cela est parfois dangereux de statuer rapidement à ce sujet.
J’ai particulièrement apprécié la prudence d’une étudiante qui proposait à l’issue du bilan de voir l’enfant 5 séances afin de s’assurer de son diagnostic. On peut effectivement penser qu’une néophobie classique dans le développement cèderait rapidement avec un accompagnement de l’enfant et de sa famille, au moins dans la plainte exaucée.
Quoi qu’il en soit, ce diagnostic différentiel sera parfois évident, parfois plus obscur et dans ce cas, il me semble que nous devons rester prudents et accompagner quoi qu’il en soit une famille qui amène une plainte.

Vous qui avez lu jusqu’au bout cet article, n’hésitez pas à le compléter grâce aux commentaires. Ce bilan, est, j’en suis sûre, complètement perfectible.

BONUS : téléchargez mon inventaire alimentaire et ma fiche d’anamnèse qui soutient une partie de mes prises de notes lors des bilans. Attention néanmoins, ces outils méritent d’être utilisés par des professionnels formés pour prendre sens.
Inventaire Alimentaire – OAV
Questionnaire Alimentaire Général. OAV

ATTENTION : je n’autorise pas les sites commerciaux à utiliser tout ou partie de mes articles, ou documents associés, pour contribuer à leur communication commerciale.

Formations Oralité & PEC orthophonique du Tout Petit

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Formations Oralité
Formations PEC Orthophonique du Tout Petit

Au regard du GRAND nombre de mails reçus chaque jour visant à « s’inscrire » ou « avoir des dates » pour les formations de fin d’année 2017 et 2018, sachez que j’ai pour le moment « gelé » les projets. Toutes les dates initialement prévues ont été bousculées.
Pour des raisons personnelles, mais aussi pour remplir correctement toutes mes missions de formations, et d’informations, il me faut garder un peu de temps.
Voici néanmoins les villes prévues dans mon tour de France 2018 : Lyon, Rouen, Lille, Aix-Marseille.
J’ai également d’ores et déjà accepté des projets à Brioude (Oralité) et Chambéry (PEC du tout Petit).
D’autres sont en réflexion : région parisienne.
Dans ces dernières villes, les inscriptions ne se feront pas via mon site.

Afin de répondre au mieux à vos demandes, voici un Doodle qui vous permettra :
– de vous faire connaître (laissez votre mail) : je vous contacterai deux jours avant la mise en ligne des inscriptions afin que vous ayez une place garantie.
– de suggérer les éventuelles villes où vous souhaiteriez que les formations soient proposées.

SONDAGES CLOS

Je vous remercie vraiment de votre confiance et de votre compréhension.

Médicaux et paramédicaux : formation Oralité à Sauve (Gard : Nîmes-Montpellier)

Médicaux et paramédicaux : formation Oralité à Sauve (Gard : Nîmes-Montpellier) published on 3 commentaires sur Médicaux et paramédicaux : formation Oralité à Sauve (Gard : Nîmes-Montpellier)

Retrouvons nous les 6 / 7 juin 2017 puis les 29/30 septembre à Sauve, secteur Nîmes / Montpellier

Approuvant le merveilleux projet de l’association MEEX (Maison des Enfants Extraordinaires) qui est né l’an passé à Sauve dans le Gard, j’ai répondu « présent » à leur demande d’intervention visant à former les professionnels autour des troubles de l’oralité.
Contrairement aux formations que je propose habituellement, celle-ci s’apprête à accueillir tous les professionnels de santé (médicaux/ paramédicaux).

Pour en savoir plus :
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